20.12.08

La bien pensante






Elle a fait son devoir! C'est à dire que oncque
Elle n'eut de souhait impossible, elle n'eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L'emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.

Elle n'a pas senti lui courir sous la plume
De ces grands souffles fous qu'on a dans le sommeil
pour aller voir la nuit comment le ciel s'allume
Et mourir au matin sur le cœur du soleil

De Jean Richepin

15.12.08

Ouvrez le ban



Au secours, les glands ont disparus...

Non, non! Pas ceux que vous croisez journellement dans vos habituelles pérégrinations sur vos trottoirs citadins, sentes campagnardes ou couloirs de métro.
Non! je cause ici des vrais glands, ceux qu'on trouvent normalement sous les chênes qui jusqu'à aujourd'hui, poussaient sans peine sous nos tempérées latitudes...

C'est un phénomène des plus sérieux et qui mérite qu'on s'en inquiète.

La preuve de ce que j'avance, c'est CNN qui le dit (pour ceux ou celles qui en douteraient, je joins l'URL de référence:
http://edition.cnn.com/2008/TECH/science/12/12/acorn.shortage/index.html

Vous me direz que ç'est aux USA et que dans ce pays il s'en passe des vertes et des pas mûres mais, vous savez comme moi, qu'une épidémie à vite fait de traverser l'Atlantique surtout à l'heure des voyages low-cost et quand on sait déja que la moitié des spermatozoïdes humains manquent régulièrement à l'appel, il semble bien que l'heure est grave et qu'on ne saurait prendre trop de précautions

Non mais! Rendez vous compte, plus de glands, donc plus de chênes bien sûr et où ira t'on chercher de l'ombre lors des prochaines canicules à venir? Et les écureuils qui seront comme des cons en prime

Alors, je lance ici un appel. Appel qui s'adresse en priorité aux dames (il parait que certaines sont expertes dans ce domaine)

Il est temps d'aider à redresser le gland, euh! Non, la tête (Vous voyez, l'urgence me fait bafouiller)... Il est temps donc de retrouver les glands d'antan, ces futurs géniteurs de nos splendides futaies que le monde entier nous envie...

Et j'espère bien que les participant(es) les plus actifs se verront décerner la médaille qui récompensait jadis nos plus méritants travailleurs avec l'inscription suivante cette fois:

"A notre actif(ve) membre bienfaiteur le gland reconnaissant"

Fermez le gland... Euh, non! Le ban

Claude

5.12.08

En crise




C'est la crise,vous n'aurez pas été sans le remarquer avec tout la ramdam qu'elle provoque ces temps derniers partout sur les ondes et les étranges lucarnes.
Comment on va s'en sortir? J'aimerais bien le savoir et si je le savais, je le dirais alors sur mon blog et je me ferais alors plein d'oseille comme madame Soleil en son temps... Mais je n'en sais strictement rien pas plus que tous ces experts, auto proclamés tels quels d'ailleurs et dont la principale caractéristique est de ne pas être d'accord entre eux et de prédire la plupart du temps ce qui est arrivé hier, comme ça, au moins, c'est plus sûr...

Tout ce que je crois savoir, c'est qu'on est nettement trop sur cette brave plan(te qui est notre ce qui augmentent mathématiquement le nombre de pov' cons, sales cons et cons tout court parmi lesquels j'inclus tous les petits génies de la City et autres lieux de perdition et que ce n'est pas fait pour arranger les affaires de notre environnement, vous en conviendrez sans peine

Je ne suis pas sûr qu'on va en réchapper même en caleçon mais c'est là que ça ne sera pas sans intérêt: Tous ces culs nus en train d'arpenter le pavé de nos villes faute de fric pour se payer des fringues

Mais à quelque chose, malheur est bon et j'ai déjà repéré dans mon escalier quelque sympathiques paires de fesses à qui un soupçon de déshabille ferait le plus grand bien au moins pour le bonheur des yeux de votre serviteur...

Claude

16.11.08

Histoire d'amour triste




Je suis sûr que ce gros naze de sacré-Cœur fait du gringue à la tour Eiffel.
C'est que je les surveille ces deux là du haut de mon neuvième étage ...
Je lui trouve l'air louche à ce con de sacré-Cœur. Je ne sais pas pourquoi mais quand je le regarde, je pense à un danseur de tango argentin sur le retour, un Argentin qui serait de Carcassonne comme disait l'autre
Et cette salope de tour Eiffel avec son air de pucelle effarouchée qui semble répondre à ses avances. Non mais! Vous l'avez vue, les jambes bien écartées et la jupe relevée jusqu'au premier étage? C'est une tenue ça, hein?
Putain! Voilà le prestige de notre beau pays qui en prend encore un coup comme s'il avait vraiment besoin de ça avec le congrès du parti socialiste qui se barre en couilles et le soleil qu'on ne voit plus depuis quelques jours avec cette météo à la con sur Paris

