21.12.07

Les mots du poète

J'avais la pêche à l'époque hein?
ça a de la gueule ce truc non? J'ai du l'écrire voilà 3 ou 4 ans et ça dans un grand moment d'aberration mentale
Mais c'est comme ses propres enfants, on les fait, on les assume, point barre!
Bon, je vous laisse juge.
Mais ne vous croyez pas forcés d'aller jusqu'au bout: D'abord, je ne saurai pas si vous larguez ce morceau de bravoure en cours de route et puis j'ai pas l'intention de vous faire le coup de l'interrogation surprise...






LES MOTS DU POÈTE

Les mots qui habitent la tête du poète
Sont comme annonciateurs de tempêtes
Ils sont chiens de garde du fantastique
S’exposant sans retenue à tous les risques
Montrant leurs crocs et cassant leur chaine
Parcourant monts, vallées, forêts et plaines
Courant, inlassables comme hordes de loups
Quand la proie désignée doit être menée à bout

Les mots à l’intérieur de la tête du poète
Sondeur d’infini lorsque le temps s’arrête
Tournent en feuilles que la nuée froide pousse
En vertiges qu’une ondée à peine éclabousse
Ils sont aussi maelströms pour engloutir en eux
Le marin imprudent ou l’amant malheureux
En recherche assidue d’un amour disparu
D’un souvenir inexpié ou d’un ami perdu

Les mots qui hantent à jamais la tête du poète
Attendent le départ d’exotiques conquêtes
Ils sont gardiens attentifs des sombres forêts
Là où les branches prennent en un vivant filet
Le promeneur insouciant et dont les pas s’égarent
Sur des sentiers qui savent l’entraîner à part
Dans le jeu subtil des maléfices d’un labyrinthe
Où en silence s'engloutissent les plaintes.

Les mots qui se bousculent dans la tête du poète
Sont en tenues dépouillées de valeureux athlètes
Muscles saillants, prêts pour le coup libérateur
Ils empruntent la piste d’un stade des honneurs
En l’attente de la course et de son ultime élan
Et les foulées se jouent en un éblouissement
Qui salue l’exploit et son accomplissement
Quand les corps libérés se font élus des dieux
Et que la cendrée se fait chemin d’accès aux cieux

Les mots qui vivent dans la tête du poète
Suivent leur chemin en poursuite d’une quête
Et continuent seuls leur propre existence
Sans se soucier de savoir vivre et de convenance
Les mots qui voyagent dans la tête du poète
Deviennent explorateurs des ultimes planètes
Des forêts vierges de l’azur ou des vertes taïgas
Des collines enchantées ou des blanches toundras
Quand les éléments naturels dans la tête du poète
Deviennent ce qu’en font les vents et la tempête.

Claude

19.12.07

L'écho du goëland




Je soumets à votre appréciation ces quelques géniales pensées glanées de ci de là et qui ont eu pour effet de déclencher chez moi une franche hilarité:

Les cafés sont maintenant tellement chers qu'avant de prendre une cuite, faut demander un devis

Pour imaginer l'infiniment petit, faut déjà être con, alors l'infiniment grand, j'en parle même pas...

Et enfin last but not the least

lorsque le goéland se gratte le gland c'est qui f'ra pas beau temps et quand il se gratte le cul c'est qui fera pas beau non plus...

Allez, kenavo!

Claude

18.12.07

Homo sapiens





J’ai été surpris et ému de lire pendant le week-end dernier qu’on pouvait se sentir concerné par le sort de notre planète au point de physiquement en pleurer devant son écran d’ordinateur (Sèches tes larmes Tippie…)
Je voulais écrire un long papier là-dessus en partant des origines de notre espèce, 200 000 ans en arrière si on en croit les scientifiques pour en arriver à la situation actuelle…

Donc, j’étais parti comme en 14 comme on dit pour tartiner quelques mots bien sentis mais je sais que les longs articles sont rapidement chiants sur internet et que le lecteur de base a tendance à souvent couper dans les virages si la longueur des idées exprimées est supérieure à quelques lignes…
Et ça m’arrange bien car j’ai de plus en plus de difficultés à écrire, moins envie de confier à la toile mes quelques états d’âme ou ce qui m’en reste…
Cette période de l’année que je déteste, ces jours qui n’en finissent pas de raccourcir, le manque d’incitation, la fatigue, une lassitude persistance qui m'ennuie beaucoup, allez donc savoir pourquoi et qu'importe…

Alors je vais m’en tenir à l’essentiel.
Qu’il soit bien clair que les problèmes auxquels nous auront à faire face à plus ou moins long terme sont essentiellement dus à notre espèce.
Je m’explique: Je ne dis pas que l’homme est intrinsèquement mauvais ou bon et que cela en bien ou en mal influerait sur la santé de notre belle terre car ça n’a pas beaucoup de sens, je dis simplement que nous sommes beaucoup trop nombreux sur cette terre.
Lorsque j’habitais en Inde, nous avions l’habitude de dire que ce pays s’ajoutait chaque année une Australie supplémentaire. En d’autres termes, 28 millions annuels d’habitants de plus ce qui est globalement la population de ce dernier pays…

Pour dire les choses autrement, les Indes, comme on disait alors, comptaient en 1947 environ trois cent cinquante millions d’habitants. Aujourd’hui, ce nombre a largement dépassé le milliard, soit au moins 3 fois plus et ça en moins de 60 ans.
Alors, je ne vous dis pas ce que ce sera dans un siècle…
Et ce qui s’applique à ce territoire s’applique bien évidemment ailleurs

Eh, ben! Je suis persuadé que tant que cette folle augmentation exponentielle ne faiblira pas, les problèmes ne feront que s’amplifier jusqu’aux catastrophes ultimes si souvent annoncées mais la vérité m’oblige à dire que je ne fonde que peu d’espoir sur le degré de conscience collective de ces sapiens si mal nommés…

PS : J’aime bien l’image que j'ai choisie pour illustrer mes propos: Ces quelques silhouettes qui pourraient être celles de nos très lointains ancêtres partant pour ce long voyage qui nous mène là où on est aujourd’hui.
Entre nous, ils auraient mieux fait de rester là où ils étaient ces braves gens…

15.12.07

L'ombre d'un instant




Ce n’était donc que ça
Seulement ça
Quelques pas
Maladroits
Trois, quatre pas
De guingois
Ou bien tout droit
Ma vie ne fut donc que ça
Et seulement ça
A peine le temps
D’avoir le temps
De se retourner
Qu’il faut déjà s’en aller
Juste l’envie de sourire
Qu’il faut déjà partir

Rien que ça!
Mais ça
Avec toi
Tes pas
Dans mes pas
Tes yeux
Couleurs des cieux
Dans mes yeux
Et ta main
Qui serre ma main
Rien que ça
Mais tout ça
Avec toi
Et tout ça
Est sans importance
Sauf toi
Qui accompagna
Mes pas de danse
Pour un temps
L’ombre d’un bref instant

Claude

6.12.07

Les trous noirs

Elle commençait souvent ses phrases par: Tu sais…
Tu sais ceci ou tu sais cela ?
Non, je ne savais pas la plupart du temps ou bien j’étais pas sûr et je me contentais de ne rien dire en prenant un air niais…
Mais il faut dire que là, j’avais pas besoin de me forcer, en ces temps là comme aujourd’hui d’ailleurs.
Et qu’est ce que j’en ai foutre qu’on me prenne pour un con d’autant que ce n’est pas faux… Alors, hein !
Alors elle ajoutait que je ne l’écoutais même pas et ses cheveux en faisaient un joli mouvement autour de sa tête et j’aimais bien observer ça, encore plus que lorsque je la regardais enlever sa petite culotte d’un geste gracieux avant qu'elle me rejoigne dans nos beaux draps blancs.

Je voudrais fermer le robinet aux putains de souvenirs.
Allez, circulez! Y’a rien à voir, rien à en tirer, rien qui vaille la peine de se rappeler…

Mais tu sais, comme elle savait si bien le dire, je connais le moyen d’arrêter tout ça, je connais la solution.

