29.3.06

Senteurs marines

SENTEURS MARINES

Senteurs marines, joli titre n'est ce pas ?

Un titre évocateur de bords de mer et de leurs saveurs salées souvent enivrantes.

Senteurs marines pour des départs et des voyages dans le flux et le reflux de la mer nourricière

Un titre bien innocent pour un texte qui, lui, l’est un peu moins.

Aussi pour tous ceux ou celles que des évocations tant soit peu explicites pourraient gêner, alors que ceux –là relevant de la dite catégorie, prudes et bien pensants de tous poils, n’utilisent pas l’ascenseur situé à la droite de leurs petits doigts.

Pour tous les autres, ceux et celles qui voudront bien m’accompagner, alors je souhaite un doux et voluptueux voyage au centre de ce paysage que l’homme ne cesse de vouloir explorer inlassablement, encore et encore, depuis la nuit des temps








SENTEURS MARINES

Du bord de mes lèvres
Emplies de fièvre
Je la sens monter
Cette marée
Cette senteur marine
Cette exhalation intime
Inexorablement venant
Du plus profond de toi
Éclaboussant
Le bout de mes doigts
Alors que tu gis
Gémis et frémis
Jambes écartées
Au beau milieu du lit
Comme une conque offerte
Comme une coquille ouverte
A la caresse ineffable
D'une langue insatiable.
Comme un coquillage
Échoué sur le rivage
Impatiemment attend
Qu’enfin l'océan
Sur la grève qu'il inonde
Apporte dans le mouvement
Irrésistible de son onde
Son doux effleurement
Et les papilles éblouies
Longuement se désaltèrent
A cette source hauturière
Dans cette offrande inouïe
Et dans ce merveilleux don
Que tendrement les filles font
A leurs amants bien décidés
A savoir les aimer

Claude
Paris




27.3.06

Madeleine / Sarah (3)


C’est arrivé brutalement, sans signe précurseur. Marie l’a vu porter la main, là haut vers le cœur et il a eu le temps de dire:

-J’ai mal

Elle l’a aidé à traverser la pièce et il s’est étendu sur le lit pendant que quelques gouttes de sueur commençaient à perler sur son front.

Elle a averti immédiatement le docteur, un voisin connu de longue date qui est rapidement arrivé sur place. Après un bref examen, il a fait appel à une ambulance pour un transport immédiat à l’hôpital de la ville.

-Ne t’en fait pas, André, tu vas être bien soigné, je te fais une piqûre, tu vas voir, tu vas te sentir mieux

Et c’est vrai que l’effet s’en est rapidement fait sentir et il a fallu que le docteur aussi ami de la famille, fasse preuve d’autorité pour qu’André veuille bien rester tranquillement sur le lit

L’ambulance s’est présentée rapidement et est partie vers l’hôpital le plus proche

Jacques, le fils de Marie et d'André, tout de suite prévenu, est arrivé sans tarder accompagné de son épouse, Catherine

Pendant ce temps le médecin avait averti Marie que le cas était sérieux et que le coeur d'André présentait de sérieux signes de fatigue mais qu’à l’hôpital, on saurait lui en dire plus

Jacques et Catherine aidèrent Marie à rassembler quelques affaires et ils se mirent immédiatement en route

Dès leur arrivée dans la chambre où André reposait, ils constatèrent que déjà on lui avait branché des tas de tuyaux en divers endroits du corps. Sa respiration semblait régulière et il avait les yeux clos

Le professeur en charge ne leur cacha pas ses préoccupations quant à la suite des événements. Marie s’installa donc à ses côtés, y compris pour la nuit à venir

L’après midi, Jacques et Catherine revinrent avec leurs enfants: Soléne et Louis, ceux là même dont leur mère disait que du sang d’Attila devait courir dans leurs veines mais qui, probablement impressionnés par les lieux et le silence et l’immobilité de leur grand père se tinrent exceptionnellement tranquilles

Vers 15 heures, André ouvrit subitement les yeux. Marie d’un geste tendre lui caressa le front. Ce geste lui fit tourner la tête et il regarda dans sa direction:

-Sarah, dit il d’une voix nette que tous les présents purent entendre

-Sarah répéta-il encore une fois en la regardant droit dans les yeux

Elle ne parut pas surprise, elle saisit sa main et il sembla aux assistants qu’il lui répondait d’une pression faible mais cependant visible

A la surprise générale, souriant à demi, elle prononça ces paroles incroyables pour tous ceux présents:

-Oui, je suis Sarah, je suis avec toi, encore et toujours. Reposes toi, André. Bientôt il sera l'heure d'aller à l'école

Sa tête sembla s'enfoncer un peu plus dans la profondeur de l'oreiller et en se refermant ses paupières écrasèrent deux larmes que sa femme laissa rouler jusqu'à la commissure des lèvres où enfin, d'un geste léger, elle les lui essuya.

Il mourut le lendemain matin même.

C’est l’infirmière de garde qui réveilla Marie qui avait fini par s’endormir, sa main toujours dans celle de son mari.

-C’est fini, lui dit elle simplement

Marie dégagea sa main de celle d'André et lui lissa une mèche de ses cheveux d’un air absent. Se reculant dans son fauteuil, elle le regarda longuement comme pour imprimer à jamais ses traits dans son esprit

Les jours qui suivirent furent ceux des lendemains d’une mort, entre inévitables formalités, arrivées de membres de la famille ou d’amis, un tourbillon d’activités futiles ou importantes avec, au milieu, tout le poids humain de ce corps définitivement inerte

Selon la coutume, un repas réunit tous les proches à l’issue de l’inhumation.

A la fin du repas, Marie réclama le silence en tapant légèrement sur le bord de son verre.

Tous se turent se demandant ce qu'elle avait à dire mais se doutant qu'elle aborderait l'emploi de ce prénom étrange que le défunt avait employé et qui furent ses dernières paroles sur cette terre.

Elle demanda à Soléne et Louis de venir à ses cotés pendant que le silence s’établissait autour de la table familiale

-Je sais que vous avez été surpris d’entendre votre père et grand père dans un dernier instant de lucidité utiliser un prénom qui n’est pas le mien.

Nous avons ensemble, lui et moi, et voici bien longtemps, vécu de drôles de choses à une drôle d’époque où nous fûmes nous mêmes parmi bien d'autre enfants des enfants perdus dans un monde perdu.

Alors, écoutez moi bien et surtout vous, les plus jeunes!

Je vais vous raconter cette histoire où se sont croisés des destins différents pendant un trop bref répit que la vie leur accorda et avant qu'ils ne partent vers leur anéantissement.

«Ils arrivèrent tous les deux en ce printemps de 1942.

En avril, ou plus certainement en mai car les fenêtres des classes étaient ouvertes ce jour là pour laisser entrer ces premiers vrais rayons de soleil de l’année tellement bienvenus après un hiver long et rigoureux…

Ce fût à la suite de Monsieur Millet qu’ils firent leur entrée. Le garçon, l'aîné, tenant par la main une brune et frêle fillette

A l’arrivée du directeur, tous les enfants s’étaient levés et regardaient avec curiosité dans la direction des deux inconnus…»


Mais cette histoire vous la connaissez déjà, n’est ce pas? Vous en connaissez tous les protagonistes et vous en savez la terrible issue même si on n'a jamais exactement su ce qui leur est arrivé, à se demander s'ils sont, en réalité, tous les deux passés sur cette terre ces deux enfants qui ensoleillèrent pendant quelques trop courts mois la vie de ce village de la campagne française.

C’est cette histoire que ma mère nous a raconté en ce jour où nous avons porté mon père en terre et j’ai bien l’intention de la raconter à nouveau à mes propres enfants lorsqu’ils seront plus grands pour qu’ils puissent la raconter à leur tour à leurs futurs enfants.

Je la leur dirai pour que ne disparaissent pas encore tout à fait deux frêles et fragiles silhouettes qui se sont diluées dans les brumes de ce lointain mois de novembre dans ces années couleur de cendre et de plomb.