Avant, vous l'aviez remarqué naturellement, elle devenait toute rouge à intervalles réguliers, tout ça parce qu'elle prêtait l'oreille aux avances salaces de l'autre gros boursoufflé maintenant c'est tout bleu qu'elle devient mais moi on ne me l'a fait pas, je sais bien qu'elle continue à rougir de plaisir en son for intérieur

Je les surveille tous les deux et pour peupler intelligemment mes insomnies, je m'installe derrière les vitres de mon salon, une bouteille de Chablis bien frais à portée de main et j'essaye de traduire ce qu'ils se racontent ces deux là à coups de clins d'œil égrillards et d'incongrues palpitations et je reste à boire jusqu'à ce que la ville devant moi sombre peu à peu dans le silence et le sommeil

Alors, une nuit je mettrai mes lumières à clignoter vers ce bout d'horizon où je la devine au delà des lueurs bleutées des scialytiques des salles d'opération de l'hôpital saint-Antoine tout proche et j'essaierai d'engager le dialogue avec cette petite salope si fine et si mignonne et de lui conter fleurette en espérant qu'elle tourne l'œil de son dernier étage vers moi, indigène perdu d'un lointain douzième mais encore bien sous tous rapports....Alors si vous ne me voyez plus par ici, ne vous étonnez pas, c'est que ça a marché avec elle et que je suis parti pour lui faire des papouilles à toutes ses poutrelles

Claude

13.11.08

Sombres pronostics





Les arbres qui bordent le boulevard Diderot portent encore leurs feuilles, un peu jaunies certes, un peu moins nombreuses sur les branches mais encore bien présentes au point que, lorsque je me penche sur mon balcon et que mon regard remonte vers la place de la Nation, j'ai l'impression de voir des frondaisons d'été alors que, si mes souvenirs sont bons, les premières gelées d'automne, dés le début d'octobre, les faisaient rejoindre le sol en bataillons serrés.

En même temps, là-bas, tout en haut, la banquise se rétrécit au point qu'elle aura disparu dans quelques décennies et c'est les ours du coin qui vont se retrouver comme des cons tout de blanc vêtus sur le fond noir des rivages dépourvus de glace...


Pour tout vous avouer, moi même, je ne me sens pas très bien...

Vous allez voir, tout ça va très mal se finir...

Claude

3.11.08

Loup y'es tu?




Ça me rappelle les almanachs de mon enfance cette illustration jointe aujourd'hui, l'almanach Vermot par exemple.

Je ne sais pas si ça existe encore ce truc. On y trouvait des vannes bien vaseuses qu'il fallait lire au je ne sais combien de degré pour en découvrir le sens caché si toutefois il y en avait un...

Et puis on y trouvait des dessins comme ça: Le loup vous guette dans le bois, saurez vous le trouver ou bien la belle princesse vous attend, saurez vous la découvrir et il fallait alors cligner les yeux, tourner la page dans tous les sens et soudain une forme, un visage apparaissait et on était récompensé des efforts fournis en ayant été plus malin que le dessinateur et en ayant percé le mystère proposé

Et vous, aujourd'hui, vous le trouverez ce personnage qui se dissimule dans les branches de l'arbre enchanté?

La Femme avec un grand F, celle que l'on cherche parmi toutes les autres femmes et qui sera la seule et l'unique...Beau conte de fée non?

Tiens, au fait, avez vous remarqué que lorsque on dit la Femme avec un F majuscule, c'est pour la placer sur un piédestal alors que lorsque on dit les femmes avec un petit f et qu'on emploie le pluriel, c'est généralement pour en dire pis que pendre.

Etrange, non?

Claude

28.10.08

Les glands


J'aime bien cette photo.

Tu vois, on bâtit des temples de pierres ou de briques, invulnérables et insensibles au temps qui passe ou du moins le croit-on

Mais de bien silencieuses et terribles racines se sont mises à l'œuvre et voilà ce que ça donne quelque temps après

Voici donc le résultat de l'action de ces redoutables combattants de l'ombre

Ces murs orgueilleux que l'on croyait dressés pour l'éternité se fissurent et s'éboulent sous la poussée implacable de ces forces vives en action

Il en est de même pour ce corps qui est notre, ce corps que nous entretenons, nourrissons et choyons sans rien savoir des pseudopodes sournois qui déjà l'enserrent et sans bruit l'étouffent jusqu'au moment où nous ne sommes plus que glands....