Je vais remplir mon verre de vin, de celui là même que j’avais plaisir à partager avec d'autres avant et pendant un instant j’entendrai peut être encore quelques couplets des filles de Camaret ou du plaisir des dieux gueulés à pleine gorges par mes potes des temps passés

Mais je sais aussi qu’au fur et à mesure que j’avalerai mes portions d’étoiles liquides, le silence miséricordieux se fera peu à peu tout autour de moi et en moi et alors mes rêves me lâcheront la grappe et disparaîtront enfin dans ces trous noirs qui peuplent parait-il n’importe quelle putain de galaxie qui se respecte….

Et alors, je pourrai me joindre à eux, le cul sur ce toboggan qui, à ce qu’on dit, entraîne les lumières usées pour les faire jaillir de l’autre côté en sources d’éblouissantes lueurs blanches …

Claude

30.11.07

Donne moi...




Donne moi de ton souffle pour que
Je veuille encore en vivre
Donne moi de tes yeux pour que
Leur lumière toujours m'enivre
Donne moi de tes mains pour que
Se sculpte la courbe de tes seins
Donne moi de tes cris
Et aussi de tes silences
Mélangés et inscrits
Dans tes vagues de jouissance
Donne moi de tes cheveux pour que
J’y sois le vent qui les fait frissonner
Donne moi de ta respiration pour que
Mes lèvres en viennent à trembler
Donne moi de tes rêves pour que
Dans ton sommeil je puisse me glisser
Donne moi tout cela
Pour que je ne devienne que toi
Donne moi tout cela
Pour que je sois vêtu de toi
Donne moi toujours et encore
Envie de toi et de ton corps

Claude


28.11.07

La piste




Notre monde d'aujourd'hui
irait-il
de l'avant
fier de lui même,
vêtu
d'orgueilleux oripeaux
ou de déguisements piteux
j'ai connu
des lieux sur terre
qui placent leur espoir
dans la vaillance et les cris
d'une gloire éphémère...

Des lieux que hantent
des hommes puisant
d'instinct
aux marges sauvages
du temps
et s'abreuvant
aux alcools forts
d'une histoire
qui lentement se dissipe
dans la poussière dorée
de pistes oubliées

Claude

26.11.07

Souris, le petit oiseau va sortir...





Je suis fana de techniques nouvelles et de gadgets en tous genres. L’internet, les réseaux, la com’, enfin tout ça
Je ne suis pas un complet geek mais je me débrouille pas trop mal et je reste, autant que je peux, aware de tout ce qui se passe de nouveau sous le soleil comme on dit

C’est pourquoi les articulets qui régulièrement paraissent dans la presse et qui traitent des cellules souches m’interpellent quelque part.
M’interpellent quelque part ! Ah, la belle expression et dans le plein fil de la jargonnante imbécilité ambiante et je me demande régulièrement ce que ce quelque part peut bien désigner…

Eh, ben justement, parlons en de ce fameux quelque part!
Si j’ai bien suivi les progrès réalisés dans la production des cellules souches, on devrait pouvoir se faire refaire non pas seulement le portrait mais aussi tout le reste.
Un moyen de contrer les ravages du temps qui passe!
Les dames l’ont bien compris qui se font refaire à qui mieux-mieux de bien arrogantes poitrines, celles de leurs adolescences passées là où elles pouvaient se passer de cet accessoire vestimentaire indispensable quelques années après: Le soutien gorge
Pas besoin de cellules souches pour ça me direz vous.
C'est vrai et comme d’hab. et mine de rien, c'est comme ça qu'elles ont toujours une longueur d’avance sur nous, pauvres hommes!

Mais cette injustice devrait disparaître et les messieurs à leur tour et grâce aux fameuses cellules souches, devraient pouvoir eux aussi remettre en valeur ce membre qualifié de viril et que les années qui passent condamnent à des temps de garde-à-vous de moins en moins fréquents pour de honteux temps de repos de plus en plus prononcés

Alors donc vivent les cellules souches qui devraient savoir réparer cette injustice fondamentale et j’imagine déjà le monsieur alléché par ce slogan publicitaire qui peut être fleurira alors sur les murs de nos grandes villes : «Avec mes cellules souches, on couche»

Je l’imagine donc ce monsieur (peut être votre serviteur en personne toujours à l’affût des techniques modernes) poussant la porte de son chirurgien préféré:

-Bonjour, Monsieur le chirurgien, c’est pour que vous m’en fassiez un toute neuve, une comme celle que j’avais à 20 ans et que je croyais même de bonne foi que c’était un os!

Bon! Ben depuis ces heureux temps, l’os a plutôt pris l’eau, alors, ça serait donc pas du luxe que d’intervenir…
Et puisque comme le disent nos amis anglo-saxons: Size matters, alors si en même temps, vous pouviez m'y rajouter quelques centimètres supplémentaires, ça ne serait pas de refus…

Bon, mais là, il faut quand même que je fasse gaffe parce que, si ça se trouve, ça se paye à la longueur leur truc et le centimètre sup. ça risque rapidement d’être hors de prix et de ne pas être ainsi à la portée de toutes les bourses (arg)
Ah, oui aussi ! Pas besoin de fioritures hein! Car comme dit l’autre, faut mieux en toute fin de comptes l’avoir blanche et droite plutôt que Black et Decker.
Rien ne vaut l’authentique surtout dans ce domaine précis !!

Alors, ils sont pas chouettes, les temps nouveaux qui s’annoncent ?
"Brave new world" comme on dit outre-Atlantique
Et dire que le petit dialogue de fiction cité plus haut risque d’être la réalité dans un futur très proche,
Tout va tellement vite de nos jours…

C’est pourquoi, je vais commencer à faire des économies.
Je supprime donc derechef mon abonnement à Playboy et je réduis drastiquement ma consommation de Viagra dans l’attente des jours meilleurs qui ne sauraient tarder à venir et du coup de scalpel libérateur qui saura les accompagner….

Claude

24.11.07

Promenade en cimetière

C’est beau les cimetières, calmes, bien tenus, enfin en général, et témoins de bien étranges rencontres qui engendrent aussi de bien étranges mots, comme ceux qui suivent par exemple…






Quand je ne serai que tombe
mélangé à la terre
et toi un rêve de pierre
gardienne des catacombes

Quand mon souvenir
s'effacera en douleur
mélangé à ton rire
en reste de douceur

Quand ma terrestre présence
s'exhalera en puanteur
et que d'un pas de danse
tu effaceras les heures

Du promeneur solitaire
au regard bien songeur
toi encore de cette terre
tu feras battre le cœur

Claude


21.11.07

Yak & Yéti





J’ai mangé le meilleur bortch de l’Asie du Sud-est au Yak et Yéti à Katmandu, Népal.
Ça vous la coupe hein ? Enfin, je parle pour ceux à qui on peut couper quelque chose

C’est bien improbable les destinées humaines. Vous vous rendez compte ? ce Russe, Boris Lissanevitch, danseur classique qui a débarqué un jour dans ce pays qui était encore fermé aux Occidentaux , qui s’est établi là, y a fait sa vie et dont le souvenir se perpétue dans cette soupe si typiquement slave….

Ça s’appelle le Chimney avec un gros poêle de faïence au milieu de la salle du restaurant et il fait bon après la visite à Freaks street, pleine de mecs allumés et de Sâdhus au regard de braise...

On a voulu revenir à l’hôtel en empruntant un rickshaw et ce con de rickshawwallah à failli renverser son foutu engin juste devant l’entrée du Yak sous l’œil désapprobateur du portier qui manifestement avait du mal à comprendre que des Occidentaux puissent se livrer à de pareilles facéties et emprunter d’aussi improbables montures…

Demain, je vais passer un examen médical à la "mord-moi-le-nœud", expression bien trouvée s'il en fut et dont on m’a dit qu’il pouvait être bien inconfortable.
Je me méfie de ces mots qui veulent tout et rien dire.
Vous voulez tout savoir ? Eh ben, je suis pas très rassuré…

Pour cause de grèves des transports, je vais y aller à pied
En montant vers Ménilmuche comme on disait avant et après avoir passé Nation, je penserai à Rakesh Gurung qui, en son temps, fut mon chauffeur dans les plaines surchauffées du nord de l’Inde et jusqu'à Chennai tout là-bas vers le Sud et je pourrai peut être apercevoir, si le temps est assez clair pour ça, le Manaslu ou le K2 au carrefour de la rue Ste Blaise et de la rue des Pyrénées

On a l’Himalaya qu’on peut et pas toujours les trekkings qu'on veut, hein?...