Et je leur dirai comment les rires d'une petite fille dont les rires escaladaient le ciel ont continué inlassablement à tinter, jusqu'au jour de sa mort, aux oreilles d'un garçon devenu un homme et qui fût leur grand père

Claude
Bretagne 2006

Madeleine / Sarah (2)


L’occasion ne se présentât jamais.

Au début du mois d’octobre, les rentrées scolaires se faisaient tard en ces lointaines périodes, les enfants reprirent à nouveau le chemin familier de l’école.

Toutefois, certains des plus grands, titulaires du précieux parchemin que constituait alors le certificat d’études primaires, allaient pouvoir partir soit se placer en ville comme on disait alors soit poursuivre d’autres études au collège pour les plus brillants ou plus chanceux d’entre eux pendant que des plus petits prenaient à leur tour le chemin de l’école.

Ainsi se déroulait la vie selon un rite immuable et rassurant, une génération remplaçant l’autre qui elle-même partait vers un autre destin bien souvent tracé à l’avance

Ce fût dans les premiers jours de novembre qu’ils arrivèrent. Oh, ce fut un bien modeste convoi: Une voiture noire dan laquelle avaient pris place deux hommes en tenue militaire et deux autres en tenue civile suivis d’un gros camion recouvert d’une bâche grisâtre et crachant une lourde fumée noire
Les deux véhicules s’arrêtèrent devant la modeste grille de l’école.

Le temps soudain semblât s’arrêter et dans les regards que s’échangèrent instantanément l’enfant et l’adulte, la maîtresse et l’élève, ce furent deux femmes qui communiquèrent dans un échange d'une intensité brève mais si intense que l'institutrice en défaillit presque.

Chacune d'elles avait immédiatement compris précisément de quoi il s'agissait. Tous les autres enfants présents dans cette salle surent eux aussi qu'un événement grave et sur lequel nul d'ici n'avait aucune prise était en train de se produire sous leurs yeux et ils se figèrent tous dans l'attente de l'inévitable.

Précédés par le directeur, un homme habillé de noir entra dans la salle

-Sarah Weinstraub!!! Ce furent ses seuls mots

Sans dire mot, Madeleine / Sarah se leva et commença à rassembler ses affaires: Livres, cahiers et classeurs divers éparpillés sur le pupitre

-Inutile!!!Le mot claqua comme un coup de fouet

Sarah / Madeleine se leva donc et le suivit sans un regard pour les autres élèves, levés eux aussi, sans regarder madame Millet, debout derrière son pupitre immobile comme une statue et qui, en quelques instants, avait semblé vieillir de plusieurs années

Dès la porte refermée, tous se précipitèrent aux fenêtres pour encore les voir un peu.

On les vit donc traverser la cour: Deux minces silhouettes encadrées par deux grands soldats qui, à leur côté, paraissaient immenses avec des fusils à l'épaule

Arrivés à l'arrière du camion, l’un des deux souleva la petite pour la faire monter comme il aurait pu le faire d'une plume pendant que son frère qui lui avait lâché la main se débrouillait pour monter seul dans ce véhicule tellement haut pour des jambes d'enfants

Une fois tout le monde à bord, le convoi démarra immédiatement. Pendant un bref instant, les deux classes rassemblées avec leurs enseignants derrière les vitres des fenêtres purent apercevoir l’ovale pale de deux visages contre l’obscurité profonde du fond du camion puis les véhicules accélérèrent, prirent la route à droite de l’école et disparurent aux yeux des enfants et de leur maître et maîtresse et le silence se fit dans la petite école

Sur une table, au premier rang de la classe et sur la droite, des cahiers et tout le matériel pour travailler gisaient là comme autant de plumes tombées d’un oiseau touché en plein vol et qui s’éparpillent sur un sol indifférent

Ce jour là, les cours se terminèrent plus tôt que prévu et les enfants, pour une fois, sortirent en silence avant de revenir chez eux

Peu à peu, après le choc initial, lentement, la vie reprit son cour malgré tout mais sans que rien ne soit plus jamais comme avant.

Un rire qui semblait escalader les murs manquait cruellement à tous, adultes compris comme manquait ce drôle d’accent qui traînait dans la voix des deux enfants comme un foulard flottant au gré d'un vent léger d’été

André fut très long à se remettre de l'absence de sa voisine. Madame Millet, au bout de quelques jours, finit par demander à Marie si elle voulait bien venir s’asseoir à ses côtés au premier rang. Elle ne fit aucune difficulté. Simplement, elle demanda que la table qui avait servi à Madeleine lui fût changée et ce fût tout

Les affaires restées sur la place furent mises dans la grande vitrine du fond de la pièce et qui sert de réserve à fournitures diverses.

Elles y sont restées très longtemps et pendant longtemps aussi, des mains charitables y sont venues pour doucement y enlever la couche de poussière accumulée au fil des jours

La grande maison de mademoiselle Dorange est restée longtemps fermée après son départ, elle aussi, entre deux soldats. Nul ne l'a jamais revue ici.

Finalement un jour, un couple étranger au village est venu occuper cette grande maison et il y est encore et leurs propres enfants vont à l’école du coin...

A suivre

Madeleine / Sarah (1)



MADELEINE / SARAH (1)


Ils arrivèrent tous les deux en ce printemps de 1942.

En avril, ou plus certainement en mai car les fenêtres des classes étaient ouvertes ce jour là pour laisser entrer ces premiers vrais rayons de soleil de l’année tellement bienvenus après un hiver long et rigoureux…

Ce fût à la suite de Monsieur Millet qu’ils firent leur entrée. Le garçon, l'aîné, tenant par la main une brune et frêle fillette

A l’arrivée du directeur, tous les enfants s’étaient levés et regardaient avec curiosité dans la direction des deux inconnus

-Je vous présente Pierre et Madeleine qui rejoignent notre école à partit d’aujourd’hui et qui seront avec nous pendant quelque temps, nous dit le directeur

Madame Millet, la femme du directeur qui faisait la classe aux plus petits s’était avancée à la rencontre des deux enfants et de son mari en souriant et sans manifester de surprise

-Bienvenue, Madeleine et à toi aussi, Pierre. Madeleine va s’installer ici, au premier rang, à côté d’André qui sera content, j’en suis sûr de l’avoir près de lui

Son frère lui lâcha enfin la main et gracieusement elle alla s’asseoir à l’endroit indiqué en posant sagement ses avants bras sur le pupitre en ne montrant aucune forme de timidité comme cela eut pu être naturellement le cas

Pendant ce temps, Pierre et monsieur Millet étaient repartis en direction de l’autre salle de classe où des grands préparaient déjà leur certificat d’études

C’est à la récréation que connaissance fût réellement faite. Les filles entourèrent tout de suite Madeleine et c’est ainsi qu’elles apprirent qu’elle et son frère venaient tous deux de Paris et que leurs parents, actuellement en voyage, avaient demandé à mademoiselle Dorange de bien vouloir les prendre chez elle en attendant leur retour

Mademoiselle Dorange vivait dans une maison située à la sortie du village et jouissait dans le village d’une grande notoriété car elle avait été petite main chez Dior et s’habillait toujours avec beaucoup d’élégance dans ce village essentiellement rural et où les frais de toilette étaient réservés aux grandes occasions: Mariage, baptêmes ou funérailles.

C'est ainsi et le plus simplement du monde qu'ils s'intégrèrent à notre monde dans ce petit village du centre de la France mais leur arrivée modifia en profondeur l'atmosphère dans notre petite école même s'il nous fallut bien longtemps pour savoir jusqu'à quel point cela avait été vrai.

C'est Madeleine qui s’est rapidement révélée comme un élément clé, aujourd’hui on dirait un leader parmi les autres enfants.

Mais elle s’imposa à sa manière bien à elle de telle façon que jamais nul ne pensât à en prendre ombrage.