Claude

27.10.08

Des voix




Des voix
et des murmures
fragiles
comme la branche
qui se fend
aux premières
gelées d'hiver

Des voix
des murmures
qui montent
à l'assaut des citadelles
du ciel

Des voix
et des murmures
comme des caresses
de la main
d'une femme
qui aime
et glisse
ses doigts
dans la chevelure
de son amant

Des voix
et des murmures
quand l'ombre s'étend
et s'en vient faire
l'amour
avec cette part
de lumière
qui avant tout
est toi
et se mélange
à la goutte de sueur
qui enferme en ses flancs
un soleil rouge surpris

Claude

23.10.08

Rêves au rabais


J'ai rêvé l'autre nuit… Rêvé que j'écrivais... Pour mon blog.... Des lignes vachement intéressantes, ça va sans dire (mais encore mieux en le disant)
Seul souci, pas moyen de me souvenir d'un mot ou expression de ce foutu rêve
Pourtant, plongé en pleine activité cérébrale débridée autant que nocturne, je me suis dit qu'il fallait que je mette soigneusement ça de côté pour qu'enfin j'en fasse bénéficier mon nombreux lectorat mis, va t'faire foutre, j'ai eu beau faire de mon mieux, essayer de raviver ma mémoire, rien à faire...
Mes si intéressantes impressions sont condamnées à errer sans fin dans l'indéfinissable éther des occasions gâchées

C'est ça qui serait bien hein! Dormir, rêver, se diriger vers le clavier de l'ordi et, tout d'un trait, donner le jour à ces idées arrachées à la nuit

Mais ça serait trop simple bien sûr et il faut, maladroitement, péniblement accoucher de mots en désordre, avancer d'un pas, encore d'un pas, d'une phrase, d'une idée et partir pour un voyage comme ceux qu'on entreprend à la poursuite de l'inaccessible étoile, d'autant plus belle qu'elle est définitivement hors de portée...

13.10.08

Travailleur errant


Je suis un SDF professionnel.

Je m'explique: Je fais des missions comme consultant dans des entreprises aussi diverses que variées.
Des entreprises situées en général dans des endroits bien improbables, de ceux dont on dit que même les corbeaux les survolent le ventre en l'air pour ne pas les voir tant ces lieux peuvent être tristes et lugubres.

Bon, je plaisante là car ce n'est pas toujours le cas bien sûr! Mais c'est vrai que ça m'a fait découvrir des lieux bien exotiques dans nos avoisinantes et si accueillantes banlieues. Le pied, c'est quand mes déplacements se situent dans Paris intra-muros mais c'est bien rare malheureusement...

Je dois dire aussi qu'au grand âge qui est le mien, c'est un peu casse-rotule et que j'ai parfois bien besoin d'un grand coup d'un quelconque reconstituant quand je réintègre mon modeste logis parisien. Vous verrez, je finirai en déambulateur avec mon ordi accroché aux montants de l'ustensile

Mais je vais vous dire ce que j'aime bien au fond, c'est le côté challenge de l'affaire. S'asseoir, prendre connaissance des dossiers à traiter et 5 minutes après, faire comme si j'étais présent dans l'entreprise depuis au moins 15 ans
Et puis savoir que Martien vient de s'engueuler avec Françoise, que le chef d'à côté est un sale con con dont il faut se méfier, que l'autre assis en face de moi, est un père la panique, que le petit dernier de Florence fait des progrès formidables en tennis mais que c'est pas terrible au point de vue maths et cette putain d'augmentation qui se fait attendre; et où qu'il le DRH qu'on lui conte quelques mots bien sentis

Tous ces éléments hétéroclites à assimiler dans un minimum de temps pour pouvoir participer sans avoir l'air trop abruti à la cantine de l'entreprise où je vais avec mes nouveaux copains et copines. Tiens, en parlant de copines, y'en a qui sont vachement mignonnes quand même. Mébon, c'est plus de mon âge ces trucs là et comme on dit dans les entreprises: On n'est pas là pour rigoler

Et tout ça pour quelques jours, parfois quelques semaines et, de plus en plus rarement, pour quelques mois

Mais j'aime bien ces rencontres, ces contacts, ces missions pour lesquels on m'appelle au dernier moment quand ce n'est pas pour me dire qu'en fait on pas vraiment besoin de mes éminents services (des effets de la crise sans doute) bien décidé à les prolonger du moins tant que ma modeste personne sera encore jugée apte à rendre quelques services de ci de là...

Claude

30.9.08

Déraisonnables horizons






j'ai fini par atteindre l'âge d'horizon ou bien l'horizon m'a ramené à la raison, va donc savoir!!! On finit tous ou moins comme ça: Raisonnable et horizontal en dernier ressort...C'est drôle non?
J'ai été, je crois, déraisonnablement amoureux des horizons lointains mais maintenant je suis presbyte et casse-couille en prime. On finit tous plus ou moins comme ça non? Les lunettes sur le nez et l'horizon borné par une grille de mots croisés... Formidable, non?
Ils ont vite fait de se rétrécir les horizons qu'on croyait pourtant indéformables, indéracinables, les horizons joyeux et lumineux de nos jeunes années quand la vue portait encore loin...

