28.12.08

Singeries




Les singes ont l'air méchants, aigris, amers, perpétuellement vexés d'avoir raté l'humanité d'un quart de poil et ça, ça les obsède.
À l'évidence, ils ne pensent qu'à ça....

Et je vais vous dire: C'est cette obsession qui les pousse à baiser sans retenue en public, mais, en fait, ce spectacle qu'ils nous offrent, c'est juste pour nous faire chier et nous donner mauvaise conscience.

Je sais bien que quand on n'est pas là pour les regarder comme des cons, ils font ça, tranquilles et pépères, à la missionnaire, comme vous et moi et, sans vergogne, ils se cachent sous la paille de leur cages pour ne pas être reluqués par leurs congénères...

Claude

24.12.08

Madame...





Quand j'étais enfant, je m'étais fait de mythiques amis puisés dans la littérature à laquelle j'avais alors accès: Mermoz, Saint-Exupéry et son petit prince et puis d'autres bien oubliés depuis mais auxquels je me référai pour me reposer sur une figure de père qui me manquait tant et dont j'avais tellement besoin pour m'aider à me construire.
J'ai fini par élever la construction, tant bien que mal, plutôt mal que bien d'ailleurs mais quand on sait d'où je viens,, l'édifice même bancal tient du miracle...
Et puis, naturellement, comme on abandonne les échafaudages une fois l'édifice achevé, j'ai laissé là les héros de mon enfance avec pour eux seulement une vague pensée de temps à autre, un peu amusée et à peine nostalgique...

Et le temps passant, d'autres figures ont surgi vers lesquelles j'ai tourné mon attention: Claudie Haigneré par exemple!
Le nom vous dit quelque chose?

Probablement oui, ce n'est pas si lointain après tout: La conquête spatiale, les vols habités et toutes les contraintes et difficultés qui vont avec en termes d'entraînement et de préparation, un médecin bardé de diplômes, celle qu'on surnommait bac+19... Un personnage hors du commun, deux fois ministre (même si ce n'est pas là toujours une référence à laquelle je m'attache) si forte, si bien protégée des aléas de la vie, indestructible en d'autres termes du moins en apparence et voici qu'en ce jour, veille de Noël, ce personnage à part se retrouve dans la rubrique des faits divers

Tentative de suicide on dit certains, erreur de dosage de médicaments ont rétorqué d'autres. Je ne crois guère à cette dernière hypothèse car elle est médecin et doit savoir ce qu'elle fait.
Peu importe d'ailleurs mais la carapace s'est soudain désintégrée laissant une femme face à des problèmes qui n'appartiennent qu'à elle mettant soudain à nu la pâte humaine dont tous nous sommes faits, une pâte composée de tant de lignes de force mais aussi de failles dans lesquelles le malheur se plait à jouer son travail de sape en attendant patiemment le moment propice pour frapper...

Je ne connais pas Claudie Haigneré sauf au travers des images qu'on bien voulu laisser les télévisions ou les articles de presse parlant d'elle mais je me sens triste ce soir comme s'il s'agissait de quelqu'un de très proche et pour lequel on ne peux rien ou pas grand chose.
Mais proche, peut être l'est-elle comme le furent en leur temps ces personnages qui peuplèrent une adolescence bien solitaire et lui permirent souvent de ne pas totalement désespérer de l'humanité...

Claude

20.12.08

La bien pensante






Elle a fait son devoir! C'est à dire que oncque
Elle n'eut de souhait impossible, elle n'eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L'emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.

Elle n'a pas senti lui courir sous la plume
De ces grands souffles fous qu'on a dans le sommeil
pour aller voir la nuit comment le ciel s'allume
Et mourir au matin sur le cœur du soleil

De Jean Richepin

15.12.08

Ouvrez le ban



Au secours, les glands ont disparus...

Non, non! Pas ceux que vous croisez journellement dans vos habituelles pérégrinations sur vos trottoirs citadins, sentes campagnardes ou couloirs de métro.
Non! je cause ici des vrais glands, ceux qu'on trouvent normalement sous les chênes qui jusqu'à aujourd'hui, poussaient sans peine sous nos tempérées latitudes...

C'est un phénomène des plus sérieux et qui mérite qu'on s'en inquiète.

La preuve de ce que j'avance, c'est CNN qui le dit (pour ceux ou celles qui en douteraient, je joins l'URL de référence:
http://edition.cnn.com/2008/TECH/science/12/12/acorn.shortage/index.html

Vous me direz que ç'est aux USA et que dans ce pays il s'en passe des vertes et des pas mûres mais, vous savez comme moi, qu'une épidémie à vite fait de traverser l'Atlantique surtout à l'heure des voyages low-cost et quand on sait déja que la moitié des spermatozoïdes humains manquent régulièrement à l'appel, il semble bien que l'heure est grave et qu'on ne saurait prendre trop de précautions

Non mais! Rendez vous compte, plus de glands, donc plus de chênes bien sûr et où ira t'on chercher de l'ombre lors des prochaines canicules à venir? Et les écureuils qui seront comme des cons en prime

Alors, je lance ici un appel. Appel qui s'adresse en priorité aux dames (il parait que certaines sont expertes dans ce domaine)

Il est temps d'aider à redresser le gland, euh! Non, la tête (Vous voyez, l'urgence me fait bafouiller)... Il est temps donc de retrouver les glands d'antan, ces futurs géniteurs de nos splendides futaies que le monde entier nous envie...

Et j'espère bien que les participant(es) les plus actifs se verront décerner la médaille qui récompensait jadis nos plus méritants travailleurs avec l'inscription suivante cette fois:

"A notre actif(ve) membre bienfaiteur le gland reconnaissant"

Fermez le gland... Euh, non! Le ban

Claude

5.12.08

En crise




C'est la crise,vous n'aurez pas été sans le remarquer avec tout la ramdam qu'elle provoque ces temps derniers partout sur les ondes et les étranges lucarnes.
Comment on va s'en sortir? J'aimerais bien le savoir et si je le savais, je le dirais alors sur mon blog et je me ferais alors plein d'oseille comme madame Soleil en son temps... Mais je n'en sais strictement rien pas plus que tous ces experts, auto proclamés tels quels d'ailleurs et dont la principale caractéristique est de ne pas être d'accord entre eux et de prédire la plupart du temps ce qui est arrivé hier, comme ça, au moins, c'est plus sûr...

Tout ce que je crois savoir, c'est qu'on est nettement trop sur cette brave plan(te qui est notre ce qui augmentent mathématiquement le nombre de pov' cons, sales cons et cons tout court parmi lesquels j'inclus tous les petits génies de la City et autres lieux de perdition et que ce n'est pas fait pour arranger les affaires de notre environnement, vous en conviendrez sans peine

Je ne suis pas sûr qu'on va en réchapper même en caleçon mais c'est là que ça ne sera pas sans intérêt: Tous ces culs nus en train d'arpenter le pavé de nos villes faute de fric pour se payer des fringues

Mais à quelque chose, malheur est bon et j'ai déjà repéré dans mon escalier quelque sympathiques paires de fesses à qui un soupçon de déshabille ferait le plus grand bien au moins pour le bonheur des yeux de votre serviteur...

Claude

16.11.08

Histoire d'amour triste




Je suis sûr que ce gros naze de sacré-Cœur fait du gringue à la tour Eiffel.
C'est que je les surveille ces deux là du haut de mon neuvième étage ...
Je lui trouve l'air louche à ce con de sacré-Cœur. Je ne sais pas pourquoi mais quand je le regarde, je pense à un danseur de tango argentin sur le retour, un Argentin qui serait de Carcassonne comme disait l'autre
Et cette salope de tour Eiffel avec son air de pucelle effarouchée qui semble répondre à ses avances. Non mais! Vous l'avez vue, les jambes bien écartées et la jupe relevée jusqu'au premier étage? C'est une tenue ça, hein?
Putain! Voilà le prestige de notre beau pays qui en prend encore un coup comme s'il avait vraiment besoin de ça avec le congrès du parti socialiste qui se barre en couilles et le soleil qu'on ne voit plus depuis quelques jours avec cette météo à la con sur Paris

Avant, vous l'aviez remarqué naturellement, elle devenait toute rouge à intervalles réguliers, tout ça parce qu'elle prêtait l'oreille aux avances salaces de l'autre gros boursoufflé maintenant c'est tout bleu qu'elle devient mais moi on ne me l'a fait pas, je sais bien qu'elle continue à rougir de plaisir en son for intérieur

Je les surveille tous les deux et pour peupler intelligemment mes insomnies, je m'installe derrière les vitres de mon salon, une bouteille de Chablis bien frais à portée de main et j'essaye de traduire ce qu'ils se racontent ces deux là à coups de clins d'œil égrillards et d'incongrues palpitations et je reste à boire jusqu'à ce que la ville devant moi sombre peu à peu dans le silence et le sommeil

Alors, une nuit je mettrai mes lumières à clignoter vers ce bout d'horizon où je la devine au delà des lueurs bleutées des scialytiques des salles d'opération de l'hôpital saint-Antoine tout proche et j'essaierai d'engager le dialogue avec cette petite salope si fine et si mignonne et de lui conter fleurette en espérant qu'elle tourne l'œil de son dernier étage vers moi, indigène perdu d'un lointain douzième mais encore bien sous tous rapports....Alors si vous ne me voyez plus par ici, ne vous étonnez pas, c'est que ça a marché avec elle et que je suis parti pour lui faire des papouilles à toutes ses poutrelles

Claude

13.11.08

Sombres pronostics





Les arbres qui bordent le boulevard Diderot portent encore leurs feuilles, un peu jaunies certes, un peu moins nombreuses sur les branches mais encore bien présentes au point que, lorsque je me penche sur mon balcon et que mon regard remonte vers la place de la Nation, j'ai l'impression de voir des frondaisons d'été alors que, si mes souvenirs sont bons, les premières gelées d'automne, dés le début d'octobre, les faisaient rejoindre le sol en bataillons serrés.

