30.11.07

Donne moi...




Donne moi de ton souffle pour que
Je veuille encore en vivre
Donne moi de tes yeux pour que
Leur lumière toujours m'enivre
Donne moi de tes mains pour que
Se sculpte la courbe de tes seins
Donne moi de tes cris
Et aussi de tes silences
Mélangés et inscrits
Dans tes vagues de jouissance
Donne moi de tes cheveux pour que
J’y sois le vent qui les fait frissonner
Donne moi de ta respiration pour que
Mes lèvres en viennent à trembler
Donne moi de tes rêves pour que
Dans ton sommeil je puisse me glisser
Donne moi tout cela
Pour que je ne devienne que toi
Donne moi tout cela
Pour que je sois vêtu de toi
Donne moi toujours et encore
Envie de toi et de ton corps

Claude


28.11.07

La piste




Notre monde d'aujourd'hui
irait-il
de l'avant
fier de lui même,
vêtu
d'orgueilleux oripeaux
ou de déguisements piteux
j'ai connu
des lieux sur terre
qui placent leur espoir
dans la vaillance et les cris
d'une gloire éphémère...

Des lieux que hantent
des hommes puisant
d'instinct
aux marges sauvages
du temps
et s'abreuvant
aux alcools forts
d'une histoire
qui lentement se dissipe
dans la poussière dorée
de pistes oubliées

Claude

26.11.07

Souris, le petit oiseau va sortir...





Je suis fana de techniques nouvelles et de gadgets en tous genres. L’internet, les réseaux, la com’, enfin tout ça
Je ne suis pas un complet geek mais je me débrouille pas trop mal et je reste, autant que je peux, aware de tout ce qui se passe de nouveau sous le soleil comme on dit

C’est pourquoi les articulets qui régulièrement paraissent dans la presse et qui traitent des cellules souches m’interpellent quelque part.
M’interpellent quelque part ! Ah, la belle expression et dans le plein fil de la jargonnante imbécilité ambiante et je me demande régulièrement ce que ce quelque part peut bien désigner…

Eh, ben justement, parlons en de ce fameux quelque part!
Si j’ai bien suivi les progrès réalisés dans la production des cellules souches, on devrait pouvoir se faire refaire non pas seulement le portrait mais aussi tout le reste.
Un moyen de contrer les ravages du temps qui passe!
Les dames l’ont bien compris qui se font refaire à qui mieux-mieux de bien arrogantes poitrines, celles de leurs adolescences passées là où elles pouvaient se passer de cet accessoire vestimentaire indispensable quelques années après: Le soutien gorge
Pas besoin de cellules souches pour ça me direz vous.
C'est vrai et comme d’hab. et mine de rien, c'est comme ça qu'elles ont toujours une longueur d’avance sur nous, pauvres hommes!

Mais cette injustice devrait disparaître et les messieurs à leur tour et grâce aux fameuses cellules souches, devraient pouvoir eux aussi remettre en valeur ce membre qualifié de viril et que les années qui passent condamnent à des temps de garde-à-vous de moins en moins fréquents pour de honteux temps de repos de plus en plus prononcés

Alors donc vivent les cellules souches qui devraient savoir réparer cette injustice fondamentale et j’imagine déjà le monsieur alléché par ce slogan publicitaire qui peut être fleurira alors sur les murs de nos grandes villes : «Avec mes cellules souches, on couche»

Je l’imagine donc ce monsieur (peut être votre serviteur en personne toujours à l’affût des techniques modernes) poussant la porte de son chirurgien préféré:

-Bonjour, Monsieur le chirurgien, c’est pour que vous m’en fassiez un toute neuve, une comme celle que j’avais à 20 ans et que je croyais même de bonne foi que c’était un os!

Bon! Ben depuis ces heureux temps, l’os a plutôt pris l’eau, alors, ça serait donc pas du luxe que d’intervenir…
Et puisque comme le disent nos amis anglo-saxons: Size matters, alors si en même temps, vous pouviez m'y rajouter quelques centimètres supplémentaires, ça ne serait pas de refus…

Bon, mais là, il faut quand même que je fasse gaffe parce que, si ça se trouve, ça se paye à la longueur leur truc et le centimètre sup. ça risque rapidement d’être hors de prix et de ne pas être ainsi à la portée de toutes les bourses (arg)
Ah, oui aussi ! Pas besoin de fioritures hein! Car comme dit l’autre, faut mieux en toute fin de comptes l’avoir blanche et droite plutôt que Black et Decker.
Rien ne vaut l’authentique surtout dans ce domaine précis !!

