29.6.08

En rev'nant de la revue






je suis été hier au grand show des culs nus (enfin presque...). Vous connaissez bien sur, la fête des fiertés qu'ils appellent ça. Ben, oui, dans le fond (ouarff) pas de raison d'être honteux d'être une tarlouse ou une grande folle
Je me suis donc mélangé à la foule des grands jours, place de la Bastille. Faut dire que j'habite à deux pas et que les flonflons de la fête m'ont fait sortir de ma tanière où doucement je rôtissais sous les doux rayons d'un soleil d'été enfin là.
A mon âge, vous vous rendez compte!!!
Quoique, quoique...
Tiens, ce matin, u marché d'Aligre, un mec qui pourrait être mon petit fils m'a demandé:
-Et pour le jeune homme, ce sera quoi?
Je lui ai pris deux kilos de cerises du coup alors que j'étais parti pour un kilo seulement.
Pour sûr qu'il a la bosse du commerce mon nouveau (et éphémère) pote, y'a pas à dire
Bon, j'en reviens à mon petit tour d'hier après midi. C'est curieux cette attirance-répulsion que j'éprouve pour la foule, un milieu où je me sens complètement étranger mais c'est presque plus fort que moi, il faut que j'aille m'y frotter, juste pour voir quoi!!!
Voir quoi? ça, je n'en sais rien du tout, peut être pour m'assurer que le nombre de cons ne descend pas en dessous d'une certaine moyenne.
Faut dire, que sur ce plan, je suis rarement déçu, c'est probablement pour ça que j'en redemande
Tiens, vous me croirez si vous voulez, je me suis même un jour mélangé à la foule indienne lors d'une manif mémorable à New Delhi. Contre quoi? ça, j'ai oublié si toutefois, je l'ai jamais su
Faut être barjot pour faire des trucs comme ça. J'ai vraiment failli y laisser ma peau quand les flics ont commencé à tirer à balles réelles dans les mecs qui braillaient des slogans auxquels je n'y comprenais que dalle, vu qu'ils causaient en Hindi ou autres langages hors de mon champ de compréhension...
Bon, rien à voir avec le cortège d'hier qui terminait sa pérégrination autour du génie du même nom qui en a vu bien d'autres
J'y ai même croisé Djack le flamboyant, venu lui aussi en voisin, probable... La place des Vosges n'est pas si loin que ça.
Bon, je vais vous dire, j'ai trouvé tout ça tristement ringard. Tant qu'a vouloir faire dans la provoc, on pourrait aller plus loin. Mais franchement voir des tas de gugusses se trémousser comme des épileptiques sur des musiques à la ronge-moi les valseuses (pour ceux qu'en ont, for sure), se mettre des ailes dans le dos pour ressembler aux anges et d'autres machins du même acabit, ben , ça fait rigoler cinq minutes mais au bout dune heure, ça fait tristement répétitif .
Bon, je joins des images prises hier et je vous laisse juge. Si vous en voulez d'autres, n'hésitez pas à en réclamer à la direction, j'en ai plein dans mon truc dans lequel je peux aussi causer et tout ça pour le même prix...

Claude

20.6.08

Songes




Un animal antédiluvien
Blessé
Ouvre grand la gueule,
Crocs saillants
Et souffle court,
Le silence s'en ouate
De nébuleuses éructations
Là-bas
Là-bas

Où l'infini se cristallise
Autour de vacillantes parcelles
De lumière
Pour s'en remettre
Aux tentations
De l'aube

Et les convulsions
D'une chair agonisante
Deviennent
L'objet d'études
Sous la loupe
D'un paléontologue
Avide de découvertes
A l'orée
Dune forêt
Figée
En marge
De mondes disparus...

Claude

14.6.08

Mort






Je voudrais rentrer dans la mort
Paupières ouvertes et sans remord
Regarder ses travaux d’approche
Avec mes peurs et mes reproches
Mais pouvoir la fixer dans les yeux
Suivre pas à pas, attentif, silencieux
L’accomplissement du travail inévitable
Quand enfin il nous faut quitter la table
Laisser la scène et ses ultimes oripeaux
Quand il faudra que s’abatte la faux
Pour couper le fil de l’inutile fardeau
Je veux voir son acier impitoyable
Luire de tout son éclat redoutable

Je veux en cette seconde qui est dernière
Faire provision du maximum de lumière
Avant que commence cet obligé voyage
Au seuil troublant de ce grand pèlerinage
Quand la vie est cette fraction de seconde
Où se réfugie de notre être la fugitive onde
Quand nous est accordée comme conscience
Dans ce moment d’éternelle balance
Cette petite étincelle et encore ce sursis
Avant le coup de faux et entre mort et vie.