Elle était toujours la première à répondre aux questions de l’institutrice qu’elle étonnât très rapidement par la précocité et la justesse de ses réponses tant et si bien que cette dernière finit par s’arranger pour ne pas lui donner systématiquement la parole mais sans que la petite ne semblât jamais en être autrement fâchée

C’est très souvent aussi que son cahier se glissait plus qu’il n’eut fallu vers sa gauche, en direction de son voisin, André, qui y jetait souvent de nombreux et rapides coup d’œil.

Le manége n’avait bien sûr pas échappé à l’institutrice mais elle faisait comme si elle n’avait rien vu d’autant qu’André améliorait ses résultats de façon spectaculaire et semblait prendre plaisir aussi à travailler seul.

Elle eut autant de succès dans la cour de récréation où elle réussit l’exploit de faire partager des jeux communs aux garçons et filles alors que jusqu’à alors chaque groupe s'épiait avec méfiance et évitait de trop se mélanger attendant plus tard pour le faire mais ne le sachant pas encore.

Ils arrivaient chaque matin, tous les deux se tenant par la main, le plus grand protégeant visiblement sa petite sœur et leurs mains ne se déliaient qu'une fois la grille d’entrée franchie comme s’il consentait enfin à se décharger de sa tâche de protection et de surveillance.

Il savait aussi certainement qu’il avait un suppléant assidu en la personne d’André qui était devenu en peu de temps le véritable chevalier servant de Madeleine et, en état de perpétuelle adoration, prenait son rôle fort au sérieux et gare à celui qui aurait pu pousser la plaisanterie un peu trop loin, ses muscles naissants savaient déjà dissuader les plus téméraires parmi ses camarades toujours prêts à tirer sur des nattes voire à soulever en courant quelques jupes

Ils allaient aussi à l’église du village et assistaient aux offices en compagnie de mademoiselle Domange qui les y emmenaient chaque dimanche matin à la messe de 10 heures et ils suivaient très précisément les indications du prêtre et copiaient exactement leur attitude sur celle de leurs plus proches voisins

Et les vacances finirent par arriver. Beaucoup d’hommes étaient absents pour cause de guerre, prisonniers, morts ou combattants sur des théâtres d’opérations lointains.

Ils allèrent donc dans les fermes où vivaient leurs camarades de classe pour donner des coups de main à la hauteur de leur âge et de leur culture citadine mais partout où ils allaient, ils furent toujours accueillis à bras ouverts et c’est ainsi que souvent ils restaient aux repas de fin de battage, le visage illuminé de bonheur et de plus en plus bruns de peau sous la caresse des rayons du soleil d’été et ressemblant ainsi de plus en plus aux enfants du village, généralement noirauds et de cheveux noirs

Un jour, Pierre se retournant vers sa sœur et l’apercevant de loin cria:

-Sarah!!!

Le masque heureux se déchira d’un coup sur leurs deux visages et ils restèrent un instant immobiles et figés dans cette cour de ferme où chacun s’activait à des tâches diverses

Le garçon jeta un regard furtif autour de lui mais personne n’avait semblé prêter attention à ce prénom étrange à cette époque, dans un village du centre de la France.

André, seul, avait entendu ce vocable et, quand se reprenant, Pierre héla à nouveau sa sœur sous son prénom ordinaire et sous lequel elle était connue à l'école et dans le village

-Madeleine!!!

Il enregistra le fait bien décidé à, un jour, tenter d’obtenir quelques explications...

22.3.06

Balade parisienne



L'autre jour, je m’en fus amener mes pas du côté du Panthéon. C’est à Paris comme vous le savez tous, c’est une grande maison avec, écrit dessus, « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » et mon intention était d’aller voir de plus prés si, par hasard, on n’avait pas pour moi une place.

Bon, y’a pas le feu bien sûr mais on est jamais trop prévoyants et on ne sait jamais c’qui peut arriver

Eh, ben, j’ai pas pu approcher parce que devant cette bâtisse une groupe de supporters de CRS attendait devant la porte.

Purquoi je dis supporters de CRS, c’est que quand quelques gros camions avec des CRS dedans et sont passés sur la place, ces jeunes gens se sont mis à crier :

-CRS, avec nous !!!

Avec nous pourquoi faire? J’sais pas trop.

Peut être bien pour aller au bois de Chaville voir si les premières jonquilles y pointent pas leur bout du nez.

Mais apparemment, i’ z'avaient quelque chose d’autre à faire nos CRS parce qu’ils se sont pas arrêté.

Dommage! C’est pourtant bien joli les jonquilles!

Quant à moi et comme je ne pouvais pas aller plus loin, j’ai fait demi-tour vers le boul’ Mich, çui là même qu’je foulais déjà lors de ma lointaine jeunesse estudiantine

Et là, i’avait d'installé comme de grands murs au milieu du boulevard avec de l’autre côté du mur, une autre équipe de supporters qui stationnait un peu bruyants et agités ceux là mais faut bien que jeunesse se passe

Et puis ils étaient nettement plus enthousiastes que les premiers avec leurs cache-nez qu’ils avaient sur la figure et c’est bien normal avec ce printemps pourri qu’on a.

I’ ont du à un moment penser que les CRS qui attendaient à l’abri de leurs grands murs pouvaient avoir soif car i’ z’ont commencé à leur envoyer des bouteilles avec du liquide dedans.

I’ z’auraient pu amener des verres avec eux quand même, ç’aurait été plus commode pour boire mais non, ils ont du les oublier.

Vous savez, la jeunesse est parfois bien tête en l’air.

Donc, i’z'ont continué à lancer les bouteilles. Quand les CRS i’ z'ont fini d’avoir soif, ils ont décidé tous ensemble d’aller les remercier ces braves jeunes gens et ils sont sortis en courant de derrière leurs gros camions tout ça en criant c’que je suppose être de grands mercis et en agitant gaiement de petits bâtons noirs.

Alors là, j’ai peut être pas tout compris parce que ceux de l’équipe des fans de CRS, i’ se sont mis à courir aussi mais dans le même sens que les CRS, tant et si bien que ces derniers, i’ ont du s’fatiguer car ils se sont arrêté, l'air un peu perdu, un peu plus haut au milieu du boulevard.

L’ont du être drôlement déçu de pas pouvoir dire merci de plus près à leur équipe de supporters mais j’pense que ces derniers i' devaient être un peu timides et qu’ils ont préféré n’être pas remerciés pour leur gentil geste de soutien.

Mais j’me fais pas de soucis, j’suis sûr qu’i finiront bien par se retrouver un jour ou l’autre et qu’ils auront tout leur temps pour se congratuler chaleureusement

J'ai même pris des photos avec mon téléphone qui sait tout faire y compris caméra, c'est beau le progrés et comme ça, vous pourrez pas me prendre pour un menteur, non, mais!!

21.3.06

Chanson en l'air


Eh, bien, à dire vrai et à franchement parler, vous m’épatâtes.

Je n’imaginais pas que mon petit texte ait pu autant retenir votre bienveillante attention.

Alors, je continue puisque vous me dites bien aimer ce genre de choses et pourquoi je vous croirais pas, hein?

Mais, pas de panique, j’en ai pas des tonnes des comme ça, des rescapés des nettoyages de printemps ou de valises mal fermées au moment de mes nombreux déménagements

Allez savoir pourquoi : y’en a quelque uns comme ça qui sont passés au travers de tout et que j’exhume donc pour votre plus grand plaisir. Enfin, j’espère.

Si ça continue comme ça d’ailleurs, ce n’est plus de poésie dont il va s’agir mais de travaux pratiques d’archéologie appliquée et, avouez qu’avec tous les pbs actuels, j’ai bien du mérite de me livrer à ce genre d’exercice.

C’est bien parce que c’est vous et que je vous aime bien

J’y ajoute même en prime le portrait de l’artiste en pied (en alexandrins of course) à l’aube de ses fabuleux 20 ans et où j’hésitais encore entre faire chauffeur de locomotive et poète officiel de notre belle république.

Finalement j’ai fait tout autre chose mais je me demande toujours si ma véritable vocation n’était pas de conduire des locomotives. Pfff !!!

