27.2.08

Les messagers





Donne moi sil te plait un sac tout plein d'amour
et j'irai le porter jusqu'au bout du monde
m'a dit le petit garçon

Donne moi s'il te plait un sac tout plein d'étoiles
et j'irai le porter jusqu'au paradis
m'a dit la petite fille

et chacun d'eux a repris son chemin,
ses petites mains serrées sur un grand sac...
vide

Claude

25.2.08

La rentrée





On devait rentrer à l’école tard dans ces années là car mes souvenirs sont liés à celles des premières gelées blanches et des feuilles jaunies des marronniers qui déjà jonchaient le sol.
De ces images là, j’ai d’ailleurs gardé beaucoup de nostalgie et je ne dois pas être le seul probablement
En tous les cas, je me souviens encore très clairement de mon arrivée dans mon nouveau collège par un matin triste et froid, je me vois encore traverser la cour de récréation avec une vieille valise à la main dans laquelle ma mère avait mis mon trousseau, tout ça sous le regard d’élèves dont certains me semblaient visiblement bien plus âgés que moi
Je venais de pénétrer en enfer et je pèse mes mots mais je ne le savais pas encore.
C’est drôle comme certains souvenirs peuvent peser si fort si longtemps après….

Nous avions déménagé de Normandie pour la Touraine dont était originaire mon beau père
Ils m’avaient récupéré début juillet chez des amis chez qui ils m’avaient laissé pour que je puisse finir ma sixième…

Ils ont empilé quelques bricoles dans la vieille voiture qui me faisait honte et je me suis tant bien que mal installé à l’arrière au milieu de tout ce capharnaüm
Quand la voiture a pris la route, je me suis retourné pour garder la vue sur la ville le plus longtemps possible
La dernière vision que j’ai du lieu ce sont les grands arbres qui dominaient la rivière
Puis les arbres se sont peu à peu estompés dans le lointain et la vue de ce lieu où j’avais vécu somme toute assez heureux a fini par disparaître complètement.
J’ai alors regardé devant moi et quand les larmes me sont venues aux yeux, j’ai baissé la tête pour qu’on ne les voie pas

Je me dirigeais alors tout droit vers des grandes vacances vides et solitaires sans enfant de mon âge à côtoyer dans le voisinage.
J’ai erré comme une âme en peine entre l’ile-plage comme on appelait cet endroit en bord de rivière, rendez-vous des jeunes gens du coin, et les rues de la petite ville où nous avions élu domicile et le temps a fini par passer, lentement mais sûrement jusqu’à ce jour de la rentrée en cinquième

Je rentrais comme pensionnaire.
Tout bien considéré, ce n’était pas plus mal car j’avais des rapports exécrables avec mon beau-père avec lequel je ne m’entendais pas du tout et puis ma mère avait une idée bien ancrée en elle: Comment faire pour me débarrasser de lui ?
L’une de ses seules interventions en ce qui concerne mes études avait été de m’inscrire au concours des bourses.
J’avais trouvé tout ça bien normal et j’avais été même très fier d’en annoncer les résultats : Du à de très brillantes notes, j’avais été admis boursier complet
Boursier complet !! Bingo. Enfin plus pour elle que pour moi mais c’est bien longtemps après que je l’ai compris.
Pour faire court, boursier complet, ça voulait dire que l’état prenait en charge, non seulement mes études mais aussi mon hébergement total. Je soupçonne ma mère d’avoir depuis bien longtemps soupesé les avantages que cette situation lui apportait et de m’avoir inscrit comme pensionnaire essentiellement dans ce but…

Comme dit l’autre, ma saison en enfer venait de commencer. Une saison qui allait durer trois ans quand même…

J’avais fait toutes mes classes de primaire, de la 11ème jusqu’à la 7ème comme on disait alors et la sixième aussi dans le même établissement, dans cette ville que j’avais définitivement quitté pendant l’été
Ma classe de sixième s’était particulièrement bien passée.
J’y fus un élève curieux d’apprendre, heureux de découvrir des matières nouvelles : Anglais, Latin, etc.
J’ai redécouvert le petit fascicule qui résume le travail des élèves de cette classe là. J’y apparais dans les premiers dans presque toutes les rubriques, y compris celle d’excellence, des notions bien disparues depuis et je me suis souvent demandé quel tournant aurait pris ma vie si j’avais poursuivi mes études dans ce même collège
J’aurais du entreprendre l’étude du Grec ancien l’année suivante et aujourd’hui encore, j’ai le regret de n’avoir pas eu l’occasion de le faire

