31.7.07

Singeries




Effet de miroir ou qui est-ce qui singe l'autre, hein, dites moi voir...

C'était la blague du mardi

Claude


30.7.07

Si miesque si xième ci el




J'te fais confiance.
Tu vois, je ferme les yeux
Alors, vas y!
Jusqu'à l'extase finale....

C'était la blague du lundi

Claude

29.7.07

errare humanum est




Ouais, errare humanum est et lapinum quoque...
Bon, d'accord, tout le monde peut se tromper, non? Et puis de toutes les façons, je l'aimeuh!!!

C'était la blague du dimanche

Claude

28.7.07

Les né...rissons




Range ta fourchette, bordel!!! Puisque j'te dis que c'est pas des oursins, c'est que des nouveaux né...rissons.

C'était la blague du samedi


Claude

26.7.07

Four de transe , euh, non, tour de france




3 heures ou 4, je ne sais plus trop. Faut dire que, par extraordinaire, il pleuvait cet après-midi là en Bretagne du nord. C'est bien, ça fera du bien aux cultures et mieux faire pousser les cochons...

3 ou 4 heures disais-je à contempler des mecs s'échiner dans les montagnes, plus exactement à regarder des mecs s'user le cul (on les voit surtout de dos) à monter un col, à le descendre, à en remonter un autre, à le descendre lui aussi et comme ça pendant des heures.
D'aucuns montent en danseuse comme ils disent, moi, j'ai plutôt l'impression que c'est en levrette qu'ils opèrent, mais bon, j'insiste pas, je voudrais pas être taxé de vulgarité.
Entre deux, (je parle des cols là), j'ai du dormir et rêver à d'autres monts, ceux de Venus par exemple ou autres cols de l'utérus qui, comme chacun le sait, sont au moins aussi durs, au moins pour certains, à gravir que le Tourmalet, voire plus, j'en parle d'expérience, les demoiselles avec qui je n'ai pas pu ou su conclure peuvent d'ailleurs en témoigner...
Bon! affalé dans mon fauteuil, je regarde tous ces braves gens, des guerriers, des baroudeurs comme ils disent dans les étranges lucarnes, suer sang et eau pour se dépasser à qui mieux-mieux pendant qu'entre temps, on entrecoupe leurs vaillants efforts avec vue sur des mollets musclés et de ronds arrière-trains des commentaires bien sentis d'un mec qui doit être sous contrat avec le guide du routard et on en apprend de bien belles sur les monuments survolés, celui-là construit pour nous rappeler l'arrivée des Huns et celui-ci érigé pour le départ des autres.
C'est beau l'érudition!!!
Et quand grand-père-la-science prend la parole, on entend en même temps de la belle musique, pas des extraits de rap à la con ou des braiements survitaminés de chanteuses à la mode, non! De la vraie musique, même qu'elle est bien belle et classique en plus ...

Et v'là t'y pas que ce matin, j'apprends que certains prendraient des «substances» interdites, des trucs encore pire que du coke ou des barres chocolatées, de l'EPO, des amphèt , même du PSG (mais là, faut pas exagérer quand même)
Et on analyse le pipi du matin et le caca du soir à tour de bras pour savoir celui qui triche ou celui qui triche pas...

Moi, j'ai pas envie qu'on me le supprime mon Tour-de-France. Même que, quand j'étais gosse, les coureurs, c'étaient mes héros à moi, mieux encore que Bayard ou Vercingétorix. Et je m'amusais avec eux pendant des heures. Avec leurs effigies en plomb, faut que je précise quand même, la pédale, c'est pas mon genre

Tiens, en parlant de gosse, si durant l'une de vos promenades estivales ou dominicales, il vous arrive de croiser une belle venant du Québec ou des environs, n'allez pas lui dire: Je vous présente mes gosses, méfiez vous, c'est comme si vous disiez à une non moins gironde francilienne: Je vous présente mes couilles... Remarquez, si la susdite Québécoise ne s'effarouche pas, vous pouvez toujours essayer de pousser plus loin votre avantage... A vous de voir!!!

