13.9.17

souvenirs








J'ai consulté ce matin un peu par hasard la liste de mes compagnes et compagnons d'internet, gardés dans la mémoire d'un cyberespace malicieux et indiscret. 10 ans en arrière pour beaucoup. Combien sont ils encore qui se penchent sur l'écran magique pour y confier leurs pensées intimes?
Les blogs. C’était nouveau. Nous étions tous des Victor Hugo ou des Céline en puissance que les techniques modernes de communication allaient inévitablement faire éclore.
On croyait abandonner à la blogosphère des pensées originales, des fulgurances dont on était bien probablement les seuls à pouvoir juger de la profondeur, de leur originalité mais qu'on chuchotait malgré tout à l'oreille jugée complaisante des lecteurs ou lectrices attrapés dans les rets d'une pensée originale et féconde qu'on était probablement seul à juger ainsi.
Et puis les liens se sont délités, ont disparu entraînés dans les bourrasques imprévisibles du passage des temps. 
Mais pourtant elles sont là ces ombres, présentes, comme autour de ces tombes abandonnées où des noms et des dates luttent contre l'omnipotence maléfique des omniprésentes mousses et  lichens.
Combien de temps mettons nous à nous vider de nos souvenirs jusqu'à ce que, besaces vides et flasques, nous attendons souvent en vain que de synapses en synapses se propage le signal apte à recréer des mondes que l'on croyait définitivement engloutis dans les mousses et lichens des souvenirs atrophiés mais que le regard d'un voyageur attentif permet de brièvement venir se mêler au spectacle du monde en mouvement.

1.8.17

Chabadabada Chabadabada etc.




Un homme, une femme…

50 ans. C’est l’anniversaire d’un homme et une femme. Je croyais l’avoir vu lors de sa sortie. Il faut croire que je n’en ai gardé aucun  souvenir mais, plus probablement,  ma mémoire m’a joué un tour car, quand je l’ai regardé sur internet, j’ai en fait découvert ce film.

1966. J’ai 26 ans, Je suis élève officier à Salon de Provence. Elle doit avoir un âge approchant du mien. Une rencontre due au hasard. Un homme et une femme. Je me plonge dans ces années là. Comme tout cela est loin et proche aussi.

Sans téléphone portable, sans mails, sans internet, les amours illégitimes étaient bien lourdes à porter dans ces temps là. Pourtant nous sommes restés longtemps plus ou moins en contact. Plutôt moins que plus d’ailleurs  pour être franc. Elle a changé de métier, de domicile. Le seul lien disponible a fini par être l’annuaire téléphonique. De consulter ses pages me rendait absurdement rassuré, singulièrement un peu heureux aussi. Et un jour, dans les années 80, plus rien. J’ai bien tenté de retrouver sa trace. Juste pour savoir mais en vain.

Encore en vie, grand-mère comblée ? Lui arrive-t-elle de penser à ces années là ? Un homme, une femme. Et Nicole Croisille qui chante Chabadabada comme en écho dérisoire et triste de ce qui aurait pu être mais qui ne fût pas.

Claude

25.2.11

Histoire de q




L'une de mes amies, a dear friend of mine diraient les anglo-saxons, m'a récemment déclaré que j'avais un beau cul. J'en suis resté sur l'instant interdit et mon la s'est soudain mis à gonfler comme l'aurait dit Brassens.

Un beau cul! Moi!

Je dois avouer que je ne m'étais jamais vraiment plongé dans la contemplation de cette partie replète de mon individu: Il est là où il doit être et ça m'a suffit jusqu'alors comme ça et puis se retrouver nez à nez avec cette rontondité tellement affriolante aux dires de ma belle amie reléve d'une posture acrobatique à laquelle ma souplesse naturelle légérement ébréchée par l'accumulation des ans m'empêche même d'y penser. Alors, je la crois sur parole ma douce!

Mais c'est à ces quelques mots murmurés tendrement à une oreille qui n'en croyait pas ses yeux que je voudrais revenir.

-T'as un beau cul!!

