28.2.06

Paul et Mickey

Al' est épatante c'te p'tite femme là!
J'parie que vous voulez l'savoir qui c'est, hein?
Alors, j'vous fait pas attendre plus, allez voir chez http://www.u-blog.net/euqinorev
Elle y pousse des cdg, mais non, pas Charles de Gaule, des coups de gueule, eh, banane!
Et moi, ces cdg, ç'am fait marrer.
Y'en a qui valent leur pesant d'caca d'chien.
Allez voir, vous comprendrez et si vous frappez poliment en étant bien propre sur votre personne, j'suis sûr qu'elle vous ouvrira
(T'fâches pas, Véro, j'te fais de'la pub)
Alors, ses cdg, i m'ont inspiré ces queques lignes pondues dans un grand moment d'aberration mentale. Mon truc i s'appelle Paul et Mickey et v'la c'que ça donne:


PAUL ET MICKEY








Paul et Mickey
P'tit couple à la mode
Faut pas rouler en code
Quand on peut s'les allumer

Paul et Mickey
C'est pas Paul et Virginie
Faut pas cesser d'gueuler
Tant que Dieu i nous prète vie

Paul et Mickey
Autant qu'on peut
Dans c'bout d'vie pourrie
De jour ou d'nuit
Ici, là-bas
A un, à deux
comme tu voudras
Mais, polémiquer
pour pas s'faire niquer

Claude

PS: J'ai trouvé Mickey mais pas Paul.
Bon, tant pis, on fait sans alors!!

L'Toulet

Dans Arles où sont les Aliscans
Quand l’ombre est rouge sous les roses
Et clair le temps
Prends garde à la douceur des choses
Lorsque tu sens battre sans cause
Ton cœur trop lourd
Et que se taisent les colombes :
Parle tout bas, si c’est d’amour
Au bord des tombes

I’déchire l’Toulet, hein!
Ah, Putain ! Être capable d'écrire la moitié du dixième de qu’il a écrit l’Paul-Jean. « Prends garde à la douceur des choses », rien qu'pour avoir inventé ça tout seul, moi, j’aurais été prêt à céder ma place en paradis (j’men fous, j’irai pas d’toutes les manières)

Toute la différence entre un écrivaillon de troisième zone et un grand d’la poèsie

Chapeau bas l’artissse ! Et t’as bien raison d’être parti. Ces cons, i s’rait cap de t’foutre une danse pour excès de douceur !!!

Allez, salut, Paul-Jean, regrette pas, va !!! D’toutes les façons, y’a plus d’Aliscans, y’a tout plein d’vilains nuages au dessus d’nos têtes et les putains d’colombes, elles sont accro à l'agrippe à viaire

A+

26.2.06

L'pays d'mes 20 ans


C’est dimanche et j’vous invite à faire la teuf. Chez l’Sicilien qu’on va. Sicilien ou tout bêtement Italien, j’me rappelle plus très bien mais j’men fous, de toutes les façons, ça rime.

Bon alors, on va s’la faire cette teuf ? I'sont pas très distingués mes trucs comme vous m’disez ? Ben, oui ! C’est vrai mais c’est moi que j’suis pas très distingué en fait comme vous avez pu déjà vous en apercevoir sans aucun doute, vous qui êtes de fidèles lecteurs (trices) de mes douteuses élucubrations

Alors, ok, on y va ? C’est moi qui régale pour s’faire un tour dans l’pays de mes 20 ans

C’était à Bordeaux, sur les quais. J’y suis revenu. On devrait toujours écouter les autres comme Barbara par exemple qui met en garde à vouloir remettre ses pas d’aujourd’hui dans ses anciens pas

J’y suis revenu donc. J’ai rien reconnu, pourtant c’était facile, le Sicilien, ça s’trouvait entre les Navigateurs et le Fanal bleu sur l’quai des Chartrons à l’angle d’une petite rue miteuse dont j’ai oublié le nom. Rien d’plus simple à trouver portant !

Mais y’a plus rien ou plutôt tout n’est plus comme avant, du temps d‘mes 20 ans, y z’ont tout rasé ou tout remembré, j’sais pas trop.

Finis les bâtiments de la capitainerie sur les quais et les grandes grilles qui empêchaient d’y rentrer, finis les troquets sympas tout plein de filles mignonnes et gentilles, d’autant plus gentilles d’ailleurs que nos poches n’étaient pas trop percées, finis tous ces bateaux avec toutes leurs lumières et enguirlandés de jolis drapeaux qu’on aurait dit des arbres de Noël couchés et que tout ça se reflétait gaiement dans les eaux jaunes et boueuses de la Garonne, finis aussi tous ces marins du bout du monde, des jaunes, des noirs et aussi des pas tibulaires mais presque et des qui nous invitaient à bord pour boire leurs lointains pays jusqu’à plus soif avec des rêves plein dans leurs yeux et des goûts de rizières et de pontons pourris.

Finis cette vie des quais, ces rires et ces coups de gueules et ces bordées à tirer sur les pavés disjoints aux petits matins de nos vues embrumées, un monde disparu sauf dans un recoin de la mémoire de quelque uns dont j’suis et qui, effarés, contemplent ahuris le squelette d’un bateau militaire posé là comme cercueil à souvenirs défunts.

Parait que maintenant les navires de la marchande ,i’ s’arrêtent tout là bas, vers l’embouchure, au d’là du pays des vignes. Quelle drôle d’idée quand même !!

Mais, ça fait rien, tout ça, c’est pas une raison, j’vous invite quand même à ma teuf pour boire à la santé de mes lointains 20 ans, à mes potes de ces temps là et gueuler en leur honneur des chansons ed’marins jusqu’au petit matin avec des larmes dans les yeux pour en avoir tant ri.

Si, si, j’y tiens, allez, faites pas de manières, vous allez voir, on va s’faire des plats de pastas qui monteront jusqu’au plafond avec dessus plein d’anchois et des morceaux de câpres et c’est mon pote tout brun, la chemise ouverte sur une poitrine velue avec une petite croix d’or brillant entre les poils qui nous les servira ces somptueuses pastas et leurs odorants fumets à l’assaut des boiseries de son foutu rade et arrosées d’un Volponicetta rocailleux comme une draille de sa foutue Sicile à mon pote l’Italien

On va s’la faire la fête ensemble comme on la faisait dans ces heureux temps là, alors suivez moi ! On s’laisse la nostalgie au vestiaire, préparez vos foutus karaoké à la con, c’est par là qu’ça commence

L’ SICILIEN











Putain, c’est chez le sicilien
Dans son rade du coin
Qu’on est le plus mieux
Qu’on est le plus bien
Des lumières plein les yeux
Quand qu’on y va
Pour y faire la java
Y boire du nectar d'mirabelle
Y traquer la dernière pucelle
Y goûter d’sa tambouille
Risquer d’y attraper la ch’touille
C’est chez le sicilien
Du dernier coin
Qu’on est le plus bien
Avec les copains
Et le chaud dans l’cœur
Et la main de ta sœur
Dans la culotte d’un zouave
Avec ses sourires suaves
Quand on va chez le sicilien
Sacré nom d’un chien
Pour se jeter un petit bleu
Sacré nom de dieu
Pour se boire quelques gluttes
Pour s’reluquer les putes
Se siroter un jus de chenille
Et dire des choses aux filles
Et c’est là qu’on est le plus bien
Le cœur au chaud chez les copains
Putain, c’est chez l’Italien
Dans son rade du coin
Qu’on est le plus mieux
Qu’on est le plus bien
Avec tout plein les yeux
Des lumières de diamants
Et les carats d’tout nos 20 ans

Claude
L'pays d'mes 20 ans

25.2.06

Péris en mer


Tabarly, vous connaissez bien sûr, même les plus jeunes, je pense. Un nom célèbre, un type bien, un grand taiseux aussi mais dont les silences valaient bon nombre de verbeux discours.

Un jour de navigation entre France et Irlande et il a glissé dans sa tombe de liquide. Son corps fût finalement retrouvé mais combien d’autres, navigateurs ou pêcheurs à l’occasion de leurs activités professionnelles ont connu le même sort mais sans que leur corps soit jamais retrouvé.

Des péris en mer comme on les appelle, si nombreux à payer un lourd tribu à la mer impitoyable.

La mort de Tabarly m’avait inspiré ces quelques lignes, Tabarly que j’avais eu la chance de côtoyer de loin à Paris lorsque ce dernier participait à la recherche de locaux pour le musée de la marine.

Mais ces lignes vont bien au-delà de cette mort, elles s’adressent aussi et surtout peut être à tous ceux qui ont un jour appareillé pour leur dernier voyage, que l’on n’a jamais retrouvé et dont les familles attendent toujours qu’ils reviennent enfin accoster et retrouver les leurs.

