11.11.07

11 novembre

Je suis tombé par hasard sur des documents de famille rangés dans une vieille valise oubliée dans un coin du grenier
C’est ainsi que j’ai pu prendre connaissance de tout un pan de la vie d’un de mes grands pères au travers d’un vieux livret de mobilisation.

Il a été appelé au service une première fois, pour 2 ans probablement, puis à son issue, il a pris femme et a eu un enfant…
Et l’histoire l’a rattrapé…
1er septembre 1914, il a repris le chemin de la caserne.
Il croyait certainement revenir au bout de quelques semaines…

La dernière phrase inscrite sur son dossier est rédigée ainsi dans le style militaire le plus pur:

« Arrive à D. le 25 février 1919
Mis en route vers ses foyers
Perçu six francs au titre de frais de déplacements »

Il venait de passer 4 ans et demi hors de chez lui
Il est mort peu après, peut être d’épuisement psychologique mais ça je ne le saurai jamais.
Son nom figure sur le monument aux morts du village…

C’est en pensant à lui que j’ai écrit ces quelques lignes déjà mises en ligne voici quelque temps mais que je remets aujourd'hui en ce jour particulier du 11 novembre…







Il partit en pantalons garance
Aux couleurs de sa mie
Qu’on appelait Garance
Et qu’était si jolie

Il partit au soleil de septembre
Seul sur le chemin encaillouté
Dans la chaleur de fin d’été
Et Garance les vit ses pantalons
Ses pantalons couleurs garance
Monter le flanc du vallon
Comme s’il allait à la danse
Celle qui les entraînait
Sous les branches des genets
Il partit en pantalons garance
Sous les yeux de sa Garance

L’abeille a butiné la fleur
Garance a essayé un pleur
Là-bas, déjà si loin
Il a levé la main
Déjà au pays des morts
Mais ils ne le savaient pas encore

Claude

2 commentaires:

Wictoriane a dit…

pour toutes ses choses que nos ancêtres ont vécu, ont supporté, pour toutes celles que vivent nos concitoyens...je ne me plains jamais de mon sort qui me semble le plus heureux possible en ce monde...même si d'autres ont une meilleure vie, un plus beau soleil, ma vie a moi est très supportable, bien qu'épuisante à certains jours :)

Bises Claude !

claude a dit…

tu as bien raison, Véro, on a tendance non pas à oublier mais à méconnaître ce que fut la vie de nos aïeux
Mais de temps à autre, qqes simples papiers viennent tout remettre en perspective et la question que je me pose: Serions capables aujourd'hui d'endurer ce qu'ils ont enduré eux en leur temps? Et je n'ai pas de réponse
Je te fais de grosses bises, VW

Claude

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