Ckaude

19.11.07

Les papillons





J’aime les papillons. Comme ceux de mes images jointes.
J’ai toujours pensé que les papillons, c’était bien plus que des papillons en fait.
Je vais vous faire une confidence, je crois bien que ce sont des âmes de morts en quête de salut ou de repos et qui errent…qui errent, qui vont de fleurs en fleurs comme des éclats de beauté à l’état pur à la recherche d’un endroit où enfin se poser

J’ai besoin de papillons quand les jours se rétrécissent et s’assombrissent de plus en plus tôt comme ils le font maintenant
Vous savez, dans mon jardin là-bas, j’ai gardé des arpents auxquels personne ne doit toucher et j’ai personnellement sermonné le type qui vient tondre de temps à autre quand l’herbe daigne enfin se remettre à pousser.
Il a du me prendre pour un con quand je lui ai dit que les papillons avaient besoin d’orties et d’herbes folles pour casser la croûte ou se reproduire…. Il n’a pas fait de commentaires mais j’ai quand même les orties que je veux. Non mais !!!

Enfin bon! À force de vouloir être trop clean, on fout le bordel dans la nature et on empêche les papillons d’aller baiser tout leur saoul et de se reproduire quand l’envie leur prend. Barbares qu’on est !!

J’ai actuellement besoin de papillons et ça d’autant plus quand je vois tous ces connards qui croient que ce qu’ils racontent dans nos téloches à la con mérite le beau nom de parler ou de s’exprimer,
Putain, bordel ! Au secours les papillons !
Ou alors, comme la plupart d’entre nous, je suis condamné à mourir abruti sans le moindre espoir de salut, celui qui va et qui vient sur ces merveilleux éclats d’ailes délicatement irisées et qui saute à cloche-pied sur les arc-en-ciel du désespoir…

Claude

14.11.07

Afrique sur Seine




On est parti de Niamey tôt ce matin et c’est toi qui conduis…
Tu portes un chapeau de brousse d’où ressort une mèche blonde que tu repousses de temps à autres mais qui s’obstine à venir te caresser le haut du front

Putain, tu es belle et on a 20 ans tous les deux.
On a 20 ans, toi et moi, jusqu’à la fin des temps et on a le temps d’avoir le temps
A un moment, tu t’es arrêtée sous un épineux qui borde la piste de latérite et de sable mélangés
Tu as demandé aux deux sbires qui nous accompagnent à l’arrière de regarder ailleurs et tu m’a regardé sévèrement
-ça s’applique à toi aussi

Et tu as fait pipi sur la terre rouge et la flaque humide que tu as laissées sur lesol s’est asséchée en un temps record

Il fait chaud, bordel !
Moi aussi je porte un chapeau à larges bords que tu m’as procuré avant de partir avec interdiction de m’en séparer
On file vers le W.
Ceux qui sont allé dans le coin savent ce qu’est le W
Un endroit préservé avec des tas d’animaux sauvages, des lions, des hippos, des éléphants.
L’Afrique telle qu’on la rêve.
Je suis Indiana Jones ou bien ce personnage d’Hemingway des neiges du Kilimandjaro et toi, tu es la conductrice de cette ambulance dans laquelle tu vas mourir pendant la guerre d’Espagne.

Quand on est reparti après la pose pipi, tu m’as tendu les clés
-A toi de jouer maintenant
Tu conduis comme une pro et j’ai peur de te décevoir ou de me rendre ridicule.
Il va me falloir quelque temps pour comprendre qu’il faut trouver la vitesse idéale pour absorber les creux et les bosses, conduire en souplesse, épouser les cahots de la route.
J’y parviens en relativement peu de temps.
Les deux guides à l’arrière ont du pousser un sacré ouf de soulagement et je suis absurdement fier de ma performance

-Eh, ben tu vois que c’est pas dur
Tu es belle, putain, tu es belle!
Et on sera toujours jeune pour le temps qui nous reste à vivre

On va passer deux ou trois jours à arpenter les rives du grand fleuve et quand on sera revenu, on va s’attabler devant le Niger, on mangera du capitaine en regardant le fleuve et les pirogues qui le sillonnent

Merde, faut que je m’arrête de picoler.
Je viens de voir une gazelle qui vient de traverser le salon et qui vient de disparaître derrière le fauteuil de cuir vert

Faudrait que j’arrête de boire
Il est où mon lit ? Si j’y arrive…
Mais je m’en fous, si j’y arrive pas, je vais m’étendre sur la moquette et fermer les yeux…
C'est pas loin l'Afrique...Juste l'espace d'un battement de paupières...


Claude

12.11.07

au postérieur inconnu





De ce monde et ses vacarmes
De ceux toujours prêts
À se servir des armes
Plutôt que d’aimer les forêts
Le bord des mers et ses rivages
et les moissons qu'on sème
Et puis de celle qu’on aime
le merveilleux visage
De tous ceux là
comme ce postérieur nu
Permettez moi de dire là
Et ne m’en voulez pas
Que j’en ai souvent plein l’cul

Claude

Et mille mercis au photographe inconnu…

11.11.07

11 novembre

Je suis tombé par hasard sur des documents de famille rangés dans une vieille valise oubliée dans un coin du grenier
C’est ainsi que j’ai pu prendre connaissance de tout un pan de la vie d’un de mes grands pères au travers d’un vieux livret de mobilisation.

Il a été appelé au service une première fois, pour 2 ans probablement, puis à son issue, il a pris femme et a eu un enfant…
Et l’histoire l’a rattrapé…
1er septembre 1914, il a repris le chemin de la caserne.
Il croyait certainement revenir au bout de quelques semaines…

La dernière phrase inscrite sur son dossier est rédigée ainsi dans le style militaire le plus pur:

« Arrive à D. le 25 février 1919
Mis en route vers ses foyers
Perçu six francs au titre de frais de déplacements »

Il venait de passer 4 ans et demi hors de chez lui
Il est mort peu après, peut être d’épuisement psychologique mais ça je ne le saurai jamais.
Son nom figure sur le monument aux morts du village…

C’est en pensant à lui que j’ai écrit ces quelques lignes déjà mises en ligne voici quelque temps mais que je remets aujourd'hui en ce jour particulier du 11 novembre…







Il partit en pantalons garance
Aux couleurs de sa mie
Qu’on appelait Garance
Et qu’était si jolie

Il partit au soleil de septembre
Seul sur le chemin encaillouté
Dans la chaleur de fin d’été
Et Garance les vit ses pantalons
Ses pantalons couleurs garance
Monter le flanc du vallon
Comme s’il allait à la danse
Celle qui les entraînait
Sous les branches des genets
Il partit en pantalons garance
Sous les yeux de sa Garance

L’abeille a butiné la fleur
Garance a essayé un pleur
Là-bas, déjà si loin
Il a levé la main
Déjà au pays des morts
Mais ils ne le savaient pas encore

Claude

10.11.07

Vous aussi?





Vous les écoutez
Vous aussi
Les murmures étouffés
Des feuilles
Caressées par le vent ?
Vous l’écoutez
Vous aussi
Le bruit de la goutte d’eau
Qui sur les carreaux
S’étire glissando ?

Vous les entendez
Vous aussi
Dans les filets
Du vent
Ces confidences
Du soir qui descend ?
Vous entendez
Vous aussi
Tous ces chuchotis
Dans le jour qui finit ?

