21.12.07

Les mots du poète

J'avais la pêche à l'époque hein?
ça a de la gueule ce truc non? J'ai du l'écrire voilà 3 ou 4 ans et ça dans un grand moment d'aberration mentale
Mais c'est comme ses propres enfants, on les fait, on les assume, point barre!
Bon, je vous laisse juge.
Mais ne vous croyez pas forcés d'aller jusqu'au bout: D'abord, je ne saurai pas si vous larguez ce morceau de bravoure en cours de route et puis j'ai pas l'intention de vous faire le coup de l'interrogation surprise...






LES MOTS DU POÈTE

Les mots qui habitent la tête du poète
Sont comme annonciateurs de tempêtes
Ils sont chiens de garde du fantastique
S’exposant sans retenue à tous les risques
Montrant leurs crocs et cassant leur chaine
Parcourant monts, vallées, forêts et plaines
Courant, inlassables comme hordes de loups
Quand la proie désignée doit être menée à bout

Les mots à l’intérieur de la tête du poète
Sondeur d’infini lorsque le temps s’arrête
Tournent en feuilles que la nuée froide pousse
En vertiges qu’une ondée à peine éclabousse
Ils sont aussi maelströms pour engloutir en eux
Le marin imprudent ou l’amant malheureux
En recherche assidue d’un amour disparu
D’un souvenir inexpié ou d’un ami perdu

Les mots qui hantent à jamais la tête du poète
Attendent le départ d’exotiques conquêtes
Ils sont gardiens attentifs des sombres forêts
Là où les branches prennent en un vivant filet
Le promeneur insouciant et dont les pas s’égarent
Sur des sentiers qui savent l’entraîner à part
Dans le jeu subtil des maléfices d’un labyrinthe
Où en silence s'engloutissent les plaintes.

Les mots qui se bousculent dans la tête du poète
Sont en tenues dépouillées de valeureux athlètes
Muscles saillants, prêts pour le coup libérateur
Ils empruntent la piste d’un stade des honneurs
En l’attente de la course et de son ultime élan
Et les foulées se jouent en un éblouissement
Qui salue l’exploit et son accomplissement
Quand les corps libérés se font élus des dieux
Et que la cendrée se fait chemin d’accès aux cieux

Les mots qui vivent dans la tête du poète
Suivent leur chemin en poursuite d’une quête
Et continuent seuls leur propre existence
Sans se soucier de savoir vivre et de convenance
Les mots qui voyagent dans la tête du poète
Deviennent explorateurs des ultimes planètes
Des forêts vierges de l’azur ou des vertes taïgas
Des collines enchantées ou des blanches toundras
Quand les éléments naturels dans la tête du poète
Deviennent ce qu’en font les vents et la tempête.

Claude

19.12.07

L'écho du goëland




Je soumets à votre appréciation ces quelques géniales pensées glanées de ci de là et qui ont eu pour effet de déclencher chez moi une franche hilarité:

Les cafés sont maintenant tellement chers qu'avant de prendre une cuite, faut demander un devis

Pour imaginer l'infiniment petit, faut déjà être con, alors l'infiniment grand, j'en parle même pas...

Et enfin last but not the least

lorsque le goéland se gratte le gland c'est qui f'ra pas beau temps et quand il se gratte le cul c'est qui fera pas beau non plus...

Allez, kenavo!

Claude

18.12.07

Homo sapiens





J’ai été surpris et ému de lire pendant le week-end dernier qu’on pouvait se sentir concerné par le sort de notre planète au point de physiquement en pleurer devant son écran d’ordinateur (Sèches tes larmes Tippie…)
Je voulais écrire un long papier là-dessus en partant des origines de notre espèce, 200 000 ans en arrière si on en croit les scientifiques pour en arriver à la situation actuelle…

Donc, j’étais parti comme en 14 comme on dit pour tartiner quelques mots bien sentis mais je sais que les longs articles sont rapidement chiants sur internet et que le lecteur de base a tendance à souvent couper dans les virages si la longueur des idées exprimées est supérieure à quelques lignes…
Et ça m’arrange bien car j’ai de plus en plus de difficultés à écrire, moins envie de confier à la toile mes quelques états d’âme ou ce qui m’en reste…
Cette période de l’année que je déteste, ces jours qui n’en finissent pas de raccourcir, le manque d’incitation, la fatigue, une lassitude persistance qui m'ennuie beaucoup, allez donc savoir pourquoi et qu'importe…