Je remercie ici Wictoria qui gentiment m’a autorisé à utiliser cette photo qui se marie étroitement avec les lignes qui suivent

Cette photo se cache à cette adresse : http://couleursdutemps.blogspot.com/2006/02/une-journe-trouville-et-deauville.html











COMBIEN SONT ILS…

Combien sont- ils de Groix à Sein
Des eaux bleues et des mers oubliées
Combien sont ils que la vague retient
Et arrête dans leurs équipées?

Les marins aux tombes de liquide
Qui glissent dans l’océan sans fin
Que la vague submerge, impavide
Sans leur accorder de lendemain

Où sont ils ceux qu’on ne revoit jamais
Sur quelle île déserte
En quelle escale secrète
Où sont ils donc à quai?

Ils sont là pour nous parler sans trêve
De courses à épuiser nos rêves
Ils sont la plainte de la cornemuse
Quand filles et garçons s’amusent
Ils sont ce sanglot d’accordéon
Lorsque les voiles se lancent
Quand le peuple des vivants danse
Quand les vents de l’été
Tournent et retournent en rond
Et accompagnent nos songes éveillés

Claude

24.2.06

12 ans

Il va avoir 12 ans Camille.
12 ans, c'est un âge critique comme nous le savons tous, nous qui sommes un peu plus grands. C'est aussi l'âge des premières découvertes et surtout de ce monde si singulier, plus ou moins inconnu jusqu'alors: Celui des filles avec des tas de problèmes ignorés ou bien lointains: Comment séduire et pourquoi mon ou mes copains semblent avoir plus de succès que moi ?
Alors, j"ai imaginé cette réponse à Camille pour le rassurer.
Un dernier mot, Camille est mon petit fils et on sait tous ça: On se confie plus facilement à ses grands parents plutôt qu'à ses propres parents.
Bien sûr, j'ai obtenu son autorisation pour publier ces quelques lignes


CAMILLE

Ça y est mon Camille
il est devenu grand
il s'intéresse aux filles
c'est vrai qu'il a 12 ans
mais ce n'est pas rassurant
car ses potes y sont géants
eux, ils ont plein de copines
surtout çui qu'est blondin
et beau comme une berline
même que c'est son copain.

Mais comment qu'il fait donc
pour se les faire ces nanas
il lui suffit de claquer ses doigts
bon, d'accord, il est blond
mais c'est pas mal un brun
avec sur la peau, tout plein
comme des grains de café
et un grand sourire craquant
sur des dents bien rangées
mais y'a cette foutue timidité
on voudrait aller de l'avant
mais elle empêche de s'lancer
à l'assaut de c'mystére
comment donc faut faire
pour que ça soit moi
que les filles préfèrent.

J'suis presque un homme quoi!
Et puis, j'suis trop top en latin,
pas mauvais en histoire
alors ça devrait pas être malin
pour qu'une veuille me voir.

Et le voilà venu le temps
des tourments
le moment des doutes
des premiéres déroutes
avant le moindre combat
mais t'en fait pas, p'tit gars
n'aies pas peur, mon Camille
tu en connaîtras des filles
des qui voudront bien te voir
qui voudront bien tout simplement
ça t'arrivera au coin d'un soir
bien plus tôt que tu n' l'attend

Claude

22.2.06

Samarcande


J'ai eu de la chance de voyager dans ces confins de fin de terre, du côté de la passe de Khyber, au pieds des Hymalayas. Les lecteurs de Kipling, s'il en reste, sauront de quoi je parle.
Un pays grandiose et sauvage, tellement plein de vide et de réminiscences que j'ai eu bien du mal d'en parler contrairement à l'océan et à la mer qui, au moins en apparence et pour ce qui me concerne, se laissent plus facilement apprivoiser.
J'ai quand même été inspiré par un fort de terre séche à demi écroulé sur le bord de la piste. Un fort construit m'a t-on dit au temps de la présence anglaise et témoin de guerres et de combats qui en préfigureront beaucoup d'autres.



SAMARCANDE






J’aimerais revoir Samarcande
Et l’olivier sauvage
Et la fille aux yeux d’amande
Et le fortin sans âge
Défendu par un Anglais fou
Seul avec son gardien patchou

Revoir les sables en gésine
Le rocher assassin
Le vent fou du matin
La sourate du muezzin
Et le goût de la cardamome
Dans le thé du campement
Retrouver les djinns, les gnomes
Les monstres et les géants
Que le désert enfante
Que le désert invente
Pour nous séduire
Pour nous réduire
A un silence sans fin
Dans l’odeur de jasmin

J’aimerais revoir Samarcande
Et l’olivier sauvage
Et la fille aux yeux d’amande
Et le fortin sans âge
Défendu par un Anglais fou
Seul avec son gardien patchou

Parcourir une fois encore
ces terres
altières
aux durs reflets d'or
où lentement
le vent
efface
Les traces
Laissées par ses pas
qui se mariaient à mes pas

J’aimerais revoir Samarcande
Tourner encore la page
Avec la fille aux yeux d’amande
Dans ce fortin sans âge
Où mourut vent debout
Un Anglais un peu fou

Claude

21.2.06

Comprenne qui voudra...









Rêveries

Un songe se presse
Mon sexe se dresse
Un rêve me stresse






Ma main est preste
Mon rêve est leste
Ma paume fait le reste

Claude





20.2.06

Argentina




Buenos aires, l'Argentine. Vous connaissez? Peut être pas? Une ville où l'on redécouvre le tempo latin et l'art du farniente
Les carrefours sont des pretextes à des rencontres où les corps tournoient aux sons mélancoliques et prenants des bandonéons
Buenos Aires, qui s'étend le long du Rio de la Plata et qui sur les quais étirés au soleil de l'été des antipodes retrouve les alluvions et les scories des austéres et vertigineux hauts plateaux andins.
Des hauts plateaux où encore résonnent la voix de l'Inca et de ses terribles dieux
Buenos Aires à déguster au son d'un air d'Astor Piazzola en laissant ses sons vous entourer comme une liane vénéneuse, Buenos Aires qui m'a inspiré ces quelques lignes.




BUENOS AIRES









Le bon air d’un tango
Pour désespoir
D’un soir
De matelot
Du bout du monde
Une jambe s’approche
Et lentement remonte
Une liane qui s’accroche
A un tronc
Aux sons
Tristes et longs
D’un bandonéon
En mal d’errance
Et je danse
Avec cette liane
Aux rouges cheveux teints
A la beauté diaphane
Qu’ont les putains
Dans les vitrines
Aux couleurs opalines
De nos petits matins
Incertains
Dans les fumées délétères
Et les reflets verts
D’alcools extraordinaires
Qui sur la langue font
Courir des ruelles de frissons

Un adipeux commandant
De la marine marchande
Rêve en baillant
A d’exotiques passantes
Un chinois à tête
Toute bête
D’idéogramme
Fait la fête
Et ouvre ses nuits
Sur fond de drame
Et de profond ennui

Et je danse au plus profond
De cette nuit cristalline
Tout au fond
De cette solitude citadine
Dans les bras d’une Argentine
Qui ondule de tout son dos
Comme sous le vent du Nordeste
Se courbent les herbes de l’été
Et c’est dans un air rance
Aux tremblantes résonances
Que j’entends en cette citadelle
Gémir un air de Carlos Gardel
Sur fond de cordillère andine
Et de fauves couleurs taurines
Et que j’entends agoniser là
Un tango d’Astor Piazzolla
Aux saveurs de pampa
Dans un accord de pianola

Claude

19.2.06

Histoire bien sentie ou Bonjour la poèsie

Un jour, las sans doute de voir tant de papier s’accumuler, tant de feuilles informes et bien embarrassantes encombrer certain tiroirs ou étagères et sur injonction comminatoire de ma douce moitié, je me suis décidé à m’en débarrasser.

Dans une sorte de rite expiatoire, (je résidais à l’époque en Provence, à Salon très exactement), je pris auprès de moi ces menus morceaux que je venais de déchirer et les posais à mes côtés dans la voiture.

Quelques kilomètres plus loin, j’ai ouvert la vitre et je les ai confié au mistral qui ce jour là soufflait très fort.

Je les ai vu voleter, ces menus et innocents papillons, quelques uns s’échouant dans une proche haie d’ifs, d’autres, plus légers sans doute, prenant leur envol vers le grand cimetière des oeuvres mort-nées.

Peut être, un jour, un perspicace paléontologue, (comment appelle-t’on un spécialiste des reconstitutions d’écrits sans importances ?) saura recoller les morceaux comme témoignage curieux d’une époque bien lointaine.