Alors comme moi
Vous le savez
N’est-ce pas
Que ces bruits
Nous viennent de là-bas
Qu’ils portent les voix
De nos amours passées
Et maintenant défuntes
Et que leurs douces empreintes
Se mêlent aux pleurs des marins
Un jour péris
Dans l’océan sans fin

Claude

9.11.07

été indien



Je ne sais pas si dans vos endroits respectifs vous bénéficiez comme moi actuellement d’une telle symphonie de couleurs.

C’est curieux et c’est peut être du à ce changement de climat dont on nous rebat tant les oreilles actuellement mais je crois n’avoir jamais observé les splendeurs d’un tel été indien sur ces terres pourtant si peu septentrionales

Et c’est comme ça que la nature depuis quelques jours se plait à déployer à perte de vue la longue chevelure fauve d’une adorable rousse et quand un coin de ciel bleu perce la couche laiteuse c’est alors le visage de Viviane, Ygerne ou Morgane qui s’en reviennent éclairer de leurs sourires les sentes du vieux pays breton…

Claude

2.11.07

La mort en ce jardin




il faut du chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse



Elle est belle cette phrase, non? Enfin moi, je la trouve belle mystérieuse et attirante, tout comme une femme en fait
ça doit être une phrase tout au féminin...

Je ne sais pas dans quel contexte, Nietzsche l'a écrite car c'est lui qui en est l'auteur et je me moque d'ailleurs à quel sujet ces mots s'appliquaient.
Il me suffit qu'ils soient là et que je puisse à leur lecture mesurer leur incommensurable puissance quand ils sont rangés sagement les uns à côté des autres

Pour illustrer cette pensée, rien ne me semble plus adéquat que ce tableau de Van Gogh qui avait dans sa tête tellement de planètes qui dansaient

Mais parfois, un mot tout seul pour receler en lui des significations que l'on ne voit pas toujours à première lecture et écrivant cela je pense surtout à Devos et à ses sketchs comme cette mer qui se monte ou se démonte pour notre plus grand plaisir et tant d'autres de ses gags

Et c'est ainsi que m'est venu à l'esprit un mot, un simple mot souvent synonyme de souffrance et de mort: Ce mot c'est celui de tumeur.

Dans ce mot, il ne vous a pas échappé tout comme à moi que derrière ces deux syllabes se dissimulent deux autres vocables
Tue et meurt
Tumeur, tue-meurt, on ne saurait mieux dire n'est-ce pas?

Et avouez qu'en ce jour qui est celui des morts, je ne pouvais faire mieux que d'évoquer ce sort qui nous est commun en me servant d'un mot et des symboles qu'il porte et qui, comme savait le faire Descartes, s'avancent évidemment masqués

Claude

30.10.07

En pente douce





J’ai aimé les heures douces de nos étés en pente douce.

Tu vois, j’ai encore devant moi tes cheveux blonds que le soleil éclabousse et tu es toujours à mes côtés et on rigole comme deux idiots à des blagues débiles que nous débite une station de radio

Les heures sont douces et l’été s’écoule en pente douce et ce soir nous ferons l’amour dans des draps qui sentent la verveine à moins que l’envie devienne trop pressante, alors on montera à l’étage et je contemplerai la douce et ferme forme de tes fesses lorsque tu graviras l’escalier devant moi et je sais que tu diras
-Tsss, Tsss, jeune homme, je te sens empli de pensées bien impures…
Et moi, je dirai :
-Comment t’as deviné ?

Arrivé dans la chambre, là, on fermera les persiennes et la lumière s’amusera à te caresser avant que je ne le fasse à mon tour
Et comme d’habitude, le désir que j’ai de toi et de ton corps me fera venir des larmes aux yeux et chacun de mes gestes préalables à l’acte d’amour sera comme une découverte que recherche l’explorateur qui foule des terres encore inexplorées

J’aime les heures douces de nos après midi en pente douce quand les ombres teintent ta peau de lumière après l’amour comme un tendre noir et blanc de Brassaï et cette peau alors luit de sueur et c’est beau quand tu ressembles à une grève encore humide de mer lorsque elle vient de se retirer

J’aime ces heures douces dont nous remplissons nos étés en pente douce et tes cheveux blonds sont un piège pour mes yeux qui ne peut s’en détacher…

Aujourd’hui, il fait froid là où je suis et je viens de me geler les mains et le visage en discutant dans la cour avec le tailleur de pierre qui est venu pour poser des barres de granit sur les fenêtres de la vieille maison

Ces cons de la météo se sont encore trompés dans les prévisions, ils n’ont pas prédit ces averses de pluie transversale autant que glaciale qui me fouettent le visage

Peut être que, par vent de noroît, cet après midi le ciel va s’éclaircir et viendra réchauffer mes vieux os et alors je repenserai aux heures douces qui étaient les nôtres lors de nos étés en pente douce mais tu ne seras plus là pour les partager avec moi et quand je vois ce putain de monde qui m’entoure, peut être est-ce mieux ainsi car je sais que comme moi tu ne l’aimerais guère ce monde qu’on nous a fait, sans plus guère de place pour des heures douces à passer dans des après-midi des étés en pente douce…

Claude

27.10.07

Mon frère




Comme un aigle
Je t’ai vu
Comme un aigle
Mon frère
Survolant ta montagne
Avec ses champs de seigle
Comme un aigle
Mon frère
Je t’ai vu comme un aigle

Comme un lion
Je t’ai vu
Comme un lion
Mon frère
Dominant la savane
Maître de tes émotions
Comme un lion
Mon frère
Je t’ai vu comme un lion

Comme un chêne
Je t’ai vu
Comme un chêne
Mon frère
Ignorant le mépris
Et jusqu’au mot de haine
Comme un chêne
Mon frère
Je t’ai vu comme un chêne

Comme un bateau
Je t’ai vu
Comme un bateau
Mon frère
Quand tu as fendu l’eau
Sans regard en arrière
Comme un bateau
Mon frère
Je t’ai vu comme un bateau

Comme un adieu
Je t’ai vu
Comme un adieu
Mon frère
Quand la terre s’est ouverte
Pour t’offrir son repos
Comme un adieu
Mon frère
Je t’ai vu comme un adieu

Et j’ai fermé les yeux
Et serré bien fort
Les paupières
Mon frère
Et j’ai fait croire
Que je ne pleurais pas
Celui qu’on abandonnait là
Pour toujours à la terre
Je t’aime encore, mon frère

Claude




BROTHER

Like an eagle
I saw you
Like an eagle
Brother
Patrolling the hills
Above its barley fields.
Brother!
Like an eagle I saw you

Like a lion
I saw you
Like a lion
Brother
King of savannah
Taming your emotions
Like a lion.
Brother!
Like a lion I saw you

Like an oak
I saw you
Like an oak
Brother
Ignoring contempt
And the meaning of hatred
Like an oak.
Brother!
Like an oak I saw you

Like a boat
I saw you
Like a boat
Brother
When you set sail
Without looking backwards
Like a boat.
Brother!
Like a boat I saw you

Like a farewell
I saw you
Like a farewell
Brother
When they dug the soil
To let you
Lay to rest
Like a farewell
Brother!
Like a farewell I saw you

And I closed my eyes
Tightening
My eyelids
Brother
And I made the other
Believe
That I was not mourning
Thee who was left there
Alone in that reddish soil

I still love you, brother

Claude

26.10.07

Je suis...





Je suis marin, je suis sourcier,
Mécréant teinté de sorcier
Et dans mes longues courses
Je cherche dans des sources
Depuis longtemps taries
Et dans le sable enfouies
L’ovale d’un visage ancien
Parmi d’autres petits riens…

Claude

23.10.07

Dans les yeux des enfants



Merci à Doisneau pour les illustrations...