Bon, ceci étant dit, vous allez me dire à votre tour que j’étais bien précoce pour un jeune homme de mon âge pour écrire des trucs comme ça.

Mais, en matière de précocité et si vous avez quelques instants à perdre, allez donc lire sur mon blogue dans les archives du mois de décembre, 2 posts qui s’appellent « resouvenir » et « bon d’accord ». En prime, vous y avez l’artiste toujours en pied et revêtu de ses 19 / 20 ans et vous verrez qu’en terme de précocité, je ne fus certes pas super champ’ en personne mais bof ! Nul n’est parfait et chacun fait comme i peut et quand i peut

Bon, faut pas que j’oublie de mettre ce texte en ligne quand même.

Celui là, je m'en souviens, je l’avais écrit en fredonnant ce texte d’Aragon « Il n’y a pas d’amours heureux » mis en musique par Brassens. Vous pouvez en faire de même si vous aimez chanter en prenant votre douche juste pour voir si ça colle toujours entre la Zique de Brassens et mes paroles.

Au fait, si ça tentait quelqu’un de le mettre en musique pour de vrai avec des vraies notes et tout et tout, même sur un tempo de rap, je suis preneur.

Avisse aux amateurs!!!

Alors en avant la musique et ça s’appelle « Chanson en l’air ».

L’air de quoi ? A vous d’le dire !!!

CHANSON EN L’AIR

Sa peau se parcourait de douleurs secrètes
Frissonnant comme rivière entre mes doigts tremblants
Et dans sa chevelure naissait un fleuve ardent
Comme l'onde apaisée s’évacue en roulant
Et ourle d'écume légère chacune de ses crêtes

Son souvenir revient en moi

Ses bras minces et blancs ressemblaient à la neige
Qui attrape en ses flancs des promeneurs surpris
Leurs pas les amenaient au pied de leur logis
L’avalanche en tombant leur fait un immense lit
Où la lumière soudain se referme en piège

C'est son image qui r'vient en moi

Sa voix rauque et profonde qui refaisait le monde
Éclatait en pléiades comme dans un univers
Que des forces inconnues soumettent à leur mystère
Et qu’une main géante courbe dans une prière
Où l’air, l’eau et le feu soudainement se confondent

C'est son image qui r'vient en moi

Ses yeux gris accueillaient des morceaux d’infinis
Comme des portions de ciel que parcourent les nuages
Leur lenteur était celle du début de l’orage
Quand les arbres frissonnent comme on tourne une page
Et que le temps s’arrête dans un jour qui finit

Son souvenir revient en moi

Claude


20.3.06

Eh, bien! Tant pis...


Trente balais et des poussières.

J'avais alors le nombre de balais indiqués ci-dessus. Quand j’y pense, ça me fait tout drôle quand même !

C’était au siècle dernier en fait, vous vous rendez compte!

J’étais encore un galopin à cette époque, enfin presque et j’écrivais des trucs comme celui qui suit.
Alors là, je suis atteint d’un grand moment de faiblesse d’oser venir devant vous avec ce truc exhumé d’un dossier oublié dans un coin d’une valise ou d’une cantine comme on dit aussi

J’ai hésité à publier ça car le jeune homme qui a écrit ces lignes s’est depuis longtemps fait la malle. (Marrant ça non ?)

Pourrais je écrire comme ça aujourd’hui ? Franchement, non ! Enfin je ne crois pas ou alors il faudrait faire des efforts dont je ne me sens plus capable. On peut pas être et avoir été comme le dit si bien la sagesse des nations

Mais vous l’avez échappé belle car d’autres du même style ont existé, hélas ! (je ne doutais de rien à l’époque et je me la jouais JM de Heredia en toute simplicité) mais il se sont dispersés au vent mauvais qui les a orientés direction le grand cimetière des oeuvres poétiques mort nées et c’est tant mieux

Mais, bon, je vous laisse juge, si ça vous semble trop con, promis, je l’enlève sans remord de la toile et bon débarras !

Bon, alors préparez vous ! Sortez vos mouchoirs, voici donc la bête !!!


LES YEUX


Calme miroir des yeux où se jouent des tempêtes
Des hérauts inconnus y sonnent des trompettes

Et donnent le départ de mystères médiévaux
De spectacles de cirque et de combats loyaux


Profond miroir des yeux où dorment des fragrances
D’hibiscus vénéneux et de lianes qui dansent

Dans la moiteur obscure de forets ignorées
Qui se parent de fleurs aux couleurs mordorées


Tranquille miroir des yeux où se lèvent des semailles
De champs épanouis dans leurs vertes murailles
Des oiseaux les survolent en y prenant leur temps
En frôlant des nuages d’un ciel couleur sang


Paisible miroir des yeux où traînent des violences
De guerriers insoumis aux portes de l’enfance
Qui partent au combat de leur allure féline
En tenant haut des fronts que nulle ride abîme


Tes yeux sont tout cela et mille choses encore
Quand y plongent les miens et commence l’aurore
Quand s’achèvent les rêves que la nuit a fait naître
Quand le soleil est là pour les faire disparaître


Claude
Voilà bien longtemps…


Hein, faut le faire, quand même!
Et je ne me souviens même plus à qui ces mots étaient destinés.
Sic transit gloria mundi!
Amen!

PS; J'ai ajouté des petites images pour mieux faire passer l'ensemble

19.3.06

Le cri


Ce fût sur le quai d'un arrière coin d'un port du sud est asiatique que cette vision s'est imposée à moi

C'était à ce moment si particulier de l'année juste avant la saison des pluies.

Le quai était luisant de l'humidité déposée par la prè-mousson et il fallait prendre garde à ne pas glisser et tomber sur de sombres pavés disjoints
J'ai marché seul sur une certaine distance pour rejoindre un navire dans une autre partie du port.
La mer, qui doucement clapotait conte des ouvrages fatigués était couleur d'étain étamé, le ciel, gris et menaçant, charriait des nuages aux formes tourmentées
Devant mes yeux, une armée d'énormes cafards, à peine dérangés par ma présence, s'affairait à des besognes incompréhensibles en courant d'un bord du quai à l'autre

Cette image s'est imprimée dans mon esprit et m'a poursuivi longtemps. Il ne restait plus qu'à y mettre des mots. Ce fût «le ventre de la nuit»

Ces ombres inquiétantes qui y grouillent, ce sont celles de nos peurs individuelles, de celles qui se terrent dans les recoins de nos cerveaux indociles et font irruption souvent en cauchemars familiers et effrayants.

Vous pouvez essayer, pour tenter de les amadouer, de les affubler de mots qui sont les maux de nos temps modernes : Pollution, Violence et tant d'autres encore.

Il paraît que nommer les choses, c'est mieux les connaître afin de pouvoir les apprivoiser mais je ne garantis pas le résultat.

