31.3.07

Les confettis





Vous le savez comme moi, n’est-ce pas que beaucoup de nos histoires d’amours se terminent en pluie de confettis ?
Comme sur ces jolies photos que je joins ici
Et ils colorent les trottoirs de nos villes, le gris de nos trottoirs…
Prenez un moment pour les lire, prenez une seconde pour les déchiffrer ces morceaux de papier qui fixèrent pour un moment le meilleur de nos vies...

LES CONFETTIS

Je t’ai chiffonnée
Dans mon poing crispé
Je t’ai déchirée
Dans le petit matin glacé
Et le vent t’a emportée
Serrée dans ses griffées acérées
Et c’était bien joli
Dans ces moments rosis
Ces morceaux de papier
Qui s’envolaient
Dans les lueurs mauves
Et les senteurs fauves
D’un matin de février
Ce matin où tu m’as laissé
Où tu m’as lassé
Où tu m’as blessé
Et ton image
Si sage
S’en est allée
Éparpillée
En milliers
De confettis
Jolis
Au vent mutin
Au vent câlin
Qui a rétracté
Ses griffes d’acier
Pour mieux t‘emporter
Dans le petit matin glacé

Claude


30.3.07

subrécargue et gogotier




Oui,un jour
j’irai avec
le subrécargue
de Valparaiso
et le gogotier mystérieux
oui, j’irai avec eux
embouquer le chemin
qui s’en pleure
de Bételgeuse
la rouge
à Orion
la bleue et verte
et qui est là
depuis que les hommes
habitent la terre
chacun sait ça
et là
attachés par
des noeuds de
cul-de-porcs
nous balancerons
en ribambelle,
souvenirs
et rires de nos belles
par-dessus bord
et sous allure de clinfoc
en oubliant les ports
nous briserons la lame
qui nous cache l’Orénoque
et fait pleurer nos âmes

Claude

* Le subrécargue de Valparaiso et le gogotier mystérieux étaient de ces termes de poésie extrême utilisés en grande pêche pour désigner un matelot spécialisé dans l’extraction du foie de morue

29.3.07

arbre-femme




Un arbre qu’aurait une voix de femme !
Je croyais que tous les arbres c’étaient des hommes, putain ! Et en voilà un qui parle avec une voix de femme, un arbre qui me dit:
-N’ayez pas peur, ne bougez pas, je suis infirmière…

J’ai pas peur d’abord et j’ai pas envie non plus de bouger
Je suis bien, allongé là sur le pavé d’une rue parisienne.
C’est l’été, il fait beau et chaud, le ciel est bleu au dessus de ma tête et des nuages blancs lentement défilent mais je les vois en mode image par image. Un coup, je les vois, un coup, je les vois pas…

Je croyais que les arbres c’étaient des hommes: Le chêne, le châtaignier, le saule…Bon, je vais pas tous les énumérer
Et voilà qu’un arbre-femme me parle, là haut, très haut au dessus de ma tête
D’autres sont avec elle, avec mon arbre-femme; c’est une réunion d’arbres avec moi tout seul au milieu
Je suis allongé dans une clairière, au milieu de troncs tout droits, de ceux qui montent d’un trait vers le ciel comme ceux des pins, des maritimes, de ceux que j’aimais bien dans mes promenades landaises
Tout droit, d’un seul élan vers le ciel et des branches qu’on distingue à peine tout là-haut
Je suis au milieu d’arbres qui doucement se balancent au dessus de moi, moi qui suis immobile…

Je suis bien, je perçois les bruits et la rumeur de la ville, je perçois son agitation autour de moi. J’ai pas envie d’y participer, j’ai pas envie d’essayer de me lever, je suis bien dans ma clairière, je suis redevenu enfant, la preuve: J’entends à nouveau des arbres que me parlent

Un moment, j’ai du m’endormir parce que, quand j’ouvre les yeux, ma clairière, elle s’est agrandie, j’ai un peu mal du côté de mon épaule gauche et j’ai comme un goût de sel dans la bouche mais c’est pas très grave, je me sens léger en fait avec l’envie de rien sinon de rester ici, sans bouger, sur le pavé de cette rue parisienne

Et voici que soudain, je deviens vague, mes arbres se sont tus, je me balance et je monte et je descends comme sur la plage normande où je passais mes vacances
Ca fait du bruit, la mer hein, quand elle rentre dans les oreilles et après c’est le silence sauf que j’entends, très loin, cette corne de brume qui ulule autour de moi…

C’est une voix d’homme que cette fois-ci je perçois, j’ouvre les yeux, je distingue quelqu’un qui me regarde, tout de blanc vêtu, et qui me présente ses doigts
Combien en voyez vous ? Me dit-il
Je ferme les yeux. Je m’en fous ! Pour ce que j’en ai à faire, il pourrait ne pas en avoir du tout de doigts, j’ai pas envie de les compter ses putains de doigts, ça me saoule !
Mais il insiste et doucement me secoue :
-Allez, réveillez vous, regardez moi et dites moi combien vous me voyez de doigts ?
Je le regarde et je fini par lui dire :
-Quatre
Alors, il a l’air satisfait de son examen et moi, je suis absurdement fier de ma réponse.

Je me sens fatigué maintenant et je voudrais qu’on me foute la paix pendant que, toutes sirènes hurlantes, l’ambulance poursuit sa route vers l’hôpital le plus proche…
Cet hôpital de la Pitié, où je serai opéré le soir même d’une cheville brisée par un scooter vagabond en même temps qu’il me faudra récupérer pendant quelques jours d’un fort traumatisme crânien résultant d’un imprévu vol plané lors d’une traversée de la rue de Tolbiac à Paris treizième…

Claude

27.3.07

Le kaléidoscope




Le kaléidoscope est un tube de miroirs réfléchissant à l'infini le monde extérieur. Le nom de ce jouet vient du grec, kalos signifie « beau », eidos « image », et skopein « regarder ». Certains modèles contiennent des fragments mobiles de verres colorés, produisant d'infinies combinaisons de jolies images.
L'observateur regarde d'un côté du tube, la lumière entre de l'autre et se réfléchi sur les miroirs.

KALÉIDOSCOPE

Tu nous emmenais,
Kaléidoscope
Hop!
Dans tes forêts
Carnassières
Dans tes vitraux du diable
En des courses traversières
Par des chemins redoutables
Kaléidoscope
Raccourcis de nos rêves enfantins
Hop! Hop!
Où joue la magie du matin
Diamants brisés
Joyaux éparpillés
Tu nous entraînais
Kaléidoscope
En des rondes sans fin
Hop ! Hop !
Ami de nos enfances
Nos songes s’élançaient
Dans ce cylindre de carton
Et tournaient, et tournaient….
…EN ROND!!!

Claude


Prise de tête








PRISE DE TÊTE

J’ai souffert de migraines pendant une certaine période de ma vie. Je voyais la crise venir de loin : L’aura de la migraine je crois que ça s’appelle. Un goût métallique dans la bouche, une sensation de chaleur derrière les globes oculaires et des couleurs qui paraissent soudain plus vives.
Elle prenait son temps la douleur, je savais qu’elle finirait par m’envahir mais en attendant elle avançait pas à pas, à son rythme et non au mien.
Elle lui arrivait même de disparaître ou de régresser mais comme les autres manifestations, elles, étaient toujours bien présentes, je le savais bien que ça n’était qu’un répit et qu’elle reprendrait tôt ou tard sa marche en avant, qu’elle serait bientôt là pour réoccuper le terrain sur lequel elle finirait par régner en maîtresse
Un médecin consulté ne m’avait guère laissé d’illusions. On ne sait pas grand-chose sur ces manifestations m’avait-il dit et moins encore sur la façon de s’en débarrasser ce qui, à défaut, d’être très encourageant avait au moins le mérite de la franchise.
Je savais donc ce qui m’attendait: L’obscurcissement graduel de l’univers environnant et ces tempes battantes et de plus en plus douloureuses jusqu’à ce que la douleur devienne intolérable.
Une seule solution : Le silence dans une chambre aux volets tirés jusqu’à, enfin, que viennent les nausées de plus en plus pressantes, de plus en plus irrépressibles pour finir par la course souvent trébuchante jusqu’aux toilettes pour des vomissements incroyablement douloureux mais tellement espérés car ils soulignaient en quelque sorte le paroxysme de la crise qui ne devrait alors n'aller qu'en décroissant
Et le retour vers le lit où je m’écroulais avec cette puanteur aigre de bile dans la gorge avant de m’anéantir dans un naufrage libérateur
J’ai vécu ça pendant quelques années comme une malédiction dont je savais que j’aurais bien du mal à me défaire…