Du fauteuil au lit et puis du lit au lit, c'est comme ça qu'il disait le grand Brel et ça arrive plus vite qu'on ne le croit.

Et les pas aussi rétrécissent. Les pas, la vue et ne parlons pas du reste. on doit être fait de matériaux de bien mauvaise qualité, des matériaux à se faire appliquer un coup de malus comme c'est la mode aujourd'hui.
Quant au monde qui nous entoure, il s'en fout et il tourne sans se lasser à la rencontre éternelle et magique de bien fugitifs horizons accompagné de nos fallacieuses oraisons, balbutiées et répétées en pure perte pour des dieux qu'on implore sans raison

Claude

25.9.08

Je ne savais pas...




Je ne savais pas... Je ne savais combien il pouvait être difficile d'aligner trois mots les uns derrière les autres...
Je croyais qu'il suffisait de se pencher sur un clavier d'ordinateur pour que, tout naturellement, les idées s'enchaînent les unes aux autres
A une époque pas si lointaine, j'y ai pris plaisir: Les souvenirs qui affluent , les images qui se bousculent pour former des balbutiements d'histoires auxquelles pas grand monde n'y a jamais pris beaucoup d'intérêt mais que j'ai écrit avant tout pour moi seul et c'est déjà pas mal après tout...

Et puis, insidieusement, les difficultés à me mettre à écrire sont apparues. D'un post journalier, je suis passé à un post hebdomadaire puis mensuel et je sens que je vais passer à un post annuel
J'ai lu ça dans un roman de Saint-Exupéry voici longtemps: Nous sommes tous, dans la vie, lestés d'un bagage bien mince, d'un bagage aux sentiments, aux souvenirs qu'on peut croire inépuisable et qui est bien menu en vérité

Et pourtant les mots sont toujours là, dans ma tête. Je les sais qui tournent, en ronde échevelée...
Et je voudrais les arrêter comme je croyais pouvoir le faire avant.

J'aimerais revenir dans ce bouge de Buenos Aires auprès de cette fille aux yeux tristes et qui dansait sans grâce sur une minuscule scène mal éclairée ou sur les quais de Calcutta entre fleurs éclatantes aux odeurs lourdes et celles de monceaux d'immondices en train de pourrir au soleil implacable du golfe du Bengale mais je ne sais plus...

Je ne sais plus capturer les mots et ils s'envolent et s'évanouissent dans des recoins si cachés de mon cerveau que même moi je suis incapable de pouvoir les y dénicher et ils s'y perdent sans espoir de les y rattraper et je me retrouve, l'œil ahuri, devant cette page blanche que je me suis pris à haïr, cette page qui palpite à un rythme que ma vision fait paraître immobile mais qui, en fait, palpite à la cadence d'un cœur qui ne bat plus que par pure habitude...

Claude

20.9.08

Occupations diverses




J'écoute le Miserere d'Allegri enregistré dans la chapelle sixtine par un chœur anglais
Dehors, ce dernier jour d'été resplendit de tous ses feux, le vent vient d'est et présage une poursuite du beau temps pendant encore quelques jours
J'aime bien ces brefs instants de l'année en suspens entre les joies estivales qui laissent encore transparaître quelques échos de rires juvéniles et les frimas qui ne tarderont à marquer les paysages bretons de leur présence insistante
J'écoute ce Miserere et j'admire cette incroyable flexibilité de ces voix humaines et je m'émeus dans ces chants faits pour célébrer la gloire d'un dieu auquel je ne crois pas
Ce soir, j'irai peut être vers l'ancien lavoir où ma grand mère m'emmenait avec sa brouette pleine de linge sale, un lavoir maintenant bien silencieux depuis l'ère des machines à laver et il en est bien ainsi
En remontant vers le village, je remettrai mes pas dans ceux d'un enfant de sept ans et je me demanderai encore si les chênes qui bordent l'ancien chemin creux sont ceux que je voyais dans ces lointaines années et au pieds desquels j'aurais tant voulu me faire des amis des korrigans farceurs sensés y vivre mais ils ne se sont jamais montrés à moi...
Et puis l'obscurité viendra saisir peu à peu la vieille maison en commençant par les coins les plus éloignés vers l'est et les poutres de la charpente s'étireront en proférant quelques plaintes et craquements discrets et je laisserai les souvenirs m'envahir et nous serons comme d'habitude toujours beaux, invincibles et éternels et je fermerai les yeux pour m'endormir dans une envolée d'Allegri que j'essaierai de mêler aux plaintes langoureuses du sitar enchanté de Ravi Shankar...

claude

8.9.08

Malheur à celui qui...