En même temps, là-bas, tout en haut, la banquise se rétrécit au point qu'elle aura disparu dans quelques décennies et c'est les ours du coin qui vont se retrouver comme des cons tout de blanc vêtus sur le fond noir des rivages dépourvus de glace...


Pour tout vous avouer, moi même, je ne me sens pas très bien...

Vous allez voir, tout ça va très mal se finir...

Claude

3.11.08

Loup y'es tu?




Ça me rappelle les almanachs de mon enfance cette illustration jointe aujourd'hui, l'almanach Vermot par exemple.

Je ne sais pas si ça existe encore ce truc. On y trouvait des vannes bien vaseuses qu'il fallait lire au je ne sais combien de degré pour en découvrir le sens caché si toutefois il y en avait un...

Et puis on y trouvait des dessins comme ça: Le loup vous guette dans le bois, saurez vous le trouver ou bien la belle princesse vous attend, saurez vous la découvrir et il fallait alors cligner les yeux, tourner la page dans tous les sens et soudain une forme, un visage apparaissait et on était récompensé des efforts fournis en ayant été plus malin que le dessinateur et en ayant percé le mystère proposé

Et vous, aujourd'hui, vous le trouverez ce personnage qui se dissimule dans les branches de l'arbre enchanté?

La Femme avec un grand F, celle que l'on cherche parmi toutes les autres femmes et qui sera la seule et l'unique...Beau conte de fée non?

Tiens, au fait, avez vous remarqué que lorsque on dit la Femme avec un F majuscule, c'est pour la placer sur un piédestal alors que lorsque on dit les femmes avec un petit f et qu'on emploie le pluriel, c'est généralement pour en dire pis que pendre.

Etrange, non?

Claude

28.10.08

Les glands


J'aime bien cette photo.

Tu vois, on bâtit des temples de pierres ou de briques, invulnérables et insensibles au temps qui passe ou du moins le croit-on

Mais de bien silencieuses et terribles racines se sont mises à l'œuvre et voilà ce que ça donne quelque temps après

Voici donc le résultat de l'action de ces redoutables combattants de l'ombre

Ces murs orgueilleux que l'on croyait dressés pour l'éternité se fissurent et s'éboulent sous la poussée implacable de ces forces vives en action

Il en est de même pour ce corps qui est notre, ce corps que nous entretenons, nourrissons et choyons sans rien savoir des pseudopodes sournois qui déjà l'enserrent et sans bruit l'étouffent jusqu'au moment où nous ne sommes plus que glands....

Claude

27.10.08

Des voix




Des voix
et des murmures
fragiles
comme la branche
qui se fend
aux premières
gelées d'hiver

Des voix
des murmures
qui montent
à l'assaut des citadelles
du ciel

Des voix
et des murmures
comme des caresses
de la main
d'une femme
qui aime
et glisse
ses doigts
dans la chevelure
de son amant

Des voix
et des murmures
quand l'ombre s'étend
et s'en vient faire
l'amour
avec cette part
de lumière
qui avant tout
est toi
et se mélange
à la goutte de sueur
qui enferme en ses flancs
un soleil rouge surpris

Claude

23.10.08

Rêves au rabais


J'ai rêvé l'autre nuit… Rêvé que j'écrivais... Pour mon blog.... Des lignes vachement intéressantes, ça va sans dire (mais encore mieux en le disant)
Seul souci, pas moyen de me souvenir d'un mot ou expression de ce foutu rêve
Pourtant, plongé en pleine activité cérébrale débridée autant que nocturne, je me suis dit qu'il fallait que je mette soigneusement ça de côté pour qu'enfin j'en fasse bénéficier mon nombreux lectorat mis, va t'faire foutre, j'ai eu beau faire de mon mieux, essayer de raviver ma mémoire, rien à faire...
Mes si intéressantes impressions sont condamnées à errer sans fin dans l'indéfinissable éther des occasions gâchées

C'est ça qui serait bien hein! Dormir, rêver, se diriger vers le clavier de l'ordi et, tout d'un trait, donner le jour à ces idées arrachées à la nuit

Mais ça serait trop simple bien sûr et il faut, maladroitement, péniblement accoucher de mots en désordre, avancer d'un pas, encore d'un pas, d'une phrase, d'une idée et partir pour un voyage comme ceux qu'on entreprend à la poursuite de l'inaccessible étoile, d'autant plus belle qu'elle est définitivement hors de portée...

13.10.08

Travailleur errant


Je suis un SDF professionnel.

Je m'explique: Je fais des missions comme consultant dans des entreprises aussi diverses que variées.
Des entreprises situées en général dans des endroits bien improbables, de ceux dont on dit que même les corbeaux les survolent le ventre en l'air pour ne pas les voir tant ces lieux peuvent être tristes et lugubres.

Bon, je plaisante là car ce n'est pas toujours le cas bien sûr! Mais c'est vrai que ça m'a fait découvrir des lieux bien exotiques dans nos avoisinantes et si accueillantes banlieues. Le pied, c'est quand mes déplacements se situent dans Paris intra-muros mais c'est bien rare malheureusement...

Je dois dire aussi qu'au grand âge qui est le mien, c'est un peu casse-rotule et que j'ai parfois bien besoin d'un grand coup d'un quelconque reconstituant quand je réintègre mon modeste logis parisien. Vous verrez, je finirai en déambulateur avec mon ordi accroché aux montants de l'ustensile

Mais je vais vous dire ce que j'aime bien au fond, c'est le côté challenge de l'affaire. S'asseoir, prendre connaissance des dossiers à traiter et 5 minutes après, faire comme si j'étais présent dans l'entreprise depuis au moins 15 ans
Et puis savoir que Martien vient de s'engueuler avec Françoise, que le chef d'à côté est un sale con con dont il faut se méfier, que l'autre assis en face de moi, est un père la panique, que le petit dernier de Florence fait des progrès formidables en tennis mais que c'est pas terrible au point de vue maths et cette putain d'augmentation qui se fait attendre; et où qu'il le DRH qu'on lui conte quelques mots bien sentis

Tous ces éléments hétéroclites à assimiler dans un minimum de temps pour pouvoir participer sans avoir l'air trop abruti à la cantine de l'entreprise où je vais avec mes nouveaux copains et copines. Tiens, en parlant de copines, y'en a qui sont vachement mignonnes quand même. Mébon, c'est plus de mon âge ces trucs là et comme on dit dans les entreprises: On n'est pas là pour rigoler

Et tout ça pour quelques jours, parfois quelques semaines et, de plus en plus rarement, pour quelques mois

Mais j'aime bien ces rencontres, ces contacts, ces missions pour lesquels on m'appelle au dernier moment quand ce n'est pas pour me dire qu'en fait on pas vraiment besoin de mes éminents services (des effets de la crise sans doute) bien décidé à les prolonger du moins tant que ma modeste personne sera encore jugée apte à rendre quelques services de ci de là...

Claude

30.9.08

Déraisonnables horizons






j'ai fini par atteindre l'âge d'horizon ou bien l'horizon m'a ramené à la raison, va donc savoir!!! On finit tous ou moins comme ça: Raisonnable et horizontal en dernier ressort...C'est drôle non?
J'ai été, je crois, déraisonnablement amoureux des horizons lointains mais maintenant je suis presbyte et casse-couille en prime. On finit tous plus ou moins comme ça non? Les lunettes sur le nez et l'horizon borné par une grille de mots croisés... Formidable, non?
Ils ont vite fait de se rétrécir les horizons qu'on croyait pourtant indéformables, indéracinables, les horizons joyeux et lumineux de nos jeunes années quand la vue portait encore loin...

Du fauteuil au lit et puis du lit au lit, c'est comme ça qu'il disait le grand Brel et ça arrive plus vite qu'on ne le croit.

Et les pas aussi rétrécissent. Les pas, la vue et ne parlons pas du reste. on doit être fait de matériaux de bien mauvaise qualité, des matériaux à se faire appliquer un coup de malus comme c'est la mode aujourd'hui.
Quant au monde qui nous entoure, il s'en fout et il tourne sans se lasser à la rencontre éternelle et magique de bien fugitifs horizons accompagné de nos fallacieuses oraisons, balbutiées et répétées en pure perte pour des dieux qu'on implore sans raison

Claude

25.9.08

Je ne savais pas...