Mais je ne crois pas que la lampe de l'espoir esquissée à la fin de ce texte et qui, obstinément et fidèlement, illumine encore nos intimités, puisse longtemps encore résister à ces septentrionales tempêtes que je sens s'accumuler au delà des nos horizons


LE VENTRE NOIR DE LA NUIT




Dans le ventre noir de la nuit
Sous des bourrasques de pluie
J’ai vu les quais accoucher

En toute tranquillité
De l'innombrable cargaison
D'une parturiente en souffrance
Donnant en toute lubricité naissance
A des culs-de-jattes, infirmes aux moignons
Tourmentés, accrochant des doigts entêtés

Aux aspérités du débarcadère fatigué
J’ai vu celui là avec un bandeau sanglant
Cachant l'orbite d'un vide purulent
Et cet autre arborant une tête hydrocéphale
Avec dans le regard une sourde lueur brutale









Dans le noir abyssal du ventre de la nuit
J’ai vu au plus profond d’un puits
En tas informes de délétères pestilences

Tout cliquetantes et folles d’impatience
Des ombres à la marche inquiétante
Envahir les ténèbres environnantes
Et se répandre sur les pavés sombres
Des rues bordées de vains décombres
J’ai vu une femelle aux longs cheveux tombants
Glapir vers le ciel d’impudiques mots stridents
J’ai vu celui là à l’abondante barbe verdie
Dégoulinant de putrescentes scories
Jeter un regard d’envie à la ville assoupie


Dans l’œil las du ventre de la nuit
Sous les cris de grands oiseaux de mer
Volant en groupe vers le fond de l’aber
J’ai vu une procession lente d’êtres enfouis
Dans des guenilles et des chiffons informes
Cheminant vers ceux là qui s’endorment
Sous l’abri frêle de l’or d’une lampe
Éclairant comme les feux de la rampe
Cette pièce à venir aux fureurs inexpiables
Dans des corps à corps bientôt inévitables


Dans le velours noir du ventre de la nuit
J’ai vu se dessiner sous l’arc de tes sourcils
Le simple ovale aimé de ton visage nacré
Reposant calmement au fond d’un oreiller

Claude


18.3.06

Loctudy sur Ayers Rock









Loctudy sur Ayers rock


J’ai par hasard écouté sur les ondes d’une radio périphérique un orateur s’en prendre à tous ceux, et ils sont nombreux, qui portent atteinte à l’intégrité et à la santé de notre planète commune.

Et d’indiquer tous les terribles dommages causés à notre belle terre par l’esprit de lucre, l’irresponsabilité ou le développement à tout prix sans se soucier des conséquences: Ces meurtrissures, ces blessures souvent mortelles infligées aux populations autochtone et à leurs particularismes et dont le plus grand tort a été de vouloir vivre selon leurs propres coutumes et leurs propres croyances

Et de citer les Papous, Eskimos, Indiens d’Amérique du nord ou du sud, toutes peuplades exotiques et toutes sacrifiées au nom du plus fort ou du plus nombreux

Peuplades exotiques et situées bien loin de nos si idylliques et démocratiques contrées n’est ce pas ? Mais est-ce si sûr ?

Avez-vous lu comme moi les dernières statistiques concernant la santé publique de certaines belles provinces de notre vieux pays, la Bretagne en particulier.

Alcoolisme, abus des drogues et tabagisme sont en premières places dans les 4 départements bretons et je suis frappé par certaines similitudes et réalités dans ce qui se passe chez ces peuplades situées de l’autre côté du monde et dont parlait notre conférencier

La Bretagne qui a été coupée et privée des ses racines les plus profondes, les plus significatives, celles qui font qu’un peuple se différencie substantiellement d’un autre peuple : La croyance en des dieux auxquels profondément il s'identifie et se raccroche pour migrer de ce monde vers l’autre, celui des esprits et sa langue, media privilégié par lequel nécessairement se transmet l'héritage des générations disparues dans les sagas et épopées qui constituent le terreau fertilisateur sans lequel un peuple se dessèche et meurt

Or, très tôt dans son histoire, le clergé catholique a considéré la Bretagne comme terre d’évangélisation et a entreprit d’extirper à marche forcée tout ce qui de loin ou de près aurait pu rappeler les anciennes croyances. Vous aurez, au passage, remarqué qu'il en fût de même en Amérique du sud par exemple avec les effroyables résultats que l'on connaît.

Ce fût là la première déchirure ou rupture avec des liens fondamentaux.

Puis vint le temps de le république, égalitaire et centralisatrice, celle de l’école de Jules Ferry et là, pour les meilleures raisons du monde peut être, la Bretagne y perdit sa langue. La langue, ce substrat nourricier indispensable à ce peuple de conteurs-nés dont l‘imaginaire se nourrit de mots et d’expression puisés à la source d’un langage ancien

Pour parfaire l’ensemble, des politiques productivistes inconséquentes ont parachevé l’œuvre entreprise en détruisant ce paysage faits de haies et de chemins creux si propice à la perception différente qu'ntretiennent avec la terre les communautés celtes

C’est à tout cela que j’ai pensé ce matin là en écoutant cette émission de radio. Je ne veux pas entrer plus avant dans les détails mais peut être réside ici une part d’explication de ces comportements mortifères notés plus haut et que je constate dan cette Bretagne qui est mon pays et qui est tellement en moi

Ces faits m’ont donné l’idée d’associer deux peuples par le sort que l’on a fait à leurs croyances les plus intimes et les plus fondamentales :

C’est ainsi que Bretons du pays bretonnant et Bretons du pays gallo viennent prendre place aux cotés de ces aborigènes qui vénèrent cette étrangeté géologique que constitue cet extraordinaire monolithe du centre de l'Australie, Ayers rock, cette montagne sacrée de ces tribus dites primitives et où les chants résonnent comme autant de cris destinés à renouer toujours et encore l'ancienne trame mystérieuse venue de la nuit des temps


AYERS ROCK

Ayers rock
Ailleurs roc
Un roc qui rock
Et qui roll
Dans des jeux
Mystérieux
De rôles
Dans l’Australie
De l’infini
Échoué là dans l’haleine
Chaude de la plaine
Comme une citadelle
Ou une sentinelle
Sereine
Comme un mausolée
Dressé
Pour garder
L’entrée
Du monde des vivants
Avec le serpent
Multicolore
Qui détend
Encore
Ses spires
Au bord
De l’empire
Des morts

Ailleurs roc
Ayers rock
Des rêves en patchwork
S’échafaudent
Dans les ocres
Et ses couleurs chaudes
Le dreaming
Etend son feeling
Sur l’outback
Fait un comeback
Dans les plis
Du rainbow serpent
Qui les relie
Dans ses mouvements
De reptation
Aux pulsations
Des premières ondes
Du début de leur monde

Les lighting men
Maîtres des totems
Que les aborigènes
En transe
Entraînent
Dans leurs danses
Circonvolent
Caracolent
Et roll and rock
Autour d’Ayers rock
Et les pensées
Échevelées
Qui les hantent
Dans leur hinterland
Se dressent
Et se pressent
Contre nos injustices
Et nos préjudices
Dans les dits gutturaux
Des rendez vous tribaux

Claude

Voyages 2003

16.3.06

Fille légère


Une fille qui court en descendant le boulevard Diderot, ce boulevard qui va vers la Seine en passant devant la gare de Lyon
Une fille, grande, blonde et lisse qui court sur le boulevard et que j'ai aperçue dans la lumiére douce d'un matin de printemps
Peut être était-elle en retard pour son train ou bien avait elle peur d'affronter le regard d'un patron pas commode?
Je n'en sais rien mais j'ai préféré imaginer cette historiette pour elle et aussi pour vous.

FILLE LEGERE

Quand l’heure est neuve
Et doux le temps
Je descends vers le fleuve
En empruntant
L’avenue
Claire et nue.

Dans les flots de la Seine
Qui coule sereine
Les maisons replètes
Se reflètent
Dans l’eau
Comme des dominos.

Et dans les yeux
Heureux
D’une fille
Courant
Vers son amant
Qui l’attend
Depuis longtemps
Le soleil s’éveille
Et s’émerveille.

Elle court, légère
Et la lumière
S’exaspère
A suivre la trace
Qui s’efface
A peine après
Ses pas pressés

Claude

15.3.06

ça bourgeonne


Vous avez vu ? Dans la touffe des hortensias bleus transformés en couleur rouille par cet hiver long et rigoureux, là tout en bas, les premiers bourgeons sont venus. Une touche de vert lourde des promesses du printemps.
Les hortensias bleus vont bientôt revenir pour illuminer cette austère façade qui en son temps fût celle de la forge du village.

Cette forge où mes yeux d’enfants s’émerveillaient de la dextérité du forgeron à faire prendre au fer les formes voulues dans l’odeur acre de la corne brûlée et ce feu mystérieux qui scintillait dans son brasero et j'avais l'autorisation de tirer sur la chaîne qui activait l'énorme soufflet qui redonnait vie à ce feu dont je vois encore les traces sur les poutres de cette forge que maintenant j'occupe

Et je me souviens de ce forgeron, sacristain à ses heures perdues et que je voyais tel un gnome ensorcelé se suspendre aux cordes pour donner l’impulsion aux cloches qui ponctuaient la vie du village et celle de ses habitants

Savez que dans certaines tribus africaines, les forgerons, ces dompteurs de matière sont considérés comme sorciers et dépositaires de lourds et intransmissibles secrets ?