Mais revenons à nos moutons, à ceux qui gravissent sous sourciller les pentes les plus abruptes de nos magnifiques montagnes.
J'ai une solution miracle: Plutôt que d'essayer de savoir qui triche ou pas, il suffit d'instituer le dopage obligatoire. Comme ça tout le monde sera logé à la même enseigne avec une restriction toutefois: Obligation de montrer exactement ce qu'on prend. Je te fais voir ma seringue, fais moi voir ton pot (Belge, bien entendu). Comme ça, plus de trucs cachés, égalité parfaite avec enfin le droit de choisir quoi s'ingurgiter pour enfin ressembler à un TGV

Et je propose d'exclure du tour ceux qui auraient un résultat négatif car je suis sûr qu'il s'agirait alors d'une substance dont on sait pas encore faire l'analyse.
Petits malins, va!!!


Claude

23.7.07

J'aime pas...

Je n’aime pas deux tribus: Celle des essuie-glaces et celles des cracheurs de feu. Rien que de les voir au travers les étranges lucarnes que pourtant je n’allume plus, quant à moi, que rarement me plonge dans un état teinté de rage froide précurseur d’explosions de colère dévastatrice, de celles qui affectent l’être le plus pacifique et patient que pourtant je suis quand le comble du ridicule semble avoir été atteint

Je m’explique : Ces deux susnommées tribus, dénommées par mes soins essuie-glaces et cracheurs de feu, sont constituées par des régiments de blaireaux (c’est quoi au fait le féminin de blaireaux?), hommes et femmes réunis et d’âges variables dont la principale caractéristique me semble être une décérébration avancée qui les amène pour les uns à balancer les bras alternativement d’un coté à l’autre, paumes grandes ouvertes et doigts pointés vers le ciel en prenant un air extatiques devant un chanteur(euse) s’affairant sur une scène à proférer des paroles dont la platitude le dispute en général à la plus totale niaiserie.
Quant à l’autre de tribu, celle des cracheurs de feu, elle estime qu’allumer des briquets en prenant un air aussi extatique que celui de leurs précédents confrères confère à une chanson généralement nulle un label de qualité qu’elle est bien loin de mériter

Eh, bien, je vais vous dire, toutes ces manifestations m’attristent et m’emmerdent profondément comme cette manie maintenant de se lever systématiquement à l’arrivée d’un quelconque branleur(euse) de micro avant même qu’un seul son ait été proféré ce qui constitue une marque de confiance pour le moins intempestive et bien souvent totalement imméritée

Mais me direz vous, il reste la zapette pour passer à autre chose ou alors laisser son téléviseur en stand-by, position dans laquelle le mien se trouve d’ailleurs de plus souvent en plus souvent avec en prime des économies d’énergie nécessaires, comme chacun le sait maintenant, à la préservation de notre belle planète qui en a bien besoin…

Claude

22.7.07

Viens, allez viens

Viens,
Viens encore une fois,
Et on fera couler le vin,
De celui qui met des étincelles
Dans le fond des yeux
Et on regardera lentement
Le soleil sombrer derrière
La montagne Sainte Geneviève
Et y éparpiller ses dernières parcelles
De jour comme le paysan
Vient au champ pour y semer la graine
Viens et on parlera de la création du monde
De celui de nos rêves et de nos rires mêlés
Viens et ta chevelure sera encore
Comme ces forets où j’aimais à me perdre
Pleines de grottes sombres
De dragons et de magiciens
Viens et ensemble on regardera
La lumière devenir ombre
Et allonger nos silhouettes
Sur les murs clairs des pièces
Et je regarderai tes yeux
Juste pour voir s’ils sont toujours
De cette même couleur des fjords du nord
Viens et avec toi je n’aurai plus peur
De ce temps qui passe si vite
De ce temps qui nous ronge, nous abîme
Et nous rejette sur le bord du sentier
Viens encore une fois
Allez, viens !
Viens t’en
Comme si c’était pour la dernière fois

Claude

20.7.07

Il pleut




Il pleut…
J’éprouve des envies d’herbes sèches et de bruits d’insectes qui crépitent, vivent et meurent sous les rayons d’un soleil glorieux et impitoyable
Il pleut et je revois ton visage derrière les vitres de ce bistrot vers la gare Montparnasse. Là aussi, ce matin là, il pleuvait et quand je me suis retourné pour un ultime regard, la pluie sur les vitres et les larmes sur tes joues se sont mélangées en une vision unique.
Et maintenant quand je vois une fille portant un manteau de couleur claire et qui regarde la foule sans la voir, assise seule à la table d’un bar, je sens que mon cœur accélère doucement le pas…
Il pleut et je n’aime pas cette pluie qui étouffe les bruits et les odeurs et la campagne qui m’environne me parait bien pesante et j’ai soudain des envies de ville.