Je ne savais pas... Je ne savais combien il pouvait être difficile d'aligner trois mots les uns derrière les autres...
Je croyais qu'il suffisait de se pencher sur un clavier d'ordinateur pour que, tout naturellement, les idées s'enchaînent les unes aux autres
A une époque pas si lointaine, j'y ai pris plaisir: Les souvenirs qui affluent , les images qui se bousculent pour former des balbutiements d'histoires auxquelles pas grand monde n'y a jamais pris beaucoup d'intérêt mais que j'ai écrit avant tout pour moi seul et c'est déjà pas mal après tout...

Et puis, insidieusement, les difficultés à me mettre à écrire sont apparues. D'un post journalier, je suis passé à un post hebdomadaire puis mensuel et je sens que je vais passer à un post annuel
J'ai lu ça dans un roman de Saint-Exupéry voici longtemps: Nous sommes tous, dans la vie, lestés d'un bagage bien mince, d'un bagage aux sentiments, aux souvenirs qu'on peut croire inépuisable et qui est bien menu en vérité

Et pourtant les mots sont toujours là, dans ma tête. Je les sais qui tournent, en ronde échevelée...
Et je voudrais les arrêter comme je croyais pouvoir le faire avant.

J'aimerais revenir dans ce bouge de Buenos Aires auprès de cette fille aux yeux tristes et qui dansait sans grâce sur une minuscule scène mal éclairée ou sur les quais de Calcutta entre fleurs éclatantes aux odeurs lourdes et celles de monceaux d'immondices en train de pourrir au soleil implacable du golfe du Bengale mais je ne sais plus...

Je ne sais plus capturer les mots et ils s'envolent et s'évanouissent dans des recoins si cachés de mon cerveau que même moi je suis incapable de pouvoir les y dénicher et ils s'y perdent sans espoir de les y rattraper et je me retrouve, l'œil ahuri, devant cette page blanche que je me suis pris à haïr, cette page qui palpite à un rythme que ma vision fait paraître immobile mais qui, en fait, palpite à la cadence d'un cœur qui ne bat plus que par pure habitude...

Claude

20.9.08

Occupations diverses




J'écoute le Miserere d'Allegri enregistré dans la chapelle sixtine par un chœur anglais
Dehors, ce dernier jour d'été resplendit de tous ses feux, le vent vient d'est et présage une poursuite du beau temps pendant encore quelques jours
J'aime bien ces brefs instants de l'année en suspens entre les joies estivales qui laissent encore transparaître quelques échos de rires juvéniles et les frimas qui ne tarderont à marquer les paysages bretons de leur présence insistante
J'écoute ce Miserere et j'admire cette incroyable flexibilité de ces voix humaines et je m'émeus dans ces chants faits pour célébrer la gloire d'un dieu auquel je ne crois pas
Ce soir, j'irai peut être vers l'ancien lavoir où ma grand mère m'emmenait avec sa brouette pleine de linge sale, un lavoir maintenant bien silencieux depuis l'ère des machines à laver et il en est bien ainsi
En remontant vers le village, je remettrai mes pas dans ceux d'un enfant de sept ans et je me demanderai encore si les chênes qui bordent l'ancien chemin creux sont ceux que je voyais dans ces lointaines années et au pieds desquels j'aurais tant voulu me faire des amis des korrigans farceurs sensés y vivre mais ils ne se sont jamais montrés à moi...
Et puis l'obscurité viendra saisir peu à peu la vieille maison en commençant par les coins les plus éloignés vers l'est et les poutres de la charpente s'étireront en proférant quelques plaintes et craquements discrets et je laisserai les souvenirs m'envahir et nous serons comme d'habitude toujours beaux, invincibles et éternels et je fermerai les yeux pour m'endormir dans une envolée d'Allegri que j'essaierai de mêler aux plaintes langoureuses du sitar enchanté de Ravi Shankar...

claude

8.9.08

Malheur à celui qui...




Malheur à qui n'a pas
connu ça:
une Carmencita
une Conchita
ou une Esmeralda
et même
si ce n'est
dans l'aube blême
qu'un corps abandonné
dans des draps chiffonnés
pour ce qui ne fut
qu'une simple histoire de cul

Malheur à celui qui
pour affronter sa nuit
n'a pas uns Sidonie
une Marjorie
ou autre Lydie
à se mettre sous la dent
quand le soir s'étend
et même si
ce ne fut qu'une
tremblote de kiki
ou un massage de lune

Malheur à celui qui
sans une Gretchen
une Marlen
ou une Lieschen
pour étancher sa mélancolie
se laisse envahir d'ombre
et que la douceur de leurs seins
quitte une mémoire qui sombre
et tant pis
si ce qu'elles nous laissent
ne fut au pis
qu'une histoire de fesses

Malheur à celui là
qui n'aura pas
gardé au chaud
avant le grand saut
dans ses neurones
comme une image de madone
une paire de salopes
pas avares
de leurs trompes de Fallope
avant qu'il ne soit trop tard
qu'il faille changer de trottoir
et laisser là
les Juanita
les conchita
les Gretchen
les Marlen
les Sidonie
et les Marjorie

Claude

4.9.08

poème perdu





Les mots éternels et souples comme la taille d'une fille sauvage, les mots dans leur simplicité somptueuse et mélancolique qui offrent à rêver avec l'imagination en croupe, les mots et leurs murmures comme ceux des ruisseaux en route à la rencontre de l'impétueuse rivière...

Les mots des autres quand l'inspiration nous quitte et que le vertige nous prend devant le vide oppressant dont se peuplent des minutes devenues inutiles...

Puis il revint comme il était parti
Bon pied, bon œil, personne d'averti.
Aux dents toujours la vive marguerite,
Aux yeux toujours la flamme qui crépite.

Mit sur ta lèvre, Aline, un long baiser
Mit sur la table un peu d'or étranger
Chanta, chanta deux chansons de marine,
S'alla dormir dans la chambre enfantine.

Puis il revint comme il était parti
Bon pied, bon œil, personne d'averti.
Aux dents toujours la vive marguerite,
Aux yeux toujours la flamme qui crépite.

Rêva tout haut d'écume et de cavale,
S'entortilla dans d'étranges rafales.
Puis au réveil, quand l'aube se devine,
Chanta, chanta deux chansons de marine.

Fit au pays son adieu saugrenu
Et s'en alla comme il était venu.
Fit au pays son adieu saugrenu
Et s'en alla comme il était venu.

26.8.08

IMPRESSIONS




la goutte d'eau
celle qui étincelle
sur le murier lourd
de ses fruits sucrés

et puis le mouvement
des roseaux près
de l'étang qui se peint
des couleurs du ciel

et encore l'odeur
insistante de la fleur
et celle de l'herbe
fraîchement coupée

et enfin le flux et
le reflux de la vague têtue
et la grève variable
dans l'espace et le temps

et le brouillard qui monte
au dessus des champs
débarrassés de leurs moissons
et ton visage
que je ne vois plus
que je distingue plus
dans le fouillis inextricable
de mes souvenirs inutiles

Et je ne sais pas
passer en mode off-line
pour enfin me couper
des illusions
des temps passés

Claude

23.8.08

let's rejoice




les fêtes de l'été déjà s'en vont

Les cris des enfants vont retentir bientôt dans les cours de récréation mais plus ici
l'herbe dans l'espace entre les deux maisons va pouvoir regagner son espace vital perdu pour cause de piétinements intempestifs et de parties de football acharnées

les feuilles commencent à jaunir sur le bouleau que j'ai planté tout petit voici 6 ou 7 ans et qui commence à masquer toute la façade sud et bientôt atteindre le sommet de la cheminée

Je me souviens en parlant de feuilles, c'était le premier devoir du cours de dessin, une feuille de marronnier tombée à terre que nous ramenions en la choisissant la plus belle possible et qui retrouvait une sorte de gloire courte et factice sous nos mains malhabiles et inexpérimentées dans le rendu des couleurs...

la table en plastique blanc va être remisée jusqu'à l'année prochaine, elle ne supportera plus les bouteilles aux beaux liquides ambrés et les fumées qui s'élèveront des propriétés signaleront les feux allumés contre les premiers frimas de l'automne et non celles parfumées aux odeurs des viandes grillées

Voilà, les fêtes de l'été vont se terminer mais comme le dit si bien Kipling et avant de replier les décors:

Call a truce, then, to our labors
Let us feast with friends and neighbors,
And be merry as the custom of our caste
For if faint and forced the laughter
and if sadness follow after,
We are richer by one mocking year past

Claude

20.7.08

L'été en pente



Les mésons sont des hadrons formés de seulement deux types quarks parmi les 6 existants dans la nature. Lorsqu’ils sont constitués d’un quark et d’un anti-quark du même type, on parle de quarkonium.
Tout comme les atomes, les mésons peuvent exister sous forme d’état excités et former des familles de quarkoniums. Les plus célèbres sont le charmonium, composé de mésons charmés et le bottomium, formé de quarks beaux ou encore bottom (bas en anglais). La famille du bottomium a été découverte en 1977 par l’équipe du Fermilab dirigé par le prix Nobel Leberman. Alors que l’état fondamental des autres quarkonia avait déjà été observé, ce n’était pas le cas du bottomium jusqu’à aujourd’hui, dont on connaissait surtout les états excités comme les mésons B


J'ai trouvé ce texte sur la toile et la vérité m'amène à dire qu'il m'a plongé dans un ravissement sans bornes
Savoir que les mésons sont des hadrons formés de deux types de quarks, ça rend moins con non? Bon, d'accord! Je ne suis pas physicien de haut vol et je le regrette bien que les scientifiques en général m'inspirent bien de la méfiance en brideurs der rêves qu'ils sont à mes yeux (Mais pas ceux là qui savent mettre la matière en état d'excitation!) je ne perçois donc pas véritablement l'importance de ce qui précède mais qu'importe après tout, la musique des mots se suffit à elle même...

