17.7.10

Monsoon in France




Aujourd'hui, les orages avec la pluie qui les accompagnait m'ont fait penser à l'arrivée de la mousson en Inde, un pays où j'ai vécu quelques années....

La mousson elle même était souvent précédée par des orages électriques accompagnés de tempêtes de sable en provenance du Rajasthan. L'atmosphère était pesante et on ressentait physiquement le besoin de la pluie sachant qu'elle permettrait aux températures de36°, 38° enfin de baisser. On voyait les nuages lourds s'amonceler et envahir les horizons et puis les premières gouttes arrivaient, larges comme des soucoupes, de plus en plus nombreuses et je me souviens des rires de joie des enfants et de leurs visages extasiés sous le déluge tant attendu.

Eh, bien! Tu vois, je suis revenu par la pensée à cette époque là, j'ai revu des pluies de mousson, de monsoon comme on dit là-bas, par lafenêtre du salon. Peut-être est-ce là un effet de ce réchauffement climatique dont on parle tant.

Bientôt, j'irai célébrer Diwali, la fête des lumières et je donnerai quelques roupies aux enfants de mon cuisinier pour qu'ils achètent des pétards et des feux d'artifice qu'ils feront exploser devant la porte du jardin.

Plus tard encore, ça sera Holi. Les enfants me jetteront des poudres de couleur comme l'exige la tradition et je ferai celui qui est surpris quand mon Chowkidar viendra cérémonieusement m'étendre avec l'index ce troisième œil de la sagesse hindoue sur mon front et je garderai jusqu'au soir cette tâche rouge et j'écouterai des ragas du soir joués par Ravi Shankar et je regarderai les vols des vautours accompagnés du cri des corneilles qui sont l'obsédant bruit de fond de la vie indienn avec celui aussi discordant des multiples klaxons qui ponctuent les rythmes de vie de cette multitude humaine, affairée et fourmillante.

Et je me mêlerai à cette foule, indifférente et bigarrée et je serai là,seul occidental à INA market peut être, suivi d'un petit porteur avecson panier sur la tête qui se remplira peu à peu de fruits, de légumesou de poisson venu des côtes de Malabar ou du coté de Mumbai comme on appelle Bombay aujourd'hui...

Mais il est temps que je me réveille. Tout ça est déjà loin et je ne suis maintenant qu'à moitié Breton, qu'à moitié Parisien mais avec encore dans un coin de ma mémoire une palette de chatoyants sarees qui savent danser dans ces aubes légères qui s'habillent de ces couleurs quenos ciels occidentaux n'ont jamais su choisir mais probablement que leur palette ne les comportent pas.

Claude

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