Je voudrais sentir à nouveau la chaleur du soleil me traverser le corps, je voudrais encore voir la poussière se déposer sur les plantes sauvages le long d’un sentier perdu, poussière posée là juste pour donner envie de ressusciter d’un souffle léger les éclatantes couleurs des belles rebelles .

Il pleut et je me souviens de ta main posée sur ma cuisse pendant qu’assis, nous regardions la forêt imposante et mystérieuse étendre ses pseudopodes comme celles d’une marée montante et battre en vagues immobiles sous le soleil éclatant du midi les murs de granit de ce château solitaire et abandonné à quelques encablures des temples de Khajurâho aux tours ornées de belles fresques érotiques, ce château dont tu fus la Rani et moi, pour toi toute seule avec ces rêves qu'ensemble nous partageâmes en un bref été perdu, le Radja…

Claude

18.7.07

Le moucharabieh




Des pas clairs qui se hâtent sur un carrelage mosaïque blanc et noir
Des pas pressés qui résonnent dans la pénombre fraîche
C’est une fille qui vient à la rencontre de son amant
Dans le figuier qui porte ses fruits murs
Doucement chante la tourterelle grise
Et les pas se pressent dans le corridor, demeure de l’ombre mystérieuse
Bien plus loin, insistant, un muezzin appelle à la prière
Et deux cœurs accordent leurs rythmes à la course entreprise

Claude

16.7.07

Les salicornes




Je vais ramasser des tiges de salicorne sur cette sorte de prairie qui s’étend devant moi, je vais en ramasser et aussi en grignoter par poignées car j’en aime le goût salé et iodé
Je vais aller en lisière d’eau, jusque là où le flot broute obstinément quelques landes de terre
Je regarderai pour éventuellement ramasser quelques coquillages ou détacher quelques huîtres sauvages accrochées au rocher brun de varech
Je vais aller jusqu’à toucher la vague nonchalante, jusqu’à la crique où dernièrement j ai découvert un casier drossé par la dernière tempête avec des crabes dedans
Je vais revenir lentement avec mes récoltes et je sais qu’on aura débouché le Muscadet et mis les verres à rafraîchir et quand je rentrerai, je serai salué par les mêmes traditionnelles plaisanteries sur mes piètres performances de pêcheur-ramasseur de pacotille
Et tout sera bien, la maison du pêcheur s’égaiera de rires légers et futiles et de lumières doucement tamisées, le monde aura à nouveau un visage humain et dans l’intervalle des propos sans importance, on entendra le flot monter pour cerner comme à chaque grande marée la maison basse qui en vu bien d’autres
Et je m’endormirai dans des draps repassés de propre et pleins d’odeur de lavande et le phare embusqué là-bas sur sa roche des Busquets égrènera son message à destination des vivants ou de ceux qui ne veulent pas encore mourir, non, pas tout de suite du moins…

Claude

12.7.07

Douceurs tourangelles




Elle était pas terrible la sono, faut dire que c’était à l’époque des 33 tours qui passaient sur un tourne-disques avec changeur automatique et de temps en temps, ça craquait ou grésillait à l’endroit où le disque avait été rayé
J’étais entré dans ce bar de minuit vraiment par hasard, un bar situé dans une petite rue sale et sombre pas loin d’une cathédrale d’un quartier du vieux Tours