Eh, ben! il s'en passe de belles sous la surface calme de ces tables par exemple sur lesquelles nous nous appuyons et même dans l'intimité de nos cellules qui englobent en leur sein d'infinitésimales parcelles d'étoiles

Non, ils ne peuvent pas être complètement mauvais ceux là qui s'appliquent à traquer la matière jusqu'à ses plus infimes constituants, ceux là qui sont compteurs de mésons et conteurs de quarks beaux

Et je crois bien que les réponses à ces interrogations fondamentales et perpétuelles qui nous tenaillent en se dressant en brouillards opaques devant nos yeux insatiables de savoir et avides de donner un but à cette absurdité qui nous entoure et nous dévore, nous les trouveront dans ces concepts où la poésie la plus pure s'affronte aux champs les plus pointus d'une physique en plein devenir au milieu des particules élémentaires...

L'infiniment petit, là où l'espace et le temps s'enroulent l'un autour de l'autre comme la caducée du bâton du savoir, me fascine.
Et je crois que cet infiniment petit trouve forcément sa réplique exacte comme dans un jeu de miroirs dans l'infini grand et les deux se jouent de notre pauvre perception d'êtres humains dotés de si médiocres capteurs d'éternité où s'évadent le temps et l'espace...

Arriverons nous un jour au bout de notre quête? Celle qui finira peut être au-delà des mésons charmeurs à nous amener au seuil d'autres mondes, parties d'un multi-vers, englobant notre univers au milieu de bien d'autres et vers lesquels nous nous dirigeons à petits pas sur le chemin d'un pèlerinage peut être sans fin

Et pendant que j'écris ces quelques lignes, j'écoute Léonard Cohen qui chante en sourdine en dialoguant avec sa guitare et mine de rien sait extirper la plus substantifique moelle des mots de tous les jours


It's hard to hold the hand of anyone
who is reaching for the sky just to surrender,
who is reaching for the sky just to surrender.
And then sweeping up the jokers that he left behind
you find he did not leave you very much
not even laughter ...


Et c'est ainsi que se passent les étés par ici.

Le solstice nous tourne déjà le dos et les couleurs de la nature se font moins éclatantes et le soleil que j'observe le soir, se coucher de mon balcon va poursuivre sa route, là où il disparaît à mes yeux pour son repos nocturnes, de la colline du Montmartre et revenir pour son couché hivernal vers le dôme du Panthéon en passant par derrière la tour Eiffel et ça en sera fait d'une autre année et reviendront alors ces sentiments de solitude et de lassitude qui accompagnent maintenant mes automnes quand les vents des tempêtes d'alors balaient souvent le boulevard Diderot qui pointe vers là où le soleil se lève et j'attendrai patiemment qu'il reprenne sa marche obstinée vers le solstice d'été en griffant chaque crépuscule d'une présence différente à mes yeux attentifs

En attendant, nos étranges lucarnes bruissent du bruit immuable des vélos lancés à l'assaut d'un autre tour de France et bientôt sur les plages bretonnes vers lesquelles je tarderai pas à me diriger, je regarderai d'un œil impartial les silhouettes des jolies vacancières posées là comme un défi au temps qui passe en conquérantes intrépides des embruns qui les fouettent et à qui elles font concurrence en terme de légèreté...

Claude

15.7.08

HI-HAN




DO YOU SPEAK HORSE?

J'ai parlé cheval dans le temps. C'était dans une époque bien éloignée.
C'était voici si longtemps, vous qui me lisez ici par hasard, si longtemps que probablement vous n'existiez même pas sous forme d'ébauche de pensée, c'est dire!

Dans ces temps reculés, si lointains, comme je le disais plus haut, les hommes savaient encore dialoguer avec la nature et les animaux qui la peuplaient alors. C'est comme ça que j'ai appris à parler cheval
Oh, bien sûr, je ne suis pas à la hauteur de ceux qui, prétend-on, savent encore murmurer à l'oreille du meilleur ami de l'homme pour leur y glisser des secrets connus d'eux seuls mais toutefois je connaissais les mots les plus importants et la manière de les formuler

J'avais 7 ou 8 ans et j'avais pour habitude de me rendre à la ferme de mon parrain qui était paysan et, là, je prêtais une oreille attentive aux mots ou onomatopées qu'il employait avec son unique cheval de labour dont, au fil du temps, je m'étais fait un ami.

Mon plus grand moment de bonheur, c'était la fin du travail journalier quand il fallait conduire mon copain à une source située en contre-bas de la ferme
Je le conduisais, le tenant par une simple bride, jusqu'au lieu où il allait se désaltérer et se détendre en récompense des durs efforts consentis tout le long d'une longue journée de travail
C'est dommage que personne n'ait songé à prendre un cliché de ce curieux attelage, un enfant de moins de 10 ans tirant à sa suite une masse de plus de 300 ou 400 kilos mais c'est vrai aussi que la manie de la photo à tout prix était loin d'être entrée dans les mœurs pour une raison simple que personne ou presque ne possédait le moindre appareil photo

Je m'exerçais à l'emploi des mots entendus et employés par mon parrain et je les accompagnas de claquements de langues qui avaient pour effet de faire dresser les oreilles de mon pote à quatre pattes et de lui faire glisser en ma direction un regard aussi perplexe que compatissant
-Continues, fiston, t'es sur la bonne voie. Encore quelques progrès et on pourra dialoguer utilement ensemble...

Et j'ai grandi et je suis parti vers la ville... Le parrain a pris sa retraite et le cheval est mort et le parrain aussi d'ailleurs...

Je suis revenu récemment dans cette écurie minuscule du bout de la longère maintenant en ruine
Les harnachements de cuir avec tous leurs systèmes d'attaches et leur boucles compliqués pendent toujours au mur et s'ornent d'intempestives toiles d'araignées. Il m'a même semblé retrouver cette odeur douce et sucrée portée par la robe des chevaux mais ce n'est probablement qu'un effet d mon imagination
Et le me suis pris à essayer de parler cheval à mon tour: GRRRR, dit en roulant bien les R pour le faire reculer et les claquements de langue ou roulements de lèvres et hue aussi pour faire avancer et dia pour faire tourner à droite et quoi déjà pour faire tourner à gauche?
Merde, j'ai oublié
Me voilà avec un cheval qui ne sait pas tourner à droite, vous conviendrez avec moi que ça ne favorise pas tellement le retour à l'écurie...

Mais qu'est-ce-que ça peut bien faire? Qui, aujourd'hui, a besoin de parler cheval, hein?
Tout ça, c'est du passé dont il ne subsiste chez certains encore que des poussières de souvenirs et des mots en lambeaux
Quant à moi, comme le titre de ces quelques mots le suggère, je m'efforce de ne pas rejoindre le grand troupeau des ânes, de tous ceux qui ne font que tourner en rond parce que quelqu'un aura omis de leur dire qu'on peut aller aussi tout droit et revenir ainsi simplement vers l'écurie...

Claude

1.7.08

Europe, c'est pas l'heure, hop!!!

Il était né en 1880 ce qui ne nous rajeunit pas, vous en conviendrez aisément. A l'age de 20 ans il est parti pour s'acquitter de sa dette envers l'état comme on disait alors, pour faire son service militaire en d'autres termes, tiré au sort selon la procédure alors en vigueur.
2 ans environ ça durait à cette époque puis à l'issue de cette période, il est revenu au village, y a pris femme et un enfant, une fille, est venu trois ans après
Il a ainsi continué d'exercer au village son métier de menuisier-charpentier
Quelques bien veilles charpentes du lieu encore en place doivent se souvenir de son ouvrage et puis l'histoire l'a rattrapé dans ses occupations professionnelles.
Été 1914: Mobilisation générale.
Il a alors 34 ans. Ce n'est donc déjà plus un tout jeune homme...
Je pense que, comme ceux qui répondaient à l'appel, il a estimé que c'était l'affaire de quelques jours, voire, au pire, de quelques semaines...
On allait leur montrer à ces Allemands ce dont on était capable
Il a eu de la chance en définitive, il est revenu entier dans ses foyers en février 1919.
Plus de quatre ans après son départ.
Il allait alors avoir 40 ans Entre temps, sa femme avait trouvé un autre homme avec lequel elle était partie travailler à Paris en laissant sa fille en pension au pays par la même occasion

Il est né en 1906. Lui aussi a du s'acquitter de sa dette envers la nation et a été appelé sous les drapeaux lors de ses vingt ans pour une durée de 24 mois puis il est revenu au pays, y a trouvé femme et s'est marié.
Avec cette petite que sa mère avait laissé en pension dans une institution religieuse et qui avait bien grandi depuis
Il est parti avec elle, à Paris d'abord puis en Normandie où tous les deux vont tenir une épicerie...
C'est là que l'histoire l'a rattrapé.
Septembre 1839.
Le deuxième conflit mondial venait de commencer...
Il venait d'avoir 34 ans. Ce n'était donc plus tout à fait un jeune homme. Il sera fait prisonnier dans le nord de la France probablement sans réaliser ce qui lui arrivait. Peut être aura t-il pensé que ce n'était qu'une question de jours ou de semaines au pire pour revenir bientôt au logis...
Il a eu de la chance en définitive puisqu'il est revenu entier en mai 1945.
Plus de cinq ans après son départ.
Il allait avoir 40 ans, pas un vieillard certes mais loin maintenant d'être un jeune homme.
Entre temps, sa femme avait fait la connaissance d'un autre homme dont elle était tombée enceinte mais ainsi va la vie n'est ce pas?