Je suppose que ça a commencé très rapidement ou bien ce sont les autres qui m’ont prévenu
-Ce soir, va y avoir brimade
C’était l’expression consacrée. Brimades !
Ça commençait après l’étude et le repas du soir.
Auparavant j’avais regardé avec envie les externes partir vers leur chez soi, tranquilles et décontractés…
Nous étions alors livrés au bon vouloir de ceux de seconde ou première
Nous étions peu au pensionnat et les tourmenteurs patentés pas plus de quatre ou cinq mais ils savaient faire régner un véritable climat de terreur parmi ceux des petites classes dont je faisais partie
Mais ils faisaient preuve de bien peu d’imagination ces tortionnaires en herbe: Quelques séances de coup de pied au cul, quelques lits renversés alors que le sommeil commençait à nous prendre voire quelques bites passées au cirage pour les plus pervers…
Rien de bien terrible en somme mais ce bien peu m’a complètement gâché non seulement mes années de pensionnat mais surtout le cours de mes études
Il m’a fallu très longtemps pour mettre un nom sur ce qui m’était arrivé, pour verbaliser cet état comme on dirait aujourd’hui
J’ai souffert d’un déni d’école. J’ai récemment entendu cette expression dans la bouche d’un psy
Déni d’école: Le refus d’un élève mis en situation de stress et dont la manifestation la plus visible est un repli sur soi et l’emploi des moyens les plus divers pour éviter l’acte d’apprendre et dont les conséquences bien prévisibles sont un effondrement des résultats.
C’est exactement ce qui m’est arrivé. En quelques mois, voire quelques semaines, je suis passé de l’état de brillant élève à celui de cancre patenté

Je ne mets en cause les profs qui ont fait ce qu’ils ont pu et ont même fait preuve de beaucoup de patience et de mansuétude à mon égard mais, soudain, tout m’est apparu incompréhensible, obscur, comme si la langue employée était du Mandarin ou du Volapük : Quelque chose en tous les cas de totalement incompréhensible à mes oreilles
J’étais tout simplement parti ailleurs, dans des lieux que la parole professorale était bien incapable d’atteindre
Pendant les cours de maths, j’arpentais les jungles de l’Amazone, pendant le Français, j’étais trappeur dans le grand nord canadien et le reste du temps, j’étais au Wyoming en train d’élever des chevaux.
En fait, j’étais partout sauf où j’aurais du être et avant tout à l’école

J’ai pris un tel retard que j’ai été amené à en tirer des conclusions évidentes : Mon avenir se situait hors des chemins bien balisés de l’éducation nationale
J’avais trouvé un job d’été sur une base américaine pendant les vacances de fin de troisième.
Je ne me suis pas présenté à la rentrée de cette année
J’avais 16 ans, pas un seul diplôme pour m’alourdir les poches mais sûr et certain que je finirais toujours par m’en sortir
Je m’en suis sorti en définitive. Plus ou moins bien en fait mais ceci est une toute autre histoire…

Mais de ces années que j’évoque brièvement ci-dessus, j’en ai gardé un souvenir épouvantable et un rejet complet, définitif et sans appel de ces pratique de bizutages ou de bahutages qu’on présente souvent comme des rites d’initiations indispensables pour passer d’un monde à un autre mais qui ne ce ne sont la plupart du temps que l’occasion pour certains d’exercer leur volonté de puissance, le désir de faire peur et la jouissance éprouvée devant le désarroi et le sentiment d’abandon de ceux qui en sont les victimes impuissantes et résignées

Un dernier mot encore: Le jour de la rentrée suivante où j’aurais du revenir au collège, je me suis, débrouillé pour être présent au milieu de mes copains de l’époque jusqu’au moment ou un prof que je ne connaissais pas à commencé à faire l’appel. Quand il est arrivé à moi, il m’a demandé ce que je faisais là. Quand je lui ai dit que j’étais venu pour dire bonjour à mes ex condisciples, il m’a dit que je n‘avais rien à faire là et m’a fermement demandé de bien vouloir quitter les lieux
Je suis reparti sur la vieille mobylette que j’avais empruntée à mon beau-père sans le lui dire bien sûr et je n’ai jamais remis les pieds dans cet endroit…

Claude

24.2.08

Affale la misaine





J’irai vent debout
J’irai jusqu’au bout

Mais où t’ira ?
Jusqu’au bout de quoi?