Et puis un jour ces crises si invalidantes ont fini par disparaître.
Dans mon désir d’oublier les mauvais côtés de la vie, j’ai cru qu’il s’agissait d’une « guérison » naturelle. C’était venu comment et ça repartait de la même manière.
Quoi de plus naturel en somme!
C’était oublier que le corps humain pas plus qu’une voiture qui a un bruit suspect ne se répare pas habituellement comme ça, ne se "répare" tout seul sous l’opération du saint-esprit. Je crois aux interventions du mécanicien beaucoup plus qu’à celles du saint-esprit, je dois dire mais, bon! Tout semblait être rentré dans l’ordre et il n’y avait vraiment pas de quoi s’en plaindre




Et puis soudain, sans crier gare, les symptômes que j’avais bien connus, annonciateurs de crise, sont revenus: Le même goût de cuivre dans la bouche, cette légère modification dans la perception des couleurs et j’ai commencé à croire que tout allait recommence après tant années où je m’étais cru débarrassé de ce fléau et j’ai eu peur de cette crucifiante douleur qui allait surgir pour encore me terrasser et me laisser gisant sans force sur ma couche dans un pièce sans lumière

Mais non, rien de tout ça ne s’est produit. Au contraire et à mon grand soulagement, je n’ai ressenti rien d’autre qu’un bizarre sentiment de plénitude, rien qu’une sensation d’achèvement et de bien être étonnant, d’autant plus étonnant à l’aune de ce j’avais connu et enduré.

Je n’ai jamais essayé la moindre drogue et je n’ai pas l’intention de le faire, je manque donc de points de comparaison mais je crois que c’est l’état dans lequel certaines pilules peuvent vous amener.

Tout ça est arrivé d’une manière bien inattendue. J’étais assis devant mon ordinateur plongé dans de vagues besognes sans grand intérêt quand j’ai ressenti les premières manifestations telles que je les décrits plus haut.
Et puis, j’ai soudain ressenti une pression au niveau de mes tempes et une chaleur se répartir en cercles concentriques dans mon cerveau.

C’est la nuit suivante que le phénomène a vraiment commencé. J’ai commencé à taper des mots et des phrases sur un clavier. Un clavier virtuel peut être mais tellement précis que j’en discernais tous les détails et les touches bien que je sois encore aujourd’hui incapable de dire les inscriptions inscrites sur les dites touches

Vous allez me dire que c’est sans aucun doute le produit d’une imagination trop fertile et d’une tendance aux rêves un peu trop prononcée, je suis bien d’accord avec vous! J’aimerais tellement adhérer à cette idée pour son côté sécurisant autant que rationnel, je suis même prêt à me faire à l’idée que je souffre de je ne sais trop quels phénomènes hallucinatoires dus à l’âge ou au surmenage.

Pourtant, expliquez moi l’usage de mots que je connais pas dans une langue que j’ignore et que je tape sur un clavier que je vois clairement dans ma tête.
Dites moi pourquoi, mon entité, à défaut d’autre terme à employer pour cet inconnu qui m’habite, sait me signaler des fautes d’orthographe sur des mots dont je ne sais d’où ils me viennent et sur ce qu’ils peuvent bien signifier ou des erreurs de syntaxe ou de grammaire dans un idiome dont je n’ai pas la moindre idée de savoir qui peut bien l’employer
Et pourquoi aussi, m’obstinerais-je à taper des textes pendant des moments qui me paraissent des heures mais qui peuvent aussi bien ne durer qu’une fraction de seconde pour ce que j’en sais exactement?

Je tape donc et j’écris sous la dictée d’ondes lumineuses aussi incroyable que cela puisse vous paraître
Je suis devenu le « nègre » d’une chose qui me «squatte» et j’exécute fidèlement des tâches qu’elle me commande.
Pourquoi moi? Et pourquoi éprouve t’elle le besoin de passer par l’entremise de ma frappe?
Je n’ai pas de réponses à toutes ces questions qui peuvent vous sembler, comme elles le sont pour moi, étranges et pourtant…

Tout ce qu’il me semble comprendre c’est que pour des motifs inconnus, je participe ligne après ligne à l’élaboration d’un roman, d’une encyclopédie voire d’un manuel technique destiné à une mécanique totalement exotique et dont je me demande à quoi elle est destinée.
Je tape, je tape sur mon clavier sans savoir quoi et sans savoir pour qui.

Pourtant, je pense d’être en mesure de réunir des bribes de cette incroyable histoire.
Je crois savoir maintenant pourquoi mes dévastatrices migraines ont disparu subitement. Mais commençons par le commencement:
Je suis persuadé mais sans comprendre pourquoi que j’ai été choisi, peut être au hasard par ces ondulations corpusculaires, je suis sûr que je ne suis pas le seul, bien évidemment.
Ces dernières se sont donc présentées à la « porte » de mon cerveau et en réaction, mon inconscient ou subconscient se sont opposés à cette intrusion étrangère et ce combat s’est traduit par les manifestations violentes que j’ai décrites plus haut
Puis, sans que j’en sois conscient, un pacte entre ces gardiens de mon intégrité psychique et les pulsations voyageuses s’est probablement noué. A quel prix ? Allez donc savoir!
Donc mes gardiens ont fini par ouvrir des portes et mes intempestives visiteuses se sont empressées de profiter de l’ouverture et ont fini par s’introduire dans l’intimité de mon esprit pour réaliser ces tâches dont je vous ai parlé
Le résultat en a été la disparition soudaine de ces affreux épisodes douloureux mais la réapparition des manifestations pré-migraineuses s’est manifestée lorsque les phénomènes ondulatoires voyageurs ont commencer à prendre place dans l’enchevêtrement de mes cellules neuronales et qui constitue mon cerveau
Et c’est ainsi que je me suis au « travail »…

Et j’ai d’abord cru y trouver mon content.
En effet, je pense que le « ménage » est fait à l’issue de mes prestations. Les données tapées sont, soit stockées soit exportées, sans que je sache par quel moyen, peu importe d’ailleurs mais, négligence dans l’accomplissement de cette tâche par mes mystérieux visiteurs, il me reste des images, des sensations voire des mots ou des bribes de mots dont je me sers pour écrire toutes ces petites histoires que je prends plaisir à mettre en ligne sur le web.
Il me suffit d’entrer en transe en quelque sorte et d’habiller certains «paysages» auxquels j'ai accès de mes mots pour noircir quelques pages de « papier » électronique

Mais voilà que, récemment, une idée beaucoup plus dérangeante s’est imposée à moi. Et si ces négligences n’en étaient pas mais faisaient partie d’un plan bien arrêté?
Et si, en d’autres termes, je faisais partie, sans en avoir pleine conscience, d’un plan bien organisé et enfin si j’étais le porteur de messages subliminaux que je propageais pour des buts que j’ignore et dont vous êtes lecteurs ou lectrices?