Deux destins minuscules, deux destins quasiment identiques et dont l'intérêt est de souligner le sort réservé à tant de jeunes gens de ces époques pas si reculées après tout qui, probablement, n'aspiraient avant tout autre chose qu'à construire tranquillement leur vie à l'abri de leur clocher
Mais la folie meurtrière des hommes en avait décidé autrement et ils s'en furent, accompagnés de centaines de milliers d'autres, à la rencontre de ceux qu'on appelait alors des ennemis héréditaires
Et bien chanceux ceux qui en revinrent sains et saufs, du moins en apparence...

Or, il ne vous a pas échappé que depuis quelques 60 ans, cette malédiction n'est pas réapparue du moins sur ces champs, collines et vallons de l'Europe qui semblaient être faits pour s'abreuver périodiquement du sang de jeunes hommes à peine sortis de l'enfance
Bien sûr, le monde n'est pas devenu moins dangereux, moins imprévisible, moins cruel qu'avant mais au moins ces ignobles tueries entre peuples européens ont disparu et selon toutes probabilités ne sont pas prêtes à réapparaître mais, rassurez vous, les hommes sont tellement cons que bien d'autres peuples sont prêts à prendre la relève...

Pourquoi donc en viens-je à aborder ces problèmes me direz vous?
Bon, enfin même si vous me ne le demandez pas, je vous le dirai quand même
J'en reviens donc au récent référendum sur l'Europe rejeté par une majorité d'irlandais
Loin de moi l'idée de critiquer ce choix.
Vox populi, vox dei, nos ancêtres romains étaient gens de grande sagesse et nul besoin de revenir là-dessus.
Bon, d'accord, ça aurait été mieux si nos amis avaient lu le document en question pour voter en toute connaissance de cause mais à l'impossible nul n'est tenu et, sans nul doute, une classe politique totalement dénuée d'arriérés pensées bien sûr les a parfaitement renseignés sur le contenu d'icelui, mébon!!...

Ce qui m'a toutefois scandalisé et outré, ce sont ces manifestations de jeunes gens, bien alcoolisés semble t-il, fêtant leur "victoire" en hurlant des slogans débiles. Toute opinion est respectable lorsqu'elle sort des urnes bien sûr mais ces manifestations à la limite de l'obscène comme si on venait de se libérer d'une épouvantable tyrannie m'ont mis en colère.

Que je sache,l'Europe, héritière des idées généreuses de ses pères fondateurs n'a jamais pensé ériger des camps de concentration ou des goulag pas plus que d'épouvantables prisons an nom de je ne sais quelle idéologie-à-la-con comme ce siècle qui vient de se terminer a su si bien le faire pas plus qu'elle n'a voulu bâtir de murs destinés à couper des villes ou pays en deux

Alors, à tous ces braillards imbéciles, je dédie l'histoire de ces deux personnages cités plus haut qui ont payé cher la division historique de l'Europe en espérant que de telles histoires seront désormais impossibles mais qui le sait vraiment?
Je leur dédie pour que leur victoire et la joie qui en découle soient teintées d'un soupçon de tristesse et d'un sentiment de beau gâchis et d'un rendez-vous manqué..

Un dernier mot, ces deux destinées brièvement rappelées ici sont celles de mon grand père maternel que je n'ai pas connu, mort qu'il était avant ma naissance et celle de mon père biologique que j'ai à peine plus connu

Claude

29.6.08

En rev'nant de la revue






je suis été hier au grand show des culs nus (enfin presque...). Vous connaissez bien sur, la fête des fiertés qu'ils appellent ça. Ben, oui, dans le fond (ouarff) pas de raison d'être honteux d'être une tarlouse ou une grande folle
Je me suis donc mélangé à la foule des grands jours, place de la Bastille. Faut dire que j'habite à deux pas et que les flonflons de la fête m'ont fait sortir de ma tanière où doucement je rôtissais sous les doux rayons d'un soleil d'été enfin là.
A mon âge, vous vous rendez compte!!!
Quoique, quoique...
Tiens, ce matin, u marché d'Aligre, un mec qui pourrait être mon petit fils m'a demandé:
-Et pour le jeune homme, ce sera quoi?
Je lui ai pris deux kilos de cerises du coup alors que j'étais parti pour un kilo seulement.
Pour sûr qu'il a la bosse du commerce mon nouveau (et éphémère) pote, y'a pas à dire
Bon, j'en reviens à mon petit tour d'hier après midi. C'est curieux cette attirance-répulsion que j'éprouve pour la foule, un milieu où je me sens complètement étranger mais c'est presque plus fort que moi, il faut que j'aille m'y frotter, juste pour voir quoi!!!
Voir quoi? ça, je n'en sais rien du tout, peut être pour m'assurer que le nombre de cons ne descend pas en dessous d'une certaine moyenne.
Faut dire, que sur ce plan, je suis rarement déçu, c'est probablement pour ça que j'en redemande
Tiens, vous me croirez si vous voulez, je me suis même un jour mélangé à la foule indienne lors d'une manif mémorable à New Delhi. Contre quoi? ça, j'ai oublié si toutefois, je l'ai jamais su
Faut être barjot pour faire des trucs comme ça. J'ai vraiment failli y laisser ma peau quand les flics ont commencé à tirer à balles réelles dans les mecs qui braillaient des slogans auxquels je n'y comprenais que dalle, vu qu'ils causaient en Hindi ou autres langages hors de mon champ de compréhension...
Bon, rien à voir avec le cortège d'hier qui terminait sa pérégrination autour du génie du même nom qui en a vu bien d'autres
J'y ai même croisé Djack le flamboyant, venu lui aussi en voisin, probable... La place des Vosges n'est pas si loin que ça.
Bon, je vais vous dire, j'ai trouvé tout ça tristement ringard. Tant qu'a vouloir faire dans la provoc, on pourrait aller plus loin. Mais franchement voir des tas de gugusses se trémousser comme des épileptiques sur des musiques à la ronge-moi les valseuses (pour ceux qu'en ont, for sure), se mettre des ailes dans le dos pour ressembler aux anges et d'autres machins du même acabit, ben , ça fait rigoler cinq minutes mais au bout dune heure, ça fait tristement répétitif .
Bon, je joins des images prises hier et je vous laisse juge. Si vous en voulez d'autres, n'hésitez pas à en réclamer à la direction, j'en ai plein dans mon truc dans lequel je peux aussi causer et tout ça pour le même prix...

Claude

20.6.08

Songes




Un animal antédiluvien
Blessé
Ouvre grand la gueule,
Crocs saillants
Et souffle court,
Le silence s'en ouate
De nébuleuses éructations
Là-bas
Là-bas

Où l'infini se cristallise
Autour de vacillantes parcelles
De lumière
Pour s'en remettre
Aux tentations
De l'aube

Et les convulsions
D'une chair agonisante
Deviennent
L'objet d'études
Sous la loupe
D'un paléontologue
Avide de découvertes
A l'orée
Dune forêt
Figée
En marge
De mondes disparus...

Claude

14.6.08

Mort






Je voudrais rentrer dans la mort
Paupières ouvertes et sans remord
Regarder ses travaux d’approche
Avec mes peurs et mes reproches
Mais pouvoir la fixer dans les yeux
Suivre pas à pas, attentif, silencieux
L’accomplissement du travail inévitable
Quand enfin il nous faut quitter la table
Laisser la scène et ses ultimes oripeaux
Quand il faudra que s’abatte la faux
Pour couper le fil de l’inutile fardeau
Je veux voir son acier impitoyable
Luire de tout son éclat redoutable

Je veux en cette seconde qui est dernière
Faire provision du maximum de lumière
Avant que commence cet obligé voyage
Au seuil troublant de ce grand pèlerinage
Quand la vie est cette fraction de seconde
Où se réfugie de notre être la fugitive onde
Quand nous est accordée comme conscience
Dans ce moment d’éternelle balance
Cette petite étincelle et encore ce sursis
Avant le coup de faux et entre mort et vie.

Claude

9.6.08

le rot de football




Le rot de foot ball, c'est actuellement le grand sujet du jour entre un tremblement de terre et un cyclone faut bien occuper le temps non?
Et puis ces trucs là, ça se passe très loin de chez nous alors que le rot de football, c'est vraiment à notre porte...