Malheur à qui n'a pas
connu ça:
une Carmencita
une Conchita
ou une Esmeralda
et même
si ce n'est
dans l'aube blême
qu'un corps abandonné
dans des draps chiffonnés
pour ce qui ne fut
qu'une simple histoire de cul

Malheur à celui qui
pour affronter sa nuit
n'a pas uns Sidonie
une Marjorie
ou autre Lydie
à se mettre sous la dent
quand le soir s'étend
et même si
ce ne fut qu'une
tremblote de kiki
ou un massage de lune

Malheur à celui qui
sans une Gretchen
une Marlen
ou une Lieschen
pour étancher sa mélancolie
se laisse envahir d'ombre
et que la douceur de leurs seins
quitte une mémoire qui sombre
et tant pis
si ce qu'elles nous laissent
ne fut au pis
qu'une histoire de fesses

Malheur à celui là
qui n'aura pas
gardé au chaud
avant le grand saut
dans ses neurones
comme une image de madone
une paire de salopes
pas avares
de leurs trompes de Fallope
avant qu'il ne soit trop tard
qu'il faille changer de trottoir
et laisser là
les Juanita
les conchita
les Gretchen
les Marlen
les Sidonie
et les Marjorie

Claude

4.9.08

poème perdu





Les mots éternels et souples comme la taille d'une fille sauvage, les mots dans leur simplicité somptueuse et mélancolique qui offrent à rêver avec l'imagination en croupe, les mots et leurs murmures comme ceux des ruisseaux en route à la rencontre de l'impétueuse rivière...

Les mots des autres quand l'inspiration nous quitte et que le vertige nous prend devant le vide oppressant dont se peuplent des minutes devenues inutiles...

Puis il revint comme il était parti
Bon pied, bon œil, personne d'averti.
Aux dents toujours la vive marguerite,
Aux yeux toujours la flamme qui crépite.

Mit sur ta lèvre, Aline, un long baiser
Mit sur la table un peu d'or étranger
Chanta, chanta deux chansons de marine,
S'alla dormir dans la chambre enfantine.

Puis il revint comme il était parti
Bon pied, bon œil, personne d'averti.
Aux dents toujours la vive marguerite,
Aux yeux toujours la flamme qui crépite.

Rêva tout haut d'écume et de cavale,
S'entortilla dans d'étranges rafales.
Puis au réveil, quand l'aube se devine,
Chanta, chanta deux chansons de marine.

Fit au pays son adieu saugrenu
Et s'en alla comme il était venu.
Fit au pays son adieu saugrenu
Et s'en alla comme il était venu.

26.8.08

IMPRESSIONS




la goutte d'eau
celle qui étincelle
sur le murier lourd
de ses fruits sucrés

et puis le mouvement
des roseaux près
de l'étang qui se peint
des couleurs du ciel

et encore l'odeur
insistante de la fleur
et celle de l'herbe
fraîchement coupée

et enfin le flux et
le reflux de la vague têtue
et la grève variable
dans l'espace et le temps

et le brouillard qui monte
au dessus des champs
débarrassés de leurs moissons
et ton visage
que je ne vois plus
que je distingue plus
dans le fouillis inextricable
de mes souvenirs inutiles

Et je ne sais pas
passer en mode off-line
pour enfin me couper
des illusions
des temps passés

Claude

23.8.08

let's rejoice




les fêtes de l'été déjà s'en vont

Les cris des enfants vont retentir bientôt dans les cours de récréation mais plus ici
l'herbe dans l'espace entre les deux maisons va pouvoir regagner son espace vital perdu pour cause de piétinements intempestifs et de parties de football acharnées

les feuilles commencent à jaunir sur le bouleau que j'ai planté tout petit voici 6 ou 7 ans et qui commence à masquer toute la façade sud et bientôt atteindre le sommet de la cheminée

Je me souviens en parlant de feuilles, c'était le premier devoir du cours de dessin, une feuille de marronnier tombée à terre que nous ramenions en la choisissant la plus belle possible et qui retrouvait une sorte de gloire courte et factice sous nos mains malhabiles et inexpérimentées dans le rendu des couleurs...

la table en plastique blanc va être remisée jusqu'à l'année prochaine, elle ne supportera plus les bouteilles aux beaux liquides ambrés et les fumées qui s'élèveront des propriétés signaleront les feux allumés contre les premiers frimas de l'automne et non celles parfumées aux odeurs des viandes grillées

Voilà, les fêtes de l'été vont se terminer mais comme le dit si bien Kipling et avant de replier les décors:

Call a truce, then, to our labors
Let us feast with friends and neighbors,
And be merry as the custom of our caste
For if faint and forced the laughter
and if sadness follow after,
We are richer by one mocking year past