Vous le savez comme moi, n’est ce pas, qu’il faut se méfier de ceux qui écrivent et dont le métier, le plaisir ou le penchant est de travestir ou de déformer la réalité ou de l’arranger en fonction de l’humeur du moment mais c’est encore bien pire quand ce travestissement cache une volonté manipulatrice appartenant à une entité étrangère dont je ne voudrais pas être le complice involontaire
Aussi je pense que je vais maintenant y regarder à deux fois avant d’évoquer devant vous ces images qui me viennent à l’esprit aussi séduisantes puissent t-elles paraître et peut être recommencer à écrire pour moi tout seul comme je l’ai fait pendant si longtemps afin d’éviter tout risque de «contamination» dont vous pourriez être victime.
Alors, je précipiterai périodiquement dans l’âtre de la cheminée ces feuillets accumulés et je contemplerai avec délectation et soulagement les mots gravés dessus se tordre et disparaître devant la puissance des rassurantes flammes purificatrices…

Claude


26.3.07

Les sauvagines




On les suivait longtemps parfois et souvent sans succès dans les forêts et le long des rives des fleuves gelés, ces animaux à fourrures, objets de toutes nos pensées d'alors.
Pourtant, ce n'était pas faute de mettre sur pied des stratégies sacrément élaborées
On chassait en meute, enfin, non, pas vraiment, on chassait par trois ou quatre en jurant tout le temps de se partager les prises
C’était des animaux à sang chaud sous de somptueuses fourrures, c'était des sauvagines de grand prix et la poursuite pouvait parfois durer des jours.
Il nous fallait trouver leurs passées, leurs chemins de replis et même leurs tanières quand nous le pouvions
On se partageait le travail entre guetteurs, pisteurs et poseurs de collets. Nous étions très bien organisés et nous utilisions nos compétences au mieux
Bien sûr nos chasses n'étaient pas toujours couronnées de succès et souvent nous rentrions bredouilles et il fallait alors recommencer nos travaux d'approche depuis le début: Etude des habitudes, des fréquences de passage et jusqu’à l'endroit propice pour y poser nos pièges
En a t'on tant passé de temps à l'affût jusqu'à nous glacer les pieds et les mains dans les frimas de cet hiver là!!!

Parfois, jusqu'au dernier moment, nous étions sûr de ramener au fort un pelage de grand prix apte à susciter tant d'envies autour de nous et nous faire gagner la réputation de chasseurs experts et infaillibles mais nos rusées bêtes à poil réussissaient bien souvent à passer au travers les mailles du filet

Nous y passions des heures à ces activités enivrantes et le coeur nous battait bien fort quand enfin on pouvait en ramener une, voire plusieurs, au comptoir de la compagnie du quartier de Bastille

Quelquefois, bien sûr, il fallait se contenter de fourrures du tout-venant où la qualité du poil supposé soyeux et irréprochable au contact ne répondait pas tout à fait aux attentes.

Les plus rares et les plus enviées de nos sauvagines connaissaient l'art de brouiller les pistes et elles savaient mieux que quiconque envoyer en première ligne des leurres dont nous n'avions pas grand chose à faire mais qui leur permettaient de mieux s'esquiver et de nous échapper avant que l'on s'aperçoive de la supercherie

Nous le savions pas mais nos prises espérées nous détectaient bien mieux que nous le pensions et sous la mèche blonde ou la paupière innocemment fermée, elles savaient exactement jauger le chasseur pour savoir sil était digne de leur intérêt et en moins de temps qu'il faut pour l'écrire, de chasseurs nous devenions chassés et nos proies se transformaient elles mêmes en redoutables chasseresses

En fait nous étions plus souvent chassés que chasseurs, c’est aujourd'hui que je le sais...




Pierre est mort récemment; Jacques et François sont partis l’un dans le sud-ouest, l’autre dans le Var pour se réchauffer les os au soleil de ces contrées là et les nouvelles que je reçois d'eux deviennent bien rares

Quant à moi, il m'arrive encore parfois de retraverser, seul maintenant, les forêts enneigées et les fleuves glacés qu'ensemble et avec enthousiasme nous arpentions de concert.
J' y croise toujours des meutes à l'œuvre dont depuis longtemps je ne fais plus partie et les manœuvres subtiles des sauvagines pour leur échapper et j’en souris avec un zeste de nostalgie.

Il m'arrive d'appeler Michel qui est resté, lui, dans les parages d’une pas trop lointaine banlieue mais loin quand même des barren lands et toundras de nos jeunesses et dans lesquels nous trappions alors.
Et nous reprenons notre faction à l’un de nos anciens points stratégiques, postés comme nous le faisions derrière les vitres embuées d'un bistrot du quartier d'où nous guettions nos belles sauvagines pour les compter et les estimer, ces somptueuses porteuses de fourrure devenues bien trop rapides pour nous maintenant mais même pour cet innocent exercice, il lui faut déployer des trésors d'imagination pour s'échapper du piège dans lequel l'une de ces ravissantes soi-disant captures l'a précipité et qui depuis ne s'est plus réouvert...

Claude


25.3.07

La parenthèse

Dans un récent texte, je m'efforçais de parler des rapports de l'homme au corps féminin, si doux, si souef comme le qualifiait Villon en son temps

Et je me suis aperçu qu'en prose, comme très récemment, en vers voici quelque mois, la même lancinante question revenait chez moi, peut être en écho à celles souvent informulées de beaucoup d'hommes, ces hommes inlassables explorateurs de ces terres dont ils n'ont de cesse d'en vouloir capturer les plus intimes secrets...

Et je repose cette même question dans ce texte déjà publié dans les clair-obscurs et la parenthèse de corps alanguis dont j'ai voulu cette fois encadrer mes mots






Sauras tu me dire enfin
Quand sous le creux de mes mains
Se durci la pointe de tes seins
Sauras tu me dire enfin
Pourras tu me dire enfin
Ce beau pays dont tu reviens?

Quand de ta bouche entrouverte
Des mots d’amour s’écoulent
Comme une colombe roucoule
Et viennent de ta poitrine offerte
Sauras tu me dire enfin
Ce tendre pays dont tu reviens?

Quand fortes tes mains pressent
Et se crispent sur mes fesses
Quand tu veux que ton corps et le mien
Vraiment unis n’en fassent plus qu’un
Sauras tu me dire enfin
Ce pays sauvage dont tu reviens?

Quand tes mains s’accrochent à mes mains
Et m’aident à briser tes remparts de satin
Quand éperdument mon sexe va et vient
Et laboure au creux de tes reins
Sauras tu me dire enfin
Ce pays perdu dont tu reviens?

Quand une partie de moi
Vit, palpite et meurt en toi
Quand je sens venir ce besoin
Qui mélangera tes fluides aux miens
Saura tu me dire enfin
Ce pays étrange dont tu reviens?

Quand sur le lit tu gis, assouvie, apaisée
Avec sur ton sexe un soupçon de rosée
Alors qu’au plus profond de tes yeux
Je peux encore y voir briller les cieux
Sauras tu me dévoiler enfin
Ce merveilleux pays dont tu reviens?

Poèmes intimes


24.3.07

Rue de la Roquette



LA RUE…

Un mur défraîchi pleure de tous ses tags
Un chien jaune en pissant y marque son territoire
Des kids de banlieue se glissent sur les trottoirs
Casquette Nike sur la tête et aux pieds des santiags
Un chinois vieux s’évade en un rêve embrumé
Deux Arabes le dépassent le regard enflammé
De chez le Turc du coin se mitonne le mouton
Et la rue s’enrichit de parfums et de sons
Comme à Istanbul ou encore Ispahan
Dans un zeste de cumin ou une once de safran
Et la flûte s’anime sous les doigts agiles
D’un aveugle macédonien ou d’un farouche Kabyle
Les cheveux en broussaille un groupe de Gitanes
Lorgne de prés un homme et sa ceinture banane
A la silhouette étrange d’un incongru kangourou
Qui danse dans le vent d’un matin un peu fou
Une fille dans sa robe à la «ras l’bonbon»
Laisse dans son sillage un parfum de «sent-bon»
Qui fait que la ville dans ses chromes étincelle
Et se mire dans les néons de la moindre ruelle


Claude
A Paris, rue de la Roquette



23.3.07

Magical Paris

le temps est léger ce matin alors je vais descendre sur le boulevard pour aller prendre un petit noir au comptoir
Décaféiné, je demanderai et j'échangerai peut être une ou deux paroles avec une petite vendeuse du bazar d'en dessous de chez moi et la rue me paraîtra une nouvelle fois tendre et le monde vivable et j'avancerai le nez vers un autre voyage au court terme
Je fendrai les groupes d'adolescents agglomérés à la sortie de la bouche du métro pour me donner l'illusion en les frôlant d'être redevenu l'un deux pendant un instant seulement et Puis je regarderai si les femmes ont décidé de nous laisser redécouvrir des jambes dont elles avaient si injustement décidé de nous priver du spectacle ces jours derniers
Boulevars Diderot et la rue de Reuilly et plus loin la rue du faubourg saint-Antoine avec au dessus des toits le génie de la Bastille dans la perspective de la rue
Et une nouvelle fois, je me dirai combien cette ville est belle mais cruelle et impitoyable aussi pour les faibles et les pauvres et je croiserai bien des misères que je ne pourrai même pas soupçonner

Peut être irai-je jusqu'au parvis de la mairie de Paris
Et comme d'habitude, le vent tentera de s'infiltrer sous mon blouson dont je reléverai le doux col de fourrure et je laisserai mes pas me porter tout au long des boutiques où je jetterai un oeil plus ou moins blasé et le jour me paraitra encore vivable parce que la lumière sera transparente au dessus des toits et je trouverai l'envie de poursuivre ma ballade solitaire de promeneur parisien

Et je serai cette solitude au milieu d'autres solitudes et je laisserai le soleil se lever et réchauffer mon dos en route vers le Marais et autres marécages citadins

22.3.07

Voyage imaginaire

Tu t'es étendue à mes côtés, tes jambes longues et fuselées frôlant les miennes.
J'aime les femmes aux jambes fuselées et aux poitrines menues, les poitrines abondantes me gênent par leur abondance même

J'ai laissé ta chaleur se communiquer à la mienne.