Du quai en bois
Drossé par l’vent de noroît
Ou p’être bien de suroît
Pour m’embarquer à bord
Pour une chasse au trésor
Ou pour l’dernier bordel
Voir les demoiselles
Pour qu’encor' je bande
Sous leurs déferlantes
Mais j’dépasserai le quai
D’mes nuits embrumées

Allez, Captain
Affale la misaine
Pose ton sac par terre
On a touché terre

Ecoute bien, petit !
Ecoute ce qu’je dis
Je prendrai
Encore le quart
Pour t’guider
Vers l’phare
J’pourrai encor’
Virer de bord
Direction Rio
Ou Montevideo
Jusqu’au bout du quai
Tout au bout j’irai
Pour m’encalminer
Pour m’emboucaner
Su’ l’dernier des Cap-horniers

Allez, Captain
Affale la misaine
Mets ton sac à quai
Te v’la arrivé



Claude

22.2.08

Je ne savais pas...




Je ne savais pas quoi dire ou écrire sur cette image jointe et puis des mots me sont venus, arrachés du fond de ma mémoire
Ces mots adaptés d'un poème de Rilke, là "où des étrangères sortent de la nuit et se lèvent vers le val abandonné de nos bras"

Il faut mourir
parce qu’on les connaît
Mourir de l’indicible floraison
de leurs sourires
Mourir de leurs mains légères
Mourir de femmes...

Mais que l’homme
se taise,
Lui qui
sans chemin,
la nuit,
dans les monts de ses sens
s’est définitivement perdu
Qu'enfin il se taise!

21.2.08

Aphrodite ou Apollon





Le jeu consiste à tenter de la voir, notre belle danseuse, tourner alternativement dans le sens horaire et dans le sens inverse.
Pour tout vous dire, j’ai du tomber sur une danseuse bretonne car, avec moi, elle se refuse à changer le sens dans lequel elle virevolte
En ce qui me concerne, je la vois tourner dans le sens horaire, de la gauche vers la droite en d’autres termes…

Alors, si on voit le personnage tourner dans ce sens là, cela veut dire que l’on privilégie son hémisphère droit et qu’en conséquence on est doté du sens artistique et qu’on est très intuitif
Maintenant si vous voyez la danseuse tourner dans le sens inverse, c'est-à-dire à l’inverse des aiguilles d’une montre alors, vous privilégiez l’hémisphère droit de votre cerveau et qu’en conséquence vous êtes rationnel et plein de logique

Le test ne dit pas comment interpréter les résultats si vous remplacez notre belle Aphrodite par un non moins séduisant Apollon

Claude

PS: Cliquer sur l'image pour la voir évoluer dans une autre fenêtre

20.2.08

Sur les quais




J’irai les r’voir un jour les ports de mon enfance
Les ports où mes départs sont restés en souffrance
J’y écouterai le chant de l’accordéon en transe
Délivrer ses messages sur les chemins d’Délivrance

J’irai pousser à nouveau la porte des caboulots
Et planter mon regard dans celui des matelots
Écoutant dans leurs plaintes et tous leurs trémolos
Des histoires d’sacs à terre et d’leurs putains d’rafiots

Dans tous les bars semés le long des quais blafards
J’irai encor’ lever un verre jusqu’à plus tard
Avec des sacs-à-vins et des bons dieux d’soiffards
Des rebuts d’arrière ports et des demi-tricards

Je reviendrai humer la lourde senteur océane
Collée à celle de sucre, de bière ou de banane
Celles de caisses béantes sur des entrailles diaphanes
Dispersant la senteur de fleurs mortes ou de leurs fanes