Bon, le rot de football, je ne sais pas pour vous mais ça a tendance à me donner des renvois... des renvois aux 22 mètres probablement

Bien! Je buvais tranquillement un petit noir au bar de mon pote de l'Aveyron qui lui est traiteur et amateur de rugby, on est au moins tranquille de ce côté là pendant quelque temps quand un type s'est accoudé au bar à côté de moi et j'ai bien vu qu'il voulait engager la conversation... Je ne suis pas particulièrement du genre disert avec les inconnus mais quand on me cause, je m'efforce de répondre le plus intelligemment que je peux dans la mesure de mes faibles moyens surtout en termes de rot de football où je ne suis guère brillant il faut bien vous l'avouer

Et voilà mon inconnu qui me brandit sous le nez un journal avec une photo de ce que je présume être un footballeur en train de bousculer un autre footballeur inopinément placé là sur son chemin.
Peut être avait il un besoin pressant à satisfaire car il avait l'air de ne pas vouloir perdre du temps en chemin
Bref, comme le dit mon inconnu, on aurait du faire jouer Meckloufi à la place de Sironi à l'aile gauche
Vous m'excuserez de retranscrire à l'oreille mais j'ai tendance à m'emmêler les pinceaux avec tous ces noms à consonance bizarre...

Quand, croyant lui faire plaisir, j'ai précisé que pour moi, c'est plutôt à l'arriéré qu'on aurait du le mettre, mon copain d'un instant m'a lancé un regard soupçonneux mais je crois bien que je l'ai achevé quand il m'a demandé si je jouais de l'ukulélé (enfin, c'est ce qu'il m'a semblé comprendre) et que je lui ai répondu que moi, mon truc, c'était plutôt le piano.

j'ai vu alors dans le regard de cet homme, bien de sa personne sous tous les rapports d'ailleurs, passer un grand moment de solitude et d'égarement dont je ne comprends pas tout à fait la cause encore aujourd'hui...
Je n'ai pas compris non plus tout à fait pourquoi il a fini d'avaler son café au risque de se bruler les muqueuses et de quitter le bar comme s'il avait le diable à ses trousses
J'ai probablement touché chez lui une corde sensible... Une corde de piano peut être, allez savoir!

Alors s'il lit ces lignes, qu'il soit bien assuré que je n'ai rien contre l'ukulélé, surtout s'il est joué par une vahiné sympa sur le rivage d'une ile paradisiaque autant qu'océanienne, que l'écoute du piano ne comble pas ma vie et que Mekloufi est très bien à sa place au centre comme l'est monsieur Bayrou mais, celui là, c'est pour bien d'autres raisons

Claude

Sexe à piles




Elle avait du sexe à piles
Et de la grâce à revendre
En faisant la danse du ventre
Devant le buffet en branches des iles

Elle avait un je-ne-sais-quoi
Qui ne me laissait pas de bois
Pas celui dont on fait les flutes
Excusez-moi pour la chute

Elle avait du sexe à piles
Comme le lapin qui bat du tambour
Et on conjuguait amour avec toujours
Sans trop vouloir se faire de bile

Il est parti mon lapin sauteur
Il m'a quitté pour un vieux chargeur
Et depuis je pleure ma passion
En maudissant les chutes de tension

Moralité

Si vous voulez assurer votre bonheur
Et garder chez vous un lapin sauteur
Prenez un abonnement à l'électricité
Et laissez là agir de ses doigts de fée


Claude

7.6.08

vie villageoise





Il fait exceptionnellement beau sur la Bretagne depuis deux ou trois jours
Mais il pleut au sud
Bien fait pour leur gueules
A chacun son tour non?
Il fait beau avec un ciel sans nuages
Et j'essaie de faire coller sa couleur avec mes souvenirs d'antan
Mais je n’y arrive pas
Le bleu n'est pas aussi bleu qu'avant
Quand j'avais dix ans ou quelque chose comme ça
Et le son des cloches qui me cassent les oreilles
Et les couilles en même temps d'ailleurs
Il y a comme un timbre fêlé dans leur putain de carillons
Et les odeurs, hein!
Celles, chaudes et sucrées, des vaches qui revenaient vers l'étable
En traversant le bourg
Quelques vagues effluves des cheminées qui crachent des saloperies
Au sud d'où je suis les ont remplacées
Même la vieille maison ne sent plus l'encaustique comme avant
Faut dire qu'on n'en met plus dans l'escalier de chêne
Comme le faisait la grand'mère
Et le temps passe
Et amène son lot de disparitions
Y compris celles des amis qui on décidé de se faire la malle
Comme ça, sans prévenir...
De tirer leur révérence peut être par lassitude
Qui ont décidé de rendre les armes
Alors qu'on attendait qu'ils nous racontent encore et encore
Leurs vieilles histoires
Archi connues et sans surprise souvent et alors!!
Putain, c'est con la vie quand même
On nait, on vit, on meurt
Et tout ce qu'on croyait immuable
Et là bien présent pour l'éternité
Tout ça nous coule entre les doigts
Les fraîches copines ne vont tarder à devenir
Des petites vieilles
Économes de leur pas et de leurs sourires
Et le bleu du ciel n'est plus le même bleu qu'avant
A cause de la putain de cataracte probable
Cataracte qu'est même pas celle de Niagara
Vu qu'on est devenu aussi économes de larmes
Et les cloches chantent faux
Pour cause de court-jus dans les esgourdes sans doute
Et les villages se peuplent de vieux
Pendant que les jeunes s'en vont
S’entourer autour des arbres
Après leurs virées alcoolisées du samedi soir
Et même les vaches ne sortent plus de l'étable
La preuve, les chemins ne sont plus constellés
De leurs bouses fumantes
Et je suis là comme un con
Attendant qu'un autre jour succède à celui-ci
Mais peut être appelleras tu, toi qui a décidé
De partir vivre sans moi à l'autre bout des terres
Celles qui s'étendent là-bas au-delà du couchant
Et j'en arrive encore à rêver d'embruns
Et je tends l'oreille aux bruits des vagues
D’un océan qui lutte peut être pour ne pas mourir
Et le son de tes rires devient le fil d'Ariane
Qui me lie encore à l'envie de vivre

Claude

1.6.08

Mon mai 68

Mon mai 68

J'ai connu ce mai 68
quand les braves gens
pensaient: Les carottes sont cuites
en se rongeant les sangs

J'ai connu cette année 68
et tout son mal d'être
la foule était à la poursuite
d'un monde encore à naître

Sous les pavés, y'avait la plage
et sous son sable les mirages
y'avait le boulevard St-Michel
pour à des rêves servir d'échelle

Et c'est là que je t'ai rencontrée
toi et tes yeux couleurs d'eau
où se serait délayé une part du ciel
pour donner à mes songes des ailes

Et c'est là que je t'ai trouvée
tu venais de la rue Rambuteau
tu ne portais pa de drapeau
et moi je ne portais pas d'épée

Mais j'ai su que nous étions
de même sang et de même pays
celui où, libres, s'ébattent les avions
quand les voiliers prennent un ris

Autour de nous s'enflait la rumeur
de la ville sous le soleil mutin
cris de joie, de colère ou de peur
et je l'ai prise par la main

Ce fût ma Bastille à moi
ce ne fût pas tout à fait Verdun
pas plus que ça ne fût Rocroy
mais ne me regardez pas avec dédain

Car je l'ai prise par la taille
pour livrer la plus jolie des bataille
celle dont on ne revient pas
où l'on meurt les bras en croix

Et quand le soir doucement va s'étendre
je me souviens de ces moments volés
la rue d"Assas s'appelait rue du Tendre
et ma bouche se souvient de nos baisers salés

Récemment un jeune gars
m'a demandé de lui conter
mes souvenirs de ces temsp là
comme à un survivant de combats passés

Mais comment parler de cette image
où un peu de ciel se serait perdu
alors qu'il attendaitl'assaut des barricades
alors j'ai vaguement souri et je me suis tu

Claude

25.5.08

Souvenirs... Survenir...




Souvenirs : Impondérables bribes de vie faites dont on ne sait pas trop quoi, Indispensables et omniprésentes et parfois dissimulées dans l’insondable fouillis de nos neurones.