J’ai poussé la porte et je me suis accoudé au bar. J’aimais bien toutes ces musiques que j’entendais, les Moody blues avec On the threshold of a dream, Never comes the day, enfin des trucs comme ça avec d’autres bien sûr dont j’ai oublié les noms et les titres mais qu’importe…
J’avais bu, juste un peu en fait, juste assez pour me sentir bien, sans plus !
A un moment, je me suis retourné pour jeter un regard d’ensemble sur les lieux: Une piste de danse minuscule sur laquelle s’activaient deux couples, seuls dans leurs rêves et dans le fond, quelques tables et à l’une de ces tables, deux filles assises et j’ai cru voir que l’une d’elles soulevait légèrement son verre en ma direction…
J’ai laissé passer une série de ces lancinants blues puis à la reprise, je me suis dirigé vers cette table un peu perdue dans la demi-pénombre et la fumée des cigarettes car tout le monde fumait à cette époque, le savez vous?
J’en ai invité une d’un sourire, elle a posé sa cigarette sur le cendrier et d’un mouvement souple, elle s’est levée et m’a suivi sur la piste de danse
Elle était aussi grande que moi et mince et son corps s’est immédiatement joint au mien. Elle a suivi sans réticence le moindre de mes mouvements au rythme de cette musique qui remplissait si bien le minuscule espace
Alors, une main toujours posée sur son épaule, j’ai laissé pendre l’autre pour doucement lui caresser le haut de la cuisse. Elle utilisait des porte-jarretelles et pendant un court instant je me suis amusé à en soulever un de mon doigt
Elle n’a eu aucun mouvement de recul, j’ai senti seulement son souffle s’accélérer dans mon cou, j’ai poursuivi mes caresses et j’ai fini par laisser complètement retomber ma main pour atteindre le bas de sa robe.
J’en ai saisi la doublure et doucement j’ai commencé à la remonter…
Elle n’a rien fait pour contrarier mon geste, au contraire la pression de sa main s’est faite plus forte sur ma nuque…
Impatiente ma main a enfin pu caresser la douceur tiède de son ventre pendant que sa robe retombait de part et d’autre de mon bras puis un doigt puis un autre se sont attardés en jouant sur sa toison de poils pubiens.
Personne ne semblait ou ne voulait prendre garde à notre manége et toujours ces blues qui déroulaient leurs doux accents mélancoliques à nos oreilles
Et puis mon index a senti son humidité intime et doucement d’un mouvement circulaire j’ai caressé ce clitoris que je percevais ferme et maintenant dressé sous ma tendre insistance…
Un peu plus tard, elle a joui, enfin je le crois car j’ai perçu l’accélération de sa respiration en même temps que le mouvement spasmodique de son bassin vers l’avant et sur sa cuisse un filet d’humidité a coulé que j’ai laissé se répandre sur mes doigts.
Mon sexe dur commençait à m’être douloureux
J’ai dégagé ma main et laissé retomber sa robe et je l’ai raccompagnée à l’arrêt de la musique vers la table où sagement attendait son amie
Puis je suis revenu vers le bar où attendait ma consommation.
Je me suis retourné vers elles, elles parlaient ensemble, peut être la première décrivait t’elle son expérience précédente et j’ai attendu que la sono et son lot de Moody Blues reprenne
J’ai retraversé la piste et j’ai tendu la main vers la seconde qui a incliné la tête en signe d’assentiment
Elle m’a donc suivi elle aussi sur la piste où je l’ai enlacée….
Elle aussi s’est étroitement collée à moi comme l’avait fait son amie et de nouveau mon sexe s’est dressé en se frottant contre ce bas ventre bienveillant toujours au rythme de la même musique, tendre et douce
Sagement j’ai laissé mes mains enserrer sa taille sans vouloir pousser plus loin mon avantage puis l’une de mes mains est remontée jusqu’à son cou….
Et c’est là que l’odeur intime de ma première danseuse a envahi mes narines et soudain j’ai senti mon excitation grandir et à mon tour, sans pudeur et sans retenue, j’ai joui en longues saccades brûlantes qui sont venue mouiller mon slip
Je suspecte ma partenaire de l’instant d’avoir compris ce qui se passait car ses mains à ce moment précis ont pressé sur mes reins pour me rapprocher encore plus près d’elle…
A-t-elle compris quel avait l’élément déclencheur de mon orgasme, savait elle que c’était l’odeur même de son amie qui m’y avait amené et que ainsi, en quelque sorte, nous avions fait l’amour à trois?…
Je ne le sais pas et je ne le saurai jamais car, en raison de la fatigue, des émotions accumulées et de l’effet de bien traîtres breuvages, j’ai fini par m’endormir sur la banquette où je les avais rejointes
C’est le patron du bistrot qui m’a réveillé en me disant que l’heure de fermeture était arrivée. Il était en effet deux heures du matin et j’étais le seul à être resté sur place. Mes douces cavalières s’étaient quant à elles discrètement volatilisées.
Je suis revenu à diverses reprises dans ce petit coin du vieux Tours, j’ai demandé aux habitués si par hasard ils connaissaient ces filles en donnant leur description mais personne ne semblait savoir qui elles étaient et même le patron, sollicité, m’affirma son ignorance
Je ne les ai jamais revues mes partenaires d’un trop court moment, elles qui étaient venues de je ne sais où, décidées probablement à se donner un peu de bon temps et qui sont parvenues à m’en donner à moi aussi des moments de douceur tourangelle dont je garde encore aujourd’hui un souvenir ébloui qui parfois vient peindre de bleu mes rêveries nocturnes et dont je garde au réveil de bien indisciplinées érections….