Alors, ils sont pas chouettes, les temps nouveaux qui s’annoncent ?
"Brave new world" comme on dit outre-Atlantique
Et dire que le petit dialogue de fiction cité plus haut risque d’être la réalité dans un futur très proche,
Tout va tellement vite de nos jours…

C’est pourquoi, je vais commencer à faire des économies.
Je supprime donc derechef mon abonnement à Playboy et je réduis drastiquement ma consommation de Viagra dans l’attente des jours meilleurs qui ne sauraient tarder à venir et du coup de scalpel libérateur qui saura les accompagner….

Claude

24.11.07

Promenade en cimetière

C’est beau les cimetières, calmes, bien tenus, enfin en général, et témoins de bien étranges rencontres qui engendrent aussi de bien étranges mots, comme ceux qui suivent par exemple…






Quand je ne serai que tombe
mélangé à la terre
et toi un rêve de pierre
gardienne des catacombes

Quand mon souvenir
s'effacera en douleur
mélangé à ton rire
en reste de douceur

Quand ma terrestre présence
s'exhalera en puanteur
et que d'un pas de danse
tu effaceras les heures

Du promeneur solitaire
au regard bien songeur
toi encore de cette terre
tu feras battre le cœur

Claude


21.11.07

Yak & Yéti





J’ai mangé le meilleur bortch de l’Asie du Sud-est au Yak et Yéti à Katmandu, Népal.
Ça vous la coupe hein ? Enfin, je parle pour ceux à qui on peut couper quelque chose

C’est bien improbable les destinées humaines. Vous vous rendez compte ? ce Russe, Boris Lissanevitch, danseur classique qui a débarqué un jour dans ce pays qui était encore fermé aux Occidentaux , qui s’est établi là, y a fait sa vie et dont le souvenir se perpétue dans cette soupe si typiquement slave….

Ça s’appelle le Chimney avec un gros poêle de faïence au milieu de la salle du restaurant et il fait bon après la visite à Freaks street, pleine de mecs allumés et de Sâdhus au regard de braise...

On a voulu revenir à l’hôtel en empruntant un rickshaw et ce con de rickshawwallah à failli renverser son foutu engin juste devant l’entrée du Yak sous l’œil désapprobateur du portier qui manifestement avait du mal à comprendre que des Occidentaux puissent se livrer à de pareilles facéties et emprunter d’aussi improbables montures…

Demain, je vais passer un examen médical à la "mord-moi-le-nœud", expression bien trouvée s'il en fut et dont on m’a dit qu’il pouvait être bien inconfortable.
Je me méfie de ces mots qui veulent tout et rien dire.
Vous voulez tout savoir ? Eh ben, je suis pas très rassuré…

Pour cause de grèves des transports, je vais y aller à pied
En montant vers Ménilmuche comme on disait avant et après avoir passé Nation, je penserai à Rakesh Gurung qui, en son temps, fut mon chauffeur dans les plaines surchauffées du nord de l’Inde et jusqu'à Chennai tout là-bas vers le Sud et je pourrai peut être apercevoir, si le temps est assez clair pour ça, le Manaslu ou le K2 au carrefour de la rue Ste Blaise et de la rue des Pyrénées

On a l’Himalaya qu’on peut et pas toujours les trekkings qu'on veut, hein?...

Ckaude

19.11.07

Les papillons





J’aime les papillons. Comme ceux de mes images jointes.
J’ai toujours pensé que les papillons, c’était bien plus que des papillons en fait.
Je vais vous faire une confidence, je crois bien que ce sont des âmes de morts en quête de salut ou de repos et qui errent…qui errent, qui vont de fleurs en fleurs comme des éclats de beauté à l’état pur à la recherche d’un endroit où enfin se poser

J’ai besoin de papillons quand les jours se rétrécissent et s’assombrissent de plus en plus tôt comme ils le font maintenant
Vous savez, dans mon jardin là-bas, j’ai gardé des arpents auxquels personne ne doit toucher et j’ai personnellement sermonné le type qui vient tondre de temps à autre quand l’herbe daigne enfin se remettre à pousser.
Il a du me prendre pour un con quand je lui ai dit que les papillons avaient besoin d’orties et d’herbes folles pour casser la croûte ou se reproduire…. Il n’a pas fait de commentaires mais j’ai quand même les orties que je veux. Non mais !!!

Enfin bon! À force de vouloir être trop clean, on fout le bordel dans la nature et on empêche les papillons d’aller baiser tout leur saoul et de se reproduire quand l’envie leur prend. Barbares qu’on est !!