Claude

9.6.08

le rot de football




Le rot de foot ball, c'est actuellement le grand sujet du jour entre un tremblement de terre et un cyclone faut bien occuper le temps non?
Et puis ces trucs là, ça se passe très loin de chez nous alors que le rot de football, c'est vraiment à notre porte...

Bon, le rot de football, je ne sais pas pour vous mais ça a tendance à me donner des renvois... des renvois aux 22 mètres probablement

Bien! Je buvais tranquillement un petit noir au bar de mon pote de l'Aveyron qui lui est traiteur et amateur de rugby, on est au moins tranquille de ce côté là pendant quelque temps quand un type s'est accoudé au bar à côté de moi et j'ai bien vu qu'il voulait engager la conversation... Je ne suis pas particulièrement du genre disert avec les inconnus mais quand on me cause, je m'efforce de répondre le plus intelligemment que je peux dans la mesure de mes faibles moyens surtout en termes de rot de football où je ne suis guère brillant il faut bien vous l'avouer

Et voilà mon inconnu qui me brandit sous le nez un journal avec une photo de ce que je présume être un footballeur en train de bousculer un autre footballeur inopinément placé là sur son chemin.
Peut être avait il un besoin pressant à satisfaire car il avait l'air de ne pas vouloir perdre du temps en chemin
Bref, comme le dit mon inconnu, on aurait du faire jouer Meckloufi à la place de Sironi à l'aile gauche
Vous m'excuserez de retranscrire à l'oreille mais j'ai tendance à m'emmêler les pinceaux avec tous ces noms à consonance bizarre...

Quand, croyant lui faire plaisir, j'ai précisé que pour moi, c'est plutôt à l'arriéré qu'on aurait du le mettre, mon copain d'un instant m'a lancé un regard soupçonneux mais je crois bien que je l'ai achevé quand il m'a demandé si je jouais de l'ukulélé (enfin, c'est ce qu'il m'a semblé comprendre) et que je lui ai répondu que moi, mon truc, c'était plutôt le piano.

j'ai vu alors dans le regard de cet homme, bien de sa personne sous tous les rapports d'ailleurs, passer un grand moment de solitude et d'égarement dont je ne comprends pas tout à fait la cause encore aujourd'hui...
Je n'ai pas compris non plus tout à fait pourquoi il a fini d'avaler son café au risque de se bruler les muqueuses et de quitter le bar comme s'il avait le diable à ses trousses
J'ai probablement touché chez lui une corde sensible... Une corde de piano peut être, allez savoir!

Alors s'il lit ces lignes, qu'il soit bien assuré que je n'ai rien contre l'ukulélé, surtout s'il est joué par une vahiné sympa sur le rivage d'une ile paradisiaque autant qu'océanienne, que l'écoute du piano ne comble pas ma vie et que Mekloufi est très bien à sa place au centre comme l'est monsieur Bayrou mais, celui là, c'est pour bien d'autres raisons

Claude

Sexe à piles




Elle avait du sexe à piles
Et de la grâce à revendre
En faisant la danse du ventre
Devant le buffet en branches des iles

Elle avait un je-ne-sais-quoi
Qui ne me laissait pas de bois
Pas celui dont on fait les flutes
Excusez-moi pour la chute

Elle avait du sexe à piles
Comme le lapin qui bat du tambour
Et on conjuguait amour avec toujours
Sans trop vouloir se faire de bile

Il est parti mon lapin sauteur
Il m'a quitté pour un vieux chargeur
Et depuis je pleure ma passion
En maudissant les chutes de tension

Moralité

Si vous voulez assurer votre bonheur
Et garder chez vous un lapin sauteur
Prenez un abonnement à l'électricité
Et laissez là agir de ses doigts de fée