Et mon saule pleureur au travers duquel s’aperçoit le clocher du village comme un doigt levé bientôt aussi va pouvoir continuer à pleurer tout son saoul devant ce temps qui va et qui vient et ces saisons au rythme immuable, apaisant et éternel


Fuite des jours
Arrivée des bourgeons
Et on se prépare
Le cœur joyeux
A l’irruption des couleurs
Et aux fêtes de l’été

Bilan de faillite

Devenir bloggeur, la bonne blague! Ce truc là n’est pas fait pour moi, c’est ce que je me suis dit longtemps. je ne suis pas vraiment ce qu’on peut qualifier geek de formation mais, un jour, j’ai eu le pulse après un pub à la télé ou je ne sais où. (j’parle le Vandamme par cœur, vous saviez pas ?)

Et je m’suis décidé à franchir le pas, n’étant pas a priori plus con qu’un autre, je devrais y arriver. Ça reste à prouver que vous me direz, eh, ben ! Justement : C’est c’que j’ai fait et me v’la à arpenter la foutue blogosphère avec mes gros sabots, dondaine !!!

Je me souviens de mon premier matin, le premier en fait après avoir confié mes précieuses pensées à la toile.

J’ai du me lever, non pas aux aurores, faut pas pousser, mais au moins avant 9 heures du mat pour voir combien d’admirateurs(trices) avaient consulté mon first post

Zéro ! ah, ben, merde, alors ! V’la autre chose !!. Bon, qu’je me dit, ça y’en a pas être grave, pt’être qui dorment encore vu l’heure matinale

Rendez vous donc au matin suivant. Zéro et comme ça pendant au moins deux mois à la suite. Faut avoir de la constance quand même alors qu’je me voyais déjà en haut de l’affiche au bout de trois jours.

L’est fort l’Aznavour dans sa p’tite chanson, i décrit bien les choses de la vie telles qu’elles sont.

Mon premier com que je vais ouvrir le cœur battant comme un jeune damoiseau à son premier rendez-vous d’amour, c’est un mec qui m’vante les bienfaits d u viagra !

Et comment qu’i sait que j’dois en prendre de la bleue pilule à se projeter direct direction le septième ciel, le monsieur blabla avec sa pub à la con?

De toutes les façons, j’en ai plein ma boite à pharmacie, i veut quand même pas que j’lui attrape une overdose en plus et va savoir dans quelle position !!!

Bon, mais quand même c’était un com. Le suivant : Une minette, du Brésil, qui cherchait en Brésilien en plus et ça, le Brésilien c’est une belle langue, c’est sûr mais c’est pas trop ma tasse de thé quand même, bon ! Ma minette, elle cherchait un correspondant pour occuper ses intercours. Et en avant pour le détournement de mineure ! Vu l’actualité récente, vaut mieux faire gaffe à ne pas trop vouloir se livrer à ce genre de galipettes ! Reamrque bien que si ça s'trouve ma brésilienne elle s'appelle Gaston. Si tu veux savoir pourquoi j'dis ça, va donc faire un tour du côté du bois d'Boulogne!!

Bon, enfin, après trois mois de longue attente, le premier et vrai com.

J’dirai pas son nom à la délicieuse qui s’est fendue de trois lignes en mon honneur mais que mille grâces lui soit rendues.

J’en ai débouché une bouteille de champ’ (Enfin, une demie seulement vu que j’étais tout seul avec moi ce soir là)

Et depuis ce temps là, allez, roule, Raoul ! Au moins 4 qui viennent me voir. Par jour pas à la minute hein ! Et encore pas tous les jours. J’en fus un moment quelque peu chagriné mais j’me suis rapidement fait une raison. C’est pas la gloire c’est sûr mais vous savez c’que leur dit à ceux qui n’viennent pas m’voir. Non, vous savez pas ? Alors, je vais vous l’chanter :

-Si tu n’en veux pas

J’la remets…

C’est le début d’une chanson de carabin et je suis sûr qu’i y en a qui connaissent la suite, je n’insiste donc pas

Mais je continue d’blogger car, quand même, l’informatique, on a rien trouvé de mieux pour ranger ses dossiers et les garder classés.

Avant, j’écrivais mes élucubrations sur des morceaux de papier, des carnets ou des cahiers à spirale et tout ça encombrait bien inutilement les tiroirs et se retrouvait invariablement à la corbeille le jour des grands nettoyages de printemps

Et puis vu le nombre réduit voire inexistant de mes nombreux lecteurs (trices), j’peux écrire l’âme en paix et sereine n’importe quelle ineptie qui me passe par la tête sans trop d' crainte de tomber sur un ronchon ou un serré du col (à une lettre près, vous l’avez échappé belle) qui s’en vienne m’engueuler de n’être pas de son avis alors que de toutes les façons, de son avis, je m’en tamponne le coquillard !

Et puis enfin,, je peux sans remord me livrer à mes levers du corps tardifs et c’est bien sympa avec les tempé matinales actuelles de pouvoir, sans regret, s’abandonner aux délices de la couette bien chaude car je ne me précipite plus comme avant tel un mort de faim pour voir si l’compteur i s’est incrémenté d’unités supp.

Bon, allez, à un d’ces jours, alors !

Mon TGV i’ rentre dans Montparnasse et c’est l’moment de descendre mes valises du rack en espérant ne pas écraser la tête de mon voisin lors de la périlleuse descente des dits bagages

A+

14.3.06

Et si c'était possible...


Les voyages, les départs ! Thème inépuisable. L’ivresse légère qui monte et s'exaspére lorsque le vent déplie sa première voile préalable au franchissement de ligne

Et toujours, en arrière plan, la fascination du profond océan

là-bas, là-bas,

dans le scintillement de la lame mouvante...

Mais après les départs vient le temps des retours, comme celui d’Ulysse auprès de sa Pénélope…Le moment où revenir au port des origines se fait pressant et inéluctable.

Le désir des allers mais aussi le besoin des retours, c’est ce que j’ai tenté de décrire dans ce qui suit :




ACCASTILLAGE

Je veux entrer en toi
Comme se glisse en rade
Un trois-mâts
Après mille escapades
Comme un bâtiment
S’en vient, lentement
S’abouter à quai
Presque comme à regret
Je veux venir à toi
Comme arrivaient
Mois après mois
Ces caravelles
Percluses de sel
Mangeuses d’éternel
Chargées d’épices
Et de leurs d’odeurs
Lourdes des cicatrices
Des océans voleurs
Je veux arriver en toi
Pirate ou bien roi
Poussé par tous les alizés
Les grains et les risées
Je veux me joindre à toi
Entrer sous ton toit
Comme un voleur
Un cambrioleur
Me glisser en toi
Me perdre en toi
Me fondre en toi...

Et qu’on ne m’y retrouve pas!