Gabin sussurait quelque chose comme ça à la délicieuse Morgan rappelez vous mais lui disait -T'as de beaux yeux, tu sais!!
C'est là qu'on mesure que les temps ont bien changé. AujOurd'hui une toute jolie me confie sans pudeur excessive que j'ai un beau cul.

Oui, les temps changent assurément et à grands coups de pied au cul.

13.2.11

Bornes et limites

j'ai récemment lu quelque part qu'écrire un blog était devenu ringard.
Putain! Les modes changent vite de nos jours.
Je suis sûr que du temps de Gutenberg, on aurait pris quelques décennies pour qu'on en épuise touS les charmes des dits blogs.
Mais là, juste un petit tour, on est passé à autre chose: Twitter, facebook et tutti quanti et exit le blog tombé en désamour

ça tombe bien en ce me concerne puisque j'ai cessé d'écrire sur ce support particulier. Panne totale d'inspiration! Plus rien à me mettre sous la plume. Pas le moindre désir de marier des mots, de jongler avec eux, de les voir s'unir, se marier avec comme seule limite ma rapidité de frappe et même si j'étais pratiquement mon seul lecteur, quelle importance?

J'y ai pris du plaisir en son temps je dois l'avouer comme je dois avouer que j'éprouve quelque nostalgie au souvenir de cette jubilation qui me saisissait à ces moments là mais écrire c'est comme une érection (je parle pour les hommes là bien sûr). On bande et la bandaison, papa! Tu sais où ça mène hein? l'excrétion de quelques centilitres d'un liquide composite riche de nutriments élémentaires paraît-il et la messe est dite. Y'a plus qu'à attendre que les petites boules à plaisir partagé veillent bien refaire le plein.

Mais de ce côté là, ça tombe bien je ne bande plus ou pas beaucoup, pas plus que je n'écris: La pace di calzone disent justement les mamas italiennes qui en connaissent un bout si j'ose dire sur la façon de nourrir leurs hommes avec ce symbole de vigueur que constitue le macaroni même préparé "al dente".

Au delà de cette limite disait Gary mon ticket n'est plus valable et comme chacun sait, c'est quand on dépasse les bornes qu'il n'y a plus de limites.

10.12.10

claudie

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C'est ma Bretonne

C'est ma Bretonne
Et dans ma tête
Les éclats de la fête
viennent et résonnent
C'est ma Bretonne
Des landes de Lanfains
et sur mes lèvres
Nait ce refrain
C'est ma Bretonne
De la mer sans fin
Et des grèves qu'elle festonne
Des Rosaires jusqu'à Sein
C'est ma Bretonne
Et ses cheveux blonds
Quand le vent frissonne
Font faire à mon cœur des bonds
C'est ma Bretonne
Sa bouche a un goût de paradis
Et quand elle se donne
Le monde entier en moi sourit

Je ne sais pas si je vous l'ai dit
Cette Bretonne là
De Groix à Batz
Je ne l'avais pas encore dit
De Saint Brieuc
Jusqu'à l'ile d'Yeu
Porte le joli nom de Claudie

Claude

17.7.10

Monsoon in France




Aujourd'hui, les orages avec la pluie qui les accompagnait m'ont fait penser à l'arrivée de la mousson en Inde, un pays où j'ai vécu quelques années....

La mousson elle même était souvent précédée par des orages électriques accompagnés de tempêtes de sable en provenance du Rajasthan. L'atmosphère était pesante et on ressentait physiquement le besoin de la pluie sachant qu'elle permettrait aux températures de36°, 38° enfin de baisser. On voyait les nuages lourds s'amonceler et envahir les horizons et puis les premières gouttes arrivaient, larges comme des soucoupes, de plus en plus nombreuses et je me souviens des rires de joie des enfants et de leurs visages extasiés sous le déluge tant attendu.

Eh, bien! Tu vois, je suis revenu par la pensée à cette époque là, j'ai revu des pluies de mousson, de monsoon comme on dit là-bas, par lafenêtre du salon. Peut-être est-ce là un effet de ce réchauffement climatique dont on parle tant.