Pourtant tout n’est pas perdu, j’ai gardé par le plus grand des hasards quelques feuillets destinés à s’intégrer à une histoire dont je ne connais plus le début et n’en connaîtrai jamais la fin.

Mais vous pouvez faire jouer vos imaginations: Qui sont ils? Comment se sont ils trouvés et pourquoi la vie, sans pitié, va les séparer?

Une de mes amies à qui j'avais, fait parvenir ce texte m'a regardé avec réprobation après sa lecture en me disant -Eh, ben!!! Bonjour la poésie.

Quant à moi, je l'avais affublé du doux nom d'»histoire bien sentie»

Je vous laisse donc le choix de son petit nom de baptême: Bonjour la poésie ou Histoire bien sentie.

A vous de choisir!

Voici donc cet extrait d'une oeuvre qui eut du, sans nul doute, passer à la postérité

Elle habitait alors avenue de Port royal, logée par son administration dans un bâtiment exclusivement réservé aux représentantes de ce sexe que l'on dit beau.

Un redoutable cerbère interdisait l’entrée de ces lieux à tout représentant du sexe dit fort.

Ils avaient bien envisagé, elle, de détourner l'attention du cerbère au pupitre où il exerçait sa coupable industrie, lui, à quatre pattes, chaussures à la main, tentant de gagner les étages supérieurs où elle avait sa chambre.

Le ridicule de la situation ainsi que les risques encourus (les cas d’exclusion de la résidence étaient loin d’être rares) les avaient dissuadé de se livrer à ce genre d’exercice.

C’est ainsi que les bancs publics, quelques encoignures de porte et des obscurités complices avaient accueilli leurs amours haletantes autant que débutantes.

Et c’était chaque soir la recherche du coin propice qui leur prenait une partie de leur temps et qui, en dépit du soin mis dans son choix, les laissait souvent frustrés de n’avoir pu aller au bout d’un désir qui ne demandait qu’à s’exprimer.

Un soir, faute de mieux, ils s’étaient assis sur un de ces fameux bancs, témoins du début de tant d’amours éternelles qui généralement se terminent au bout de quelques mois quand ce n’est pas quelques jours.

L’endroit n’était pas si mal choisi stratégiquement, isolés qu’ils étaient du boulevard par l’une de ces haies d’arbustes indéfinissables luttant farouchement pour leur survie dans l’hostile milieu automobile parisien.

Soudain, un véhicule stoppa, une silhouette en sortit et un monsieur se dirigea droit vers eux. Ne sachant à quoi s’en tenir, ils se figèrent dans leur activité.

En fait, le monsieur se dirigeait vers un renfoncement légèrement à leur droite. Pris d’un besoin, probablement aussi subit qu'intense, il avait choisi cet endroit discret, du moins le croyait-il, pour y soulager sa vessie.

S’arrêtant face au mur, il entreprit donc la tâche pour laquelle il était venu.

Le glouglou qui en résulta avait le son joyeux, léger et roboratif d’une source de montagne et, à la durée de l’émission, l’urgence avait du être grande.

Enfin, après les manoeuvres ultimes qui suivent pareille opération, le monsieur entreprit de remettre bien au chaud ces précieuses parties de son anatomie.

Se sentant alors en confiance dans cette ville qu'il croyait enfin endormie et s’estimant bien seul, pauvre victime d'une intempestive flatulence, il laissa s’échapper un pet, un bruit tonitruant, sonore et déchirant la nuit, véritable reflet d'un corps et d'une âme en accord parfait entre eux-même.

C’est alors, sur le banc, qu’il senti le soubresaut de tout un corps qui, étroitement, se colla au sien pendant que, sauvagement, des dents s’enfonçaient dans le creux de son épaule.

Instantanément, le fou rire qui avait gagné l’un se propagea à l’autre. Pour étouffer tout bruit apte à donner l’alerte, il enfouit son visage dans sa longue chevelure qui sentait si bon le foin fraîchement coupé pendant qu'elle lovait étroitement son front contre son cou.

Inconscient du cataclysme qu’il venait de déclencher, le monsieur était retourné vers son véhicule et avait repris le chemin d’où ce besoin naturel l’avait fait dévier pendant un court instant.

Toujours soudés l’un à l’autre, immobiles nos amoureux laissèrent se calmer la tempête qui avait failli les submerger.

A un moment, il senti une trace d’humidité sur le dos de sa main ; silencieuses maintenant des larmes coulaient le long de ses joues et tombaient sans que rien ne les retienne.

Du rire, elle était, sans transition aucune, passée à la tristesse.

Leur sursis se comptait alors en heures. Navré, il attendit que le coeur qui durement tapait contre sa cage et qu’il sentait si fort sous sa main droite reprenne son rythme normal.

Ils étaient ces coeurs éperdus, chavirés, perdus au sein de la chaude nuit parisienne.

Mais ensemble ils avaient ri, il leur resterait ça, il leur resterait pour solde de tout compte ce rire complice, innocent et frais, il leur resterait ça pour mieux tenir dans l’hiver vers lequel tout droit ils se dirigeaient...

Claude

PS: Je vais, vous faire une confidence, je l'aime bien ma petite histoire qui vient d'un si lointain passé mais encore si présent dans ma mémoire

18.2.06


Le haïku est une forme poétique très codifiée d'origine japonaise, à forte composante symbolique.

C'est un poème extrêmement bref visant à dire l'évanescence des choses.

Encore appelé Haïkaï (son nom d'origine) ce poème comporte traditionnellement 3 vers formant en tout 17 syllabes: le premier et le troisième vers sont pentasyllabiques et encadrent un vers heptasyllabique (c'est-à-dire 5, 7 puis 5 syllabes)

A titre d'exemple, voici l'un des plus célèbres haïkus japonais écrit par un grand maître, Matsuo Bashô:

Dans le vieil étang
Une grenouille saute
Un ploc dans l'eau

L'original japonais est:

Fu-ru-i-ké-ya
ka-wa-zu-to-bi-ko-mu
mi-zu-no-o-to
(5-7-5, soit 17 syllabes)

Mais ce n'est pas la seule règle que doit respecter un haïku, car il lui faut contenir un kigo, c'est-à-dire une référence à la nature ou un mot clé concernant l'une des quatre saisons.

Bon, comme vous l'avez peut être remarqué, je ne me suis pas foulé jusqu'à maintenant puisque j'ai directement pompé le texte qui précède sur Wikipedia (mille grâces lui soient rendues).

Mais, aujourd'hui, j'ai envie de nous la faire intello.

Vous vous rendez compte: Dire l'évanescence des choses, la fragilité des sentiments, le murmure du temps qui passe. Tout ça avec un minimum de moyens d'expression

Résumer en 3 lignes l'indicible, faire entendre l'inaudible et laisser son âme fouler d'un pas léger le royaume des songes.
Alors, voilà ce que ça donne et vous pouvez vous y essayer vous aussi

(J'ai soigné la déco mais ça m'a fait tirer la langue)


























17.2.06

histoire de taxi

Bon, si le chauffeur qui m'a pris en charge le 25 mars 1985 devant l'église des Saint Augustin à Paris 8iéme lit ce post et le poème qui va avec, qu'il ne se fache pas. C'est juste pour rire et plaisanter un coup et ça porte pas à conséquences.
Allez, sans rancune, hein!!
Fais moi juste un risette pour montrer que tu ne m'en veux pas
A+ et la prochaine fois, promis, t'auras un beau pourboire!!