Claude

13.3.06

GéographieS




Je voudrais aujourd'hui vous présenter la France, seulement une partie, rassurez vous.
J'aimerais donc vous parler de ces régions de France où, à diverses périodes de ma vie, j'ai résidé dans ce pays si centralisateur politiquement mais tellement divers et varié dans ses paysages humains et géographiques, ceci expliquant peut être celà.
Mais ce n'est pas le propos de ce matin, je voudrais seulement vous faire simplement des reflexions que m'ont inspiré ces trois parties de notre pays qui furent pour moi des lieux de résidences ou de travail


GEOGRAPHIE

PAYS DE LOIRE






Pays de Loire
Trop beau
Pays de Loire
Indolent et cruel
Tendre et moqueur
Sa Loire est comme
Un long cheveu d’or
Entre ses toits
D’ardoises grises et bleues
Qui gardent en courts frissons
Le passage de la moindre averse.
Pays des rois et de leurs amours
Maintenant défuntes
De ces idylles princières
Il garde la grâce triste
Et fragile
D’une adolescence menacée


BRETAGNE







Bretagne de l’intérieur
Renfermée
Sur ses gris et ses ors
Gris du granit
De ses maisons trapues
Comme enracinées à leur terre
Ors de ses landes
Aux genêts filiformes
Grands silences
Remplis de ses mystères
Accrochés
À la grâce de ses pierres
Dressées comme
Un véhément appel
Comme un doigt nous montrant
Le chemin pris
Par de très anciens dieux


PROVENCE










Provence d’ocre et de bleu
Pays des ifs dressés
Comme des sentinelles
Gardant le souvenir
Dans ses routes oubliées
Du pas lent du centurion romain
En marche vers le nord
Vers les limes de l ‘empire
Pour y goûter la gloire
Pour y subir sa mort
Toits de tuiles de rouge fané
Poussières
Dansant au gré du vent
Oliviers aux troncs
De vieux rhumatisants
Symphonie de couleurs
Où le regard repose
Sur la palette immense
D’un peintre
Devenu fou
De n’y pas saisir
Sa tendre violence.



Paysages

C Clément

11.3.06

L'Inde et ses femmes


L’Inde, j’en ai parlé à diverses reprises dans ce blog.

Ceux qui m’ont lu savent donc que j’ai eu la chance d’y vivre pendant quelques années. J’en ai gardé un souvenir ébloui et pendant longtemps, les paysages, les couleurs, la féerie des fêtes, celles des couleurs, holi, et plus importante encore car plus gaie aussi et remplie de symboles à tous les coins des rues : Celle des lumières, diwali, l’équivalent de notre Noël à nous en quelque sorte et en moins mercantile

En contraste, bien sûr, j’y ai vu aussi la surpopulation, l’extrême pauvreté côtoyant l’extrême misère, la violence dans les rapports humains, la pollution etc.

L’Inde, pays des differences extrèmes dont les occidentaux que nous sommes ne sortent pas toujours indemnes et c’est un peu mon cas

Pour résumer ceci, quelques chiffres : 1 milliard (environ) d’habitants dont environ la moitié au seuil de pauvreté ou en dessous, une démographie qui lui fait rajouter 28 millions d’habitants par an, une Australie supplémentaire en quelque sorte en termes de population

L’Inde, un pays démocratique avec le système immémorial des castes toujours très présent, une presse libre et indépendante et des élections avec un fonctionnement des institutions démocratique, au moins en apparence.

Mais l’Inde, un pays qui partage avec sa voisine la Chine, une curieuse particularité : Ces deux pays ont un ratio de population où l’élément masculin possède l’avantage. En d’autres mots, il y a en Inde comme en Chine, plus d’hommes que de femmes.

Je ne m’étendrai pas sur la Chine qui ne rentre pas dans mon domaine de compétence mais sur l’Inde.

Soyons clairs, je ne suis ni démographe, ni ethnologue ni psy quelque chose, simplement un observateur qui a essayé de comprendre sans juger le paysage humain qui l’entourait.

Je vais donc vous faire part de la condition des femmes dans ce pays, vous faire part de ce que j’ai vu, lu ou cru comprendre et qui concerne ces femmes dont le jour a été célébré voici peu et qui, à juste titre souvent, fait grincer les dents à beaucoup de nos compagnes. Pourtant est elle aussi gadget qu'on le prétend quand on voit la situation faite aux femmes dans de nombreux pays du monde, le notre ou ses voisins occidentaux n'étant pas exempts de reproches je le concéde mais je vous invite à vous pencher sur la situation indienne sans comparaison quand même à celle qui prévaut dans nos sociétés de cette partie du monde où nos vivons

Pour commencer, qu’il soit bien clair que le mariage d’amour de nos sociétés occidentales est inconnu en Inde

Ici, un mariage est avant tout un contrat signé entre deux familles où les mariés n’ont en général que peu ou pas grand-chose à dire. Ceci n’empêche d’ailleurs pas qu’hommes et femmes peuvent former des couples heureux et harmonieux au moins autant que sous nos cieux si rien ne vient perturber cette harmonie

Autre détail, les mariages obéissent strictement aux signes astrologiques, non seulement pour la date du mariage mais aussi pour les mariés eux-mêmes dont les signes et la position des planètes à la naissance doivent être parfaitement complémentaires.

Il suffit de lire les annonces matrimoniales qui remplissent des pages dans la presse nationale et régionale classées par castes, par signes zodiacaux de degré d’éducation etc. pour avoir une idée du phénomène

Pour l’anecdote, il existe même une catégorie née sous de tellement mauvais auspices qu'elle constitue une classe à elle seule et qui le signale afin d'éviter tout malentendu et pouvoir "tomber" sur un équivalent né sous la même mauvaise étoile. Peut être alors comme en mathématiques que – par – finira par faire +.

Enfin, toutes les conditions requises étant remplies, le mariage fait l’objet d’un contrat entre les familles et c’est là que nous abordons cette plaie de l’Inde que constitue le système de la dot ou dowry comme on dit là-bas

Le principe en est simple : Les frais incombant au mariage sont à la charge de la famille de la mariée

Quand on voit le luxe ostentatoire des mariages, ceci se traduit par des engagements financiers considérables amenant les familles à s’endetter souvent à vie

Mais, les contrats de mariage ne concernent malheureusement pas que la cérémonie elle-même et s’étend bien au delà: Les familles s’engagent à fournir au marié ou/et à sa famille des sommes d’argent ou des objets de consommation courante.

Lors de ma présence, les magnétophones et les scooters étaient particulièrement populaires. Je pense qu’aujourd’hui, les choix ont du évoluer avec le temps et se porter sur des ordinateurs dernier cri ou autres gadgets à la mode

Autre détail mais qui a son importance, la jeune mariée lors de son mariage quitte en principe définitivement sa famille d’origine et passe sous la férule entire et totale de sa belle-famille.

C’est ainsi que son sort, si le marié décède en premier, sera entièrement sous le contrôle de sa famille d’adoption et elle a toutes les chances de se retrouver servante à vie au profit de sa famille d'"acceuil" sans aucune forme de rémunération

Si tout va bien, c'est-à-dire si les termes du contrat sont respectés, en d’autres termes si les « mensualités » ou engagements financiers sont correctement honorés, les choses se passent bien ou pas plus mal que sous nos cieux en tous les cas

Mais que les termes du contrat en viennent à n’être pas respectés, alors là tout change et c’est là que l’on peut mesurer toute la perversité du système de la dowry.

La victime immédiate et toute trouvée est la jeune épousée sur laquelle s’acharne le mari mais bien plus souvent et principalement la belle mère : Coups, harcèlement de toute sorte, dans le but de faire pression sur la famille adverse qui souvent ne réagira pas. Je rappelle que l’épouse est sensée avoir définitivement quitté sa famille d’origine sans espoir de retour

Les conséquences en sont aussi terribles qu’expéditives conduisant souvent au suicide la malheureuse et si celle-ci ne se montre pas « compréhensive » alors, il reste la solution de l’assassinat pur et simple.

Le nombre de femmes prenant « spontanément » feu dans leur cuisine est extraordinairement élevé en Inde. En réalité, la pauvre femme est souvent arrosée d’essence ou autre liquide inflammable et meurt généralement dans d’atroces souffrances.

Il faut savoir que le système judiciaire indien est ainsi fait qu’à défaut de plainte déposée par la victime, il n’ y aura pas en principe d’enquête et la famille du veuf n’aura plus qu’à se mettre en quête d’un autre parti.

Il faut rendre justice à la presse indienne qui relate souvent ces faits pour s’y opposer et réclamer des mesures pour enrayer ces coutumes barbares mais sans grand succès jusqu’ici à ma connaissance tout du moins.