Bientôt, j'irai célébrer Diwali, la fête des lumières et je donnerai quelques roupies aux enfants de mon cuisinier pour qu'ils achètent des pétards et des feux d'artifice qu'ils feront exploser devant la porte du jardin.

Plus tard encore, ça sera Holi. Les enfants me jetteront des poudres de couleur comme l'exige la tradition et je ferai celui qui est surpris quand mon Chowkidar viendra cérémonieusement m'étendre avec l'index ce troisième œil de la sagesse hindoue sur mon front et je garderai jusqu'au soir cette tâche rouge et j'écouterai des ragas du soir joués par Ravi Shankar et je regarderai les vols des vautours accompagnés du cri des corneilles qui sont l'obsédant bruit de fond de la vie indienn avec celui aussi discordant des multiples klaxons qui ponctuent les rythmes de vie de cette multitude humaine, affairée et fourmillante.

Et je me mêlerai à cette foule, indifférente et bigarrée et je serai là,seul occidental à INA market peut être, suivi d'un petit porteur avecson panier sur la tête qui se remplira peu à peu de fruits, de légumesou de poisson venu des côtes de Malabar ou du coté de Mumbai comme on appelle Bombay aujourd'hui...

Mais il est temps que je me réveille. Tout ça est déjà loin et je ne suis maintenant qu'à moitié Breton, qu'à moitié Parisien mais avec encore dans un coin de ma mémoire une palette de chatoyants sarees qui savent danser dans ces aubes légères qui s'habillent de ces couleurs quenos ciels occidentaux n'ont jamais su choisir mais probablement que leur palette ne les comportent pas.

Claude

27.1.10

Deuil




À cette époque déjà lointaine, nous habitions dans un quartier de New Delhi à Maharani Bagh ce qui en Hindi veut dire: Le jardin de la reine. Tu étais venue avec ta mère et un couple d'amis.
Tu étais alors une jeune adolescente au sourire fragile aux grands yeux sombres qui s'habillaient de parcelles vertes quand tu tournais ton regard vers la lumière
Je ne sais pas si tu étais reine ou fleur en ce jardin mais tu t'étais inscrite dans ce paysage comme si, de tout temps, les pipals, les hibiscus, mango trees ou autres banians sans oublier les flamboyants qui marquaient en rouge somptueux au moment de la fête des couleurs les limites de notre propriété, attendaient ta visite...

Elle avait la grâce lente
d'une fragile adolescente
elle avait la taille fine
d'une vestale mutine

J'ai écrit bien plus tard ces quelques lignes qui me sont venues spontanément à l'esprit et aujourd'hui je me demande si ce n'est pas ton image qui s'est imposée du fond de ma mémoire avec tes longues jambes de faon et cette peur ou cet émerveillement que je devinais parfois en toi devant la cruauté ou la splendeur du monde

Aujourd'hui, sous l'habituel ciel gris-plombé de l'hiver parisien, je regarde les rites qui entourent la mort. La foule qui s'est rassemblée pour toi m'apparait comme un troupeau de moutons, effrayée, frileuse, comme si la proximité de l'autre permettait d'exorciser l'horreur de la disparition, l'horreur aussi de devoir, un jour, l'affronter.

Sur le boulevard proche, on entend le chuintement feutré des pneus sur l'asphalte et qui se mêlent aux sanglots étouffés qui jaillissent de ci de là des proches ou de tes nombreux amis rassemblés ...

Je crois au fond de moi que la vie n'a aucun sens sauf à la contempler à l'aune de la fragilité d'un sourire au moment où un jour se lève, sauf à se perdre dans cette lueur que le soleil sait allumer dans un regard qui chavire et je regarde celle foule qui monte comme une marée dans ce minuscule cimetière parisien pour venir abandonner des roses sur ton cercueil et je sens une boule qui soudain oppresse ma poitrine.

Une goutte humide se fraye doucement son chemin entre aile du nez et rondeur de la joue. J'ai froid et je ne veux pas penser au lent et effrayant travail qui va commencer dans l'obscurité de la tombe que deux ouvriers indifférents s'empressent de refermer .

Claude