J’y apporterai mon pas fatigué aux bornes du départ
Là-bas au bout du quai qui fait suite aux remparts
Celui où s’embarquaient en leurs temps des bagnards
Dans la désespérance d’un p’tit matin d’cafard

J’irai là, moi aussi, et dos tourné à la terre
Face à l’océan sournois jouant des gris et des verts
Je mesurerai son indifférence à mes regrets amers
Seul devant cette plaine liquide, seul pour défier la mer

Claude

19.2.08

grains d'univers





Voici un univers dans un grain de sable
Et un paradis dans une fleur sauvage
Voici la tempête dans l’aile du papillon
Et l’ombre qui s’habille de tes yeux

Tenir l’infini dans la paume de sa main
Et l’éternité au creux d’une seconde

Poèmes d’amour et de déraison
Upanishad 23-5

15.2.08

A quatre mains




J’avais publié un texte sur mon blog. Quelque temps après, j’ai eu la surprise d’y voir apportées des réponses aux questions que j’y évoquais.
Je le republie avec plaisir ce texte-là avec les lignes qu’une lectrice y a ajoutées: Un dialogue à quatre mains en quelque sorte, une réponse à ces interrogations qui peuplent l’univers des hommes et celui de leurs compagnes aussi bien sûr avec la vision en retour que peut y apporter une femme

A la suite de ce texte, nous avons échangé quelques coups de téléphone, quelques SMS puisqu’il faut bien être de son temps, quelques lignes en gmail live aussi puis elle a disparu ma petite amazone, elle s’est s’évanouie dans le grand désert glacé de l’hyper espace informulé
Si toutefois, elle parcourt ce texte, qu’elle veille bien me pardonner d’utiliser ses mots mais j’ai trouvé bien dommage de ne pas publier nos deux contributions, l’une féminine, l’autre masculine, à ces éternelles questions que nous nous posons sur l’intensité et la pérennité de nos rapports amoureux



J'ai laissé ta chaleur se communiquer à la mienne.

J'ai mélangé mon souffle au tien, plongé mes yeux dans ton regard.

Tu m'as regardé avec cet air que j'ai toujours tant aimé et dans lequel je me suis si souvent senti coupable d'être incapable d'y répondre

j'ai lu ton désir amoureux, j'ai lu aussi la petite flamme triste qui certains soirs danse au fond de tes yeux.

Je vais te le dire: Les blessures de l'âge s'inscrivent dans ces interrogations muettes qui me poursuivent encore après tant d'années quand déjà on atteint le quai du départ au port des derniers horizons.

Je vais te le dire : ce que tu me caches, je le sais. Mais tes murs protecteurs ont mille ans, je ne suis pas assez grande pour aller te chercher. Alors viens. Oublie.

Je n'ai pas voulu que nous fassions l'amour, j'ai voulu te faire l'amour ce qui est bien sûr totalement différent.

Décide. Offre. Prend. Je t'offre un terrain pour un jeu que tu crois maîtriser, la surprise n'en sera que plus belle. Décide. Offre-moi le plus grand paradoxe : prend moi toute entière en ne donnant que le plus beau de toi.

J'ai voulu tenter de partir avec toi, embarquer pour ce périple pour lequel les femmes s'en vont et d'où tant d'hommes s'excluent par impatience, par incompréhension, pour seulement vouloir assouvir leur propre désir.

Là où d'autres s'en vont je t'emmène avec moi. Je t'offre ce mystère vieux comme la nuit des temps. Tu parles de mon plaisir qui ne peut exister sans le tien. Viens ;

Comment jouis-tu? Sauras-tu un jour me le dire? Pourrais-je un jour le comprendre? Quel est le fleuve sur lequel tu flottes, vers où t'entraine t'il, sans moi, voyageur souvent surnuméraire?

Ma peau te parlera et mes frissons enivreront tes doigts. Tu veux savoir, tu ne sauras rien d'autre que cette alchimie là; mon plaisir, c'est le tien. C'est le tien et le mien réunis. Et l'extase ne s'est jamais aussi bien expliquée qu'en un regard plongé au fond de ton regard. Comme un équilibriste sur un fil tendu, soutient moi. Envole-moi. Je suis à toi.