LE TAXI





Je le hais c’ putain d’taxi
Ce gros chauffeur abruti
En route direction Orly
En partance vers ton oubli
J’me suis même pas retourné
Vers ta silhouette
Qui doucement s’émiette
Sur ce triste trottoir
Des mélancoliques «au revoir»
De tous ces adieux
Qui nous font devenir vieux

Je le hais ce taxi
Avec sa nuque en cul d’ours
Penché sur son volant poli
Une main sur ses bourses
Je hais aussi ce feu vert
Qui ouvre vers mes enfers
Ce large et grand boulevard
A la gueule de cauchemar
Cette route qui, tout droit
M’emmène dans le mur
Vers les reflets froids
Et les décors durs
Pour mon cœur à l‘étroit
A l’intérieur de ce taxi
Où, triste et transi
J’écoute ce con de taxi
Qui me parle de Paris
De pluie et de brouillard
De départs et de retards
Avec au fond de sa voix
Cette musique éternelle
Qu’un artiste à bretelle
Reprend en longs frissons
Tirés des fins fonds
De son accordéon
A la con…


Claude
Paris 2004


16.2.06

Blogs and co

Mais qu'est ce qu'on pouvait bien faire avant qu'on ait les blogs, hein?
On glandait grave, j'vous dis pas!!
Siestes diverses et variées, baillage aux corneilles, rêveries le soir au fond des bois, enfin, bon, on s'occupait comme on pouvait quoi! En gros, on s'em... ferme
Mais maintenant, fini tout ça. On bloggote sec et à tout va.
Prenez mon cas, le matin: Premier soucis: Le pipi.
Eh, oui, dur dur d'y échapper mais après le miracle de la joyeuse petite fontaine, droit sur Marcel.
Ben, oui, quoi! Marcel, vous vous souvenez pas? Marcel, mon ordi. Donc, en caleçon et T-shirt, droit sur Marcel, pas dur à réveiller vu qu'il dort que d'une oreille, mon fidéle pote!
Et là, que j'vais voir qui c'est qu'est venu m'visiter pendant que j'dormais du sommeil du juste.
Oh, Putain (sauf votre respect), 3 qui sont venus qui m'dit Mister site meter, 3 au total: 1 visiteur, deux visitrices. Les chemins de la gloire, y'a pas à dire!
Site meter il en saute de joie et moi aussi avec lui
Tiens, l'autre matin, y'a même un Singapourien qu'est venu frapper à ma porte. L'avait du s'gourrer de correspondance à Châtelet çui là parce que j'vois pas comment qu'il a atterri là en plein milieu du douziéme à Paris, comme ça, au p'tit matin.
J'aurais bien voulu lui envoyer un p'tit coucou pour le remercier de sa visite mais y'avait des points d'interrogation partout sur son blog, impossible de savoir où clicker pour lui envoyer mon message.
Pas possible, y parlent en points d'interrogation dans c' pays là. Faut au moins avoir fait l'ENA pour pouvoir les comprendre et pouvoir trouver un interprète, ça doit pas être de la tarte non plus.
Bon, donc, on blogotte et gnagnagna et gnagnagni: Y a celui qui râle tout le temps et qu'a des pbs avec son boss, y'a celui qui fait de vachement belles photos, une neuve tous les jours que j'sais pas comment i fait pour trouver toutes ces idées et tante Mélanie qui nous fait part de ses recettes de cuisine: La tarte à la groseille, paraît même qu'c'est drôlement gouteux. F'rait mieux de demander à Fedex de nous en amener une part de sa fameuse tarte au lieu de nous faire venir l'eau à la bouche avec ses chouettes de photos.
Et puis y'a la p'tite derniére, Blondinette que j'l'appelle, qu'est toute brune si ça s'trouve mais pour moi,c'est Blondinette son blase et que j'l'ai mise en dernier sur ma liste pour pouvoir passer plus de temps avec elle quand j'fais ma revue, après le pipi du matin, de mes potes de la toile
Hein, qu'est ce qu'on f'rait sans blog maintenant.?
Le blog, c'est pas d' la blague, ça, c'est mon motto.
Alors, continuez à écrire, hein! Parce que, quand j'vous entend pas ou que j'vous vois pas, j'déprime et j'me fais du soucis, j'vous dis pas!!
Au fait, je cause, je cause mais i'faut que j'vous quitte car i'faudrait que j'aille causer moi aussi sur mon blog.
Bon, alors, tchao à tous et dites moi toujours des trucs qui sont si jolis et si futés que j'me demande souvent où c'est qu'vous allez chercher tout ça.
Allez, les p'tits loups, j'vous aime bien et surtout continuez à donner de vos nouvelles
A+

Attention à l'atterrissage

Attachez les ceintures, atterrissage dans quelques secondes...




Enfermé dans sa salle radar et face à ses écrans, Le Verrier, lui, ne voyait rien de tout cela; il pouvait très bien cependant l'imaginer car le contrôleur à la tour venait de lui rendre compte de la mise en place de tout ce dispositif.

  • Bien, vous avez allumé le balisage? Pensez également à vérifier le fonctionnement de la rampe d'approche.
  • J'ai tout vérifié, mon lieutenant, tout est O.K.

Toutes les diverses mesures de sécurité ayant été prises, il ne restait plus qu‘à ramener Régate 63 en vue de la piste. Et de cela, Le Verrier avait hâte.

Sans savoir pourquoi, il se sentait mal à l’aise, il se secoua, il ne devait n’y avoir aucun mystère, le plan de vol réglementaire et obligatoire n’avait pas été transmis, c'était la raison pour laquelle cet avion n'était pas attendu à D... Des négligences avaient sans nul doute été commises mais on réglerait tout ça demain matin.

Il se concentra sur son scope radar, l'écho était maintenant à 20 kilomètres. Pour le moment et conformément aux procédures en vigueur, l'avion avait arrêté de descendre et avait stabilisé sa trajectoire. Le pilote profiterait de cela pour réduire sa vitesse et sortir son train d'atterrissage.

  • Régate 63 de D... approche, vous arrivez à 18 kilomètres, vérifiez train sorti.
  • Régate 63. Je confirme: Train sorti.

La partie finale du travail commençait, c'est-à-dire que Le Verrier allait devoir parler pratiquement sans interruption afin que le pilote soit tenu constamment au courant de son cap, de sa distance par rapport au seuil de piste et de sa position en descente.

Pour ce faire, Le Verrier avait tourné son fauteuil et faisait face à un autre radar qui ne détectait que dans un secteur déterminé de l'espace mais en revanche donnait une vue beaucoup plus précise de l'avion en hauteur et en azimut.

Pendant que le pilote faisait ses vérifications, l'avion s'était rappro­ché et était alors à une distance de 13 kilomètres.

Le Verrier jura doucement car l'écho était de plus en plus difficilement discernable el il fallait les yeux d'un contrôleur entraîné pour pouvoir suivre sa marche sur l'écran qui luisait fai­blement d'une luminosité verte.

Dans quelques instants, il allait couper la ligne oblique qui représentait la ligne idéale de descente. A ce moment, il suffirait de lui faire commencer son approche finale qui l'amènerait, sans que le pilote ait à regarder dehors, à enfin toucher des roues sur la piste.

Dans sa cage vitrée, le contrôleur de quart à la vigie avait pris ses jumelles. Sur ses

haut-parleurs, il avait l'écoute de ce qui se passait au-dessous de lui, c'est-à-dire à la salle radar. Il savait donc lui aussi que dans moins de 2 minutes, l'appareil devrait normalement passer les feux qui marquaient le début de la piste.

Il regarda dans ses jumelles mais ne vit rien ; des nuages continuaient à obscurcir le ciel et le plafond était encore assez bas, aussi ne fut-il pas étonné de ne pas voir les feux de signalisation réglementaires, rouges et verts, de l'appareil en finale

Tout se passa en une fraction de seconde et Le Verrier, sur le moment, en resta sans voix puis, simultanément, II vérifia le bon fonctionnement de son radar et, à la radio, appela le pilote.

Apparemment, tout semblait être en service normal. Mais, indiscutablement, à part les échos fixes, plus aucun écho de l'avion n'apparaissait sur son écran.

  • Régate 63 me recevez-vous? Répondez.

A la radio, il n'eut pas plus de succès. Il lui sembla bien entendre, juste après son premier appel, une voix lui répondre, mais il n'en fut pas absolument certain car le son lui était parvenu comme si son interlocuteur était déjà à une distance incroyablement grande.

Il appela encore plusieurs fois, il perçut quelques grésillements dans ses écouteurs et puis tout devint silence. Quelques secondes, il resta assis devant son radar, la voix du contrôleur de la tour le fit sursauter.

  • Mon lieutenant, j'ai regardé avec les jumelles, je viens de passer le nez à l'extérieur, mais il n'y a aucun bruit de réacteur en l'air. C'est vraiment bizarre, mais l'avion semble s'être volatilisé.

Le Verrier fut tout à fait de cet avis. Il passa une partie de sa nuit à donner des coups de téléphone aux différentes stations radar mais aucune ne connaissait cet indicatif.

Régate 63 n'avait contacté personne sauf D... approche, cet indicatif n'apparaissait nulle part.

Pourtant, iI ne pouvait s'agir d'une illusion ou d'un rêve. Dans la salle d'approche maintenant silencieuse, l'exploration du ciel continuait de la même façon. Le journal qu'avait lu l'officier quelques minutes auparavant se trouvait toujours à la même place.

Tout était en ordre, tout avait l'apparence de l'ordre; dans le fauteuil, devant le radar où la «chose» s'était produite, Le Verrier s'assit et frissonna.

L'informulable, l'inexplicable, devant ses yeux venait de se produire et de minuscules frissons courraient sur sa nuque. Il ne put fermer l'œil de la nuit, il resta seul dans la salle. Les pompiers rejoignirent leur casernement, le sergent qui veillait avec lui vint lui dire bonsoir.