Alors je vais m’en tenir à l’essentiel.
Qu’il soit bien clair que les problèmes auxquels nous auront à faire face à plus ou moins long terme sont essentiellement dus à notre espèce.
Je m’explique: Je ne dis pas que l’homme est intrinsèquement mauvais ou bon et que cela en bien ou en mal influerait sur la santé de notre belle terre car ça n’a pas beaucoup de sens, je dis simplement que nous sommes beaucoup trop nombreux sur cette terre.
Lorsque j’habitais en Inde, nous avions l’habitude de dire que ce pays s’ajoutait chaque année une Australie supplémentaire. En d’autres termes, 28 millions annuels d’habitants de plus ce qui est globalement la population de ce dernier pays…

Pour dire les choses autrement, les Indes, comme on disait alors, comptaient en 1947 environ trois cent cinquante millions d’habitants. Aujourd’hui, ce nombre a largement dépassé le milliard, soit au moins 3 fois plus et ça en moins de 60 ans.
Alors, je ne vous dis pas ce que ce sera dans un siècle…
Et ce qui s’applique à ce territoire s’applique bien évidemment ailleurs

Eh, ben! Je suis persuadé que tant que cette folle augmentation exponentielle ne faiblira pas, les problèmes ne feront que s’amplifier jusqu’aux catastrophes ultimes si souvent annoncées mais la vérité m’oblige à dire que je ne fonde que peu d’espoir sur le degré de conscience collective de ces sapiens si mal nommés…

PS : J’aime bien l’image que j'ai choisie pour illustrer mes propos: Ces quelques silhouettes qui pourraient être celles de nos très lointains ancêtres partant pour ce long voyage qui nous mène là où on est aujourd’hui.
Entre nous, ils auraient mieux fait de rester là où ils étaient ces braves gens…

15.12.07

L'ombre d'un instant




Ce n’était donc que ça
Seulement ça
Quelques pas
Maladroits
Trois, quatre pas
De guingois
Ou bien tout droit
Ma vie ne fut donc que ça
Et seulement ça
A peine le temps
D’avoir le temps
De se retourner
Qu’il faut déjà s’en aller
Juste l’envie de sourire
Qu’il faut déjà partir

Rien que ça!
Mais ça
Avec toi
Tes pas
Dans mes pas
Tes yeux
Couleurs des cieux
Dans mes yeux
Et ta main
Qui serre ma main
Rien que ça
Mais tout ça
Avec toi
Et tout ça
Est sans importance
Sauf toi
Qui accompagna
Mes pas de danse
Pour un temps
L’ombre d’un bref instant

Claude

6.12.07

Les trous noirs

Elle commençait souvent ses phrases par: Tu sais…
Tu sais ceci ou tu sais cela ?
Non, je ne savais pas la plupart du temps ou bien j’étais pas sûr et je me contentais de ne rien dire en prenant un air niais…
Mais il faut dire que là, j’avais pas besoin de me forcer, en ces temps là comme aujourd’hui d’ailleurs.
Et qu’est ce que j’en ai foutre qu’on me prenne pour un con d’autant que ce n’est pas faux… Alors, hein !
Alors elle ajoutait que je ne l’écoutais même pas et ses cheveux en faisaient un joli mouvement autour de sa tête et j’aimais bien observer ça, encore plus que lorsque je la regardais enlever sa petite culotte d’un geste gracieux avant qu'elle me rejoigne dans nos beaux draps blancs.

Je voudrais fermer le robinet aux putains de souvenirs.
Allez, circulez! Y’a rien à voir, rien à en tirer, rien qui vaille la peine de se rappeler…

Mais tu sais, comme elle savait si bien le dire, je connais le moyen d’arrêter tout ça, je connais la solution.

Je vais remplir mon verre de vin, de celui là même que j’avais plaisir à partager avec d'autres avant et pendant un instant j’entendrai peut être encore quelques couplets des filles de Camaret ou du plaisir des dieux gueulés à pleine gorges par mes potes des temps passés

Mais je sais aussi qu’au fur et à mesure que j’avalerai mes portions d’étoiles liquides, le silence miséricordieux se fera peu à peu tout autour de moi et en moi et alors mes rêves me lâcheront la grappe et disparaîtront enfin dans ces trous noirs qui peuplent parait-il n’importe quelle putain de galaxie qui se respecte….

Et alors, je pourrai me joindre à eux, le cul sur ce toboggan qui, à ce qu’on dit, entraîne les lumières usées pour les faire jaillir de l’autre côté en sources d’éblouissantes lueurs blanches …

Claude