Dans les yeux des enfants
De ceux qu’ont juste dix ans
On y voit se lever
Des étoiles entraînées
Dans un bouillonnement
De rêves flamboyants
On y voit s’y côtoyer
Dans des forêts enchantées
Vêtues de bleu des fées
Et des ogres mélangés

Dans le rire des enfants
De ceux qu’ont presque dix ans
On y voit des avions blancs
Ou des ballons géants
Avec lesquels simplement
On évite la jungle des grands

Dans la main des enfants
De ceux qui vont avoir dix ans
On y trouve des trésors
Et des objets en or
Des bouts de ficelle
Et des tartines au miel

Dans la voix des enfants
Qui viennent d’avoir dix ans
On y entend des clameurs
Qui accélèrent les cœurs
Des cris aigus et des vacarmes
Qui font venir des larmes
Dans un coin oublié des yeux
De ceux devenus vieux

Claude

22.10.07

j'ai peut être...





J’ai peut être été
Alchimiste ou devin,
Homme de bien
Ou dernier des vauriens
J’ai peut être su lire
Dans les voûtes étoilées
Où s’inscrivent
En lettres vives
Nos pales destinées
Et j’ai peut être parcouru
Les chemins perdus
Et observé
Les soleils levants
Comme on les voit
S'étaler sur le devant
De la ceinture
D'Eurydice
Mais que nul
N’y trouve malice,
Et que nul
N’y cherche offense
Mais j’aurais
Bien voulu
En toute innocence
Vous y croiser
Sur ces routes d’éternel
Cheminement
Qui tous ne mènent pas
Vers Compostelle
Et portant
Ce signe de ralliement
Qui fut celui
En son temps
Loin d’aujourd’hui
Des compagnons
A la coquille
Partis vers
On ne sait où
Comme vont chasser
Les loups
En quête
D'une lointaine
Et merveilleuse étoile
Ou d’une lune sereine
Obstinément cachée
Derrière l’opacité
Des voiles

Claude

20.10.07

Lutins and co





Ces quelques lignes sont pour Tippie, Tippie aux pieds ailés qui, dans ses courses sur la lande, sait voir les cheminées des maisons des lutins et le toit des demeures des djinns...

Tu ne m'en veux pas, dis Tippie, d'avoir emprunté tes photos et de les avoir quelque peu photoshopées?




Djinns, trolls
Little people
Des chemins oubliés
Ceints de la morgeline
Tous vêtus d'opaline
Et d'hélianthème pourpré

Elfes évanescents
Sous la lune
En croissant,
Et peuples des dunes

Nains et titans
Trolls inquiétants
Lutins facétieux
Apparaissant
Aux yeux
Du voyageur errant
Aux confins
De ces terres
Des fins
De terre

Small people
Cachés sous le saule
Dans la plaine
Et le bois
Avec leurs reines
Et leurs rois

Djinns et trolls
Little people
Portant la morgeline
Et la callune purpurine

Se jouant du passant
Et l'entraînant
Dans leurs danses
Menées par les fées
Vers les baies
Et les anses
Ouvertes à ces marins
En quête de chemins

Claude

18.10.07

La cheminée

J’ai allumé le feu dans la cheminée ce soir. Ça tombe bien, il commence à faire froid ici avec du vent d’est alors que celui qui souffle d’ouest est bien plus commun.
J’ai allumé un feu et attendu d’avoir assez de braises pour y mettre d’un côté des pommes de terre, des patates quoi ! Et puis de l’autre des pommes reinettes, elles admettent très bien ce genre de cuisson…Ce que j’aime beaucoup, c’est cette peau qui se craquèle et laisse passer leur suc qui est si bon sous la langue qui doucement le lèche
J’ai aussi mis une saucisse à cuire sur le grill. Ces saucisses avec un goût poivré inimitable et qui est la marque de fabrique de l’épicerie du village où je vais les acheter par deux ou trois…

Et j’ai débouché une bouteille de Fitou. C’est bon ce vin, franc de parfum dés l’attaque en bouche, un vin sans trop de prétention et qui est l’un de mes préférés

Je me suis assis dans le coin de cette cheminée, à cette place qui était la mienne voici déjà si longtemps.
J’ai connu l’époque où des conteurs parcouraient encore le pays reprenant la tradition des trouvères ou des troubadours à leur manière et c’est de là que j’écoutais la bouche demi ouverte l’un de ces hommes qui jaillissait d’un temps en train de mourir, complètement pris par les récits qu’il distillait lentement dans le patois gallo que tout le monde pratiquait en ces lieux moi y compris et que j’ai oublié depuis

Et j’ai laissé le Fitou faire son œuvre, allumer ses feux en moi…
J’ai regardé longtemps le rougeoiement des braises qui ont progressivement diminué d‘intensité.
Je me suis surpris à ne penser à rien, hypnotisé par la lente dégradation de ce qui fût une branche d’arbre et peut être que cette dernière a t-elle tenté de me confier à l’oreille quelques secrets avant que de disparaître mais je crois bien que je n’ai pas su l’entendre…

Claude

14.10.07

Les revues






Et la fontaine chante
Et la fatigue plante
Son couteau dans mes reins
Et je fais celui-là
Qui est son souverain…




C’est Brel qui dit ça dans une de ses chansons. la citation est exacte, j’ai vérifié
Les moteurs de recherche sont champions pour ça.
Je ressens moi aussi depuis quelque temps une douleur au creux de mes reins et ça m’inquiète.
Rien d’insupportable mais seulement comme la présence d’une bête de proie tapie dans les hautes herbes et qui, patiente, attend son heure.
Une douleur qui s’accompagne de fatigue et de manque d’envies en général et qui a pour conséquence de limiter mon intérêt à découvrir des quartiers de la ville encore inconnus
J’ai pourtant un prétexte à descendre mes étages: Il me faut aller chercher du pain.
Une fois sur le trottoir, je déciderai au dernier moment pour savoir où j’irai et si j’irai…

Peut être me dirigerai-je vers ces derniers terrains en friche du côté de la porte d’Ivry avant que la civilisation en marche ne les rattrape et ne les fasse irrémédiablement disparaître.
Encore quelques arpents parisiens où pousse l’herbe folle.
Au printemps, des coquelicots fleurissent par touffes au pied de quelques talus avec des myosotis en prime.
Actuellement, il ne reste que des herbes hautes blanchies par la poussière venue des travaux environnants…
Des travaux pour de futurs immeubles, pompeux et tape-à-l’œil comme on les fait aujourd'hui et destinés à des types qui peut être ne verront jamais des coquelicots que sur des images

Ou alors je m’arrêterai sur une brocante comme il s’en installe parfois sur les trottoirs des environs.
Récemment et vraiment par hasard, je suis tombé sur deux exemplaires de la revue où elle travaillait dans les années 70.
J’ai regardé pour voir si son nom figurait bien sur la liste des collaborateurs dezs journaux comme on le faisait à l’époque.
Elle avait la responsabilité de la rubrique voyages.
Il y était bien ce nom comme je m'y attendais.
J’ai alors feuilleté l’autre exemplaire et j'ai vu qu'il contenait un article signé par elle avec une de ses photos prise au pied des pistes aux Ménuires
Un moment, je me suis senti heureux, absurdement heureux et j’ai acheté sans discuter les deux hebdomadaires.
20 euros.
Une folie,
Le type à son stand a du me prendre pour un dingue mais je m’en fous
Quand je suis revenu à l’immeuble, j’ai ouvert le local commun du bas et j’ai glissé les deux revues dans la poubelle, celle à couvercle jaune je crois, celle en tous cas prévue pour recueillir le papier en citoyen consciencieux que je suis et je suis ressorti en fermant soigneusement la porte…

Quand je vais revenir tout à l’heure, je vais m’asseoir dans mon fauteuil et je vais allumer la télé sans mettre le son.
C’est comme ça que je la trouve acceptable.
N’importe quelle chaîne du câble fait l’affaire
Et je regarde un théâtre d’ombres chinoises s’agiter devant mes yeux ou des paysages de pays que je n’essaie même pas d'identifier
Je dois faire l’effet du crapaud hypnotisé par le serpent mais de ça aussi je me fous

Alors je vais fermer les yeux et avant que le sommeil ne vienne me prendre brutalement comme il sait parfois le faire, alors, peut être, pendant quelques infinitésimales fractions de seconde, son image viendra se superposer à celles de ce théâtre d’ombres où s’agitent de vagues ectoplasmes inconsistants et nous serons à nouveau ensemble, inlassables, inusables et éternels…

Et des parcelles de ses rires mélangés aux miens partiront encore à l’assaut du ciel. Alors et alors seulement, je fermerai les paupières pour que, miséricordieusement, je m’engloutisse dans la préfiguration de ce que doit être le néant…

Claude



12.10.07

Le sable qui...