Il ne se passa plus rien dans les heures qui suivirent mais quant l'aube arriva il poussa un véritable soupir de soulagement. Les phantasmes de l'ombre disparurent, les choses reprirent leur aspect normal.

Par acquis de conscience, un avion décolla afin de refaire la trajectoire suivie par l'écho de la veille, le pilote ne remarqua rien d'anormal. Sur les indications de Le Verrier, il regarda plus particulièrement à l'endroit où ce dernier avait vu se produire l'écho disparaître de l'écran radar, mais là non plus, rien de spécial ne lui fût visible, aucune trace d'une épave au sol.

Rien nulle part, Régate 63 avait disparu, totalement, Le Verrier n'osait pas dire définitivement. Quelque, brièvement, était sorti du royaume des ombres puis y était reparti. Tout cela était fou et défiait le bon sens le plus élémentaire mais que faire de plus? Que dire de plus?

Bien sûr, on lui demanda de rédiger un rapport détaillé des événements de la nuit, une commission d'enquête vint à D... Elle procéda à l'écoute de la bande d'enregistrement radio; les échanges entre le pilote et le contrôleur y apparaissaient clairement et distinctement.

L'incident fût classé sans que personne n’apporte un semblant d'explication à ce qu'on appelait maintenant le mystère de la fréquence 23.

Peu à peu, toutefois, l’affaire tomba dans l'oubli et Le Verrier continua son travail comme il le faisait depuis de nombreuses années.

Pourtant, II fut un jour convoqué par l'un des participants à la commission d'enquête.

Celui-ci voulait lui faire part d'un fait que l'on avait découvert quelque temps après.

Régate 63 n'était pas un indicatif inventé de toutes pièces : il avait appartenu à une escadre voilà une dizaine d'années, mais le plus troublant était que cet indicatif était celui d'un pilote qui avait disparu au cours d'une mission au-dessus de la Méditerranée sans que l'on ait retrouvé quoique ce fût de lui ou de son avion.

A l'écoute de la bande audio, un de ses anciens camarades d'escadrille que l'on avait pour un temps enlevé à sa retraite avait cru pouvoir reconnaître le timbre de voix de son camarade, Régate 63, en particulier, par ce léger défaut de prononciation, qui le faisait hésiter devant certaines lettres ou certains chiffres mais c'était il y a si longtemps et pour lui, ça ne souffrait
aucune discussion, son ami et son avion s'étaient abîmés en mer.

Ceci était évidemment un élément de plus à verser au dossier de l'affaire mais, malheureusement, il n'expliquait rien. Au contraire, il ne faisait qu'épaissir le mystère.

Le Verrier a continué à contrôler des avions, mais maintenant en s'arrangeant pour ne plus faire de veille en solitaire la nuite et quand il entend des grésillements à la radio, il appelle aussitôt et sans hésiter le technicien radio pour intervenir sur les appareils de transmission.

Il est possible que les fantômes aient peur de la mécanique, ces fantômes qu'un certain lieutenant Le Verrier ne trouvait pas très sérieux en plein vingtième siècle

15.2.06

Les événements se précipitent


Le suspense est insoutenable, je sais. Mais je ne veux pas être plus cruel que de raison, aussi pour répondre à la demande générale, je continue doucement à soulever le voile du mystére. Gare à la chute!!!



Machinalement Le Verrier avait inscrit ces diverses indications au crayon gras sur son écran radar et il cherchait maintenant un écho se déplaçant selon les indications données par le pilote.

Sur le moment, il ne vit rien. Quelques « spots » apparaissaient bien mais ils suivaient des routes différentes et étaient manifestement des avions civils, empruntant la proche voie aérienne.

Ceci arrivait fréquemment, l'avion pouvait être loin du terrain et n'être pas encore dans la zone de détection du radar. Aussi Le Verrier continua-t-il à faire ce qu'il devait faire, c'est-à-dire donner la situation météo du moment, la pression atmosphérique et enfin les différentes consignes d'atterrissage à D...

Le pilote répéta fidèlement ce qui lui avait été dit. La voix énonçait les divers chiffres d'une manière précise, cependant Le Verrier, et cela lui revint par la suite, trouva que son interlocuteur du ciel hésitait une fraction de seconde entre ses phrases, comme quelqu'un d'un peu essoufflé ou encore un peu effrayé.

Enfin, sur le moment, II n'y prêta pas grande attention; son subconscient se contenta d'enregistrer le fait.

Toutefois, ce que le contrôleur au sol trouva étrange fût la trace d'irritation dans la réponse qu'on lui fit à la question que l'on avait pourtant l'habitude de poser aux pilotes étrangers à la base.

  • Régate 23. quel est votre type d'appareil et votre mission à D...?

La réponse vint, rapide et indéniablement irritée comme si elle allait de soi et qu'il était inutile de la poser :

  • Approche, mon type d'appareil : Mistral, retour au terrain en fin de mission

Cette fois, Le Verrier commença par trouver l’affaire bizarre.

En effet, le Mistral était un avion à réaction qui équipait l'escadre de D... voilà bien longtemps et il n'avait pas connaissance qu'un exemplaire de ce type fût encore en état de voler.

Cette histoire devenait troublante et d'autant plus troublante que maintenant commençait à apparaître un « spot » qui correspondait à la route de l'avion.

Il ne pouvait donc s'agir d'une simple plaisanterie montée par de facétieux camarades, le cas s'était déjà produit certes mais pas à cette échelle et à cette heure de la nuit il eut fallu qu'ils fussent bien courageux pour mettre des techniques compliquées en oeuvre et hors de leur portéede tutes les façons en raison de la présence d'un écho.

Il fixa plus attentivement son radar, un fait lui paraissant quand même bizarre, l'écho n'avait pas l'apparence d'une petite tache brillante et bien délimitée qunt l'on voyait ordinairement pour les appareils de la base.

Là, il lui semblait que les impulsions du radar se réfléchissaient sur une matière peu dense ou peu consistante : un genre d'écho que pourrait donner un planeur dont la fabrication en bois ne favorise pas la détection au radar.

Pourtant, le déplacement de l'écho sur l'écran après un calcul rapide de l'officier contrôleur, donnait une vitesse de 350 km/h, c'est-à-dire beaucoup plus rapide que n'importe quel planeur et correspondait à la vitesse normale d'approche d'un chasseur.

L'avion, ou quoi que cela fût, arrivait maintenant à 45 km du terrain. C'est-à-dire, en fonction de son altitude, à l'endroit où il devait commencer sa descente en vue de se poser.

C'est ce que Le Verrier lui demanda de faire. Le pilote acquiesça, sa voix semblait s'être alors affermie, comme lorsqu'on reprend confiance en sol après une interruption ou un manque d'entraînement dans son travail.

Saisissant le téléphone Le Verrier avertit alors le chef d'escadrille qui prenait l'alerte en même temps que lui et qui était, en fait, responsable de ce qui pouvait se passer sur le terrain.

Ils convinrent tous deux que le mieux était de faire arriver cet appareil et que l'on réglerait la situation sur place avec le pilote, une fois celui-ci à terre.

A tout hasard, Le Verrier fit mettre le dispositif de sécurité en place. D'un coup, la nuit s'anima et des véhicules incendie se rapprochèrent de la piste en lançant des sortes de cris modulés, et de brefs éclairs comme des reflets de colère dans l'œil de bêtes fabuleuses.

Pendant ce temps, l'avion inconnu se rapprochait encore du terrain.

Chaque 7 secondes, le balayage du radar faisait s’illuminer son écho pendant un cours laps de temps. Après, II restait une trace comme la traînée brillante que laissent les escargots après leur passage.

En terme de métier, pour les spécialistes du radar, on appele cela la rémanence. Cela leur sert à déterminer la route exacte suivie par un avion, les caps à lui donner pour l'aligner sur une trajectoire quelconque et éventuellement à calculer sa vitesse.

Or, actuellement, cette fameuse traînée permettait de dire que l'appareil était axé pour venir sur la base, dans un temps que Le Verrier estima à 5 minutes environ.

Il restait donc 5 minutes avant que les roues ne viennent toucher le béton avec ce bruit plaintif qu'elles font, comme si elles regrettaient de reprendre contact avec le sol.

Sur l'herbe qui jouxtait la piste, le service de sécurité avait pris place.

Les gens discutaient doucement, entre eux, en gardant les yeux fixés dans la direction de l'est d'où devait venir l'appareil.

