22.9.06

Pensées




Elle est devant moi, complètement absorbée dans sa lecture
Les stations du métro défilent les unes après les autres sur cette ligne 1 dite aussi ligne des touristes.
Elle, ce n’est pas une touriste mais quelqu’un qui probablement revient de son travail et que j’accompagne l’espace de quelques stations en regardant ce profil entouré d’un flot de cheveux noirs d’où, de temps à autre, elle relève d’un geste machinal une mèche rebelle
C’est beau ce profil de jeune femme plongée dans sa lecture et je l’observe sans trop vouloir insister et soudain une idée se fait jour en moi
Lire un livre. Quoi de plus banal comme activité et pourtant si on prend le temps d’y réfléchir; qu’elle étrange activité. Des mots écrits en noir sur un support blanc, des mots écrits par quelqu’un dont on ignore souvent quasiment tout, une vague image peut être et encore…

Et au lecteur ou lectrice de créer des visages qui n’auront par forcément les traits dont les a pensé l’auteur des lignes lues, à celle ou celui qui parcourt un chapitre de recréer des scènes ou paysages à cent lieues de ceux perçus par celui qui les décrit ou les suggère avec ses propres mots
Et j’imagine en dessous de ces cheveux qui encadrent l’ovale d’un visage, bien à l‘abri de sa protection osseuse une masse grisâtre et immobile

Et cet organe me fascine, son fonctionnement intime en tous les cas.

J’imagine de fulgurantes liaisons dans cet amas inerte, des liaisons qui se déplacent à la vitesse de la lumière, des éclairs qui montent et descendent le long de vertigineuses cordes. Une parcelle de lumière qui escalade des pistes multidirectionnelles et vient illuminer un territoire le temps d’une caresse intemporelle pour aussitôt passer à un autre dans ce montage permanent des décors d’un fabuleux théâtre
Et dans l’immobilité de la lectrice qui me fait face, j’imagine ce prodigieux travail de création qui est le sien à cet instant précis et des questions surgissent en moi.
D’où nous vient la pensée ? Qui a mis en branle ces mécanismes extraordinaires de mémoire, de rêve et d’imagination et dans quel but ?
On nous dit que seulement une faible partie de cette matière grise est utilisée. Saura t-on un jour si cette partie là est celle de facultés aujourd’hui disparues : Précognition, télépathie par exemple ou si cet espace est prévu pour des possibilités futures dont certains calculateurs prodiges nous donnent aujourd’hui d’hallucinants aperçus.
Nous n’en avons pas fini dans la connaissance de notre boite noire et dans le fonctionnement de ce "disque dur" protégé par ses parois osseuses et totalement fascinant et probablement pour longtemps encore bien mystérieux dans l'état actuel de la science.

Claude

4 commentaires:

severin a dit…

eh oui, une personne, un livre,
une inspiration.
connaissez-vous mon blog ?
la petite lettre du soir par google.
votre blog est sublime
clem

claude a dit…

C'est vraiment gentil de me dire tout ça, Severin.
Je suis allé sur votre site et vos premiers mots me paraissent bien prometteurs.
J'y reviendrai de temps à autre avec plaisir

Claude

Anonyme a dit…

Un mystère parfois ouvert dans de joli repère comme de lire tes textes Claude, je n'oublie pas !

claude a dit…

Bien des mystères me fascinent et celui-là en fait partie.
Le fait qu'il soit "porté" par un joli minois ne gâte rien à l'ensemble, bien au contraire
;-))

Ombres légères

      J'ai récemment évoqué ici deux silhouettes féminines qui ont, plus ou moins brièvement, croisé ma vie à divers ...