Claude

7.6.08

vie villageoise





Il fait exceptionnellement beau sur la Bretagne depuis deux ou trois jours
Mais il pleut au sud
Bien fait pour leur gueules
A chacun son tour non?
Il fait beau avec un ciel sans nuages
Et j'essaie de faire coller sa couleur avec mes souvenirs d'antan
Mais je n’y arrive pas
Le bleu n'est pas aussi bleu qu'avant
Quand j'avais dix ans ou quelque chose comme ça
Et le son des cloches qui me cassent les oreilles
Et les couilles en même temps d'ailleurs
Il y a comme un timbre fêlé dans leur putain de carillons
Et les odeurs, hein!
Celles, chaudes et sucrées, des vaches qui revenaient vers l'étable
En traversant le bourg
Quelques vagues effluves des cheminées qui crachent des saloperies
Au sud d'où je suis les ont remplacées
Même la vieille maison ne sent plus l'encaustique comme avant
Faut dire qu'on n'en met plus dans l'escalier de chêne
Comme le faisait la grand'mère
Et le temps passe
Et amène son lot de disparitions
Y compris celles des amis qui on décidé de se faire la malle
Comme ça, sans prévenir...
De tirer leur révérence peut être par lassitude
Qui ont décidé de rendre les armes
Alors qu'on attendait qu'ils nous racontent encore et encore
Leurs vieilles histoires
Archi connues et sans surprise souvent et alors!!
Putain, c'est con la vie quand même
On nait, on vit, on meurt
Et tout ce qu'on croyait immuable
Et là bien présent pour l'éternité
Tout ça nous coule entre les doigts
Les fraîches copines ne vont tarder à devenir
Des petites vieilles
Économes de leur pas et de leurs sourires
Et le bleu du ciel n'est plus le même bleu qu'avant
A cause de la putain de cataracte probable
Cataracte qu'est même pas celle de Niagara
Vu qu'on est devenu aussi économes de larmes
Et les cloches chantent faux
Pour cause de court-jus dans les esgourdes sans doute
Et les villages se peuplent de vieux
Pendant que les jeunes s'en vont
S’entourer autour des arbres
Après leurs virées alcoolisées du samedi soir
Et même les vaches ne sortent plus de l'étable
La preuve, les chemins ne sont plus constellés
De leurs bouses fumantes
Et je suis là comme un con
Attendant qu'un autre jour succède à celui-ci
Mais peut être appelleras tu, toi qui a décidé
De partir vivre sans moi à l'autre bout des terres
Celles qui s'étendent là-bas au-delà du couchant
Et j'en arrive encore à rêver d'embruns
Et je tends l'oreille aux bruits des vagues
D’un océan qui lutte peut être pour ne pas mourir
Et le son de tes rires devient le fil d'Ariane
Qui me lie encore à l'envie de vivre

Claude

1.6.08

Mon mai 68

Mon mai 68

J'ai connu ce mai 68
quand les braves gens
pensaient: Les carottes sont cuites
en se rongeant les sangs

J'ai connu cette année 68
et tout son mal d'être
la foule était à la poursuite
d'un monde encore à naître

Sous les pavés, y'avait la plage
et sous son sable les mirages
y'avait le boulevard St-Michel
pour à des rêves servir d'échelle

Et c'est là que je t'ai rencontrée
toi et tes yeux couleurs d'eau
où se serait délayé une part du ciel
pour donner à mes songes des ailes

Et c'est là que je t'ai trouvée
tu venais de la rue Rambuteau
tu ne portais pa de drapeau
et moi je ne portais pas d'épée

Mais j'ai su que nous étions
de même sang et de même pays
celui où, libres, s'ébattent les avions
quand les voiliers prennent un ris

Autour de nous s'enflait la rumeur
de la ville sous le soleil mutin
cris de joie, de colère ou de peur
et je l'ai prise par la main

Ce fût ma Bastille à moi
ce ne fût pas tout à fait Verdun
pas plus que ça ne fût Rocroy
mais ne me regardez pas avec dédain

Car je l'ai prise par la taille
pour livrer la plus jolie des bataille
celle dont on ne revient pas
où l'on meurt les bras en croix

Et quand le soir doucement va s'étendre
je me souviens de ces moments volés
la rue d"Assas s'appelait rue du Tendre
et ma bouche se souvient de nos baisers salés

Récemment un jeune gars
m'a demandé de lui conter
mes souvenirs de ces temsp là
comme à un survivant de combats passés

Mais comment parler de cette image
où un peu de ciel se serait perdu
alors qu'il attendaitl'assaut des barricades
alors j'ai vaguement souri et je me suis tu

Claude