Sur l'un des véhicules, 2 pompiers avaient revêtu leur tenue blanche d'amiante qui les faisaient ressembler vaguement à des habitants d'une autre planète, maladroits et quelque peu inquiétants et se tenaient debout leur canon à eau en main prêts à intervenir en cas de besoin.

Presque sans bruit, des moteurs ronflaient. Tout le monde attendait, sans problèmes, sans angoisse inutile, la répétition des gestes de routine ne laissait pas place à ce genre de sentiment.

Très loin sur l'horizon, un éclair illumina brièvement le ciel: La nuit était encore à l'orage.


A SUIVRE



ça se corse

  • Et alors, ces petits hommes verts, où i sont?
  • Minute, Papillon! Faut bien planter le décor, non? Pour le moment, don't worry, be happy comme dit l'autre et restons cool, ça va venir...

Le mystére de la fréquence 23 (suite)

Le Verrier bâilla, le milieu de la nuit n'était certes pas le moment choisi pour aborder ce genre de problèmes. Il s'apprêtait donc à refermer le journal quand il lui sembla entendre, faiblement et brouillé, un appel sur la fréquence 23, celle justement sur laquelle il avait entendu ce qu'il avait, dès l'abord, pris pour des parasites dus aux conditions météorologiques.

Il fronça les sourcils, le tableau d'ordres était vierge : il n'attendait aucun appareil et il aurait été prévenu par une station radar dans le cas d'une arrivée impromptue ou d'un déroutement d'une base plus ou moins voisine.

Pourtant maintenant, il fixait le haut-parleur d'un air perplexe. Effectivement, après quelques secondes, l'émission reprit.

Indiscutablement, une modulation existait, c'est-à-dire, une voix humaine devait produire le phénomène. Rien d'inquiétant pour le moment, il pouvait s'agir tout simplement d'un appareil appelant une base lointaine et qui produisait un phénomène d'interférence avec la fréquence 23. Sou­dain, une voix se fit entendre dans l'intercom.

  • Mon Lieutenant, vous avez entendu sur 23 ?

C'était le contrôleur qui était de veille à la vigie, c'est-à-dire présent dans la pièce vitrée que l'on trouve au sommet des tours de contrôle et qui lui aussi faisait par de ses interrogations.

  • Oui, j'ai entendu. Avez-vous distingué de qui venait l'appel?
  • Non. l'émission était beaucoup trop faible.
  • Bon, tant pis. Téléphonez quand même aux opérations et voyez s'ils attendent éventuellement un avion

La réponse vint quelques instants après : Non, aucun appareil n'était attendu pour cette nuit.

Pour le moment, le haut-parleur restait silencieux.

Le Verrier se saisit d'une paire d'écouteurs pour les mettre à ses oreilles, ainsi choisirait-il la seule fréquence 23 et ne serait plus gêné par les bruits extérieurs.

Il venait à peine de sélectionner la dite fréquence et d'ajuster ses écouteurs qu'il sursauta.

En effet, c'était D... Approche qu'une voix appelait.

Il eut le réflexe de tout contrôleur, il se saisit de son micro et immédiatement répondit à l'interlocuteur inconnu :

  • Avion appelant D... Approche, répétez votre indicatif.
  • D... Approche, ici Régate 63, Je vous reçois clair 5 fort 5. Comment me recevez-vous ? Répondez.

Régate 63. l'indicatif lui était inconnu, aussi bien parmi les indicatifs de sa base que parmi ceux des bases voisines.

Il lui répondit pourtant.

L'émission était maintenant plus forte et plus claire. Se conformant au règlement, le pilote lui donnait ses divers éléments: hauteur et cap.

  • Régate 63, je suis à 15.000 pieds au cap 330, 3-3-0
A SUIVRE

14.2.06

Le mystére de la fréquence 23

Vous aimez les histoires? Même de science fiction?
Bon alors, je vous en propose une, écrite par les soins de votre serviteur voilà bien des années; au siècle dernier en fait quand le service militaire existait encore.
Il a disparu depuis, paix à son âme!!
J'ai servi dans l'armée de l'air comme cette histoire le laisse, sans peine, supposer. Tout est rigoureusement exact: Les descriptions, les dialogues et l'atmosphère que j’ai tenté de restituer au mieux de mes possibilités et même si j'ai quitté tout contact avec ce milieu voici bien longtemps, je crois que toutes ces choses ne sont pas très différentes de nos jours encore.
Tout est exact donc sauf, bien sûr, l'histoire elle même qui est totalement de mon cru et fruit de mon imagination fertile.
Mais ça ne s'arrête pas là. En effet, voilà quelques années, je m'étais rendu à une conférence faite par un auteur de très nombreux romans de science fiction, auteur aujourd'hui, décédé.
Il y présentait des cas d'apparitions de soucoupes volantes et autres phénomènes inexpliqués plus ou moins crédibles.
Or, vers la fin de son intervention à laquelle je ne prêtais qu'un intérêt limité, l'orateur s'est mis à citer presque mot pour mot mon petit récit mais en le présentant comme parfaitement authentique et preuve que l'irrationnel existe bel et bien parmi nous. (Il faut dire que cette histoire avait été publiée dans un journal qui devait tirer à au moins 400 exemplaires et dont une copie avait du être donnée à notre conférencier)
Je me suis levé à la fin de l'intervention pour tenter de rétablir la vérité mais je crois avoir été pris pour un trouble fête. En fait, je crois bien que l'assistance tenait à préserver ses rêves et, après tout, qui étais-je donc pour vouloir les en priver?
Alors, si vous aussi aimez à rêver, je vous invite donc à me suivre pour ce qui suit:




LE MYSTERE DE LA FREQUENCE 23

Toutes les Illusions de la mémoire Tous les rapports ardents du silence et des rêves.

P. Eluard.

La salle d'approche était silencieuse à cette heure, mais ce silence était meublé de l'infinie palpitation des appareils radar en service qui exploraient inlassablement un ciel vide d'avion au moins pour le moment et dans ce secteur. La grosse horloge murale marquait 22 h 25 GMT. C'était effectivement une période calme de la nuit.

Pourtant de temps à autre, des voyants lumineux de trafic s'allumaient sur les pupitres radio et pendant quelques secondes clignotait une lampe rouge comme le si­gnal d'une respiration lointaine.

Sur les écrans des radars panoramiques, la carte d'échos dessinée par le balayage des antennes brodait une tache claire aux contours compliqués des bois et des collines environnants.

Le lieutenant Le Verrier veillait seul dans cette salle, ses contrôleurs étaient partis se coucher depuis quelque temps déjà. C'était un garçon bien décuplé, calme, tranquille et assez peu enclin à la rêverie.

Il aimait pourtant ce silence d'après les vols lorsque le travail ne consistait plus qu'à attendre le problématique déroutement d'un avion d'une autre base, situation qui arrivait quelquefois et qui pouvait être due à des ennuis mécaniques ou à un changement dans les conditions météorologiques.

Toutefois, ce n'était pas le cas pour le moment et Le Verrier pouvait laisser quelque peu vagabonder son esprit dans cette salle où l'atmosphère due aux zones d'ombres créées par l'éclairage fractionné favorisait un certain recueillement, comme dans une église.

C'était le moment où le jeune homme pouvait se replonger dans une littérature oubliée ou négligée et que la quiétude du moment l'incitait à reprendre.

L'officier appréciait d'autant plus le repos que la journée avait été plutôt agitée pour lui. Des orages étaient passés, amenant des averses et donc des visibilités médiocres. Il avait fallu assurer le retour des avions dans des conditions parfois difficiles.

Ce travail qui, en théorie, paraissait simple, posait quand même des problèmes ardus à résoudre lorsqu'il fallait « faire le tri » parmi les avions, donner des numéros d'ordres à des pilotes fatigués, en faire attendre d'autres, ne pas perdre de vue que le carburant n'était pas inépuisable et qu'au contraire, il s'épuisait très vite, prendre aussi des décisions pouvant être lourdes de conséquences en fractions de seconde.

Tel qu'il était. Le Verrier aimait ce métier, mais il n'en appréciait pas moins, les avions étant rentrés au parking, de pouvoir attendre que la fin de la veille arrive.

Peu avant 23 h 00 GMT., c'est-à-dire minuit heure locale, il se leva pour faire quelques pas dans la salle d'approche, une sorte de grésillement se faisait entendre par intermittence dans un haut-parleur et ce bruit l'agaçait. C'était le haut-parleur qui portait sur l'avant le numéro 23, c'est-à-dire la fréquence particulière du terrain.