Souvenirs qui nous crucifient aux bois du temps qui trop vite s’enfuit

Je ne sais pas si c'est pour vous comme pour moi mais certains me la jouent sur Replay mode sans que j' en connaisse vraiment la raison
Oui, pourquoi celui là plutôt qu’un autre dans la jungle des choses passées ?…

Je vais en citer trois qui me reviennent comme ça aux moments les plus inattendus, aux moments de déprime, aux moments de détresse quand le sol se dérobe sous les pas, quand les larmes montent aux yeux alors que l’obscurité s’en vient pour nous cerner de toutes ses incertitudes…

C’est l’hiver, la neige tombe dru devant mes yeux et je regarde au travers les larges vitres de la tour de contrôle où alors j’exerce mes talents … C’est un dimanche d'hiver et je suis là juste pour répondre à un bien problématique coup de téléphone. Et c’est alors que je les ai aperçus pendant un instant très bref, deux magnifiques oies sauvages, cous tendus dans l’effort, à lutter contre le vent et la tempête qui souffle, en route vers un bien improbable but. Blanc contre blanc, il m’a fallu bien de la chance pour pouvoir les graver dans ma mémoire jusqu’à la fin de mes jours…
Je suis dans une pièce de la porte d’Orléans, elle a la peau bronzée et douce et elle se lave dans une cuvette devant mes yeux éblouis. Elle se prépare à l’amour que nous allons faire et j’attends en contemplant sans rien dire les gouttes d’eau descendre doucement en épousant les courbes de son corps juvénile comme autant de perles précieuses accrochant des parcelles de lumière au fur et à mesure de leur troublante progression…
Je vois un voilier qui glisse en baie de Saint-Malo. Il est tôt ce matin là avec dans la lumière qui tombe du ciel un je-ne-sais-quoi qui incite aux départs et aux abandons. Et du haut de la falaise où je suis, je regarde ce voilier qui doucement s’éloigne vers le large en griffant une mer d’huile de son étrave légère et j'admire une fille vêtue de blanc, mince et brune, qui s’active aux besognes d’appareillage et le skipper qui fixe l’horizon d’un regard que j’imagine attentif…

Beauté de la nature à l’état brut qui d’un coup se dévoile puis se dérobe à nos regards, magie des courbes d’un corps féminin si doux, si souef comme le disait en son temps Villon, soie fragile d’une peau désirée et tellement attirante et le vouloir des départs quand on aimerait bien nous aussi mettre le cap vers d’autres ailleurs pour des voyages qu’on imagine définitifs en oubliant ces chaînes qui nous attachent à nos racines terriennes…

Et me voici lesté d’un bagage certes bien mince mais après tout probablement suffisant pour affronter les frimas qui, tôt ou tard, s’en viendront pour s’amonceller à ma porte

Claude

20.5.08

Demain... peut être





Il me regarde de son œil torve et froid et en retour je le toise aussi

Même pas peur !!

Demain, j’écrirai ou peut être après demain ou alors plus tard quand je ne ressentirai pas cette fatigue qui me paralyse la main et cette peur, oui, oui, j’ai bien dit peur devant la page blanche qu’il me présente et qui doucement scintille comme une bonne vieille pute qui te ferai des avances comme ces monuments historiques que je croise rue St Denis quand mes pas me portent vers là-bas…

Rien à foutre et envie de rien… Ah, si! Fermer les yeux et attendre que la nuit arrive avec le silence qui l’accompagne et me recroqueviller dans l’attente du sommeil qui finira peut-être par venir et m’entrainer avec lui, loin, si loin, du moins je l’espère

J’écrirai demain ou peut être un peu plus tard, comme avant quand j’aimais bien ça, quand j'aimais bien faire tomber la poussière des souvenirs qui persistent à encombrer bien inutilement ma mémoire pour les repeindre aux douces couleurs d’un présent recomposé

Claude

10.5.08

Polyglotte





«Aujourd’hui je m’aperçois qu’il faut apprendre à être seul, de même qu’il faut apprendre comme une langue étrangère la mort des êtres chers»

Belle et singulière phrase que cette phrase là qui est de Sevran, celui qui vient de mourir. Je dois avouer que je connais que peu de choses sur cet homme car je ne m’étais que pas du tout intéressé à ce qu’il faisait et que je suis devenu depuis longtemps de plus en plus réfractaire à la télévision avec son cortège de clinquant et de mauvais goût mais quelle importance?

Oui! Quelle importance en effet quand une phrase nous semble belle d’hésiter à s’en servir d’autant plus que j’éprouve de plus en plus de difficultés à écrire des mots de mon cru… Alors pourquoi ne pas se servir de la prose des autres quand elle est digne d’intérêt

Et c’est vrai que, pour reprendre Sevran, il existe des âges dans la vie où on devient à son corps défendant facilement polyglotte, tant d’amis se décidant à se faire la belle aux moments les moins appropriés et souvent sans nous y avoir préparé à ce fameux définitif départ qu’on en tombe, c’est le cas de le dire, en état de sidération devant ces départs subits avec l’envie d’avoir un dictionnaire à proximité pour être sûr de bien comprendre ce qui est arrivé à une telle ou untel

Et nous voilà devenus arpenteurs d’allées de cimetières et dispensateurs d’eau bénite et bien contents quand ça ne se passe pas sous des trombes d’eau où on hésite à savoir si ce sont les larmes ou la pluie qui doucement coulent sur les joues des participants

Où donc s'en sont allés ces jours si lointains où la mort était pour ceux qu’on ne connaissait pas et que ceux qu’on aimait étaient là, pour toujours à nos côtés, indéfectibles, indestructibles, à tout jamais jeunes et beaux?

Claude

5.5.08

Bordel à cul, charrette à bras

J’ai trouvé comme un diamant noir brillant au fond de la nuit dans l’une de mes ballades sur le oueb
Une ballade pour une autre ballade, une signée Caussimon, un vieux mec que les moins de 65 ans ne peuvent pas connaître et dont je recommande la version chantée aisément trouvable sur la toile
J’aurais bien aimé écrire ces paroles sans y ajouter ni retrancher une simple virgule, juste pour exprimer ma colère devant le temps qui passe, ma lassitude devant la connerie ambiante et ma peur devant tous les orages annoncés qui plombent nos horizons mais je ne ressens que fatigue, mépris ou au mieux indifférence dans un monde où je ne me reconnais plus
Heureusement d’autres ont su garder l’indignation bien chevillée au corps qui les pousse, sans dieu ni maître et en termes bien sentis, à savoir faire partager leur désespoir et cette dérision rigolarde qui en est l’exact contre poids
Alors, lisez et comme moi appréciez et si ce n’est pas le cas, alors que le cul vous pèle…




Bordel à cul, charrette à bras

Entourloupé par les malfrats
Et succombant sous les contraintes
Je change de style, les gars!
J’abandonne les demi-teintes
Je tire à vue et dans le tas
Bordel à cul charrette à bras!!!
Verlaine avait au moins l’absinthe
Qu’en 14 on interdira
Il en tirait de douces plaintes
Et des rimes de 100 carats
Sacré bordel de vierge enceinte!!!
On me vend du faux Mascara
Ah, ah!!!

Est-ce le tocsin ou le glas?
Une cloche invisible teinte
Et cette horrible rumeur là
C’est l’an 2100 qui se pointe
Commencé à Mururoa
Bordel à cul charrette à bras!!!
La côte d’alerte est atteinte
Dans le Sahel , au Katanga.
Devant leur vache sacro sainte
Les Hindous sautent les repas
Sacré bordel de vierge enceinte!!!
Quelle idée de naître là bas
Ah, ah!!

Dans la patrie de Neruda
Les aurores se sont éteintes
Partout on se heurtait aux soldats
Chaque minute était une crainte
Un gadget made par là-bas
Bordel à cul, charrette à bras!!!
Le pape à Rome, les mains jointes
Prie, Ora, pro nobis, ora!!
Puis tout au bout de sa complainte
Lance une bulle ex cathedra
Sacré bordel de vierge enceinte!!!
Au grand jamais n’avortera
Ah, ah!!

Dans un hôtel à cancrelats
Une fille horriblement peinte
Sur un lit bancal et sans draps
Attend qu'aboutisse l'étreinte
D'un michton qui n'en finit pas
Bordel à cul, charrette à bras!!!
Nous, comme putes, l'on s'éreinte
Pour le gite et le bout de gras
La liberté déjà restreinte
Au fil des jours met les adjas
Sacré bordel de vierge enceinte!!!
89 c'est vieux déjà
Ah, ah!!!
Sacré bordel de vierge enceinte
Réinventons le "Ça ira"
Ah, ah!!!

8.4.08

Histoire bête

Dans une discothèque, un monsieur s'adresse à une jeune fille dont il voudrait bien s'attirer les faveurs:
-Puis-je vous offrir une coupe de champagne?
-Non, merci, je ne bois jamais d'alcool, c'est dangereux pour mes jambes...
-Ah, ben, dangereux, vous dites! Mais pourquoi? Ça les fait gonfler?
-Non, s'ouvrir....

Mouarff!!!!