J'ai voulu jauger l'intensité du plaisir monter en toi, le mesurer à un clitoris durci arrêté à la barrière de mes dents, à la douceur chaude et humide imprimée sur la longueur de mes doigts, inscrire sur l'étendue de ma langue traquant en ses moindres cachettes la douceur et la fragilité de tes muqueuses cachées

Tu t'oublies en plongeant sous ma peau qui n'attendait que toi. Tu t'oublies, je vais te réveiller, je vais ouvrir les jambes et t'enserrer si fort que tu n'oublieras plus que je n'aime que toi. Mon souffle s'accélère, et puis mon cœur, lui, bat dans le rébus imprécis de mes veines


J’ai voulu t'accompagner dans ce râle où se cachent probablement les seules vraies paroles d'amour qui valent la peine d'être entendues, j'ai voulu être avec toi dans ce long frisson en voyeur, sans honte inutile et sans fausse pudeur

Ta langue se fait nuage, ta langue cherche à entendre l'eau du désir qu'elle même provoque. Ta soif est belle, et tu ne le sais pas. J'ai posé mes mains sur ton dos, j'ai écrit mon amour en volutes insensées qui te font tressaillir et perdre ta maîtrise. J'ai senti sous mes doigts la réponse de tes muscles. Le dialogue s'installe. Parce que c'est un dialogue, tu l'avais oublié?

Patiemment, J'ai voulu graver dans ma mémoire parfois infidèle, seconde après seconde, le moindre détail de ta montée vers le plaisir, j'ai contemplé ton visage renversé, ta poitrine offerte et tes yeux ouverts sur un indicible paysage dont tu es seule à posséder les clés, pour que tu puisses, à ton tour, revivre au travers du rythme de ma main enserrant mon sexe te souvenir du chemin recréé et la montée de cette tempête frayant son chemin et venant du plus profond de mes reins et prenant racine dans ton propre plaisir

Tu n'oublieras jamais. Et je te montrerai. L'offrande de mon corps et celle de mes cris s'inscrira dans ta mémoire première. Et te fera aller, debout, sûr de tes mains agiles, magiciennes et ouvreuses de portes qui donnent sur l'infini. Tu sentiras alors tout autour de tes doigts au plus profond de moi la morsure du plaisir s'inscrire pour toujours sous chacun de tes rires.


Et c'est alors que tu viendras d'un doigt agile et léger humecter mes lèvres maintenant assoiffées d'un soupçon humide puisé à ta propre intimité pour que ensemble, nous retrouvions le chemin de l'androgynat qui peut être fût le notre aux lointains temps des origines

J'effleurerai mon sexe en gardant mon regard dans le tien. J'effleurerai tes lèvres et ta bouche toute entière, mélanges d'eaux divines qui révéleront en toi le désir d'être moi.

Et à mon tour, je me pencherai vers toi…


Claude

13.2.08

Pompéi han




Assis ou couché, je ne quitte pas ma coupe de vin
Sans le secours de mes yeux, je connais les cités des étoiles
Sans lui donner un nom, je sais la grandeur de l’univers
Parmi la multitude innombrable, je ne suis qu’un homme…


Qui a écrit ces mots ? Je ne sais pas vraiment.
Moi, peut être mais alors c’était dans une vie antérieure.
Je ne sais pourquoi mais je les trouve beaux ces mots avec suffisamment de mystère et de distanciation pour me réconcilier avec l’écrit en général
Cet acte d’écriture avec lequel j’ai eu une récente brouille passagère mais vers lequel je me retourne aujourd’hui pour tenter de trouver un semblant d’apaisement devant ce temps qui s’écoule trop vite et devant la fragilité de nos modestes destinées…

Et toute réflexion faite, je pense que c’est moi qui a gravé ces phrases sur un mur de Pompéi dans la douceur d’un soir de la campagne romaine, dans cette civilisation romaine qui tellement me fascine avant que d’aller au lupanar voisin rejoindre ma louve préférée aux douces mains expertes et avant que les portes de l’enfer ne s’ouvrent pour engloutir à jamais ces jolis moments d’insouciance et de joie de vivre

Claude