Sur le moment, il fut sur le point de téléphoner à son mécanicien radio, mais la pensée lui vint qu'il pourrait s'agir de parasites atmosphériques dus aux orages de l'après-midi, aussi, il retourna s'asseoir dans son fauteuil; il saisit un journal datant de plusieurs jours et qui avait été vraisemblablement oublié par un membre de l'équipe précé­dente

II parcourut les grands titres rapidement: toujours des guerres, des massacres, des accidents de la route; à se demander de quelle sorte de folie était atteinte l'espèce humaine et les prochains motifs qu'elle pourrait trouver pour s'entretuer et s'exterminer plus rapide­ment et plus expéditivement.

Un article retint cependant son atten­tion: on avait découvert, voguant en plein Atlantique, le voilier d'un navigateur solitaire. En fait, c'était le bateau qui était solitaire car ce dernier était vide, son occupant avait disparu.

Pourtant le matériel, aux dires du journaliste, était en parfait état, les voiles et l'équipe­ment n'avaient pas souffert. Rien, a priori, ne pouvait expliquer cette disparition.

Le journal titrait cela : « Le mystère de la latitude 43 » le mystère paraissait d'autant plus profond qu'en quelques années le même accident s'était reproduit de manière pratiquement identique, c'est-à-dire sans aucune raison ap­parente: une tempête, une voie d'eau, enfin un fait évident.

L'article parlait de 5 bateaux différents et dans les mêmes parages. Le Verrier se dit qu'il devait y avoir quand même une explication logique : peut-être une imprudence de la part des marins.

Quand même, l'histoire du «Vaisseau fantôme» en plein vingtième siècle, ça ne faisait pas très sérieux.

Tournant la page du journal, il passa à un sujet tout à fait différent. Là, on traitait de problèmes économiques: l'inflation menaçait, paraissait-il, et un ministre expliquait dans un long discours les raisons qu'il y avait de réduire la production et de favoriser l'épargne

A SUIVRE...


13.2.06

Mots et maux

MOTS

Des mots
Aux maux
Des mots
D’émaux
Des mots
Si beaux
Des mots
Cadeaux
De simples mots
Emo…
..tionnants
Ou emo…

llients
Des mots liants
Démo…

tivants
Démo…

lissants
Pleins de tourments
Des mots glissant
Encourageants
Des mots
D’hémo…

globine
A la couleur
Purpurine
Des mots
De sueur
Des mots
De sang
Des mots
De peur
Mais apaisants
Qu’un guetteur
Solitaire
Et au cœur
Sans défaut
Profère
Du haut
De sa colline
Aux claires heures
Cristallines
Quand la vague
Assassine
Pleine de dagues
Et de couteaux
S’amasse
Et se prélasse
Sans prononcer un mot

Claude

Du vent aux semelles: Histoire de famille

Du vent aux semelles: Histoire de famille
Pas d'épi, pas de couettes bien sûr mais est ce que je peux entrer dans le club quand même?

12.2.06

St Valentin, priez pour moi

Elle ne viendra pas.
Certainement pas
Et déja la pluie
qui sur le toit passe
aura effacé la trace
de ses pas enfuis.
Elle ne viendra pas
peut être pas
ou alors bien plus tard
et elle est souvent en retard
et je me promène
de la fenêtre
à mon canapé crème.
Je fais des kilomètres
je bois du café noir
devant ce petit soir
sournois de désespoir
car elle ne viendra pas
ou alors bien plus tard
à minuit moins le quart
ou au petit matin
à cette heure incertaine
où la vie ne ressemble à rien
quand amour et haine
ne forme plus qu'un seul mot
couché entre rire et sanglot
car elle ne viendra plus
dans ce jour encore perdu
ou alors tellement tard
qu'il sera vraiment trop tard

Claude

Baron rouge ou bouge?


Grand classique des mes séjours parisiens: Visite au marché d'Aligre.
Sont en train de faire des tas de travaux dans le coin.

Mais, bon! Ca n'empêche pas d'acheter son pain Moisan et bien sûr de traverser la rue pour aller s'accouder au zinc du Baron rouge ou Baron bouge.

Je vous joins la photo pour vous faire voir comment ils ont joué avec le graphisme, entre le r et le b.
Moi, Je sais!! Mais je ne dirai rien, même sous la torture.
Z'avez qu'à y aller et demander au patron et, en prime, si j'suis là, je vous invite à déguster avec moi une assiette de charcutaille grosse comme ça et discuter le thème de dernière expo affichée aux murs: Photos, dessins et autres collages.
Consommation de ce matin: Un Bordeaux, Château Souvenirs, un bien joli nom pour commencer mais ça n'vaut un petit Morgon. 2 verres, (au total) et ç'est tout.
Au dessus, c'serait bonjour les dégâts surtout à jeun et surtout qu'insidieusement, je me sens la tête toute embrouillée, les yeux qui piquent et mal aux articulations de surcroît.
J'ai quand même pas la grippe aviaire ou ce fameux truc qu'ils attrapent à la Réunion et dont j'arrive pas à mémoriser le nom et j'ai même pas envie d'aller voir Google pour vérifier!!!
Et puis, j'suis inquiet et révolté et atterré. On est cerné par les cons, ça y est, c'te fois, on y est. Choc des civilisations comme ils disent La course à la connerie est ouverte et que le meilleur gagne. Et y'a des prétendants!!!
C'est De Gaulle, un jour qu'il avait entendu "Mort aux cons" lors d'une manif qui s'était retourné vers ses voisins pour dire de son ton inimitable "Vaste programme". Et il avait bien raison, le bougre!!
Il m'est venu une idée à ce sujet sur laquelle on pourrait collectivement réfléchir si toutefois le fanatisme et l'intolérance ne se sentaient obligés d'y mettre leur sale museau
Vous êtes cultivés et raisonnables sans nul doute sinon vous ne seriez pas là à me lire.

Donc, vous avez appris comme moi cette récente découverte d'ossements humains dans une île de la Sonde (Google sait où c'est, i sait tout d'ailleurs)
Bon, on a trouvé des os. La bonne affaire me direz vous.
Mais ils ont une particularité ces os, ce sont ceux d'une race humaine, des "hobbits" qu'ils les ont appelés pour rigoler car ils étaient tout petits ces braves gens, 1 mètre environ.
Des êtres humains toutefois, puisqu'on a découvert des outils à proximité mais d'une espèce différente qui aurait empêché toute reproduction croisée exactement comme avec Croc Magnon avec qui, nous autres Sapiens, avons pu partager notre terre et éventuellement se livrer à quelques galipettes mais sans rejeton comme résultat.
Bon, très bien mais oùs'qui nous emmène çui là avec ses histoires de vieux os?
Et ben voilà, actuellement et contrairement aux anciens temps, une seule espèce se partage notre belle planète et, en ces jours de St Valentin et d'amour universel, un pygmée peut procréer avec une belle nordique, une Chinoise avec un Indien des Andes, une belle vahiné avec un indigène des Côtes d'Armor (là, j'parle pour moi juste au cas où on demanderait des volontaires)
Nous sommes donc une seule et unique espèce, du nord au sud et de l'est à l'ouest.

En conséquence, même espèce, même créateur. Ca devrait paraître logique, non?
Il reste un dernier point à résoudre, me direz vous. C'est qui le bon créateur parmi ceux qui, aujourd'hui, ont pignon sur rue? (J’ai déjà traité ça dans mon blog sous le nom du "bon" bon dieu)
Si l'espèce humaine, toute seule à régner sur terre aujourd'hui, était aussi intelligente qu'elle veut bien le prétendre, elle aurait du s'entendre sur le nom d'un seul et unique dieu capable de créer cette bizarre créature et à son image qui plus est et qui peuple maintenant les quatre horizons.
On aurait pu se poser la question pour ces fameux hobbits ou autres Croc-magnon et admettre qu'ils aient eu un créateur différent mais ils ne sont plus là aujourd'hui pour faire entendre leur point de vue et, franchement, pour une seule espèce restant actuellement en lice, on en a un peu marre de tout ces differents créateurs plus vrais les uns que les autres
Et si tout ça n'était que le fruit de l'évolution et de la sélection naturelle, hein?
C'est vrai que c'est notre foutu orgueil d'être des créatures crées à l'image de dieu (et à sa place, quelquefois, je s'rais pas fier) qui en prend un coup mais franchement ça s'rait pas plus con d'envisager ça plutôt que de s'étriper s'ébouillanter ou de se faire un tas d'autres gentillesses au nom de quelqu'un qui n’existe peut être même pas ou pas sous la forme que nous l'envisagons en tous les cas.
Alors vous en pensez quoi, vous autres, créatures raisonnables qui peuplez si bien cette blogosphère qui nous permet de si époustouflantes hypothèses?
Bon, j’m'embrouille un chouïa, j'ai l'impression!
J'crois qu'il est temps d'aller me faire chauffer un grog et de rejoindre (si j'peux!! Sinon, j'dors dans le fauteuil du salon) ma couette préférée
Tchao
PS: J'ai regardé hier soir "Lost in translation". Rien à voir avec ce qui précéde mais excellent film que je n'ai pas regretté une seconde avoir regardé: Choc des cultures plus différence d'âge, c'est très bien vu et émouvant en diable et je sais d'quoi j'cause!!!