J’ai actuellement besoin de papillons et ça d’autant plus quand je vois tous ces connards qui croient que ce qu’ils racontent dans nos téloches à la con mérite le beau nom de parler ou de s’exprimer,
Putain, bordel ! Au secours les papillons !
Ou alors, comme la plupart d’entre nous, je suis condamné à mourir abruti sans le moindre espoir de salut, celui qui va et qui vient sur ces merveilleux éclats d’ailes délicatement irisées et qui saute à cloche-pied sur les arc-en-ciel du désespoir…

Claude

14.11.07

Afrique sur Seine




On est parti de Niamey tôt ce matin et c’est toi qui conduis…
Tu portes un chapeau de brousse d’où ressort une mèche blonde que tu repousses de temps à autres mais qui s’obstine à venir te caresser le haut du front

Putain, tu es belle et on a 20 ans tous les deux.
On a 20 ans, toi et moi, jusqu’à la fin des temps et on a le temps d’avoir le temps
A un moment, tu t’es arrêtée sous un épineux qui borde la piste de latérite et de sable mélangés
Tu as demandé aux deux sbires qui nous accompagnent à l’arrière de regarder ailleurs et tu m’a regardé sévèrement
-ça s’applique à toi aussi

Et tu as fait pipi sur la terre rouge et la flaque humide que tu as laissées sur lesol s’est asséchée en un temps record

Il fait chaud, bordel !
Moi aussi je porte un chapeau à larges bords que tu m’as procuré avant de partir avec interdiction de m’en séparer
On file vers le W.
Ceux qui sont allé dans le coin savent ce qu’est le W
Un endroit préservé avec des tas d’animaux sauvages, des lions, des hippos, des éléphants.
L’Afrique telle qu’on la rêve.
Je suis Indiana Jones ou bien ce personnage d’Hemingway des neiges du Kilimandjaro et toi, tu es la conductrice de cette ambulance dans laquelle tu vas mourir pendant la guerre d’Espagne.

Quand on est reparti après la pose pipi, tu m’as tendu les clés
-A toi de jouer maintenant
Tu conduis comme une pro et j’ai peur de te décevoir ou de me rendre ridicule.
Il va me falloir quelque temps pour comprendre qu’il faut trouver la vitesse idéale pour absorber les creux et les bosses, conduire en souplesse, épouser les cahots de la route.
J’y parviens en relativement peu de temps.
Les deux guides à l’arrière ont du pousser un sacré ouf de soulagement et je suis absurdement fier de ma performance

-Eh, ben tu vois que c’est pas dur
Tu es belle, putain, tu es belle!
Et on sera toujours jeune pour le temps qui nous reste à vivre

On va passer deux ou trois jours à arpenter les rives du grand fleuve et quand on sera revenu, on va s’attabler devant le Niger, on mangera du capitaine en regardant le fleuve et les pirogues qui le sillonnent

Merde, faut que je m’arrête de picoler.
Je viens de voir une gazelle qui vient de traverser le salon et qui vient de disparaître derrière le fauteuil de cuir vert

Faudrait que j’arrête de boire
Il est où mon lit ? Si j’y arrive…
Mais je m’en fous, si j’y arrive pas, je vais m’étendre sur la moquette et fermer les yeux…
C'est pas loin l'Afrique...Juste l'espace d'un battement de paupières...


Claude

12.11.07

au postérieur inconnu





De ce monde et ses vacarmes
De ceux toujours prêts
À se servir des armes
Plutôt que d’aimer les forêts
Le bord des mers et ses rivages
et les moissons qu'on sème
Et puis de celle qu’on aime
le merveilleux visage
De tous ceux là
comme ce postérieur nu
Permettez moi de dire là
Et ne m’en voulez pas
Que j’en ai souvent plein l’cul

Claude

Et mille mercis au photographe inconnu…

11.11.07

11 novembre

Je suis tombé par hasard sur des documents de famille rangés dans une vieille valise oubliée dans un coin du grenier
C’est ainsi que j’ai pu prendre connaissance de tout un pan de la vie d’un de mes grands pères au travers d’un vieux livret de mobilisation.