Claude

11.7.07

In vino veritas


Un Bordeaux 1990 oublié au fond d’un placard et retrouvé ce matin par le plus grand des hasards. Vous vous rendez compte? Une couleur qui a oublié son rouge d’origine
pour virer à cette douce et mystérieuse teinte ambre, là où s’exprime la vérité d’un de nos terroirs et qui est un régal pour les yeux. J’ai eu peur un moment que la saveur n’en fût altérée. Elle l’a été sans aucun doute mais dans le bon sens du terme. Le vin y a trouvé sans aucun doute sa véritable personnalité, y a gagné en profondeur, sans tricherie ni artifice. Il est en quelque sorte devenu vieux comme on le dit communément avec ce que ça comporte d’expérience et d’onctuosité murie de tant de jours passés



A l’époque de djeunisme d’aujourd’hui, imbécile et triomphant et où on va vite fait être qualifié de vieux con pourvu que l’on ait dépassé de quelques (ou nombreuses) années l’âge affiché au compteur de son interlocuteur (trice), ça me fait du bien de déguster, seul, ce vin qui a abandonné en lui toute trace de la verdeur ou de l’acidité de ses jeunes années pour offrir à mes papilles éblouies toute la robuste rugosité de sa maturité assumée après avoir revêtu, patiemment et doucement, sa nouvelle tunique de pourpre, celle de ces centurions romains que s’en allaient en marchant l‘amble par garrigues et trace de drailles porter à la pointe de leur glaive ou de leurs compas la civilisation chez les barbares qu’alors nous étions au nom de leur empereur et de la conception que ceux-ci avaient du monde qui les entourait en ces temps bien lointains

Claude

9.7.07

Délit de fuite





On s’est étendu dans le grand champ tout habillé de couleurs.
On s’est étendu et, doucement, lentement, on s’est fait l’amour
Là-haut, l’oiseau noir aux yeux perçants a poussé un cri aigu mais n’en pas modifié pour autant son vol d’observation
Folâtres, les papillons se sont écartés mais bien vite, ils sont revenus puiser le suc de la corole ouverte
On s’est fait l’amour en prenant notre temps et je crois bien que nous avons cassé quelques tiges de la timide renoncule et meurtri quelques pousses du rouge coquelicot
Quand nous nous sommes relevés, elle a tenté de réparer sans trop de succès nos dégâts mais je sais bien, moi, que les plantes de la prairie perdue nous ont tout pardonné même celles tombées au champ d’honneur de l’amour …

Claude

8.7.07

Au temps...





Je regarde les fêtes de l’été et les silhouettes qui s’agitent derrière le traditionnel feu allumé en plein champ.
Comme d’habitude, quelqu’un versera l’huile d’olive et le vin dans le chaudron qui sera ensuite mis sur le brasier et pendant un instant l'air sentira bon
Voici venu le moment des récoltes symbolisées par cette infime partie confiée aux flammes qui montent et se tordent
Et je regarde ces silhouettes que je devine partagées entre ombre et clarté et je sais qu’aux rires et aux cris des enfants se mêle pour certains le regret secret de vieillir
Une saison s’en va, le soleil en a fini une fois encore avec sa marche ascendante, un temps de l’année en marche s’éloigne et bientôt viendra le temps des moissons futures tenues dans la graine que l’on sème
Je regarde ces flammes qui montent comme un mur vivant face à l’obscurité environnante comme si elles voulaient garder encore un peu de vestige de clarté face à la nuit qui maintenant nous entoure
j’ai chaud aux mains et à la figure mais si froid dedans…

Claude

1.7.07

Je suis de cet instant




Je suis de l’heure paresseuse quand l’amoureuse souffle au creux de l’oreille de son amant des mots qu’elle seule peut comprendre.
Je suis du soir quand l’ombre étend ses ailes sur la terre cruelle en attente de l’averse rédemptrice
Je suis du silence des nuages quand ceux-ci déchirent de leur course folle un azur chancelant
Je suis de l’orage qui gronde et s’en vient éclairer les lointains d’un éclair négligeant
Je suis de la tiédeur douce de la chair d'une femme où une main hésite et s’attarde
Je suis de crépuscule et de nuit, de cet instant où le jour hésite à finalement rendre les armes devant les forces accumulées de l’obscurité
Et je m'habille de cette éternelle seconde fugitive où tu as su me dire que tu m’aimais

Claude