Le sable qui de tes mains s'écoule
Et dont la forme à tes frissons s'éboule
Est le linceul aride et l'austère humus
De ceux partis sans le moindre oremus
De ceux tombés dans des combats obscurs
Pour une cause perdue ou bien pour un parjure...

Claude

11.10.07

L'abricot




C’est un abricot
Bien chaud, bien rigolo
Il s’ouvre sous ma main
Le petit malin
Tout doux sous ma main
Et il la retient
Mais je vais et je viens
Et tant et si bien
Tout ça mine de rien
Que le p’tit abricot
Si doux et si chaud
Et se sentant si bien
Me redonne ma main
Et m’dit «Allez, viens» !!!

Claude

10.10.07

Pensées impures





Ce serait sympa quand l’inspiration vous quitte quelque peu de se faire des « copié collé» pris chez ses petits camarades de blogs et avec comme but de simplement vouloir occuper le terrain.
Il paraît que certains se livrent malicieusement à ce petit jeu, sans autorisation préalable des vrais auteurs bien sûr pour des fins auxquelles je ne vois vraiment pas d’intérêt.
Mais, bon quelle importance ?…
Si ça leur donne l’illusion de vivre, alors que grand bien leur fasse !

C’est beau Paris actuellement.
Paris pris dans cette lumière particulière qui est si souvent celle des débuts d’automne, une lumière traversée de fulgurantes coupées de particules d’or et qui allument fugitivement le ciel vers le levant ou le couchant
C’est bien sympa quand même d’avoir un balcon avec une rambarde sur laquelle s’appuyer et se contenter de contempler en silence ces points là avec la vie qui, en bas, sur les trottoirs, tout doucement ou frénétiquement s’écoule

Devant mon appartement, on a, depuis l’été dernier, installé des bornes d’accès à ces bicyclettes sensées empêcher les habitants des lieux de prendre leurs voitures pour sillonner les rues de la capitale.

Et je les trouve bien belles toutes ces parisiennes qui s’en viennent enfourcher leurs fougueux destriers
Et comme j’aimerais bien, à discrètement les contempler de ma fenêtre, n’être simplement qu’une bien modeste selle de vélo…

Claude

25.9.07

Bois flottés






Bois flotté. J’aime bien cette expression, elle comporte en elle une part du mystère que toujours la mer recouvre.
J’aime quitter mon village en fin d’après midi et descendre sur la plage quand elle est à marée basse.
J’aime y aller lorsque la lumière est devenue rasante et que l’eau épouse des reflets qui tirent vers les verts, de l’émeraude au vert bouteille, en oubliant les bleus qui faisaient la joie des vacanciers voici encore quelques semaines

Revêtu de mon vieux K-way, j’arpente la grève maintenant déserte à l’exception de bancs de mouettes piaillantes et accompagné du bruit des vagues qui me remplit les oreilles et berce ma solitude
C’est là que je vais à la rencontre des quelques merveilles que la marée a rejetées et abandonnées là à la miséricorde du flux descendant

Les bois flottés, certains sont des bois polis et adoucis au contact des galets, ils ont fait de longs voyages pendant des mois voire des années portés par les flots alors que d’autres viennent peut être de la falaise qui surplombe la plage.
Peu m’importe, ils viennent pour s’échouer sur le rivage en fortunes de mer et je les soulève et je les soupèse avant de les ramener chez moi pour leur donner un semblant d’autre vie

Les bois flottés, je suis personnellement un bois flotté comme beaucoup d’entre nous probablement.
Un bois qui aura voyagé dans des pays improbables, pour des destinations où je m’arrêtais, l’œil las et le souffle coupé, débarquant sur des quais à y laisser son âme dans l’odeur forte et âcre des ports ou dans les silence des arrivées de nuit pour des escales imprévues

Un bois flotté porté au gré des courants mus par je ne sais qui pour je ne sais quelle destination, un bois qui a oublié l’arbre dont il fût issu, laissé là en période de basses eaux dans l’attente de la vague qui s’en viendra le prendre pour poursuivre le voyage interrompu…

Claude

24.9.07

L'ombre




Des mots qui me viennent comme ça, des mots sans importance aucune sauf peut être la métrique ou la cadence que j'ai tenté d'y mettre au point que l'un ou l'autre d'entre vous pourrait sans trop de peine en faire un refrain ou une rengaine pas très à la mode... à la mode de chez nous mais qu'elle importance n'est-ce pas?

Il m'arrive toutefois de regretter d'être parfaitement ignare en matière de composition musicale...

Face à ce temps là qui nous use
Et nous réduit à presque rien
Je descends vers les écluses
Et je m'habille en comédien
Je suis la route de l'aventure
Son gravier m’y devient doux
J’y côtoie de belles pâtures
Où se prélassent des vents fous

Je n'oublie jamais d'y boire
En usant du creux de mes mains
Et je fais semblant de croire
Que je serai là encore demain
Et je souris que c’en est bête
Car j'ai le cœur qui devient pris
A des mots sans queue ni tête
Et je me sens un peu parti…

J’ai suivi une fille légère
Qui avait le ventre rond
Avec la grâce d’une éphémère
Et son corps m’a semblé bon
Elle avait la mine bien altière
Et un sourire très charmant
J’ai fourragé dans sa crinière
En y plongeant mes doigts tremblants

L'affaire fut donc bientôt dite
Et lorsqu’elle enleva ses bas
Sans vouloir aller trop vite
J’ai pensé à un bleu lilas
J'aime l'odeur des crépuscules
Où s'exercent les passions
Quand l'oiseau de nuit ulule
En soudain cris de déraison

Pour qu'enfin la nuit commence
Dont la langueur me séduit
Là j’y esquisse un pas de danse
Et fidèle son ombre me suit
Je peux y déclarer ma flamme
A ces fantômes du fond des nuits
Aux apparences de grandes dames
Et au réveil, tout est fini…

Claude

21.9.07

Des photos

J’ai appris hier au hasard de mes visites sur la toile qu’un album de photos venait d’être retrouvé.
En fait, plus exactement, ce recueil de photos a été remis par son détenteur, un ancien officier américain qui l’avait trouvé dans un appartement là où il habitait en 1946 dans l'Allemagne de l'après guerre et qui la fait parvenir avant sa mort à un musée de son pays.
J’ai eu la curiosité d’aller voir ces photos qui maintenant sont visibles sur la toile à cette adresse : http://www.ushmm.org/.
Les non anglophones peuvent cliquer sur «special online display» pour les consulter si cela les intéresse

Que voit-on réellement dans ces 100 et quelques images exposées ?
Rien en fait, sinon des scènes bien banales: Un groupe d’hommes chantant et qu’accompagne un accordéoniste par exemple, un groupe de jeunes femmes souriant à l’appareil ou encore des groupes mixtes se relaxant tranquillement au soleil sur des chaises longues…

Rien que du banal, rien d’extraordinaire à voir.
Des photos qui pourraient avoir été prises de nos jours sauf qu’elles seraient probablement en couleurs plutôt qu’en noir et blanc mais grosso-modo, décrivant des situations identiques à celles auxquelles on peut être confronté au cours de notre vie, professionnelle ou autre.

Une collection de photos donc comme vous et moi pourrions les faire avec comme seul souci de garder le souvenir d'une journée ou d'un lieu particuliers.