Il a été appelé au service une première fois, pour 2 ans probablement, puis à son issue, il a pris femme et a eu un enfant…
Et l’histoire l’a rattrapé…
1er septembre 1914, il a repris le chemin de la caserne.
Il croyait certainement revenir au bout de quelques semaines…

La dernière phrase inscrite sur son dossier est rédigée ainsi dans le style militaire le plus pur:

« Arrive à D. le 25 février 1919
Mis en route vers ses foyers
Perçu six francs au titre de frais de déplacements »

Il venait de passer 4 ans et demi hors de chez lui
Il est mort peu après, peut être d’épuisement psychologique mais ça je ne le saurai jamais.
Son nom figure sur le monument aux morts du village…

C’est en pensant à lui que j’ai écrit ces quelques lignes déjà mises en ligne voici quelque temps mais que je remets aujourd'hui en ce jour particulier du 11 novembre…







Il partit en pantalons garance
Aux couleurs de sa mie
Qu’on appelait Garance
Et qu’était si jolie

Il partit au soleil de septembre
Seul sur le chemin encaillouté
Dans la chaleur de fin d’été
Et Garance les vit ses pantalons
Ses pantalons couleurs garance
Monter le flanc du vallon
Comme s’il allait à la danse
Celle qui les entraînait
Sous les branches des genets
Il partit en pantalons garance
Sous les yeux de sa Garance

L’abeille a butiné la fleur
Garance a essayé un pleur
Là-bas, déjà si loin
Il a levé la main
Déjà au pays des morts
Mais ils ne le savaient pas encore

Claude

10.11.07

Vous aussi?





Vous les écoutez
Vous aussi
Les murmures étouffés
Des feuilles
Caressées par le vent ?
Vous l’écoutez
Vous aussi
Le bruit de la goutte d’eau
Qui sur les carreaux
S’étire glissando ?

Vous les entendez
Vous aussi
Dans les filets
Du vent
Ces confidences
Du soir qui descend ?
Vous entendez
Vous aussi
Tous ces chuchotis
Dans le jour qui finit ?

Alors comme moi
Vous le savez
N’est-ce pas
Que ces bruits
Nous viennent de là-bas
Qu’ils portent les voix
De nos amours passées
Et maintenant défuntes
Et que leurs douces empreintes
Se mêlent aux pleurs des marins
Un jour péris
Dans l’océan sans fin

Claude

9.11.07

été indien



Je ne sais pas si dans vos endroits respectifs vous bénéficiez comme moi actuellement d’une telle symphonie de couleurs.

C’est curieux et c’est peut être du à ce changement de climat dont on nous rebat tant les oreilles actuellement mais je crois n’avoir jamais observé les splendeurs d’un tel été indien sur ces terres pourtant si peu septentrionales

Et c’est comme ça que la nature depuis quelques jours se plait à déployer à perte de vue la longue chevelure fauve d’une adorable rousse et quand un coin de ciel bleu perce la couche laiteuse c’est alors le visage de Viviane, Ygerne ou Morgane qui s’en reviennent éclairer de leurs sourires les sentes du vieux pays breton…

Claude

2.11.07

La mort en ce jardin




il faut du chaos en soi pour enfanter une étoile qui danse



Elle est belle cette phrase, non? Enfin moi, je la trouve belle mystérieuse et attirante, tout comme une femme en fait
ça doit être une phrase tout au féminin...

Je ne sais pas dans quel contexte, Nietzsche l'a écrite car c'est lui qui en est l'auteur et je me moque d'ailleurs à quel sujet ces mots s'appliquaient.
Il me suffit qu'ils soient là et que je puisse à leur lecture mesurer leur incommensurable puissance quand ils sont rangés sagement les uns à côté des autres

Pour illustrer cette pensée, rien ne me semble plus adéquat que ce tableau de Van Gogh qui avait dans sa tête tellement de planètes qui dansaient

Mais parfois, un mot tout seul pour receler en lui des significations que l'on ne voit pas toujours à première lecture et écrivant cela je pense surtout à Devos et à ses sketchs comme cette mer qui se monte ou se démonte pour notre plus grand plaisir et tant d'autres de ses gags

Et c'est ainsi que m'est venu à l'esprit un mot, un simple mot souvent synonyme de souffrance et de mort: Ce mot c'est celui de tumeur.

Dans ce mot, il ne vous a pas échappé tout comme à moi que derrière ces deux syllabes se dissimulent deux autres vocables
Tue et meurt
Tumeur, tue-meurt, on ne saurait mieux dire n'est-ce pas?

Et avouez qu'en ce jour qui est celui des morts, je ne pouvais faire mieux que d'évoquer ce sort qui nous est commun en me servant d'un mot et des symboles qu'il porte et qui, comme savait le faire Descartes, s'avancent évidemment masqués

Claude