Tu m'as regardé avec cet air que j'ai toujours tant aimé et dans lequel je me suis si souvent senti coupable d'être incapable d'y répondre

Je vais te le dire: Les blessures de l'âge s'inscrivent dans ces interrogations muettes qui me poursuivent encore après tant d'années quand déjà on atteint le quai du départ au port des derniers horizons.

Je n'ai pas voulu que nous fassions l'amour, j'ai voulu te faire l'amour ce qui est bien sûr totalement différent.

J'ai voulu tenter de partir avec toi, embarquer pour ce périple pour lequel les femmes s'en vont et d'où tant d’hommes s'excluent par impatience, par incompréhension, pour seulement vouloir assouvir leur propre désir.

Comment jouis tu? Sauras tu un jour me le dire? Pourrais-je un jour le comprendre? Quel est le fleuve sur lequel tu flottes, vers où t'entraine t'il, sans moi, voyageur souvent surnuméraire?

J'ai voulu jauger l'intensité du plaisir monter en toi, le mesurer à un clitoris durci arrêté à la barrière de mes dents, à la douceur chaude et humide imprimée sur la longueur de mes doigts, inscrire sur l'étendue de ma langue traquant en ses moindres cachettes la douceur et la fragilité de tes muqueuses cachées
J'ai voulu t'accompagner dans ce râle où se cachent probablement les seules vraies paroles d'amour qui valent la peine d'être entendues, j’ai voulu être avec toi dans ce long frisson en voyeur, sans honte inutile et sans fausse pudeur

Patiemment, J'ai voulu graver dans ma mémoire parfois infidèle, seconde après seconde, le moindre détail de ta montée vers le plaisir, j'ai contemplé ton visage renversé, ta poitrine offerte et tes yeux ouverts sur un indicible paysage dont tu es seule à posséder les clés, pour que tu puisses, à ton tour, revivre au travers du rythme de ma main enserrant mon sexe te souvenir du chemin recréé et la montée de cette tempête frayant son chemin et venant du plus profond de mes reins et prenant racine dans ton propre plaisir

Et c’est alors que tu viendras d'un doigt agile et léger humecter mes lèvres maintenant assoiffées d'un soupçon humide puisé à ta propre intimité pour que ensemble, nous retrouvions le chemin de l'androgynat qui peut être fût le notre aux lointains temps des origines

Claude

21.3.07

c'est le blog d'un mec...

J’ai remonté mon blog ce matin presque à l’insu de mon plein gré
Faut dire que c’est pas mon truc de revenir aux sources.
J’écris par ci, par là quelques petits textes, on m’a même dit que je n’étais pas très prolixe. Ben, pas loin de 300 quand même! J'ai vérifié sur le compteur ad-hoc
Bon, d’accord, c’est pas l’encyclopédie universelle mais je m’en rapproche tout doucement.
J’écris donc des lignes qui parfois n’ont ni queue ni tête et généralement j’aurai plus ou moi oublié demain ce que j’ai écrit hier et c’est pas plus mal comme ça !

Donc tout en tournant les pages pour retrouver un texte dont j’avais subitement besoin, j’en suis arrivé à me poser cette question existentielle de la plus haute importance. Et si mon blog n’était pas un tout petit peu du genre le blogblog à sa mémère? Vous savez un truc où on s’épanche à longueur de com’ sur les difficultés de la vie en général et de la sienne en particulier
C’est le cas du blog d’un mec comme aurait dit Coluche qu’il m’est arrivé de lire deux ou trois fois. Je comprends bien, sa nana l’a largué, le pauvre, en emportant le ou les minots sous le bras, en plus il a perdu son job et il garnit des tartines en disant : Voyez mes blessures comme elles sont grandes et comment je me les gratouille noblement.
Never explain, never complain comme ils disent les royals. Mais non, pas ceux qu’on voit tout le temps actuellement à la télé et ailleurs aussi, les autres, ceux d’Outre Manche. Oups, j’ai failli dire d’outre tombe mais non, c’est ceux de l’autre côté du channel, la famille à grand-mère Bettie, la queen, quoi!
Eh bien, je la trouve chouette leur devise et j’ai quand même voulu vérifier si j’en faisait pas un chouïa de trop dans le genre lacrymo. J’ai pas trop l’impression mais c’est pas moi le meilleur juge en la matière…

Ben, j’en reviens au mec du blog, je vais vous dire une chose, je sais pas s’il a des lunettes mais si c’est le cas, eh, ben, non seulement il est peut être presbyte mais en prime il est hyper casse-couille.
Elle est facile et déjà connue, celle là? Bon, mais je fais ce que je peux, hein!

Alors, dans le genre brève de comptoir, je vous sers celle-ci dont j’ignore l’auteur mais que je trouve géniale:
«Il vaut mieux l’avoir blanche et plate que black et decker». Bon, d’accord, elle est bilingue, faut traduire et en plus je sais pas si j’ai le droit d’assurer la promo des perceuses sus nommées mais tant pis, j’assume

Et pour terminer, cette petite dernière, de l’illustre et regretté Coluche en personne:
«J’ai appris qu’il fallait cueillir les cerises avec la queue. Je suis embêté, j’avais déjà du mal avec la main»

Eh, ben si tout ça vous fait pas vous marrer, de deux choses l’une ou je rends mon tablier ou je continue à écrire des textes super chiants…

Claude

19.3.07

univers (au pluriel)





Il est des mots qui m’inspirent respect et fascination.
Univers est l’un de ceux là.
J’aurais aimé comme Hawkins ou Reeves chevaucher la nuée céleste, escalader les concepts galactiques et sonder les infinis à grand coups d’abstractions et de cabalistiques formules mathématiques
Mais voilà, je me suis très tôt brouillé avec les sciences et même si depuis nos rapports se sont quelque peu améliorés je ne serai jamais un scientifique de haut niveau
Il faut donc que je leur fasse confiance à ceux là qui enfourchent des destriers ailés et les croire quand ils énoncent leurs théories à défaut d’échafauder les miennes

Donc à les en croire, tout procèderait du big bang, à partir d’un concentré fabuleux qui émerge du néant et s’en vient pour ensemencer des champs encore vierges de temps et d’espace.
Un concept aux limites de la compréhension de l’esprit humain. Ce qui existe préalablement à cette graine primordiale restera probablement à tout jamais hors du champs de notre compréhension

Et depuis ce phénomène unique, l’univers continue à s’étendre avec les galaxies qui le composent, tous leurs soleils et leur cortège de planètes et avec les trous noirs et cette matière noire exotique dont on ne sait exactement ce quelle est et qui pourtant en constitue la majeure partie

Et, infatiguablement, les galaxies s’éloignent les unes des autres à une vitesse de plus en plus grande mais que l’on peut physiquement mesurer

Extension à l’infini ou retour aux origines, le débat reste ouvert. Retour aux origines, c’est ce que les physiciens appellent le big crunch
Comme un élastique que l’on tend et qui revient à sa position initiale dès qu’on le relâche.
Et pourquoi ne pas imaginer un succession d’expansions et de rétractions où tout reviendrait aux origines pour repartir pour un nouveau cycle?

