7.6.08

vie villageoise





Il fait exceptionnellement beau sur la Bretagne depuis deux ou trois jours
Mais il pleut au sud
Bien fait pour leur gueules
A chacun son tour non?
Il fait beau avec un ciel sans nuages
Et j'essaie de faire coller sa couleur avec mes souvenirs d'antan
Mais je n’y arrive pas
Le bleu n'est pas aussi bleu qu'avant
Quand j'avais dix ans ou quelque chose comme ça
Et le son des cloches qui me cassent les oreilles
Et les couilles en même temps d'ailleurs
Il y a comme un timbre fêlé dans leur putain de carillons
Et les odeurs, hein!
Celles, chaudes et sucrées, des vaches qui revenaient vers l'étable
En traversant le bourg
Quelques vagues effluves des cheminées qui crachent des saloperies
Au sud d'où je suis les ont remplacées
Même la vieille maison ne sent plus l'encaustique comme avant
Faut dire qu'on n'en met plus dans l'escalier de chêne
Comme le faisait la grand'mère
Et le temps passe
Et amène son lot de disparitions
Y compris celles des amis qui on décidé de se faire la malle
Comme ça, sans prévenir...
De tirer leur révérence peut être par lassitude
Qui ont décidé de rendre les armes
Alors qu'on attendait qu'ils nous racontent encore et encore
Leurs vieilles histoires
Archi connues et sans surprise souvent et alors!!
Putain, c'est con la vie quand même
On nait, on vit, on meurt
Et tout ce qu'on croyait immuable
Et là bien présent pour l'éternité
Tout ça nous coule entre les doigts
Les fraîches copines ne vont tarder à devenir
Des petites vieilles
Économes de leur pas et de leurs sourires
Et le bleu du ciel n'est plus le même bleu qu'avant
A cause de la putain de cataracte probable
Cataracte qu'est même pas celle de Niagara
Vu qu'on est devenu aussi économes de larmes
Et les cloches chantent faux
Pour cause de court-jus dans les esgourdes sans doute
Et les villages se peuplent de vieux
Pendant que les jeunes s'en vont
S’entourer autour des arbres
Après leurs virées alcoolisées du samedi soir
Et même les vaches ne sortent plus de l'étable
La preuve, les chemins ne sont plus constellés
De leurs bouses fumantes
Et je suis là comme un con
Attendant qu'un autre jour succède à celui-ci
Mais peut être appelleras tu, toi qui a décidé
De partir vivre sans moi à l'autre bout des terres
Celles qui s'étendent là-bas au-delà du couchant
Et j'en arrive encore à rêver d'embruns
Et je tends l'oreille aux bruits des vagues
D’un océan qui lutte peut être pour ne pas mourir
Et le son de tes rires devient le fil d'Ariane
Qui me lie encore à l'envie de vivre

Claude

4 commentaires:

Anonyme a dit…

le sud... mouillé, t'embrasse.
Lou

claude a dit…

Ben,oui, c'est ce que je crois voir sur les bulletins météo...
Vive la Bretagne et son soleil infernal!!
De gros bisous, Loulou from the hills

Claude

Unknown a dit…

idem, jeune homme, idem.
re pluie ce soir, du jamais vu. tous records battus, nous sommes touzinondés :)

claude a dit…

et glou et glou et glou
ouppps!!!

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