Claude

20.7.08

L'été en pente



Les mésons sont des hadrons formés de seulement deux types quarks parmi les 6 existants dans la nature. Lorsqu’ils sont constitués d’un quark et d’un anti-quark du même type, on parle de quarkonium.
Tout comme les atomes, les mésons peuvent exister sous forme d’état excités et former des familles de quarkoniums. Les plus célèbres sont le charmonium, composé de mésons charmés et le bottomium, formé de quarks beaux ou encore bottom (bas en anglais). La famille du bottomium a été découverte en 1977 par l’équipe du Fermilab dirigé par le prix Nobel Leberman. Alors que l’état fondamental des autres quarkonia avait déjà été observé, ce n’était pas le cas du bottomium jusqu’à aujourd’hui, dont on connaissait surtout les états excités comme les mésons B


J'ai trouvé ce texte sur la toile et la vérité m'amène à dire qu'il m'a plongé dans un ravissement sans bornes
Savoir que les mésons sont des hadrons formés de deux types de quarks, ça rend moins con non? Bon, d'accord! Je ne suis pas physicien de haut vol et je le regrette bien que les scientifiques en général m'inspirent bien de la méfiance en brideurs der rêves qu'ils sont à mes yeux (Mais pas ceux là qui savent mettre la matière en état d'excitation!) je ne perçois donc pas véritablement l'importance de ce qui précède mais qu'importe après tout, la musique des mots se suffit à elle même...

Eh, ben! il s'en passe de belles sous la surface calme de ces tables par exemple sur lesquelles nous nous appuyons et même dans l'intimité de nos cellules qui englobent en leur sein d'infinitésimales parcelles d'étoiles

Non, ils ne peuvent pas être complètement mauvais ceux là qui s'appliquent à traquer la matière jusqu'à ses plus infimes constituants, ceux là qui sont compteurs de mésons et conteurs de quarks beaux

Et je crois bien que les réponses à ces interrogations fondamentales et perpétuelles qui nous tenaillent en se dressant en brouillards opaques devant nos yeux insatiables de savoir et avides de donner un but à cette absurdité qui nous entoure et nous dévore, nous les trouveront dans ces concepts où la poésie la plus pure s'affronte aux champs les plus pointus d'une physique en plein devenir au milieu des particules élémentaires...

L'infiniment petit, là où l'espace et le temps s'enroulent l'un autour de l'autre comme la caducée du bâton du savoir, me fascine.
Et je crois que cet infiniment petit trouve forcément sa réplique exacte comme dans un jeu de miroirs dans l'infini grand et les deux se jouent de notre pauvre perception d'êtres humains dotés de si médiocres capteurs d'éternité où s'évadent le temps et l'espace...

Arriverons nous un jour au bout de notre quête? Celle qui finira peut être au-delà des mésons charmeurs à nous amener au seuil d'autres mondes, parties d'un multi-vers, englobant notre univers au milieu de bien d'autres et vers lesquels nous nous dirigeons à petits pas sur le chemin d'un pèlerinage peut être sans fin

Et pendant que j'écris ces quelques lignes, j'écoute Léonard Cohen qui chante en sourdine en dialoguant avec sa guitare et mine de rien sait extirper la plus substantifique moelle des mots de tous les jours


It's hard to hold the hand of anyone
who is reaching for the sky just to surrender,
who is reaching for the sky just to surrender.
And then sweeping up the jokers that he left behind
you find he did not leave you very much
not even laughter ...


Et c'est ainsi que se passent les étés par ici.

Le solstice nous tourne déjà le dos et les couleurs de la nature se font moins éclatantes et le soleil que j'observe le soir, se coucher de mon balcon va poursuivre sa route, là où il disparaît à mes yeux pour son repos nocturnes, de la colline du Montmartre et revenir pour son couché hivernal vers le dôme du Panthéon en passant par derrière la tour Eiffel et ça en sera fait d'une autre année et reviendront alors ces sentiments de solitude et de lassitude qui accompagnent maintenant mes automnes quand les vents des tempêtes d'alors balaient souvent le boulevard Diderot qui pointe vers là où le soleil se lève et j'attendrai patiemment qu'il reprenne sa marche obstinée vers le solstice d'été en griffant chaque crépuscule d'une présence différente à mes yeux attentifs

En attendant, nos étranges lucarnes bruissent du bruit immuable des vélos lancés à l'assaut d'un autre tour de France et bientôt sur les plages bretonnes vers lesquelles je tarderai pas à me diriger, je regarderai d'un œil impartial les silhouettes des jolies vacancières posées là comme un défi au temps qui passe en conquérantes intrépides des embruns qui les fouettent et à qui elles font concurrence en terme de légèreté...

Claude

15.7.08

HI-HAN




DO YOU SPEAK HORSE?

J'ai parlé cheval dans le temps. C'était dans une époque bien éloignée.
C'était voici si longtemps, vous qui me lisez ici par hasard, si longtemps que probablement vous n'existiez même pas sous forme d'ébauche de pensée, c'est dire!