7.4.08

Oh, orages désirés




J’aime bien cette photo d’une Delhiite portant un Salwar Kameez, son Dupatta négligemment noué autour du cou et s’abritant de la pluie sous un joli parapluie multicolore.
A part l’habillement traditionnel, cette photo aurait pu être prise sous nos latitudes vers la fin de septembre, début octobre lorsqu’une autre saison se profile aux fenêtres
Tout y est, du moins en apparence: Le vent qui balaye le boulevard et commence à faire tomber les feuilles, le ciel plombé et lourd de pluie, le froid aussi ou au moins la fraîcheur… Un temps de rentrée des classes chez nous en quelque sorte
On croit deviner tout ça au mouvement suggéré des branches et au battement d’ailes d’un oiseau attentif à ne pas louper son arrivée sur un arbre…
Rien que de très banal me direz vous mais cette image a une histoire qui en préfigure bien d’autres et en plus dramatiques malheureusement
Car il faut dire que nous sommes à Delhi au mois d’avril et la température doit avoisiner les 32 ou 33° centigrades.
Cette vue a été prise voilà deux jours sur l’un des boulevards de la ville, du côté de Lodi Garden pour ceux qui connaissent, qu’on est en avril et qu’il ne pleut jamais normalement à ce moment de l’année, que les températures sont en marche vers les 40° s’ils n’ont pas été déjà atteints et que la végétation commence sérieusement à roussir sous les assauts du soleil…
Mais derrière les jolies couleurs, l’exotisme du paysage et la marche de la jeune femme, la nature nous murmure à l’oreille peut être une toute autre histoire…

J’ai vécu longtemps dans ce pays et je continue, grâce aux techniques modernes de l’information, de me tenir plus ou moins au courant de ce qui s’y passe. C’est ainsi que l’hiver dernier y a été anormalement froid jusqu’à frôler le zéro centigrade et ça pendant plusieurs jours en janvier et voilà maintenant cette imprévue mousson qui se manifeste à un moment où on ne l’attendait vraiment pas. En fait et c’est réglé comme du papier à musique, les pluies abondantes viennent vers la fin du mois de juillet et s’étendent jusqu’en octobre.

Or on est loin de ce schéma là et là aussi on assiste à l’un de ces dérèglements climatiques dont on nous parle tant et qui nous prédisent bien des difficultés dans les décennies ou années qui viennent.
Les conséquences en seront sérieuses et certainement dramatiques et l’on vit peut être nos derniers instants de tranquillité résumés dans cette tâche de couleurs d’un parapluie qui n’aurait du servir à cette période de l’année que pour se protéger des ardeurs du soleil et de la marche insouciante d’une femme le long d’une avenue indienne et qui certainement doit apprécier le répit que lui offre la chute des températures sans soupçonner qu’elle est le prélude à d’autres orages à venir et pas tant que ça désirés…

Claude

4.4.08

Au coin de la rue....




C’est aujourd’hui l’un des premiers jours de beau temps de l’année sur Paris. C’est curieux comment un simple rayon de soleil peut influer sur le moral. Je suis jeune à nouveau, jeune pour l’éternité
J’ai repris le 46 jusqu’à Chemin Vert juste après la mairie du XIème comme avant...

Et comme avant les filles ont des jupes à la ras-le-bonbon et les yeux pleis de mystères et rien que ça, ça me met le cœur en fête.

Mon fils m’a invité à visiter son nouvel appart et comme d’hab, il m’a expliqué comment il s’y prenait pour initier sa production de bouquins sous Flash à partir de son ordi et comme d’hab, je n’y ai pas compris grand-chose sauf que pour lui et l’imprimeur, ça marche.
Mais je m’en fous, je me sens inexplicablement heureux

Le soleil inonde le boulevard Parmentier et on a été déjeuner chez le Chinois du coin à 9€ le buffet à volonté.
Lui a pris de l’eau plate pour le repas, diététique et sports obligent mais moi j’ai choisi un petit Bordeaux pour les rouleaux de printemps et tous leurs plats étiquetés à la mode de chez eux et il ne m’a même pas lancé un semblant de regard désapprobateur

Il faut dire que j’en avais marre de la campagne et de tous ses champs à la con, j’avais besoin de me confronter à l’inépuisable variété du paysage humain qui peuple les villes et déboule inépuisablement sur ses trottoirs

Demain peut être, j’aurai besoin de l’immobilité austère de la nature au repos mais aujourd’hui je me shoote à la présence humaine que je frôle et qui me frotte, de ces frères humains comme le disait Villon, même s’ils en ont rien à foutre que je puisse les observer, moi qui suis sans illusion sur eux comme Fabre l’entomologiste disséquant l’univers fascinant des fourmis.

Je les regarde: Celui là que la vie a démoli courant et boîtant derrière un bus qui ne l’attendra pas ou cette fille blonde assise sur le bord du trottoir, visage enfoui dans les mains et pleurant peut être à un avenir désespérant

Je me sens arpenteur de ces lignes de fuite citadines, je me laisse envahir par la sourde rumeur de milliers de vies en marche, je laisse toutes ces silhouettes anonymes zébrer mon champ visuel aux aguets et de tous ces bruits et de ces éclats de vie je m'en repais pour m’en faire une ivresse légère

Claude

3.4.08

A méditer

TOUT EST RELATIF EN CE BAS MONDE

Le saviez-vous
Mes bien chères sœurs
Et vous autres
Mes bien chers frères
Le saviez-vous
Oui, en vérité
Le saviez-vous
Qu'une masturbation
Bien menée
Vaut mille fois mieux
Qu'un pauvre coït foireux...

Claude

2.4.08

Parabole express




Grave et lente, dominant le tumulte créé par la foule tonitruante et vociférante, une voix soudain se fit entendre venant du plus profond des cieux:

-Mort aux cons dit-elle simplement

Et ils tombèrent tous, foudroyés...

Claude

1.4.08

Mes souvenirs





Ma vie se part
En bateau
A vau l‘eau
De quai en gare,
Ma vie se part
Se taille, se barre
Je la regarde partir
S’effilocher, se ternir
Comme les boutons dorés
D’une tunique trop portée

Sur le boulevard
Les passants sont blafards
Les platanes sans feuilles
Portent le deuil
D’une jeunesse éteinte
Dans une ville enceinte
D’un enfant monstrueux
D’un nain incestueux
Et dans la bousculade
Devant de mornes façades
Ma vie se va
Je ne regarde pas
La foule informe
La foule difforme
Sur le tortueux chemin
D’un avenir incertain.

Ma vie se part
En bateau
A vau l‘eau
De quai en gare,
Ma vie se part
Et je ne fais rien
Pour la retenir
Et je ne fais rien
Pour pleurer à mes souvenirs

Claude

13.3.08

Propos décousus, poil au nez...

EXQUIS MOTS

Pourquoi des gens qui ne feraient pas de mal à ue mouche s'ingénient-ils à toujours vouloir tuer le taon? Comme me le disait récemment un ecclesiastique de mes connaissances doté d'une vraie langue de vicaire: Chaque chose en son temple et il me confiait qu'il ne faudrait pas croire qu'à voir les animaux qui entourent le berceau du petit Jésus les boeufs sont forcément tous dévots.

Bon, ceci étant dit, attention si vous allez chez le notaire de ne pas chercher systematiquement à vouloir tirer les choses au clerc même si, depuis que les prix de l'immobilier ont augmenté, vous avez maintenant pognon sur rue.

Pendant que j'y suis, je vais vous faire une confidence, le jour de mon mariage, je m'en rappelle comme d'un remake du joug le plus long mais je m'en fous, depuis je fais chanvre à part...

Bon! si vous pensez que j'ai dépassé les borgnes à vouloir vous ouvrir les yeux, pour me faire pardonner, je vous invite chez moi à boire un coup et ne craignez rien: A tout pichet, miséricorde et comme on dit ici en Bretagne,on en profitera pour se refaire le coup du serrement du jus de pomme et on pourra entonner en se referrant au titre de cette petite chronique (ta mère)

Igloo, igloo, igloo, il (elle) est des notres...

Claude


12.3.08

Questions

J'aime bien Vista que je préfère à XP
Je me suis emmerdé pendant "Bienvenue chez les ch'tis"

Putain, ça se soigne ça ou je suis condamné à mourir con?

Claude

10.3.08

La tempête





Le vent a soufflé fort cette nuit. Un grand vent de tempête de fin d'hiver.
Un vent qui a pris sa respiration là-bas dans les vagues de l'Atlantique nord, du coté des Lofoten probablement, là où le soleil a timidement commencé à se montrer au dessus des horizons après de longs mois d'endormissement

J'aime bien ces coups de boutoir qui s'en prennent à la maison qui s'accroche de toutes ses pierres à son socle de granit
J'aime entendre les craquements des poutres du grenier prises à des branches de chênes, de ces chênes qui paradaient sur la lande voici trois ou quatre siècles
J'aime ces soupirs profonds où se mêlent les murmures des trépassés et des péris en mer
J'aime ces cris et ces murmures et ces nuages qui ce matin ne cessent de défiler au dessus de ma tête comme une rappel de ta longue chevelure ...




Mon pays est celui des quatre vents
Noroît, suroît, de terre ou d’océan
Vents qui se brisent et n'écartèlent
Et viennent effleurer la touffe d’asphodèle
Ou s’engouffrer dans les chemins creux
Pour cracher sur des croix sans bon dieu
Les vents arrivent chargés de confidences
Et des soupirs d’une lointaine enfance
De mots d’amour qu’on se jette à la tête
Faits de rumeurs et des bruits de la fête

Vents d’hiver qui crochent dans les clochers
Et les griffent comme pour les déraciner
Vents des étés doux et chargés de tendresse
Vents qui arrivent pour nous chanter la messe
Vents des printemps à venir un peu fous
Des promesses à tenir, vent des billets doux
Sans oublier les grands vents de l’automne
Quand sous la charge des équinoxes résonne
Et gémit la maison de toutes ses membrures
Quand le fond de l’air a un parfum d’aventure
Vents de noroît, de suroît, des quatre horizons
Vents de mon pays et de ma dernière chanson.

Claude