Bien sûr, ceci ne résout cette vertigineuse énigme de savoir comment tout cela a commencé pour la toute première fois. Mais rassurez vous, la question ne sera pas posée.

Sachez toutefois que je penche pour la deuxième hypothèse, de ces cycles sans cesse renouvelés, sans que rien de scientifique nous vienne la soutenir si ce n’est le côté affectif et donc irrationnel que je ressens pour elle.

Voyez donc quel piètre astrophysicien j'aurais fait!

Mais peu importe, univers multiples ou unique univers, il me parait que tout préexiste dans le noyau primordial. Que tout est contenu dans cette graine des origines. Et je crois que l’univers comme nous appelons cette complexe machinerie est tendue vers un seul but, celui de permettre à la vie de s’installer partout là où c’est possible et de doter cette dernière d’intelligence et de pensée en prime
Dans quel but et à quelle fin ? La réponse n’a pas tellement d’importance tous comptes faits, il suffit de constater que le phénomène existe et qu’importe la dénomination que nous donnons au « responsable » de cette mise en place : Dieu, Grand Horloger ou Grand Architecte de L’univers.

Et c’est pourquoi il me parait difficile de ne pas croire qu’il existe d’autres vies dans certaines de ces planètes que nous ne cessons de découvrir dans notre propre galaxie tournant autour de leur soleil mais aussi dans d’autres galaxies que la notre mais ça, probablement, nous ne le saurons jamais

Mais il est une autre possibilité qui, elle aussi, me fascine. Et si nous étions dans un univers multidimensionnel où de multiples structures coexisteraient cote à cote comme des bulles à la surface d’une eau savonneuse
Et s’il existait des possibilités de passer d’un de ces univers à un autre par des trous de ver, de plonger dans l’une de ces bulles autres, si voisines en fait qu'on pourrait presque les toucher mais que la pauvreté de nos moyens de perception et peut être aussi notre manque d'imagination nous empêche tout simplement de voir

Pourtant il est un modèle que la nature met à notre disposition comme rappel de ces possibilités. Notre propre cerveau.
Nous serions ainsi tous dotés d'un univers en réduction qui nous fait si semblables et pourtant chacun si différents.
Bien à l’abri dans sa carapace osseuse, notre propre cerveau serait alors l'image d'un de ces mondes étranges que peut être nous côtoyons mais que nous ne voyons pas. Il partage en tous les cas beaucoup de similitudes avec son grand frère, ne serait-ce qu’au moment de la conception qui ressort du même principe de la page vierge où va venir s’inscrire la pensée individuelle comme s’imprime depuis l’explosion du début celle collective de l’univers post big bang

Nous sommes loin d’avoir tout découvert ou tout compris de l’infiniment grand à l'infiniment petit, du macrocosme au microcosme et dans l’organisation vertigineuse de ces structures qui sont notre propre nous-mêmes et celles de l’infini dont nous venons et qui tant nous fascine

Et nous plongeons entre messages des synapses et pépinières d’étoiles dans le mystère de la vie même et nous nous accrochons aux piliers du ciel qui soutiennent notre mémoire collective et nos souvenirs d'hommes et c’est là dans l'intimité de nos neurones et dans celle d'espaces en gestation que nous et la nature gardons nos amours en devenir, nos envies et nos espoirs dans l’or fondu qu’illuminent les yeux d’une femme qu’on aime, dans le cri des enfants qui, sans se lasser, escaladent les escaliers menant au firmament, dans le tumulte de cette vie qui obstinément se propage et s’étend dans un gigantesque et perpétuel acte d’amour

Claude



UNIVERS

Mondes étranges et bouillonnants
Qui se tordent et se vrillent
Planètes de fer brûlant
Métaux qui se recroquevillent
Molécules en recherche d’atomes frères
Voguant dans la vacuité interstellaire
Noirs diamants en déshérence
D’astres éteints en errance
En quête des ultimes particules
Accouchées de galaxies-bulles
Étoiles où se piège la lumière
Pour un voyage sans frontière
Matière en gestation
Mondes en création
Soleils en destruction
Nébuleuses en évasion
Tourbillons de poussières galactiques
Maelströms d’éléments exotiques
De matière noire impondérable
Fragments de lunes impensables
Lourde respiration des profonds infinis
Espaces où le temps s’engourdit
Où des structures s’ensommeillent
Quand des étoiles chantent au bord du réveil
Prémices à leurs glorieuses naissances
Dans le cri précurseur à toute délivrance.

18.3.07

manif

Je ne savais pas que mon blog était aussi populaire ;- ))

Allez donc voir cette manif de support qui défile le long du bd Diderot et juste pour moi...

Le cortège est par là:
http://www.netdisaster.com/go.php?mode=manif&sound=on&url
=http://duventauxsemelles.blogspot.com/

Marrant, non?

17.3.07

Autres dits des collines




Je ne dors pas ou mal. J’ai laissé la radio fonctionner dans la chambre et je suis trop paresseux pour me lever l’éteindre depuis le fauteuil du salon et c’est vrai qu’il me faut franchir au moins 3 mètres. Insurmontable !!
De temps à autre, une voiture passe sur le boulevard en bas et ça fait juste comme un frémissement à déchirer le macadam.
Tout à l’heure, quelqu’un a pris l’ascenseur. Je le sais, j’ai la machinerie sur le palier. Je suis gardien d’ascenseur en fait.
C’est louche. Qu’est ce qu’on faire dans l’ascenseur à 2H30 du matin? Hein! Je vous le demande!
Je ne dors pas alors je laisse les souvenirs remonter en moi, ceux là par exemple, de Provence où j’ai vécu pendant quelques années à proximité immédiate de ces endroits que je cite ici




PROVENCE

On souriait sur les chemins de Provence
Encore si proches de notre enfance
Dans la lumière d’un petit matin
Léger avec le soleil dans son écrin
De bleu, de lavande et de romarin
Libres comme des baladins
On allait dans la poussière du sentier
Sur la trace des anciens rouliers
Des cheminots des anciens temps
Une chanson au bord des dents
On allait au pas dans cette Provence
De ruchers, de garrigues et de danses
En équilibre au bord des calanques
Jusqu'à ce que le cœur nous manque
Que la tête soit pleine de rêve
Dans tout le bleu de cette Provence
De son silence sans trêve
De ses émois, de sa violence
Dans les troncs éclatés de ses oliviers
Tordus, perdus le long des drailles
Chevaliers perclus prêts à la bataille
Comme supports à éperviers
Elle revit encore en moi cette Provence
Quand me survient la désespérance
D'un univers de béton et de glaces
Où sans bruit s’évanouissent mes traces
Où le soleil doucement s'anéantit
Faute de savoir comment y faire son lit
Alors que de toute sa puissance
Elle sait l’accueillir la Provence!
Provence aux senteurs d'herbes sèches
Pays des collines que ses rayons lèchent
De Carqueiranne à la Sainte Victoire
Avec des sommets effilés comme des lames
A s'y briser le cœur, à y perdre son âme
Provence à manger et à boire
Dans la stridence aiguë des cigalons
Dans le frais mystère de ses vallons.