Dans ces temps reculés, si lointains, comme je le disais plus haut, les hommes savaient encore dialoguer avec la nature et les animaux qui la peuplaient alors. C'est comme ça que j'ai appris à parler cheval
Oh, bien sûr, je ne suis pas à la hauteur de ceux qui, prétend-on, savent encore murmurer à l'oreille du meilleur ami de l'homme pour leur y glisser des secrets connus d'eux seuls mais toutefois je connaissais les mots les plus importants et la manière de les formuler

J'avais 7 ou 8 ans et j'avais pour habitude de me rendre à la ferme de mon parrain qui était paysan et, là, je prêtais une oreille attentive aux mots ou onomatopées qu'il employait avec son unique cheval de labour dont, au fil du temps, je m'étais fait un ami.

Mon plus grand moment de bonheur, c'était la fin du travail journalier quand il fallait conduire mon copain à une source située en contre-bas de la ferme
Je le conduisais, le tenant par une simple bride, jusqu'au lieu où il allait se désaltérer et se détendre en récompense des durs efforts consentis tout le long d'une longue journée de travail
C'est dommage que personne n'ait songé à prendre un cliché de ce curieux attelage, un enfant de moins de 10 ans tirant à sa suite une masse de plus de 300 ou 400 kilos mais c'est vrai aussi que la manie de la photo à tout prix était loin d'être entrée dans les mœurs pour une raison simple que personne ou presque ne possédait le moindre appareil photo

Je m'exerçais à l'emploi des mots entendus et employés par mon parrain et je les accompagnas de claquements de langues qui avaient pour effet de faire dresser les oreilles de mon pote à quatre pattes et de lui faire glisser en ma direction un regard aussi perplexe que compatissant
-Continues, fiston, t'es sur la bonne voie. Encore quelques progrès et on pourra dialoguer utilement ensemble...

Et j'ai grandi et je suis parti vers la ville... Le parrain a pris sa retraite et le cheval est mort et le parrain aussi d'ailleurs...

Je suis revenu récemment dans cette écurie minuscule du bout de la longère maintenant en ruine
Les harnachements de cuir avec tous leurs systèmes d'attaches et leur boucles compliqués pendent toujours au mur et s'ornent d'intempestives toiles d'araignées. Il m'a même semblé retrouver cette odeur douce et sucrée portée par la robe des chevaux mais ce n'est probablement qu'un effet d mon imagination
Et le me suis pris à essayer de parler cheval à mon tour: GRRRR, dit en roulant bien les R pour le faire reculer et les claquements de langue ou roulements de lèvres et hue aussi pour faire avancer et dia pour faire tourner à droite et quoi déjà pour faire tourner à gauche?
Merde, j'ai oublié
Me voilà avec un cheval qui ne sait pas tourner à droite, vous conviendrez avec moi que ça ne favorise pas tellement le retour à l'écurie...

Mais qu'est-ce-que ça peut bien faire? Qui, aujourd'hui, a besoin de parler cheval, hein?
Tout ça, c'est du passé dont il ne subsiste chez certains encore que des poussières de souvenirs et des mots en lambeaux
Quant à moi, comme le titre de ces quelques mots le suggère, je m'efforce de ne pas rejoindre le grand troupeau des ânes, de tous ceux qui ne font que tourner en rond parce que quelqu'un aura omis de leur dire qu'on peut aller aussi tout droit et revenir ainsi simplement vers l'écurie...

Claude

1.7.08

Europe, c'est pas l'heure, hop!!!

Il était né en 1880 ce qui ne nous rajeunit pas, vous en conviendrez aisément. A l'age de 20 ans il est parti pour s'acquitter de sa dette envers l'état comme on disait alors, pour faire son service militaire en d'autres termes, tiré au sort selon la procédure alors en vigueur.
2 ans environ ça durait à cette époque puis à l'issue de cette période, il est revenu au village, y a pris femme et un enfant, une fille, est venu trois ans après
Il a ainsi continué d'exercer au village son métier de menuisier-charpentier
Quelques bien veilles charpentes du lieu encore en place doivent se souvenir de son ouvrage et puis l'histoire l'a rattrapé dans ses occupations professionnelles.
Été 1914: Mobilisation générale.
Il a alors 34 ans. Ce n'est donc déjà plus un tout jeune homme...
Je pense que, comme ceux qui répondaient à l'appel, il a estimé que c'était l'affaire de quelques jours, voire, au pire, de quelques semaines...
On allait leur montrer à ces Allemands ce dont on était capable
Il a eu de la chance en définitive, il est revenu entier dans ses foyers en février 1919.
Plus de quatre ans après son départ.
Il allait alors avoir 40 ans Entre temps, sa femme avait trouvé un autre homme avec lequel elle était partie travailler à Paris en laissant sa fille en pension au pays par la même occasion