On ne fait pas aussi facilement bouger les mentalités dans un pays aussi immense qui, je le rappelle, est celui du sacrifice ou sati, cette pratique qui exigeait que les veuves se jetassent de leur plein gré dans le bûcher funéraire de leur défunt mari puisque la religion indoue demande l’incinération des corps après la mort.

Il semblerait que cette pratique existe dans certains coins du Rajasthan voire ailleurs et que les autorités au moins officiellement s’y opposent avec vigueur. Je me souviens toutefois d’un cas relaté par la presse ù une jeune femme manifestement droguée avait été l’innocente victime de cette monstruosité et des photos de la malheureuse avaient circulé dans la presse

Alors, quelles sont les conséquences de ce système inique infligé aux femmes indiennes ?

De manière paradoxale il conduit à la surpopulation d’une part et à ce ratio défavorable aux femmes d’autre part que j’évoquais plus haut

Surpopulation d’une part car, mettez vous dans la situation d’une famille où naissent par exemple trois filles. Cette famille n’aura qu’une idée en tête, pour rentrer dans ces fonds, si je peux oser cette expression, c’est de faire naître trois garçons qui ramèneront en principe une somme d’argent équivalente à celle dépensée pour les filles. Je simplifie bien sûr mais l’idée générale est là

Ratio déséquilibré d’autre part. Mais les familles préfèrent souvent ne prendre aucun risque et c’est ainsi que bien des bébés de sexe féminin sont supprimés à la naissance ou peu de temps après par les méthodes les plus artisanales, noyade ou étouffement, ou par d’autre, plus élaborées comme celle qui consiste pour les mères à s’enduire le bout des seins d’une bouillie à base d’opium par exemple qui finit par tuer le bébé par overdose

Mais les techniques modernes, écographies entre autres, épargnent de nos jours ces soucis aux familles en éliminant par avortement une bonne partie des fœtus de sexe féminin.

Bien souvent, cette décision de vie ou de mort est prise par les mères tenant compte de la future dot à payer mais sachant aussi que dans la famille, le garçon sera systématiquement favorisé par rapport à ses sœurs : Taches domestiques, études, soins médicaux etc. Les mères donc auront tendance pour toutes ces raisons à prendre des décisions que dans d’autres circonstances elles n’auraient probablement pas prises ne désirant pas voir leur descendance féminine subir le même sort que le leur.

Il reste à espérer que le temps passant, les mentalités évolueront, c’est déjà le cas semble t’il dans les couches de population les plus favorisées et dans certains groupes religieux, les Jaïns par exemple mais dans ce peuple immense et varié mais soudé à 85% par une religion qui est l’Indouisme, la tâche est gigantesque et les progrès dans ce domaine et à nos yeux d’occidentaux n’en seront que désespérément lents




Mais après ces quelques lignes, il est une vision plus idyllique et attachante de ce pays dont je ne voudrais pas vous priver car heureusement elle existe aussi résumée dans le texte qui suit :


INDE

J’ai vu les matins de bleu et de rose
Les femmes cheminant pour quérir l’eau
J’ai vu les paons prendre la pose
Et le pigeon gris faire le beau.
Au loin montent les Arawallis.
Sur la route, tout nu, marche un yogi
Entre Pendjab et Rajasthan
Un mahut guide son éléphant.

Du côté de Jaipur, de Madras ou de Srinagar
Tout au long des plates côtes de Malabar
Sur la route toute blanche sèche le paddy
L’Inde sans hâte s’éveille au soleil sans merci

Avec ses dieux et ses mendiants loqueteux
Dans sa poussière et son bruit monstrueux
Les femmes marchent belles dans leurs saris
Au bord des ruelles sales se prépare le carry

En haut du minaret, à l’invite du muezzin
Ou encore du côté du temple hindou
L’Inde se met à l’écoute de ses gourous
S’en revient en priant vers ses origines
Invoque Vishnu, Allah ou Ganesh.
Il s’appelle Om-Prakash ou Rakesh
Elle est Indira ou encore Priyanka
D’Amber à Rishikesh de Puné à Kolka
L’Inde s'abandonne à ses dieux
L’Inde qui pleure et rit entre eau et cieux.



Claude

10.3.06

Atmosphère


LE REPAS


Deux têtes qui se penchent l’une vers l’autre, indifférentes à cette agitation propre à ces lieux privilégiés d’échanges que peuvent être les restaurants quand un repas devient une fête au moment magique où un amour commence

Dans chaque flûte de fin cristal gravé , légères et fugitives monteront les bulles du champagne couleur jaune paille en route vers leur dissolution dans un autre ailleurs et ce mouvement hypnotique ajoutera une note de grâce aérienne à cette table où les couverts d’argent doucement luisent en symphonie de teintes adoucies.

Bientôt, après la première gorgée, leurs yeux vont s’illuminer en mille fugaces parcelles de lumière comme ces lueurs semées sur les vagues par un phare de bord de mer

Debout, sur le coté le maître d’hôtel patient et déférent va venir s’enquérir de leurs choix et ils vont comme à plaisir le garder un peu plus qu’il n’est nécessaire comme pour le prendre à témoin de ces moments magiques

Pas du tout inconscient de cette innocente manœuvre, il va leur vanter son menu en termes lyriques qui les fera sourire et quand il repartira, l’air digne, vers les entrailles actives et bruyantes du restaurant, ils se reprendront immédiatement des yeux comme s’il leur fallait immédiatement effacer le moindre moment dissipé à leur intimité nouvelle

Le vin dans leurs verres sera de ce rouge profond que la nature et la science du vigneron a su lui procurer et dans un même mouvement ils le humeront lentement, tout en admirant cette couleur au sang pareil avant de laisser ses souvenirs de terroir et de flancs de collines ensoleillés venir enfin caresser leurs papilles

La flamme des bougies continuellement jouera avec les ombres qui cernent leur table les maintenant à l’intérieur d’un cercle enchanté et ils prendront plaisir à découvrir qui une fossette, qui une expression qui leur était restées jusqu’alors inconnue et quand enfin les mets choisis seront disposés devant eux, l’odorante buée qui s’en dégagera tressera entre eux un écran mouvant de subtiles saveurs et leurs regards brillants s'entrecroiseront l'espace d'une fraction de seconde avant de se plonger dans le spectacle subtilement coloré offert à leur vue

Ils parleront peu comme si trop de mots pouvaient venir briser le charme instauré entre eux et ils laisseront s’établir de grandes plages de silence ils se plongeront, sans aucune gêne ni retenue, s’aidant des yeux pour quémander l’approbation et la compréhension de l’autre et quand, dans un mouvement lent et délibéré leurs mains se joindront au dessus de la table, la flamme de la bougie soudain grandira et les projettera en ombres chinoises, en forme de fleur de lotus, sur les murs obscurs du restaurant.


8.3.06

Journée des femmes

C'est aujourd'hui la journée des femmes à en croire tous les medias.


Alors, pour apporter ma modeste contribution à cette partie de l'humanité dont inlassablement, obstinément l'autre partie tente de percer les mystères et accepte de se soumettre à ses sortilèges, j'ai cherché dans mon coffre aux trésors pour lui offrir ce morceau de joaillerie



JOAILLERIE






Parfois en regardant les cieux
il m'arrive d'y voir
comme sur un oriflamme
ou dans un encensoir
briller des yeux
de femmes
Quelquefois en levant le regard

lorsque sur la terre
vient s'insinuer le soir
pour y dispenser ses mystères
il me plaît d’apercevoir
dans chacune des étoiles
une partie de tous ces regards
qu'il nous fut donner de voir

Et dans le silence de la nuit
qui maintenant me suit

ce sont comme autant
de fleuves de diamants
de corindons, d'émeraudes
toutes ces lueurs en maraude
ces saphirs, ces rubis
tous ces éclairs jolis
qui en leur temps traversèrent
ces beaux regards si fiers
ces splendeurs polychromes
dans lesquelles des hommes

sans remord se perdirent
pour autant de croisières
et que toujours ils admirent
dans tous ces éclairs
et ces brillants filaments
qui peuplent le firmament

Claude

Paris 2004