Rien que du très ordinaire, rien que du bien banal comme je le soulignais plus haut sauf que… Sauf que les lieux où a opéré le photographe n’est autre qu’Auschwitz.
Auschwitz, un nom tristement célèbre, un nom qui fait frémir encore de nos jours, n’est ce pas ?
Un endroit où des centaines de millier d’êtres humains ont été assassinés soit immédiatement à l’arrivée avec l’envoi dans des chambres à gaz soit un peu plus tard sous les coups ou à force de privations…

Et c’est là que ces images deviennent proprement terrifiantes.
Les bourreaux de tous ces gens-là avaient donc des têtes bien ordinaires voire sympathiques et les jeunes filles pouvaient aussi être pimpantes et avenantes dans leurs seyantes tenues de sortie. Des bourreaux à tête de monsieur ou madame tout le monde…

A proximité de l’endroit où ces prises de vue furent faites et pendant que certains se reposaient, on tuait, frappait, torturait sans aucun état d’âme.

Il était donc bien normal qu’entre un tri à l’arrivée ou un départ vers les chambres à gaz l’on puisse se détendre un peu et s'évader de son travail, non?

Et cela nous a valu ces quelques prises de vue bien innocentes...

Et bien qu’aucun de ces personnages ne pouvait ignorer ce qui se passait dans ces lieux soit en y participant directement ou les voyant de près de toutes les façons, rien dans leur attitude, rien dans leur expression ne laisse deviner ce qui se passe ici, rien dans toutes ces photos ne laisse supposer que l’horreur absolue se déroule à quelques pas d'ici et ceci par ordre ou par simple prudence car on ne sait jamais n’est-ce pas ?

Et c’est cette banalité qu’on lit sur ces visages ou dans ces paysages qui rend ces vues encore plus effroyables, encore plus tragiques que la vue de ces corps empilés dans des positions grotesques ou obscènes et photographiés après la libération des camps…

Je vais vous faire une confidence : Je ne suis pas toujours très fier d’appartenir à cette espèce qui est la notre.

Quand je croise une foule je ne peux souvent m’empêcher de me demander combien parmi tous ces gens que je vois et que je côtoie sont en fait d’absolus salauds à qui il ne manquerait pas grand-chose en somme pour se livrer en toute impunité à leurs pulsions sadiques comme ce fût le cas dans tant de tragédies qui ont traversé notre monde depuis que l’homme y réside et ce n'est pas fini probablement

Je vais vous dire, fourbes, hypocrites, cruels, destructeurs et prédateurs sont les adjectifs les mieux partagés pour définir les éléments qui compose cette espèce dont nous faisons, vous et moi, partie et tout ça le plus souvent en s’appuyant sur un tas de doctrines qui se terminent généralement en isme ou de religions toutes plus intolérantes et rétrogrades les unes que les autres ou de fanatismes aux couleurs de fin du monde

Je me méfie de plus en plus de tous les grands mots employés et qui se terminent eux aussi en isme.

Je me méfie tout autant de tous ceux qui veulent, pour notre bien, nous convertir à leurs idées ou à leurs convictions, à ce qu’ils croient être la vérité suprême et qui n’est simplement que la leur et au nom de laquelle nous ne sommes bon qu’à détruire ou à faire disparaître si nous n’y souscrivons pas…

Je sais, oui, bien sûr, que parmi la foule existent ci et là des gens bien. Il s’agit seulement de les trouver en ayant de la chance pour qu'enfin la vie n’ait pas trop le goût du désespoir

Claude

19.9.07

J'ai vu





J'ai vu des gars
avec dans les yeux
comme des chemins
de nuages
J'ai vu des gars
avec dans les yeux
comme les attentes
de l'orage

J'ai vu des filles
avec dans les yeux
comme des cortéges
d'étoiles
J'ai vu des filles
avec dans les yeux
la trame mystérieuse
des voiles

J'ai vu aussi
des hommes
avec des regards
d'hommes
et des femmes
avec des regards
de femmes
Je n'y ai vu
ni fin ni commencement
rien sinon le vertige
d'un vide sidérant

Claude

17.9.07

singin' in the rain

.




Il pleut ce matin et j’entends, infatigables, les gouttes taper contre les velux du grenier où je suis…
Je t’avais dit un jour que l’harmonie que je trouvais dans ces bruits mouillés provenait selon moi de notre présence pré natale dans le ventre de la mère. Ça t’avait fait te marrer. Je crois que tu avais raison d’ailleurs.
Quelle foutue idée que cette idée là ! Foutue idée en effet, évoquer ma mère, son indifférence coupable à mon égard, le manque total de communication entre nous, son départ sans même tenter un mot d’explication, sans manifester une ombre de remord pour ce qu’elle a fait.
Alors même l’évocation de son utérus dans lequel j’ai passé quelques mois, probablement en intrus, me met maintenant mal à l’aise…
Putain ! Quelque soit l’âge qu’on a, les blessures de l’enfance ne se referment jamais. Jamais ! Quoiqu’on fasse. Putains de souvenirs !
Pourtant, soyons juste, des souvenirs y’en a des chouettes parfois…
Tu t’en souviens, dis moi, de la descente à pied de cette rue d’un village au Népal dont j’ai oublié le nom sous la pluie de mousson.
Et nous deux sous un grand parapluie pour famille nombreuse fourni par le chauffeur de notre voiture qui, pas con lui, était resté bien à l’abri à l’intérieur.
Et nous deux descendant la rue principale sous le déluge et sous les yeux éberlués des habitants du coin qui ont du nous prendre pour des extra terrestres ou de totaux farfelus.
Même qu’ils n’avaient pas franchement tort pour cette deuxième assertion !
Et il fallait drôlement faire gaffe avec l’eau qui ruisselait partout et éviter les mares qu’elle formait entre les pavés disjoints et les bouses qui parsemaient le chemin.
Les vaches, les chèvres, poules et compagnie, tout ça s’était réfugiés dans les maisons avec leurs habitants et nous deux comme deux cons en train de descendre cette putain de rue et pour la remonter, on a failli le faire à quatre pattes.
Un spectacle où un autochtone du haut moyen âge sous nos latitudes ne se serait pas senti dépaysé, probable !
A un moment, en remontant les Champs-Elysées du coin, on a même du s’accrocher pour ne pas déraper à une effigie de Ganesh posée là à un coin de rue.
Quel sport ! Un remake de « chantons sous la pluie » sauf que je suis pas sur que Gene Kelly et Debbie Reynolds aient du slalomer entre des merdes de vaches et s’accrocher à un éléphant pour ne pas se foutre la gueule par terre…

Il pleut toujours autant.
Maintenant le bruit de la pluie n’évoque plus rien pour moi.
Alors je vais mettre un casque et me plonger dans l’écoute de Louis Amstrong des années d'avant guerre. Satchmo avec les hot Fives & Sevens: Wild man blues, Willie the weeper et king of the Zulus…
Et peut être que je vais pouvoir me retrouver dans le quartier des halles des années soixante, sous un sou en poche entre les cageots de choux fleurs et les mecs qui portaient sur leur dos des carcasses de bœufs, dans l’odeur des bouquets de fleurs mélangée à celle du sang et à celle des fruits et légumes plus ou moins frais de fin de nuit.
Je vais aussi peut être pouvoir me retrouver là, dans ces années là avec mes potes américains de l’époque et je vais fermer les yeux et je vais penser à Monty Clift dans « Tant qu’il y aura des hommes » en train de jouer la sonnerie aux morts pour son pote disparu, ol’blue eyes, Frankie Sinatra et même que c’était un temps où le cinéma avait encore quelque chose à dire.