Il est né en 1906. Lui aussi a du s'acquitter de sa dette envers la nation et a été appelé sous les drapeaux lors de ses vingt ans pour une durée de 24 mois puis il est revenu au pays, y a trouvé femme et s'est marié.
Avec cette petite que sa mère avait laissé en pension dans une institution religieuse et qui avait bien grandi depuis
Il est parti avec elle, à Paris d'abord puis en Normandie où tous les deux vont tenir une épicerie...
C'est là que l'histoire l'a rattrapé.
Septembre 1839.
Le deuxième conflit mondial venait de commencer...
Il venait d'avoir 34 ans. Ce n'était donc plus tout à fait un jeune homme. Il sera fait prisonnier dans le nord de la France probablement sans réaliser ce qui lui arrivait. Peut être aura t-il pensé que ce n'était qu'une question de jours ou de semaines au pire pour revenir bientôt au logis...
Il a eu de la chance en définitive puisqu'il est revenu entier en mai 1945.
Plus de cinq ans après son départ.
Il allait avoir 40 ans, pas un vieillard certes mais loin maintenant d'être un jeune homme.
Entre temps, sa femme avait fait la connaissance d'un autre homme dont elle était tombée enceinte mais ainsi va la vie n'est ce pas?

Deux destins minuscules, deux destins quasiment identiques et dont l'intérêt est de souligner le sort réservé à tant de jeunes gens de ces époques pas si reculées après tout qui, probablement, n'aspiraient avant tout autre chose qu'à construire tranquillement leur vie à l'abri de leur clocher
Mais la folie meurtrière des hommes en avait décidé autrement et ils s'en furent, accompagnés de centaines de milliers d'autres, à la rencontre de ceux qu'on appelait alors des ennemis héréditaires
Et bien chanceux ceux qui en revinrent sains et saufs, du moins en apparence...

Or, il ne vous a pas échappé que depuis quelques 60 ans, cette malédiction n'est pas réapparue du moins sur ces champs, collines et vallons de l'Europe qui semblaient être faits pour s'abreuver périodiquement du sang de jeunes hommes à peine sortis de l'enfance
Bien sûr, le monde n'est pas devenu moins dangereux, moins imprévisible, moins cruel qu'avant mais au moins ces ignobles tueries entre peuples européens ont disparu et selon toutes probabilités ne sont pas prêtes à réapparaître mais, rassurez vous, les hommes sont tellement cons que bien d'autres peuples sont prêts à prendre la relève...

Pourquoi donc en viens-je à aborder ces problèmes me direz vous?
Bon, enfin même si vous me ne le demandez pas, je vous le dirai quand même
J'en reviens donc au récent référendum sur l'Europe rejeté par une majorité d'irlandais
Loin de moi l'idée de critiquer ce choix.
Vox populi, vox dei, nos ancêtres romains étaient gens de grande sagesse et nul besoin de revenir là-dessus.
Bon, d'accord, ça aurait été mieux si nos amis avaient lu le document en question pour voter en toute connaissance de cause mais à l'impossible nul n'est tenu et, sans nul doute, une classe politique totalement dénuée d'arriérés pensées bien sûr les a parfaitement renseignés sur le contenu d'icelui, mébon!!...

Ce qui m'a toutefois scandalisé et outré, ce sont ces manifestations de jeunes gens, bien alcoolisés semble t-il, fêtant leur "victoire" en hurlant des slogans débiles. Toute opinion est respectable lorsqu'elle sort des urnes bien sûr mais ces manifestations à la limite de l'obscène comme si on venait de se libérer d'une épouvantable tyrannie m'ont mis en colère.

Que je sache,l'Europe, héritière des idées généreuses de ses pères fondateurs n'a jamais pensé ériger des camps de concentration ou des goulag pas plus que d'épouvantables prisons an nom de je ne sais quelle idéologie-à-la-con comme ce siècle qui vient de se terminer a su si bien le faire pas plus qu'elle n'a voulu bâtir de murs destinés à couper des villes ou pays en deux

Alors, à tous ces braillards imbéciles, je dédie l'histoire de ces deux personnages cités plus haut qui ont payé cher la division historique de l'Europe en espérant que de telles histoires seront désormais impossibles mais qui le sait vraiment?
Je leur dédie pour que leur victoire et la joie qui en découle soient teintées d'un soupçon de tristesse et d'un sentiment de beau gâchis et d'un rendez-vous manqué..

Un dernier mot, ces deux destinées brièvement rappelées ici sont celles de mon grand père maternel que je n'ai pas connu, mort qu'il était avant ma naissance et celle de mon père biologique que j'ai à peine plus connu

Claude

Ombres légères

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