Claude

13.3.07

La selle de vélo


Le temps est printanier ce matin sur Paris. Paris la ville blanche, c’est telle qu’elle m’apparaît de ma fenêtre qui s'ouvre sur fond de colline de Montmartre et un peu plus loin de tour Eiffel. Les arbres encore récemment un peu velléitaires ont décidés d’ouvrir quelques bourgeons voulant ignorer que nous sommes encore en hiver pour quelques jours
Le ciel est au printemps et telle est l’humeur avant de partir quelques jours en voyage
Aussi, pour ceux ou celles qui l’auraient manqué je remets sur la toile ces quelques lignes qui, quant à moi, me sont encore sourire (il y aura au moins un)

LA SELLE DE VELO

La métempsychose
Ça me laisse tout chose
La résurrection
Ça me laisse tout con
Revenir ici-bas
Après l'heure du trépas
Et pourquoi pas?
Alors si je pouvais
Je voudrais
Exaucer un voeu fou
Et humblement quémander
À celui qui peut tout
Même me faire recommencer
Quand aujourd'hui encore
J’admire ces jolis corps
Et leurs ravissants derrières
Qu’il écoute cette humble prière
Et pour tout ces bas-de-dos
Qu’il prenne pitié de mon âme
Et me matérialise en selle de vélo
De ceux qu'utilisent les dames
Pour que je puisse assouvir
Cet innocent désir
Voyager sans en avoir l'air
En servant de perchoir
Ou de reposoir
À tous ces beaux derrières
En épousant tous les mouvements
De tous ces si seyants séants

Claude

11.3.07

Les racines du ciel




Nous avions, elle et moi, 12 ou 13 ans. Je la voyais arriver de loin traversant la grande prairie en pente qui descendait doucement vers le champ des Meurtiaux et où solitaire trônait un antédiluvien poteau électrique.
Elle courait en descendant le champs en esquissant de ci de là quelques pas de danse, un de ces pas improvisés que les petites filles doivent avoir inscrits dans leurs gènes et qui les font se projeter l’espace d’un bref instant entre terre et ciel comme l’image furtif de la grâce personnifiée
Nous avions 12, 13 ans et j’étais gardien de vache amateur quoique très pénétré du sens de ma mission.
Elle venait vers moi en dansant, c’était mon elfe des champs et elle avait pris le temps de cueillir quelques fleurs le long du chemin creux qui a disparu depuis: Des fritilaires, des lupins et des dents-de-chiens. C’est elle qui m’a appris tous ces noms étranges parmi bien d’autres et dont je me souviens encore si longtemps après.
Sa grand mère les lui communiquait ces mots et tout le monde au village le savait bien qu'elle était experte en matière de simples et peut être un peu sorcière en prime, mais ça, gardez le pour vous...
Et dans les poches de son tablier, elle ramenait des pommes ou des pommes de terre chapardées à la cuisine familiale.

J’avais préparé le feu à l’abri d’un vieux chêne poussé de travers sur le talus du champ où paissaient les vaches
La terre alors nous appartenait, elle était vraiment mon alter-ego, mon autre moi-même avec les traits gracieux d’une ravissante brunette, je soupçonne d’avoir été réellement amoureux d’elle.
Je sais que les battement de mon coeur s’accéléraient à son approche et j’ai encore la douceur de ses paumes sur mes yeux quand elle s’approchait doucement de moi et que je faisais semblant d’être surpris et je citais un tas de noms différents avant de finalement prononcer le sien.
Alors, elle me délivrait de la douce prison de ses paumes et l’espace d’un instant, je devais avoir l’air d’un hibou, tout étourdi à l’irruption d’une lumière soudaine
Elle était mon elfe des champs et des prairies et je crois aujourd’hui encore qu’elle avait des pouvoirs extraordinaires et des relations avec la nature que je n’ai pas totalement compris

Un jour où elle avait un bouquet de fleurs sauvages à la main, elle s’est arrêtée devant un de ces chênes tout courbés, au tronc noueux et tourmenté, ce chêne même où nous faisions notre feu dans le creux d’une de ses racines apparentes. Elle s’est retournée vers moi et a mis un doigt devant la bouche pour me demander le silence
Surpris, je me reculé pour la voir agir.
Elle-même s’est reculée et devant le chêne vénérable, elle a fait une grande révérence, un geste large où le bouquet de ses fleurs a balayé l’herbe du champ, elle s’est avancée et a déposé sa tache de couleur au pied de l’arbre. Puis, lentement, sans le quitter des yeux, elle a repris sa position initiale et lui faisant toujours face, elle a étendu ses bras en croix
Je sais, j’ai eu la berlue, j’ai été la victime d’une illusion d’optique.
Oui, je sais tout ça, y compris le fait que j’embellis mes souvenirs ou que j’invente tout simplement mais croix de bois, croix de fer, si je mens alors j'irai en enfer.
Croyez le ou pas, que m’importe! Mais j’ai vu imperceptiblement le tronc se pencher vers l’avant, j’ai vu un mouvement des branches, mouvement qui n’était pas du au vent tout à fait calme ce jour là
Dressée face au chêne, toujours bras grands ouverts, elle a prononcé quelques paroles ou plutôt psalmodié quelques phrases, des sons rauques et gutturaux, une langue bizarre qu'elle s'était inventée ou alors qui lui venait de bien ailleurs. Comment savoir?
Pétrifié, quelques pas en retrait, j’ai assisté à un spectacle qui aujourd’hui encore est resté profondément gravé dans ma mémoire et qui continue à me troubler.

Il m’a semblé qu’elle avait grandi de plusieurs centimètres et quand elle s’est retournée vers moi, pour la première fois, j’ai remarqué le vert de ses yeux, profonds, insondables, un vert des feuilles de la forêt, un vert des champs quand se lèvent les semailles mais son regard était perdu vers l’intérieur, loin de nos jeux et de nos balbutiantes amours commençantes.
Son visage si familier n’était plus tout à fait le même, ni plus jeune ni plus vieux, autre tout simplement
Puis elle m’a regardé comme surprise par ma présence en ces lieux, elle a doucement laissé retombé ses bras le long de son corps
Elle m'a semblé si fatiguée soudain que j'ai fait un pas vers elle mais elle m'a arrêté de la main, elle a pris quelques pommes de la grande son tablier et, sans dire mot, s’est accroupie devant le feu pour les soumettre à sa cuisson

Nous n’avons jamais reparlé de cet épisode et pourtant les vacances scolaires nous ont rapprochés à plusieurs occasions
Quelles paroles a-t-elle prononcées ce jour là, qu’a-t-elle fait dans son acte d’allégeance à l’arbre de la haie, que lui a-t-elle murmuré pour qu’il lui réponde de cette manière?

Que savons du royaume de l’enfance, qu’en savons nous vraiment de ce monde où des petites filles font s’incliner des chênes et je vous interdis de vous moquer ou de secouer votre tête d’incrédulité, vous autres, gens de peu de foi et oublieux des mondes mystérieux où peut être votre propre enfance vous entraîna un jour mais que vous avez bien pris soin de cacher, y compris de vous-même, dans un recoin perdu de votre mémoire infidèle

Elle vit aujourd’hui dans une vallée perdue du Colorado où elle sculpte de ses mains des troncs que lui abandonnent des bûcherons locaux. Elle crée de ses mains des formes douces et voluptueuses où les arbres, ses amis, paraissent revenir à une autre vie
J’ai même vu un reportage sur elle dans un journal local trouvé sur internet, «The French lady in the lost valley», c’est comme ça que le journaliste avait titré son article
Pour ma part, quand il m’arrive de remettre mes pas dans ceux de ma propre enfance, je sais où se trouve le champ où, calmes, paissaient les vaches mais les chemins creux pour y accéder ont été comblés lors du dernier remembrement et le poteau électrique solitaire dans le pente de la prairie a du être abattu quand à cet endroit on a décidé de construire quelques maisons.

Claude

9.3.07

Simple conte de collines


SIMPLE CONTE DE COLLINES

J'ai accompagné un ami à l'hôpital pour une batterie d'examen. Rien de grave a priori, des douleurs à l'abdomen dont il se plaignait depuis quelques jours
Son amie l’avait déposé devant ma porte et devait le rejoindre en fin d’après midi. On s'était donc rendu à pied à son lieu de rendez-vous car l'hôpital est à deux pas de chez moi. C'était un matin, un de ces matins parisiens comme nous les aimions tous les deux. Moi, je les aime toujours mais tout seul maintenant, enfin sans lui je veux dire.
Vous savez ces matins où l'air semble plus transparent que d'habitude. L'amorce du changement de saison se fait enfin sentir avec son lot de promesses et de redécouvertes. La rue s'habille de couleurs pastel et les femmes sont belles dans leurs parures de printemps
Quand nous sommes passés sous la monumentale porte cochère qui marque l’entrée de l'hôpital, il s'est tourné vers moi, m'a regardé en souriant puis il a levé son visage vers le haut du fronton de la porte et m'a dit
-Toi qui entre ici, laisse toute espérance
Je n'ai rien trouvé de plus intelligent à lui dire que:
-Ca va pas, non?
Il a haussé les épaules et je l'ai accompagné jusqu'au bureau des admissions

C'est Colette, sa compagne, qui m'a appelé en début de soirée
-Pierre est mort
Ma première pensée sacrilège et totalement injuste a été de me dire: -Et elle ne pleure même pas.
Je me le reproche encore car je la vois encore de temps à autre, et je sais que la brutale disparition de Pierre l'a dévastée et qu'il en est de même aujourd'hui en dépit du temps qui passe, ce temps qui est sensé guérir bien des blessures. Certaines doivent être plus récalcitrantes que d'autres, faut croire, car elle ne s’en est pas encore remise.