10.2.06

Histoire de famille



Ben, si! C'est moi.

Me dites pas que vous ne m'aviez pas reconnu, j'ai pas tellement changé pourtant!!







CHRONIQUE DES TEMPS ANCIENS

Un peu de mélancolie me saisit ce soir, ma violoniste préférée n'a toujours pas fait le signe tant attendu.

J'ai pourtant cet après-midi, sous un soleil froid, arpenté le chemin bien connu de la place Faidherbe jusqu'à Bastille en me perdant dans les petites rues perpendiculaires entre rue de Lappe et celle de la Roquette.
Rien, pas le moindre son de violon à l'horizon mais je sais bien que je le réentendrai un jour...
Mais ma mélancolie puise ses causes à d'autres sources, dans d'autres blogs que j'aime bien, celui ci ou encore celui là /

D’autres aussi bien sûr et où on s'est sont mis à aborder les histoires de famille.

Sujet redoutable s’il en est et qui sait faire remonter à la surface des souvenirs que l’on croyait définitivement et à jamais rayés de la mémoire mais qui sont là, présents et attentifs et prêts à s’inviter aux moments les plus inopportuns.

Les souvenirs de l’enfance, ces si fidèles compagnons de nos années qui passent, ces cicatrices jamais complètement refermées, ces douleurs si familières mais qu’on ne peut jamais apprivoiser et qui se moquent bien des sourires affichés et des airs qu’on se donne à prétendre les dompter

LE MONSIEUR

Il arrivait sans prévenir
Avec des mots
Faits pour punir
Des mots si gros
Qu’on avait
Pas le droit
Même de les penser
A l’école de l’endroit

Le monsieur arrivait
Avec dans ses yeux
D’étranges reflets
Pour mieux
Terroriser
L’enfant égaré
Dans les tourments
Des routes
Et les déroutes
Des grands.

Le monsieur arrivait
Et l’enfant courait
Jusqu'au bout
De la lande
Où alors, il devenait
Tout d'un coup
Prince de Hollande
Aviateur
Sans peur
Aux commandes
D’un avion
Seul au volant
D’un camion
Grand.

Le monsieur arrivait
Et l’enfant courait
A se vider le cœur
Jusqu’à plus d’heure
Il fuyait
Sans regarder
En arrière
Pour refuser
L’odeur de bière
Ou celle de vin
De ces parfums
Qui entraient
Avec le monsieur
Qui arrivait
Comme un démon
Dans la maison
De la grand-mère
Cet homme à la mine altiere
Qu'il ne connaissait pas
A qui pourtant il devait dire papa!

La fin est là. Ouf





L’IMPASSE

SUITE 6 ET FIN

Dans la nuit du 2 au 3 octobre et dés que la nouvelle de l’assassinat fut connue, des hindous fanatisés ont commencé à se diriger vers le quartier de Maharani Bagh où alors j’habitais et où résidait une forte concentration de Sihks, commerçants, banquiers, tous gens aisés formant une part de la bourgeoise delhiite.

Des yeux brillants dans des visages déformés par la fureur nationaliste et le fanatisme à l’état pur s’insinuant par les jardins et les arrières cours, ils commencèrent à neutraliser ou massacrer les chowkidars, les gardiens de nuit des grandes propriétés du quartier

Bientôt une grande clameur s’est élevée pendant que les premières flammes et les premiers incendies volontaires ont commencé à apparaître.

On estime le nombre des morts tirés de leur sommeil ou brûlé dans leur maison à une vingtaine de milliers. Bien sur on n’en saura jamais le décompte exact.

Bien entendu, témoin de ces soubresaut de l’histoire, mes recherches personnelles en subirent le contre coup. Il fallu un certain nombres de semaines avant que la vie puisse reprendre son cours à peu près normal même si, aujourd'hui encore, des cicatrices sont mal refermées et que je puisse tenter de revenir vers ce son si étrange mais jamais ré entendu depuis tous ces funestes et meurtriers événements.

C’est donc, accompagné de mon mali, un peu jardinier, un peu intendant en charge de ce qui se passait à l’extérieur de la maison que je poursuivi quelques investigations dans la direction où semblait être issu ce bruit poignant et émouvant.

Et c’est ainsi que nous finîmes par arriver devant une maison située le long de cette grande artère qui va vers Agra et son Taj-Mahal, à quelques 250kms de là.

Elle avait souffert de toute évidence des émeutes récentes, une partie de la face avant s’était écroulée et des traces de feu apparaissaient sur les murs encore debout. A l’arrière apparaissait une cour recouverte de pavés, de ce granit indien un peu rougeâtre que l'on voit beaucoup dans les bâtiments officiels.

Voyant que je regardais avec curiosité dans cette direction, un grand gaillard avec une longue barbe, un sikh de toute évidence s’avançât vers moi.

C’est en Anglais qu’il s’adressa à moi et commença à me raconter ses propres malheurs.

Oui, par chance, il était absent lors des événements, à Londres pour affaires.

Mais malheureusement ses parents et deux de ses frères avaient péris dans l’incendie volontaire d’une maison située tout à côté.

Il finit par me demander de quel pays je venais.

- De France, lui dis–je

Alors, c’est très curieux me dit–il; cette maison date d’environ 2 siècles et il a fini par m’expliquer qu’elle avait été, à l’époque de la compagnie des Indes, achetée par un certain marquis de Mauléon, envoyé par Dupleix pour y chercher un accord politique avec le maharadjah régnant en cet endroit à cette lointaine époque afin de contrebalancer le pouvoir grandissant de nos amis anglais sur le point de s'établir dans cet pays continent et aux détriments de nos intérêts politiques et commerciaux.

Sa mission avait échoué mais la maison au travers des générations avait continué à porter le nom de la «maison du Français».

Cette «maison du Français» restée entre les mains de mon interlocuteur et de ses ancêtres jusqu'à nos jours, semblait jouir à l'en croire d' un étrange privilège ou sortilège qui semblait la préserver des inévitables atteintes de l’âge et des éléments si destructeurs dans ce pays de températures et de précipitations extrêmes et où les habitations, du moins dans ce quartier, sont toutes de construction récente.

Et pourtant la fureur et le fanatisme des hommes avait fini par en venir à bout et la protection dont elle avait jusqu'alors bénéficié semblait s'être évanouie et expliquait le triste état dont lequel je la voyais maintenant.

Nous continuâmes notre discussion autour d'une tasse de ce thé sucré dont raffolent les Indiens et quand je finis par prendre congé de mon hôte, les ombres du soir commençaient à s'allonger.

Je tenais donc là un semblant d’explication qui vaut ce qu’il vaut: Pour une raison qui totalement nous échappe, des êtres sont peut être parvenus à capter cet insensé secret, à pouvoir se jouer du temps et savent se dissimuler à nos yeux comme un enfant le fait en se cachant dans les plis d'une épaisse tenture de la maison familiale.

Mais ce que je comprends encore moins c'est pourquoi moi qui ait été choisi pour percevoir ce signe?

Le hasard probablement, me suis longtemps dit, il suffisait probablement que je fusse là au bon endroit, au bon moment tout simplement.

Mais pourtant ce son qui m’a tant surpris et captivé dans ce pays était le proche parent de celui entendu et partagé, si loin d’ici et voici si longtemps en France, dans ce fouillis de ruelles de l'est parisien, dans ces endroits où aujourd’hui encore des artisans s’ingénient au fond de vénérables boutiques hors d'âge à utiliser des techniques d’un autre temps.

Alors, toute reflexion faite, au plus profond de moi, je sais maintenant que ceci n’est pas du au seul hasard.

C'est la raison pour laquelle, quand mes pas m'amènent à proximité de ces arrières-cours d'un autre temps, endormies au coeur de Paris, je tends toujours l'oreille et je ralentis le pas car, je le sais qu'un jour, une succession ensorcelante de notes de musique s'échappant d'un violon vénérable viendra heurter mes oreilles, un violon caressé par les longs doigts fuselés d'une longue et flexible fille qui m'attend dans un repli caché du temps

Et je sais que ce jour là, j'avancerai sans crainte et sans désir de retour vers ces vertigineux et lumineux paysages réservés à ceux qui savent accepter sans réticence aucune les sortilèges de l'amour fou et véritable

Claude



.