Avec du pot, à force de penser à tout ça, je vais peut être finir par oublier qu’il pleut dehors, qu’il commence à faire froid et que tout ça m’emmerde au plus haut point.
Heureusement si c’est le cas car je suis obligé de me restreindre le whisky, cette brosse à atténuer les bosses de la route, sinon je vais me faire engueuler une fois de plus par mon docteur


Claude

15.9.07

Ne plus sapias quam necesse est, ne obstupescas

Un grand quotidien du soir nous fait savoir que la possibilité maintenant de choisir de dire et de suivre la messe en latin ne soulèverait que peu d’intérêt dans l’opinion publique, y compris parmi ceux qui y vont (à la messe, je veux dire)

Ah, ben merde alors !
Moi qui croyait que c’était un sujet de la plus haute importance propre à remplir à nouveau nos églises si désespérément vides (ou moins remplies qu’avant pour être juste) et voilà que les paroissiens s’en foutent !
C’est vraiment à désespérer de tout que de voir que cette dernière décision papale tombe vraiment à plat !
Ça doit être le mundial de rrrubby (comme on dit dans le Sud-ouest) et la piquette qu’on vient de se prendre qui met le monde cul par-dessus tête
Eh, ben, ça rend tout triste le mécréant que je suis… Et pourtant ce mécréant là ne supporte aucun clergé avec les prêtres, iman et autres gens d'églises qui le composent.
Pas plus qu’il ne supporte les dogmes, catéchismes et autres paraboles et fariboles d'où qu'ils viennent en dépit des récompenses éventuelles à gagner dans un hypothétique autre monde.
Bon, bien sûr, je suis bien d’accord que la perspective d'être accueilli dans l'au-delà par quelques jouvencelles, vierges bien sûr (y’a que là qu’on en trouve encore, semble t-il) ou par des folâtres anges, joueurs éthérés de harpe céleste ait un côté bien tentant mais c’est plus fort que moi, que voulez vous! J‘ai des doutes sur la réalité de ces promesses qui n’engagent que ceux qui veulent bien y croire comme disait l'autre

Eh bien, en dépit de tout ça, vierges, anges et tout le saint-frusquin, tout le monde apparemment s’en fout.
Ça avait pourtant de la gueule le latin, même si ça nous faisait ricaner, moi et mes potes de l’époque, enfants de chœur bien délurés quand on glissait quelques strophes de la chanson du père Dupanloup dans les cantiques à la messe en les latinisant quelque peu mais il faut bien que jeunesse se passe et de toutes les façons, aujourd’hui il doit y avoir probablement prescription, non ?

Pourtant comme le disait si bien Brassens :

Ils ne savent pas ce qu'ils perdent
Tous ces fichus calotins
Sans le latin, sans le latin
La messe nous emmerde
Le vin du sacré calice
Se change en eau de boudin

Il avait bien raison le père Jojo

Or, voilà qu’ils ont fait un effort ces fichus calotins et tout le monde s’en fout…Quelle ingratitude noire!!

Eh ben, je vais vous dire, moi je serais d’accord et j’espère que vous le serez avec moi pour rendre la messe obligatoire avec, à l’issue, test de connaissance des cantiques et des prières en latin et ceux qui ne les sauraient pas seraient obligé d’assister aux vêpres jusqu’à ce qu’ils soient capables de les réciter par cœur…

Ite missa est, amen

PS : Quel rapport a le titre avec le texte qui suit ? Ben, aucun mais je suis libre de choisir ce que je veux, non ? Et avouez que ça sonne bien !!!
Ah, pour les rares non latinistes qui liront ces lignes, je vous le traduis quand même :

Ne sois pas plus sage qu'il ne faut, de peur d'être stupide


Et comme le disait en son temps la mère Denis : Ah, ben ! C’est ben vrrai ça !!!

13.9.07

La voix des femmes

-






La voix des femmes, de quoi en faire un poème ou ce qui en tient lieu.
La voix d'une inconnue et c'est la porte ouverte à tant de jolis fantasmes, la voix d'une femme connue et c'est tant de souvenirs qui soudain revivent...





LA VOIX DES FEMMES


C’est dans la voix des femmes
Que l’on retrouve son âme
Quand elles sont de nos chemins
Ou qu’elles soient de nos lointains
C’est dans la voix des femmes
Qu’on y découvre sa flamme
Qu’on y mesure ses failles
Ses fuites et ses entailles

C’est dans la voix des femmes
Fille de rien ou grande dame
Que l’on mesure le temps perdu
Le temps qui vient, le temps venu
Quand elles ressortent de nos mémoires
Pour accompagner nos soirs

C’est dans leurs voix qui nous appellent
Nous étreignent, nous interpellent
Que courent des fleuves d’argent
Où elles sont les rames
De nos voyages d’antan
Où elles sont voiles des caravelles
Sous des alizés gonflés de sel
Porteur de parfum de cannelle
Pour des îles Sous-le-Vent
Pour des sorties de gros temps

Elles sont nos fidèles amies
Celles des moments partis
Les voix des femmes
Des filles de joie, des grandes dames
Des filles de rien, des filles de tout
Qui nous accompagneront jusqu’au bout

C’est dans la voix des femmes
Qu’on va y chercher son âme
Qu’on parcoure tant de chemins
Yeux ouverts vers les lointains
C’est dans la voix des femmes
Qu’on nourrit sa flamme
Qu’on y mesure ses failles
Et qu’on y on perd sa dernière bataille

Claude

9.9.07

Soliloque



Comme d'habitude, étendu nu à tes côtés nue aussi, j'avais laissé ta chaleur se communiquer à la mienne

Comme d'habitude aussi, tu m'avais regardé avec cette interrogation au fond des yeux avec ces questions que je sentais poindre et auxquelles je n'avais pas su souvent répondre

Ce soir, dans le silence du village endormi, des souvenirs me reviennent de ces temps là et ce sont peut être ces réponses que tu attendais qui surgissent en moi venant des ombres du passé: Des mots, des phrases que je n'ai pas su prononcer et qui m'envahissent au bout de ces années où scintille là-bas le phare des derniers espoirs...

Ce soir là, je n'avais pas voulu que nous fassions l'amour, j'avais voulu te faire l'amour ce qui, tu en conviendras, est bien différent

J'avais voulu prendre part à ce voyage par lequel parfois s'évadent les femmes dans l'amour et dont beaucoup d'hommes s'excluent par manque de patience, par incompréhension ou en laissant conduire seuls vers leur propre plaisir

Je voulais voir le désir monter en toi, jauger son intensité, le mesurer à la dureté d'un clitoris durci butant à la dure barrière de mes dents, à la douceur chaude et humide de ton sexe inscrite sur la longueur de mes doigts, imprimée sur les pupilles de ma langue inlassablement en quête de ton odeur et du velouté de tes muqueuses cachées

J'avais voulu entendre ce râle qui accompagne les vraies paroles d'amour exprimées dans l'acte d'amour.
J'avais voulu être avec toi et en toi, en parfait voyeur en ne retirant de cet état aucune honte inutile et sans fausse pudeur.

J'avais voulu graver au fond de ma mémoire le spectacle de ton visage renversé, dos arqué et gorge offerte avec dans tes yeux mi-clos l'éclat de ces étoiles vers lesquelles tu cinglais, je voulais être la vigie te guidant vers tes terres inconnues... je voulais tant que nous naviguions ensemble

Et après que tu eus touché terre, tes yeux plongeant dans les miens, tu avais voulu jauger de la force de mon désir, ma main enserrant mon sexe et s'exprimant en fin de course en source jaillissante

Nous nous étions ainsi chacun à notre tour offert à l'autre dans ce paroxysme où la chair échappe à tout contrôle en longs frissons modulés qui sont comme autant de marches à gravir pour enfin toucher à ces quelques fractions de secondes d'éternité qui sont le sel de la vie

Nous avions cette nuit là tenter de répondre à ces questions qui depuis longtemps nous hantaient dans ce livre miroir de nos visages ouverts chacun à la lecture de l’autre

C'est ce même matin que je devais partir pour l'un de ces périples qui allait me tenir éloigné pour des semaines, voire des mois
C'est ce même matin que tu m'as dit que nous ne nous reverrions plus.
C'est ce même matin que, navré j'ai laissé mon regard s'abîmer une dernière fois dans le tien. Nous savions l'un et l'autre notre impuissance à changer l'ordre des choses et, en partant, j'ai doucement refermé derrière moi la porte de ta chambre...

Et cette question me hante depuis tous ces temps:
Qu'as tu fait de ta vie face à la mienne dont je n’ai su faire que des lambeaux…sans toi.

Claude