On a appris plus tard qu'il avait souffert d'une défaillance cardiaque et que l'équipe chargée de l'examiner n'avait pu le ramener à la vie.
Pourquoi m’avait il cité Dante avant d’aller plus avant? J’avais mis ça sur le compte de son humour souvent ravageur mais que savait il réellement de son état? Avait il eu un pressentiment? Nous ne le saurons jamais exactement et c’est mieux ainsi je pense.

Nous avions ensemble parcouru le Népal, nous avions fait de la barque sur un lac près de Pokhara et nous avions eu l'impression que la montagne s'élevait en une dure barrière compacte juste à partir de l'autre rive pour nous barrer le chemin. C'est vrai que nous étions face aux plus hauts sommets de l'Himalaya.
Dans la jungle du Teraï, au delà de la Chitwan valley, on avait suivi la piste d'un tigre avec un guide népalais et c'est le cri d'un coq de jungle qui nous avait indiqué la direction vers laquelle nous devions regarder. Et nous avons pu apercevoir, hiératique, menaçante et souveraine, une silhouette furtive traverser la piste en faisant battre plus vite nos coeurs
Et ce voyage sur l'altiplano. Des étendues si vastes que le 4x4 que nous avions loué semblait englué sur ces étendues mornes et désolées. On croisait de temps à autre des groupes d'indiens sortis d'on ne sait où, des hommes, des femmes, des enfants, nous fixant d'un air hébété et absent, sans signe de menace ou d’intérêt. Que faisaient ils là? Où allaient et pourquoi? Impossible de le savoir. Ils percevaient en tous les cas un monde à jamais inaccessible et invisible pour nous et même la nature environnante semblait de leur côté en nous empêchant d'avancer.
Il m'avait avoué plus tard avoir été complètement mal à l'aise et que ma présence à ses côtés l'avait rassuré. Je lui avais répondu qu'il en avait été de même pour ma part et j'étais parfaitement sincère.

On se revoyait à Paris quand il y revenait. Il continuait à sillonner le monde pour le compte de sa société alors que moi j'ai noué les amarres depuis quelque temps déjà. J'étais devenu son port d'attache en quelque sorte.
Il me ramenait de temps à autres des cadeaux somptueusement incongrus, qui nous faisaient rire et dont je me suis toujours demandé comment il s'y prenait pour les dénicher

Il venait récemment enfin de jeter l'ancre et on s’était promis de nombreuses soirées passées à refaire le monde, à vider des bouteilles de ces vins qu'on s'ingéniait à trouver dans les caves des environs et dont il fallait trouver l'origine et la provenance
Alors les heures se seraient allongées et on aurait laissé s’établir entre nous une fois de plus de ces plages de silence si pleines et intenses qu’un mot nous eût semblé sacrilège avant que nous revienne l’envie de reprendre un fil de conversation interrompu…

Un jour, c'était sur un voilier en rade de Menton, le barreur s'est retourné vers moi qui le connaissais à peine
-J’ai enterré un ami hier, vous savez après 50 ans, on ne se fait plus d'amis
Et puis, il s'est détourné et a repris la navigation. Je n'ai rien répondu, je me suis contenté de regarder sa nuque sans dire une parole
Quand nous sommes revenu au port, on s'est serré la main pour se dire au revoir. Je ne l'ai jamais revu et je me demande pourquoi il ma dit ça. Une amère constatation, un appel au secours? Je ne le saurai jamais exactement pourtant, aujourd’hui, je crois avoir fini par comprendre…
J’ai compris que cet homme avait raison. Il y a un temps pour tout dans la vie, un temps pour l'amour, un temps pour l'amitié, un temps pour vivre et un temps pour mourir aussi.

J’ai compris très jeune qu'il me faudrait vieillir un jour mais je croyais jusqu'à récemment que ça se faisait, jour après jour, de façon régulière et imperceptible. Je sais maintenant que ce n'est pas le cas. On vieillit d'un coup, par poussées successives où les retards s'accumulent
Je sais maintenant que tous nous possédons un carnet à points comme pour le permis.
Et au delà d’une certaine limite, notre ticket n'est plus valable
-Un ami qui meurt et c'est 50 points qui s’en vont avec lui
-Un amour qui part ou s’arrête et c’est là aussi des points qui disparaissent
-Une trahison
-Un travail qu’on perd...
Des points en moins et pas de stage ou si peu pour en récupérer une partie.
Et un jour, l’acquit préalable s’est réduit au néant
Plus le droit de conduire en principe dans les méandres de cette vallée de larmes que nous appelons vie

Je suis curieux de savoir comment on finit par savoir que notre permis n'est plus valable.
Un homme tout de noir vêtu et la mine sombre qui frappe à la porte et qui vient dire qu’il est temps de faire ses valises?
Mais non, ça, c'est une image bien trop romantique, je pense que le signal doit nous parvenir de façon plus subtile mais on finit par le savoir que le temps est venu...

Combien m’en reste-il de points à mon carnet. Peu, je le crains. Quelque uns quand même que j'ai trouvé moyen par inadvertance de ne pas trop gaspiller mais si peu quand même à force d’insouciance et de penser que tout ça ne peut qu’arriver qu’aux autres. Vous le savez vous à quel âge on comprend qu’on doit mourir un jour ?

Quelques points, quelques jours, quelques mois encore et j’interdis qu’on vienne mourir autour de moi.
Pas d'amour, pas d'amitié, voilà peut être le secret d'une longévité prolongée
Mais là je plaisante, vous l'avez bien compris.
Sans amour, sans amitié, on peut vivre mais un tel monde serait tellement invivable qu’on y ferait juste qu'y survivre

Claude

8.3.07

Avis de gros temps



WHAMM!! HOU!!

Whamm!
Hou!
Whamm!
hou!...hou!
Whamm!!
encore!
À secouer les âmes
Et faire trembler les corps
L’océan
blanc
de rage
gros de naufrages
accompagné
de son allié
le vent
hurlant
ses longues plaintes
jointes
au patient travail
de sape
défaisant maille par maille
de bataille
en chausse-trappes,
l'orgueilleuse falaise
de roches ou de glaise

L’océan
prenant son élan
Avançant
Reculant
Whamm!! hou!!
Whamm!! hou!!
réduisant le royaume
des hommes
lançant son triste psaume
et répétant -Homme!
je suis ici le maître
ici tu es en trop
il faut le reconnaître
de cette mouvante symphonie
de plaintes et d'agonie
je suis le seul maestro

Claude


7.3.07

L'intemporalité des songes




LES ENFANTS DE LA TERRE


Les enfants de la terre
Connaissent les routes du ciel
Ils caressent les piliers
De jade
Qui chantent sous leurs mains
Ils glissent
Sur la buée
Des chemins de cristal
Lentement ils montent
Vers le palais des nuages
De Tulku
Dont Zia fut la reine
En passant la porte des temps
Ils emmènent avec eux
La mémoire des peuples oubliés
Et l’âme d’un guerrier mort
Emprunte les ailes d’un corbeau
Bleu
Pour accrocher aux racines
Du ciel
Les semences de l’intemporalité
Des songes

Claude

6.3.07

Confidences pour confidences




J’ai récemment écouté avec intérêt des propos d’un orateur proclamant, preuves à l’appui, que l’homo sapiens que nous sommes forme une seule et unique espèce sur notre belle planète aujourd’hui. Je souscris entièrement à cette idée comme vous probablement. Ceci veut dire entre autres que Mlle Pygmée peut tomber enceinte d’un grand dolichocéphale aux yeux bleus des fjords nordiques pendant que monsieur esquimau peut mettre enceinte une belle bergère des confins du Sahara. Ce sont là d’improbables rencontres évidemment mais rien n’empêche d’en imaginer les résultats dans le cas où elles se produiraient.

Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Des espèces humaines ont ainsi pu cohabiter sur terre. Neandertal a pu croiser des Sapiens en vadrouille, il était présent avant nous ici–bas d’ailleurs et peut être est-ce la raison pour laquelle il a quitté la scène en premier voilà quelques 12000 ans. Récemment, on a trouvé des vestiges et des restes tendant à prouver qu’une créature d’à peine 1 mètre vivait sur une ile de la Sonde répondant au doux nom de Flores. Les spécialistes lui ont donné le nom de Hobbit en raison de sa petite taille. Cette découverte fait encore discussion entre les spécialistes qui, comme d’habitude ne sont pas d’accord entre eux. Mais peut importe, des groupes humains d’espèces différentes ont pu se croiser sans toutefois pouvoir procréer entre eux.

Pourquoi vous dis-je cela ? Eh, bien, si aujourd’hui, nous ne sommes qu’une seule et unique espèce sur notre belle terre, son créateur doit donc être lui aussi unique car je vois mal une personne de cette importance se disputer avec d'autres aussi importants que lui des parts de marché pour savoir qui créera les jaunes, les noirs ou les blancs, j'en passe et des meilleurs.

En conséquence donc également, le fait qu'il n'y ait qu'un créateur entraîne que l'on ne devrait avoir besoin que d'une seule religion pour l'honorer et le servir.

Et là, il conviendra de faire des choix cornéliens car, quelle est la bonne religion, la seule, la vraie habilitée à prier et vénérer ce seul et unique personnage?

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais, le dimanche matin, lorsqu’il m’arrive de jeter un coup d’œil aux émissions religieuses télévisées de cette tranche horaire, je suis saisi d’un doux vertige. En effet, si on suit mon raisonnement, il ne peut n’y avoir qu’une seule religion comme on vient de le voir. Et c’est là qu’on assiste à un défilé de gens respectables, apparemment sains d’esprit et cultivés mais qui viennent à qui mieux mieux nous vanter leur « marchandise », chacun persuadé qu’il représente la seule et unique voie du salut dûment habilitée

Je vais vous faire un aveu en ce qui me concerne. Je suis contre les religions, toutes les religions. Ce sont des institutions qui se sont auto proclamées seules représentantes de leur dieu ou créateur sur terre. Chacune d’entre elles se considère comme étant le passage obligé et seul valable pour dialoguer avec la divinité. A parti de ce principe, ceux qui ne se soumettent pas à cette obligation sont des païens ou des infidèles qu’il convient soit de convertir soit de châtier afin que le système sous forme de clergé ou autres hiérarchies puisse continuer à dominer les esprits.

Toutes les religions sont donc à mes yeux, par essence et nécessité, intolérantes et dangereuses. Si d’aventure, il m’arrivait d’avoir envie de rentrer en contact avec un dieu sous quelque forme que ce soit, je pense que je n’aurais nul besoin d’un échelon intermédiaire pour m’adresser à lui. Je crois pouvoir être en mesure de lever les yeux vers son éventuelle demeure céleste et lui adresser directement ma requête ou mes remerciements voire une engueulade sans devoir passer par un quelconque prêtre ou célébrant de culte pour retransmettre mes paroles ou prières.

Je reviens maintenant à cette cohabitation de groupes humains d’espèces différentes. Certains ont disparu, au moins les Néanderthaliens comme je l’indiquais plus haut et probablement d’autres dont l’histoire a perdu la trace.

La conclusion de ceci est que nous sommes une espèce parmi d’autres. Une espèce qui a proliféré au point de mettre des équilibres fondamentaux en danger d’ailleurs.

En tant qu’espèce, nous n’échapperons pas à cette règle fondamentale : Tout ce qui est né devra mourir un jour.. Ce principe s’applique à tout : De l’étoile et de ses planètes à l’éphémère qui nait, vit et meurt sur un cycle de 24 heures en passant par nous, simples individus, bien sûr.

Simple hypothèse de travail de travail: On nous dit que nous devrions ressusciter et revenir sur terre « à la fin des temps ». Je ne sais pas ce que signifie la fin des temps mais imaginez que cela signifie la fin de notre belle planète. Où irions nous alors ? Ceci pour souligner l’absurdité de certaines promesses bien légèrement avancées.

Tout ça pour vous dire que tout est bien relatif ici-bas et que touts comptes faits, »j’aimerais bien avoir la foi de mon charbonnier qu’est heureux comme un pape et con comme un panier»

Claude

5.3.07

Les femmes et les enfants d'abord

Hier, j’ai démâté. Heu, non, pas tout à fait mais c’est presque aussi grave j’ai du reformater mon idiot d’ordi avec pour conséquences la perte de nombreuses adresses, de nombreux documents, de nombreuses photos.
Bon mais je pense que je ne suis pas le seul dans ce cas mais je ne savais combien cette expérience pouvait être traumatisante et destabilisante et je pèse mes mots
Je commence seulement à remonter vers la surface, j’essaie de faire fonctionner ma mémoire pour reconstituer mes adresses et les sites que j’aimais bien visiter.
Pour le reste, j’en fait mon deuil en me reprochant une fois de plus de ne pas faire assez de sauvegardes mais que voulez vous, c’est la vie et il faut bien faire avec comme le disent avec sagesse les braves gens

Mais du coup, je ne sais plus trop de quoi je devais causer, alors je suis été, comme on dit dans le sud ouest, dans mon coffre à pacotille extraire ce douteux morceau qui a au moins le mérite de m’éviter de solliciter des méninges trop mises à l’épreuve depuis hier après midi




NUAGES
Nuages qui sculptent dans les cieux
Des cathédrales de l’éphémère
Filtres à des soleils radieux
Ecrans en kyrielle sur la mer
Montagnes de nos rectilignes plaines
En successions de pics en chaines
Porteurs en leur sein de restants de moussons
Nuages de toutes les beautés et de tous les frissons
Concurrents d’une seconde des fiers himalayas
Porteurs d’échos de tonnerre et d’alléluias
Nuages qui savent prendre le profil de caravelles
En route vers des rochers porteurs de citadelles
Voyageurs dédaigneux en leur marche hauturière
Des hommes et de leur artificielles frontières
Nuages, vertigineux piliers qui tiennent nos horizons
Et que bâtit, inlassable, un invisible maçon

Claude

4.3.07

Fantasme dominical

Voici ces mots
qu'en moi
la nuit
patiemment
m'invente
voici pour vous
ces phrases
qui
continument
me hantent






FANTASME

Du bout
D’un doigt patient
Je sens
Les vibrations
D’un sexe
Qui s’éveille
Un ventre blanc
Soudain
Devient plaine à frissons
Je deviens conducteur
De chevaux au galop
Je suis la vigie
Debout en sa carène
Et j’attends dans ses cris
La trace d’un sanglot

Claude

2.3.07

Les phéromones




J'ai écrit ce qui suit dans un moment de grande aberration mentale mais j'en ai marre d'entendre de prétendus savants, de soi-disant experts venir doctement nous expliquer que l'amour ne serait, somme toute, qu'un simple mélange de composés chimiques
Eh ben, à tout ceux là, je montre mon derrière et je compose à leur attention ces quelques lignes pour exprimer ma colère et qu'enfin ils aillent au diable...


LES PHEROMONES


Quand du bord du regard
dans un train, dans un bar
hommes et femmes
en se cherchant
du fond de leur âme
se font l’aumône
D’un échange
Où peut voler un ange
Est ce seulement
Affaire de phéromones
Un entremêlement
de composants
Où une simple chimie
Mènerait la partie
Mais qu'est ce que ces phéromones
mesurés à l'aune
de nos sentiments
Qu'ont à faire les phéromones
quand dans nos coeurs résonnent
les grondements
d'un amour qui s'étend
et qui met son emprise
à finir les heures grises
quand, sans phéromones vagabondes
sans chimie, en une simple seconde
l'amour sur nous étale son aile
l'amour et sa magie éternelle
l'amour depuis la nuit des temps
l'amour enfin tout simplement

Claude